IRONbike, jour 2

Ironbike, étape 1 : Entracque-Refuge de Fauniera

Les choses sérieuses commencent avec 85 kilomètres et 4400 mètres de dénivelé; le temps imposé par l’organisation est de 9 heures pour boucler l’intégralité du parcours sous peine de pénalités par minutes dépassées, il sera de 13 heures maxi sous peine de mise hors classement. Deux sections chronométrées sont au programme réparties sur l’ensemble, c’est parti pour une sacré journée !

Par Fred Ischard

Le départ est donné à 8 heures pétantes en mass start, on s’élance pour 25 kilomètres de liaison avec déjà 1000 mètres de dénivelé à gravir. La majorité des coureurs ne se soucient pas des sections chrono, tout le monde est encore frais donc ça roule bon train. On sort rapidement d’Entracque après avoir visité ce joli village puis on retrouve un terrain un peu casse-pattes avec de bons raidards nous imposant déjà de poser pieds. On retrouve ensuite 10 kilomètres d’asphalte, le peloton s’est coupé en deux, ceux qui feront la course et ceux qui lutteront pour devenir « finisher » de ce mythique IRONbike. Pour ma part, je tourne bien les jambes qui paraissent légères, ça augure une belle journée qui sera tout de même longue.

Ouverture de l'étape 1 Ironbike

On monte à allure modérée jusqu’aux thermes de Valdieri, un chouette établissement thermal  avec de jolis jardins. Nous sommes remontés à 1400 mètres d’altitude et allons continuer à grimper pour aller chercher le départ du premier secteur chronométré, il reste 6 kilomètres et 350 mètres de dénivelé pour nous y rendre. On quitte la route et on grimpe un chemin plein de cailloux pour rejoindre un vaste plateau avec quelques lacs où l’on aperçoit le refuge Valasco d’où sera donné le départ du premier chrono du jour. Nous sommes à 1750 mètres d’altitude sous un beau soleil, il m’aura fallu deux petites heures pour effectuer cette liaison. Je reste 5 petites minutes au ravito puis je m’élance pour 15 kilomètres et 800 mètres de dénivelé soit une ascension et une descente du col de Valescure.

Allez c’est parti, ça grimpe d’entrée sur un chemin blindé de cailloux, il faut trouver les bonnes traces et les bons cailloux pour ne pas mettre pied à terre, cette ascension réclame énormément d’énergie et demande vigilance et propreté de pilotage. Le chemin est très joli, sur une ancienne voie romaine, je parviens à tout passer sur le vélo sans trop me mettre dans le rouge. On passe devant le lac de Valescure, il reste 300 mètres de dénivelé et c’est un petit portage de 20 minutes qui nous attend pour atteindre le point culminant du jour à 2530 mètres d’altitude au col de Valescure, je ne ressens pas trop de difficulté sur ce portage/poussage pas très difficile. Place à la descente, un pierrier géant que beaucoup descendront en intégralité à pied mais où les plus fins techniciens descendront intégralement en vélo et franchement ça impressionne car c’est très compliqué techniquement mais c’est ça l’IRONbike. Pour ma part, je reste très prudent en alternant passages à vélo et à pied selon l’engagement technique.

La fin de descente est hors chrono sur une petite route pour plonger vers Vinadio et sa forteresse, on redescend à 900 mètres d’altitude. Nous voici dans les remparts du château de Vinadio où est installé le second ravito du jour après 47 kilomètres de course, je me pose 10 minutes pour manger des fruits et refaire le plein d’eau. C’est reparti après 4 heures de vélo pour le second col de la journée, 1100 mètres de dénivelé sur une petite route bien raide en lacets où je me cale sur un petit rythme car il faut s’économiser en vue du second chrono qui démarrera à mi pente. On passe le hameau de Neraissa et un kilomètre plus loin, nous voici au départ du second secteur chronométré. C’est le juge de paix du jour avec ses 28 kilomètres et 2000 mètres de dénivelé entrecoupé par une neutralisation de 15 minutes à une zone ravito après 10 kilomètres. C’est sur une piste roulable que nous approchons du col Neraisa à 2000 mètres d’altitude, il fait très chaud mais je parviens à accélérer un peu sans trop me mettre dans le rouge, j’y rattrape l’espagnol Victor Ubeda avec qui j’ai beaucoup lutté sur l’Alta Via Stage Race un mois auparavant. On plonge ensuite vers le village de Sambuco situé 800 mètres plus bas, la descente est moins cassante que la précédente, très jolie sur un single en épingles à flanc de ravin. Malheureusement pour moi, un lause vient me découper le flanc de mon pneu arrière au tiers de la descente. Je laisse partir l’espagnol et m’attelle à réparer. Des difficultés à dévisser ma valve, la pompe qui fonctionne moyen (ayant bêtement oublié les cartouches) et je perds très vite un gros quart d’heure. Voici le village de Sambuco et le ravito pour 15 minutes d’arrêt autorisé, je n’en prendrais que 10 car j’ai déjà 6 heures de vélo et je veux assurer le coup pour terminer dans le temps imparti. C’est reparti pour une montée de 1300 mètres de dénivelé, 10 kilomètres à 13% de moyenne !

Le pied de cette ascension est déjà très difficile sur une piste très pentue parfois, il fait vraiment chaud dans ces vallées piémontaise mais je me sens relativement bien ce qui laisse augurer une belle montée où tout au moins je l’espère pour rattraper un peu le temps perdu par la crevaison. Après 3 bons kilomètres, on retrouve la très longue piste qui va nous mener au col de Salsas Blanchas, la montée est régulière mais jamais de pente sous les 10%, seulement quelques replats pour souffler un peu et avec la forte chaleur, cette escalade va encore s’avérer impitoyable, on souffre beaucoup sur cette piste, le début et la fin se gravit plein soleil et je vais vraiment coincer en fin d’ascension, je serais même pris de vertiges et je m’arrête une minute pour manger/boire/retrouver mes esprits !

lac sur la première étape Ironbike 2021

Au sommet à 2350 mètres d’altitude, la récompense de cette montée pénible, on se retrouve dans un décor exceptionnel. On enchaîne par quelques kilomètres roulants et plutôt plats descendant sur une piste qui nous mène à la dernière montée du jour, les deux kilomètres sur asphalte pour se hisser au col de la Fauniera à 2400 mètres d’altitude, le second secteur chrono s’arrête ici et je suis exténué. Heureusement, le temps d’une pause photo et l’on aperçoit le bivouac du jour situé deux kilomètres plus bas au refuge Fauniera. Un dernier shuss et je franchis la ligne d’arrivée de cette étape épique que je boucle en 8h37.

Pour le troisième jour, pas de répit avec une étape longue de 123 kilomètres cumulant 3200 mètres de dénivelé, ça va être très long et ça promet une sacré journée !

Voir aussi : IRONbike 2021, c’est parti !

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