Essai

Exclusif ! Premier test des chaussures MAVIC Comete Ultimate

Exercice de style

Innovantes, révolutionnaires, exclusives, rares, extrêmement chères (1000 €), les chaussures Mavic Comete Ultimate que nous vous présentions ici marquent un nouveau pas en termes de connexion entre le cycliste et son vélo. Un exercice de style presque délirant de la part de la marque française, mais non dénué de fondements. VELOCHANNEL.COM les a déjà testées pour vous.

Trois années ont été nécessaires à Mavic pour développer cette paire de chaussures, utilisée en compétition par Dan Martin (Quick Step Floors) depuis le Dauphiné Libéré 2016. Une conception innovante qui vise à optimiser le transfert de puissance du coureur sur l’ensemble du cycle de pédalage. Pour ce faire, la marque a repris un mode de fabrication semblable à celui d’une chaussure de ski, avec une coque en carbone qui comprend la semelle externe, les rebords (dont le talon) et la tige (le « dessus » de la chaussure), un chausson fermé dans lequel vient se glisser le pied, et une semelle interne qui permet d’ajuster le volume à l’intérieur du chausson. Cette coque à la rigidité différenciée selon l’épaisseur de carbone élimine bien entendu la plupart des déformations liées au pédalage ou aux mouvements du pied pendant l’effort. Seule la partie supérieure, là où sont fixées les deux molettes Ergo Dial pour un serrage millimétrique, conserve un tout petit peu de souplesse, afin d’ajuster l’armature au dessus du pied au moment de l’ajustement.

Forme spécifique

Mais cette efficacité revendiquée part également de l’épaisseur réduite de la semelle (seulement 4,5 mm à l’endroit où se fixent les cales), et de la forme de la cambrure, là aussi fortement diminuée par rapport à la plupart des modèles du marché. Pour vous donner une idée, le talon descend plus bas de 5 mm environ sur les Comete Ultimate par rapport aux Cosmic Ultimate, et de 12 mm environ par rapport aux Shimano S-Phyre RC9. Ce même talon, moulé avec la semelle, voit sa partie rigide placée plus bas d’environ 15 mm par rapport à la plupart des autres modèles, ce qui a pour effet de libérer l’articulation de la cheville. Enfin, la semelle est également plus large de 15 mm au niveau de la fixation de la cale par rapport aux Cosmic Ultimate, ce qui assure un positionnement sans aucun porte à faux, quel que soit l’angle choisi pour la cale. Bref, l’objectif est ici de pouvoir « écraser » les pédales sans déperdition, tout en facilitant les mouvements de cheville pour tourner autour de l’axe de la pédale et ainsi diminuer les temps morts lors du cycle de pédalage. Selon Mavic, un test comparatif réalisé sur un Wattbike Pro a permis de mettre en évidence une économie d’énergie de 15 % sur les muscles du mollet ou un gain de 4,2 watts par coup de pédale pour 70% des testeurs avec les Comete Ultimate par rapport aux Cosmic Ultimate. Cette proportion s’explique sans doute par la motricité naturelle de chacun selon sa posture. On parle alors de « terriens » (ceux qui marchent naturellement en déroulant talon-pied-pointe) ou « d’aériens » (ceux qui placent leurs appuis perpendiculairement à leur bassin en marchant). Nous avons nous même déjà remarqué être bridé dans les mouvements de cheville avec des chaussures trop cambrées, qui favorisent un pédalage de la pointe, et donc a priori les « aériens ».

Chausson douillet

A l’intérieur de l’armature, vient se placer le chausson souple mais tout de même largement renforcé là où il entre en contact avec l’armature super rigide en carbone. La semelle, les renforts et la tige du chausson sont assemblés avec des coutures plates, de manière à éviter tout contact désagréable avec le pied au serrage. Sur les côtés et à l’avant, le matériau est doux, souple, aéré et très fin, pour ne pas retenir l’humidité. La languette élastique dispose d’un renfort plus raide et plus épais à l’intérieur pour protéger le dessus du pied d’un phénomène de constriction lié aux fils des molettes de serrage. Mais ce renfort aurait néanmoins mérité d’être plus large, pour pouvoir protéger également sous les deux points de fixation de la partie dévolue à l’ajustement. Notons que ce système de chausson va permettre dans un proche avenir de changer cette partie, et donc de personnaliser encore plus la chaussure, avec un chausson pour l’hiver d’abord, plus chaud, plus isolé et qui va remonter un peu sur la cheville (disponible à partir de cet été). A l’intérieur du chausson, vient se placer une semelle interne de bonne facture, mais avec peu de soutien de la voûte plantaire. Deux modèles de semelles sont fournis – deux épaisseurs différentes -, pour ajuster le volume à l’intérieur de la chaussure, compte tenu du faible nombre de pointures disponible. Il reste néanmoins toujours possible d’installer d’autres semelles, personnalisées par exemple, à l’intérieur du chausson. Six pointures sont en effet proposées, quand 33 tailles sont proposées sur la Cosmic Ultimate (pointures normales ou larges) ! Ceci s’explique aisément par les moules nécessaires à l’armature en carbone, mais cela peut compliquer l’ajustement à l’intérieur de la chaussure pour ceux qui sont entre deux tailles, d’autant plus que l’avant est assez large. Nous avons essayé plusieurs options de semelles internes pour optimiser le volume et éviter ainsi d’avoir à trop serrer le système de serrage. Il faut toutefois conserver à l’esprit que le bout de la chaussure étant très rigide, il ne faut pas non plus trop surélever le pied au risque de voir les orteils buter contre la coque carbone à l’effort. Quoi qu’il en soit, c’est là qu’intervient le vélociste trié sur le volet pour distribuer ces chaussures Comete Ultimate (seulement 50 en Europe), avec le programme Riding is Believing qui consiste en une explication précise du produit, un ajustement avec le client et un test avant l’achat.


Le système de serrage

Le serrage s’effectue par deux molettes Mavic Ergo Dial : on tourne dans le sens des aiguilles d’une montre pour serrer millimètre par millimètre, et dans l’autre sens pour desserrer. La fonction Smart Release permet de libérer facilement le serrage pour sortir ou entrer le pied dans la chaussure. Notons qu’à l’armature carbone est ajoutée une partie en matière plus souple vers l’intérieur du pied, pour ajuster le serrage et venir coller le chausson.

Au pied

Avec ce système de pointure « double » pour la coque carbone, il est donc nécessaire de prendre soin de l’ajustement à l’intérieur du chausson. C’est même encore un peu plus compliqué pour nous car nous chaussons habituellement du 39 1/3 chez Mavic, et ici la première taille regroupe les pointures 40 et 40 2/3. Les chaussures sont très larges à l’avant, mais pas particulièrement hautes. Le pied dispose donc d’une certaine liberté pour se placer au milieu de la coque extrêmement rigide à cet endroit. Il est bien maintenu à l’effort, alors que les frottements qui peuvent parfois se produire sur des modèles fins son éliminés. Le serrage au niveau du cou de pied est très satisfaisant, d’autant plus que le talon en carbone, bien que particulièrement bas, enserre parfaitement la partie basse du talon. Cependant, le concept d’ajustement interne d’une coque très rigide implique pour notre part un serrage des molettes assez important. Celui-ci a pour conséquence de déformer un peu le chausson, et met surtout en lumière la trop faible largeur du renfort qui est censé protéger le dessus du pied des tensions induites par le fil de serrage. Il nous faut donc ajuster régulièrement le serrage en roulant pour serrer et desserrer en fonction des circonstances (bosses, descentes, plat) et éviter ainsi certaines petites douleurs. Et d’ailleurs, si la semelle carbone dispose d’orifices pour la circulation de l’air, que le chausson ne retient pas l’humidité, n’oublions pas que la notion de « feu au pied » est souvent liée à des points de pression lors du serrage qui gênent la circulation sanguine. Bref, le confort ressenti ici dépendra avant tout de la forme du pied et de l’ajustement idoine, même si cette notion n’a pas été la priorité lors du développement de ce produit. Comme le poids d’ailleurs, avec 232 g par chaussure en taille 40 – 40 2/3. C’est léger, sans être exceptionnel.

Sur la route

Comme on peut s’en douter, la rigidité est impressionnante, et le transfert de puissance optimal, même s’il faut pour cela bien serrer les chaussures. En position « intermédiaire », le chausson dispose de suffisamment de souplesse à l’intérieur de la coque pour que le pied trouve sa place sans contrainte. En serrant plus fort, on sent surtout une forte connexion entre la semelle et le talon, et l’impression que les ordres donnés par le cerveau sont plus rapidement transmis aux pédales. Le plus étonnant reste toutefois la sensation de liberté au niveau des chevilles, et la facilité ressentie pour tourner rapidement les jambes tout en fouettant les pédales. Notre coup de pédale est effectivement arrondi, du moins en sensations, avec l’impression de basculer très facilement du point mort haut à une phase de poussée énergique, un talon qui semble descendre relativement bas lorsque le transfert de puissance est maximal, et une totale connexion avec la semelle sur le point mort bas, lorsqu’il faut tirer avec le talon pour remonter la jambe. Le pédalage est plus fluide et aussi un peu plus souple, avec une utilisation aisée de plus petits développements que d’habitude. Nous apprécions grandement cette impression de pédaler « à plat », qui rappelle certains modèles huppés d’il y a une quinzaine d’années. En dépit de ces sensations en pédalant, si nous avons pris soin de bien reporter les réglages des cales, nous n’avons pourtant pas modifié le reste des réglages du vélo. Et cette sensation « à plat » ne modifie pas nécessairement l’effet visuel du coup de pédale. C’est juste que pour notre cas, et avec notre préférence pour un déroulé naturel du pied (« terrien »), ces chaussures facilitent un peu les mouvements de cheville, et donc la fluidité du pédalage.

Exclusivité

Environ 1000 paires de chaussures seront distribuées en exclusivité par seulement 50 magasins en Europe, et à partir du 14 avril. Le produit est très cher, abouti dans sa conception, et particulièrement précieux. Si quelques renforts discrets protègent de façon minimaliste le bout du pied et la coque là où elle est la plus large, celle-ci est très exposée aux rayures lors de la marche ou au moindre contact avec des éléments extérieurs. La talonnette est fort heureusement remplaçable. Concernant la coque carbone, il sera aussi possible de la changer en cas de chute, et à l’unité. Mais il faudra compter environ 400 euros. Et oui, les Mavic Comète Ultimate intègrent le cercle très fermé des chaussures cyclistes de très très haut de gamme, aux côtés des Sierra, Rocket 7 ou Hanseeno. L’ajustement sur mesure n’est peut-être pas aussi parfait que les modèles précités, mais la finition largement au dessus. Bref, même si nous serons peu à pouvoir en profiter, l’exercice de style est à souligner, et préfigure peut-être d’un nouveau type de conception dans les années à venir.

CHAUSSURES MAVIC COMETE ULTIMATE

Les + : rigidité exceptionnelle, solidarité du talon avec la semelle et la tige, semelle très peu cambrée, finition, différents type de chaussons bientôt disponibles
Les – : nombre de tailles, prix, seulement 50 magasins en Europe

Conception : structure 100% carbone, chausson interne interchangeable, deux types de semelles internes, serrage par boucles Mavic Ergo Dial. 6 pointures (40-40 2/3, 41 1/3-42, 42 2/3-43 1/3, 44-44 2/3, 45 1/3-46, 46 2/3-47 1/3).

Livrées dans coffret avec housses individuelles, une paire de chaussons (été), deux paires de semelles internes (deux épaisseurs différentes), un chiffon lustrant pour carbone, une paire de couvre-chaussures pluie.

  • Poids : 232 g (pointure 39)
  • Coloris : noir
  • Garantie : 2 ans + 1 an supplémentaire avec enregistrement sur MavicCare

Prix public : 1000 €

Liste des magasins distributeurs : à venir

Voir aussi :
– Test des chaussures Mavic Cosmic Ultimate

Site web : www.mavic.com

 

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