IRONbike, Jour 7

IRONbike, étape 6 : Villaretto/Cesana

Départ matinal pour cette étape reine longue de 102 kilomètres et cumulant 4000 mètres de dénivelé, on quitte Villaretto sous une pluie battante et on s’engage sur une liaison en bordure du val du Cluson.

Par Fred Ischard

Dès le départ, je ressens de vilaines crampes d’estomac qui annoncent une journée très difficile. Après quelques kilomètres, je suis déjà trempé et c’est parti pour une ascension de 800 mètres de dénivelé sur une piste à plus de 15% pleine de cailloux et de racines. Me sentant vraiment mal, je décide de gravir cette ascension quasi intégralement à pied. Les coureurs partis derrière moi me doublent au fur et à mesure de l’ascension et me retrouve vélo balai en ayant grande peine à respirer avec ces fichues crampes d’estomac. Après plus d’une heure d’ascension, me voici au Pian de l’Alpe juste à côté du col de Finestre, on est passé tout près de la mythique forteresse de Fenestrelle, malheureusement faute de Covid la section chrono de la forteresse et ses 3800 marches n’est pas au programme de cette 27e édition de l’IRONbike. On poursuit par une très courte descente nous menant au premier ravito du jour, je suis frigorifié et vraiment en sale état. Le médecin présent me demande si ça ça, je réponds « moyen » et décide de repartir aussitôt sous cette pluie battante à l’assaut des 700 mètres de dénivelé du Colle del Assietta. Je dois régulièrement m’arrêter pour reprendre mon souffle alors que la pluie s’arrête enfin après 3 heures de vélo. Ça fait du bien au moral même si les crampes d’estomac me font toujours souffrir. J’avance péniblement et parviens à me hisser au Colle de l’Assietta et ses 2500 mètres d’altitude. Passé le col, je poursuis sur une belle piste roulante qui redescend progressivement 200 mètres plus bas au col Blégier. Le décor est vraiment fabuleux, j’arrive à lever la tête pour admirer ce paysage mais c’est dommage de ne pas en profiter pleinement car le soleil est maintenant bien installé. J’ai retiré la Gore-Tex et les jambières. Le tracé suit une ligne de crêtes où l’on enchaine des petits cols entre 2300 et 2500 mètres d’altitude avec le val Chisone à ma gauche et le val Dora Riparia à ma droite, les montées et descentes se succèdent. Je passe au dessus du domaine skiable de Sauze d’Oulx que j’aperçois en contrebas puis passe le col Bourget à 2300 mètres d’altitude.

J’avance toujours péniblement avec cette fois le vent de face puis monte jusqu’au col Basset à 2450 mètres d’altitude. Je bascule maintenant vers la station ski de Sestrière, on ne plongera pas jusque la station mais on suit un sentier en balcon avant de plonger définitivement jusqu’au petit hameau de Champlas du col, on est redescendu à 1800 mètres d’altitude et on va encore plonger jusqu’au point bas du jour en passant le village de Sauze di Cesana à 1550 mètres d’altitude dans le vallon du torrent Ripa.

Voici enfin le 2e ravito, je suis dans un état cadavérique, nous ne sommes qu’à mi-course, je n’ai rien envie de manger. Je fais part de mes soucis aux autres participants attablés au ravito qui me suggèrent de me ravitailler au cola. Je m’avale doucement 4 gobelets de cola, c’est un peu quitte ou double et je repars après 10 minutes de pause en direction du Cima Bosco, 900 mètres de dénivelé pour escalader une piste régulière parfois pentue, parfois plus roulante, de quoi profiter pendant plus d’une heure à son rythme et contre toute attente mon estomac décide de me laisser tranquille et je retrouve petit à petit des couleurs, je peux enfin respirer ! J’effectue les 300 derniers mètres de dénivelé avec le belge Elias Van Hoeydonck, actuel 3e de l’épreuve, ça me booste un peu le moral, toujours nettement mieux que seul au bout de moi même sur une crête à haute altitude.

Après 1h30 d’ascension, nous voici au sommet de la Cima Bosco à 2400 mètres d’altitude. Quelques photos en profitant des éclaircies et on plonge vers le village de Thures, une longue descente de 12 kilomètres sympa sur single au début puis plus rapide pour finir jusqu’au départ de l’unique section chrono du jour alors que j’ai plus de 6 heures de vélo. Je refais le plein d’eau avant le départ, me mets psychologiquement en mode chrono, c’est plutôt bon signe !

Cette section chrono est longue de 18 kilomètres avec d’entrée une montée de 700 mètres de dénivelé. Je m’élance d’abord pendant deux kilomètres sur une piste très roulante et assez plate où faut déjà rouler vite avant de s’attaquer à de forts pourcentages, 2 kilomètres à 19% de moyenne pour gravir la première moitié du dénivelé où je parviens à rester sur le vélo mais en étant à fond alors que j’étais au bout de moi même quelques heures plus tôt. Ca reste inexplicable mais tant mieux, je retrouve de la vie sur la section chrono, il faut également une part de  chance et d’abnégation sur l’IRONbike. Une fois à 2300 mètres d’altitude, je bascule sur une descente rapide de 300 mètres de dénivelé, pas très technique mais cassante par endroits nous menant au ravito du lac Noir (Lago Noro), l’organisation nous accorde une neutralisation de 10 minutes maximum pour se ravitailler avant que le chrono ne se réenclenche après passage sur le tapis de chronométrage pour les 400 mètres de dénivelé suivant. J’en profite donc pour refaire le plein d’eau avant de repartir aussitôt pour rester dans la bonne dynamique. Le cardio remonte vite à son maximum et je termine cette difficile ascension par un portage pour atteindre le sommet à 2400 mètres d’altitude. Une courte descente nous mène au somptueux lac des 7 couleurs, on croirait un bassin posé sur un cratère. On en fait le tour avant de devoir repousser le vélo pour les 100 derniers mètres de dénivelé où je donne le maximum sous la pression de mon rival polonais qui ne lâche rien. Allez, il me reste les trois derniers kilomètres pour filer vers l’arrivée, une piste au profil descendant entrecoupée de petits talus et voici l’arrivée de la section chrono au sommet des remontées mécaniques de la station de Cesana.

Cette arrivée chrono mérite amplement une belle photo au sommet tant la vue sur Sestriere et Cesana est sublime. Place maintenant à une très longue descente pour plonger vers Cesana en mode liaison afin de se relaxer un peu et se laisser doucement glisser vers l’arrivée de l’étape du jour. On nous a prévenu au briefing de l’éventuelle circulation sur cette longue piste et on croisera effectivement quelques voitures réclamant une extrême prudence. Cette descente sera agréable et sans aucun piège sur une piste à travers la forêt. Je franchis la ligne d’arrivée située au cœur du centre historique de Cesana après 9h07 de vélo pour effectuer les 102 kilomètres. Et contre toute attente, grâce à une forme revenue lors de la section chrono, je termine cette 6e étape à la 9e place, mon premier top 10 sur cette édition de l’Ironbike, c’est sans aucun doute une énorme surprise !

Il ne reste plus que l’étape finale qui comptera 36 kilomètres et 1650 mètres de dénivelé pour rejoindre l’arrivée finale à Sauze d’Oulx.

Voir aussi :
IRONbike, Jour 6
– IRONbike, Jour 5
– IRONbike, Jour 4
– IRONbike, Jour 3
IRONbike, Jour 2
– IRONbike 2021, c’est parti !

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