Test du casque Giro Vanquish

Le nouveau casque Giro Vanquish est censé apporter aérodynamisme et ventilation. Voyons ce qu’il donne sur le terrain.

Giro est l’une des marques emblématiques du casque à coque rigide, et si la concurrence est aujourd’hui féroce sur ce marché, ce n’est plus seulement dans les domaines de l’aérodynamisme, de la ventilation ou du confort que les fabricants s’affrontent (puisqu’il est acquis que les casques aux normes assurent un minimum de sécurité en cas de chute), mais dans le fait d’assurer les trois en même temps ! Le Vanquish est donc le dernier modèle proposé par la marque américaine, destiné aussi bien à la route, au contre-la-montre qu’au triathlon. Il joue dans la même cour que le Specialized S-Works Evade II ou le Lazer Bullet. Il succède dans la gamme au Giro Air Attack, mais là où son prédécesseur était proposé seulement en option avec un écran de protection pour les yeux (Air Attack Shield), le Vanquish est vendu d’emblée avec un écran amovible, fixé par un ingénieux système aimanté.

Le Vanquish peut donc s’utiliser dans les trois configuration, même si la position intermédiaire n’est pour le coup plus vraiment aérodynamique.

Par rapport à un Giro Synthe, ses dimensions sont comparables. Le Vanquish est seulement très légèrement plus ovale et un poil plus long.

Le poids est raisonnable pour ce type de matériel, avec un exemplaire pesé à 280 g en taille S, auquel il faut rajouter 50 g pour l’écran. C’est sensiblement plus élevé qu’un casque visuellement plus aéré, mais une fois bien réglé sur la tête on ne ressent pas la différence. Un réglage qui s’effectue grâce au système Roc Loc Air, associé au système de protection supplémentaire Mips, de manière à associer maintien personnalisable, sécurité et aération.

Le système Mips signifie « Multi-directional Impact Protection System » (Système de protection contre les impacts multidirectionnels). C’est une sorte de cage interne qui absorbe les impacts obliques. Le Roc Loc est réglable en trois hauteurs pour ajuster le maintien occipital à la taille de la nuque, et le serrage s’effectue avec une traditionnelle molette crantée. Les sangles sont également facilement réglables autour des oreilles, ce qui permet d’ajuster la position du casque à la forme de la tête et du visage. C’est important quand on voit la taille de l’écran, pour que celui-ci se positionne correctement par rapport au nez.

L’écran Zeiss se fixe donc grâce à des aimants sur la coque du casque. Ses qualités optiques sont indéniables, avec un champ de vision presque parfait, et une protection idéale contre la lumière ou les insectes. Le confort visuel est important, que ce soit en plein soleil ou sous les nuages, avec des contrastes parfaitement rendus, comme lors des passages dans les zones d’ombre, tout en conservant les couleurs naturelles de l’environnement. L’écran est par ailleurs bien aéré, ce qui évite la moindre formation du buée.

Données chiffrées

Giro avance des données qu’il nous est impossible de vérifier. Cependant, à 45 km/h, le Vanquish avec son écran permettrait d’économiser 3 watts par rapport à l’Air Attack (avec écran), et 8 watts par rapport au Synthe. L’écran permettrait lui-même d’économiser un peu moins d’un watt, par rapport à une configuration casque + lunettes.  En termes de ventilation, le Vanquish serait 6,61 % plus « frais » que l’Air Attack, et seulement 1 % moins « frais » que le Synthe. Et, fait intéressant, ses meilleures performances de ventilation seraient réalisées avec l’écran.

« Le Vanquish serait ainsi seulement 5,8 watts plus énergivore à 45 km/h que le Giro AeroHead Ultimate (casque pur de chrono), mais 60 % plus aéré ! »

Le Vanquish serait ainsi seulement 5,8 watts plus énergivore à 45 km/h que le Giro AeroHead Ultimate (casque pur de chrono), mais 60 % plus aéré ! Il doit ses performances d’une part à sa légère forme d’ogive, mais aussi au système de ventilation Wind Tunnel et au système Transform Air (une sorte de découpe des canaux de sortie d’air), qui réduit la traînée au même titre qu’un casque en forme de goutte d’eau, mais en assurant un aérodynamisme sous des angles plus variés. La ventilation Wind Tunnel permet quant à elle de faire circuler l’air sans à-coups au dessus la tête, pour plus de fluidité.

Sur la route

Sous des températures de printemps, et sur des parcours peu vallonnés, le Vanquish se montre agréable, sans provoquer de sensation de surchauffe. On sent parfaitement l’air frais circuler au dessus de la tête, et c’est notamment sensible en partant rouler en matinée sur les premiers kilomètres. La ventilation au niveau du front et des yeux est également sensible, grâce aux aérations placées au dessus de l’écran. Le casque n’est pas trop lourd, et l’ajustement est particulièrement aisé, que ce soit au niveau du maintien occipital ou des sangles. Lors d’un effort soutenu, des gouttes de sueur finissent tout de même par atteindre l’intérieur de l’écran, ce qui gêne la vision. Même si l’écran est plus éloigné des yeux que des lunettes, on finit par avoir le même problème, sauf que dans le cas du Vanquish il n’est pas aisé de nettoyer le champ de vision en roulant. Fixe par rapport au casque, l’écran peut aussi gêner au niveau du nez. En plein effort, grimaces aidant, on ressent une rigidité au niveau du nez. Évidemment, nous ne pouvons nous prononcer sur le gain d’efficacité aéro du Vanquish ne serait-ce que par rapport à un Synthe. Les quelques jours de chaleur de cette fin avril nous ont cependant permis de nous rendre compte que si la ventilation était proche d’un Synthe en roulant à bonne allure, elle était moins efficace à basse vitesse dans les bosses. Enfin, sans que nous puissions exactement savoir pourquoi (peut-être la rigidité de la partie basse du maintien occipital), le Vanquish a toujours fini par créer un petit point de pression sur l’arrière du crâne après 2h/2h30 de vélo, un inconfort totalement absent avec le Synthe que l’on apprécie pour sa capacité à se faire totalement oublier une fois sur la tête. Le Vanquish est toutefois un casque très polyvalent, moins typé qu’un véritable casque de chrono, mais sans doute plus efficace qu’un casque plus léger et avec des ouvertures plus marquées. Sur route ou en triathlon, c’est sans doute le modèle idéal pour les épreuves rapides, d’ailleurs utilisé en début de saison par les coureurs de l’équipe BMC. On sait l’importance de ce type de matériel pour économiser de l’énergie et optimiser le rendement. Pour une question de confort et d’aspect pratique pour le cyclisme sur route, nous préférons cependant l’utiliser sans l’écran, pourtant bien étudié.

 

GIRO VANQUISH

 

Les + : Ventilation sur le plat, qualités optiques de l’écran, systèmes de fixations et de réglages (écran et casque)
Les – : Écran embarrassant en cas de souillures, écran fixe qui peut gêner à l’effort

Construction In-Mold avec stratification progressive des couches, coque en polycarbonate / EPS, mousses intérieures avec traitement antimicrobien, technologie MIPS, système d’ajustement Roc Loc Air, maintien de l’écran aimanté, écran Vivid Zeiss.
Poids : 280 g sans l’écran (taille S)/ 330 g avec l’écran.
Prix public : 280 €

Contact : www.giro.com

 

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