Test des chaussures Mavic Cosmic Ultimate

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Haute tenue

Le modèle phare de la gamme Mavic progresse dans sa nouvelle version. Légèreté, maintien, rigidité et confort se combinent, même s’il faut y mettre le prix.

Les chaussures de cyclisme sont devenues des accessoires indispensables au bon rendement, au même titre que des éléments du vélo aussi importants qu’un cadre ou des roues. C’est comme cela qu’il faut voir les choses, et c’est comme cela que l’on peut justifier les prix en haut de gamme, régulièrement autour de 300 €. À ce prix-là, on ne trouve pas de modèles « meilleurs » que les autres, puisque toutes les marques rivalisent de technicité pour proposer des chaussures à la fois rigides et confortables, légères et assurant une bonne tenue du pied pendant l’effort. La différence se fait sur le chaussant, et comme pour un casque, certaines préférences ne se discutent pas. Bien sûr, les pratiquants occasionnels ou aux moyens physiques limités trouvent également des chaussures plus abordables, certaines encore plus confortables d’ailleurs, mais qui font moins facilement corps avec les pédales et le vélo. C’est un peu comme une paire de roues : il existe de très bonnes roues en milieu de gamme, qui sont juste un peu limitées au cours des très fortes sollicitations, en termes de poids, de rigidité ou d’aéro.

Des arguments

La nouvelle mouture des Mavic Cosmic Ultimate évolue et progresse notablement par rapport au modèle 2014-2015, qui prenait lui même la suite des Zxellium Ultimate.

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Les chaussures Mavic se caractérisent par un chaussant assez étroit (bien qu’il existe des pointures larges pour les Cosmic Ultimate), ainsi qu’une semelle relativement peu cambrée. Peu de couleurs disponibles dans la gamme, et encore moins pour ce modèle placé tout en haut de la hiérarchie : blanc cassé ou jaune Mavic, une couleur moderne et qui a le mérite d’accentuer la visibilité du cycliste, même en plein jour. La tige jaune en matière un peu alvéolée paraît salissante. Elle l’est, mais il suffit d’un peu de soin pour conserver les chaussures longtemps en bon état. Un lavage régulier à l’eau savonneuse et à la brosse les maintient propre, et un passage sous un jet à haute pression (à une cinquantaine de centimètres) les remet à neuf.

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Curieusement, et à pointure égale, la version 2016 est légèrement plus longue que la version précédente, en laissant ainsi plus de place aux orteils là où nous étions à la limite. Elle est aussi légèrement plus étroite. Pas de grand chose, on retrouve le même chaussant, mais on a un peu plus de marge de serrage avec les molettes Ergo Dial. Notons aussi qu’au serrage maximal, il n’y a pas de plis au niveau de la languette, alors que c’était le cas avec les 2015. Au final, on retrouve un serrage plus ferme et plus uniformément réparti, sans point de pression sur le dessus du pied. La semelle extérieure est donc identique (Energy Full Carbon SLR), fine (5,5 mm), rigide, peu cambrée, légère et très aérée avec un système d’ouverture dans la matière en carbone du milieu du pied presque jusqu’au talon. On ne ressent effectivement pas la chaleur, mais c’est plus frais en hiver. Détail un peu agaçant : les repères pour les cales ne sont pas tout à fait situés au même endroit entre les modèles des deux générations. Le réglage des cales est donc problématique la première fois.

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Confort et rendement

Point commun entre les deux éditions, le talon Energy Lock, qui maintient le talon, ou plus exactement qui lui évite de vriller pendant l’effort.  C’est moins flagrant que pour d’autres marques, qui pincent littéralement le haut du talon dans une coque, mais c’est suffisant pour éviter que cette partie-là ne s’affaisse. L’intérieur du talon est en matière antidérapante. Mais le gros point fort des Mavic à notre avis, c’est le Energy Frame Carbon, une sorte de « châssis » renforcé en carbone qui part en biais du talon jusqu’à la languette, qui fait le tour de la chaussure, et qui sur ce modèle 2016 vient sur le dessus du pied jusqu’à l’avant du serrage le plus à la pointe. Cette partie rigidifie la chaussure, assure un maintien uniforme et la rend insensible à la pluie. Inutile ou presque de réajuster le serrage s’il pleut.

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Les Cosmic Ultimate ne bougent pas, et ne s’affaissent pas dans le temps. Le serrage est donc assuré par deux boucles Ergo Dial, qui permettent un ajustement au millimètre, dans un sens comme dans l’autre, à l’inverse de la molette ATop qui se libère d’un seul coup. La boucle supérieure est située plus haut sur le côté latéral que le modèle précédent. C’est donc un point de pression à l’intérieur en moins. Desserrer les chaussures est aisé, puisque le câble se déclipse de l’encoche, libérant ainsi la languette supérieure.

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Ce n’est pas de trop, car enfiler ces chaussures étroites doit se faire avec un peu d’attention : la languette interne est maintenue par un large élastique à l’intérieur. Cette languette fait d’ailleurs partie intégrante de la structure de la chaussure, et ne peut ni bouger, ni glisser une fois au pied. Sur le dessus de cette languette, on trouve des parties rigides, juste pour le passage du câble de serrage. Impossible donc d’être blessé sur le dessus du pied malgré un serrage maximal. À l’intérieur enfin, toute la partie sous le Energy Frame Carbon est matelassée pour le confort. Pour le reste de la tige, qui conserve une technologie de collage et non des coutures pour le gain de poids et pour éviter les pressions, c’est finesse et respirabilité maximale. Là encore, les chaussures sont peu sensibles à la pluie, ne se gorgent pas d’eau et ne s’alourdissent pas. Bien sûr, les ouvertures dans la semelle permettent à l’eau de rentrer, mais aussi de s’évacuer rapidement. On n’a jamais ainsi le pied qui baigne dans l’humidité. Un mot enfin sur la semelle interne Ortholite, légèrement préformée et qui régule l’humidité tout en étant antimicrobienne. Elle se montre confortable, mais peut avoir tendance à se tasser avec le temps (une bonne douzaine de milliers de km quand même), au niveau des appuis localisés, comme sous la tête du métatarse par exemple.

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Question poids enfin, les Cosmic Ultimate 2016 font 20g de plus la paire que les 2015. Pas mal, quand on sait que les deux velcros avant ont été remplacés par une molette de serrage. Cela les maintient parmi les chaussures les plus légères de leur catégorie.

Une conception bien pensée

Sur la route, peu de surprises, on retrouve le même coup de pédale qu’avec le modèle précédent. La semelle est peu cambrée, et les trous de fixation sont placés plutôt sur l’avant. Pas trop gênant pour le réglage des cales, car la faible cambrure évite les mouvements de bascule trop importants du pied lors des passages des points morts haut et bas, et donc la nécessité de se « caler » avec un réglage de la cale très engagé. Ce type de chaussures est idéal pour ceux qui ont les pieds fins, et qui pédalent en enroulant naturellement la cheville autour de l’axe de la pédale. La rigidité de la semelle est dans la bonne moyenne, sans se montrer excessive. Elle est largement suffisante pour pédaler fort en tout cas, quel que soit le terrain. Le serrage est parfait, le pied super bien tenu.

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Aucun problème de chaleur grâce aux aérations sous la semelle, même après une sortie de 4 h sous 27°. On sent le frais lorsqu’il fait froid, mais sans atteindre l’onglée pour une raison bien simple : le serrage étant bien réparti et sans point de pression qui couperait la circulation sanguine, les pieds restent à température. Car le froid excessif aux pieds ou au contraire la sensation de feu aux pieds en plein été provient avant tout d’un problème de serrage qui « comprime » quelque part.

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Tous ces détails bien pensés font des Cosmic Ultimate des chaussures vraiment très haut de gamme, plus durables qu’elles le semblent avec leur teinte jaune Mavic (ou Mimosa, c’est la période). Peut-être peut-on juste regretter l’absence de protection sur l’avant du pied, exposé en cas de contact avec la roue avant. Reste le prix, élevé, mais comparable à ce que l’on trouve chez Sidi, Specialized ou Gaerne par exemple, d’autres spécialistes de la chaussure cycliste.

CHAUSSURES MAVIC COSMIC ULTIMATE

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Construction : semelle carbone, « châssis » carbone, serrage par deux molettes millimétriques, tige collée, semelle intérieure antimicrobienne
2 coloris : noir/jaune ou noir/blanc
Pointures : du 36 au 48 2/3. Toutes les pointures disponibles aussi en taille large (Maxi Fit)
Poids : 480 g la paire en taille 42.

Prix public : 350 €

Voir aussi : Essai des nouvelles Ksyrium et Cosmic Pro carbone SLC

Contact : www.mavic.fr

 

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