4 Islands MTB 2022, étapes 3 et 4

4 Islands MTB, suite et fin !

Étape 3 : la pluie s’invite sur l’île de Crès

Direction les îles de Cres et de Loing pour les deux dernières étapes de la 4 Islands MTB. Nouveau transfert en bateau pour quitter l’ile de Rab que nous aurons visité sous un ciel déjà bien menaçant mais aujourd’hui c’est bien la pluie qui nous attend. Après 1h30 sur la mer adriatique, nous voici sur l’ile de Cres au petit port de Merag d’où sera donné le départ de la 3e étape qui sera l’étape reine de cette semaine croate.

Au programme de cette « Queen Stage », un parcours en ligne long de 72 kilomètres et cumulant 1700 mètres de dénivelé qui sera réduit de 7 kilomètres suite aux conditions météo rendant la fin de parcours impraticable. Le tracé du jour nous fera traverser cette île de Crès de part en part. A notre arrivée au port, il tombe des cordes et personne ne souhaite vraiment sortir s’échauffer mis à part quelques coureurs élites sur leur home-traîner abrités sous des tentes. En descendant sous la cale du Ferry, on a la malheureuse surprise de voir que le pneu arrière de mon équipier est à nouveau à plat, la réparation qui lui a permis de terminer l’étape n’a pas tenu la nuit. Ceci nous démontre un petit bémol sur la logistique des transferts de vélo car à peine les vélos passés sous les mains des sympathiques laveurs de vélo qu’ils sont directement chargés dans les camions pour transfert sans même avoir le temps d’y effectuer une quelconque intervention ou simple révision, ce qui est regrettable sur une course à étapes où le matériel est soumis à rude épreuve. Certes, les concurrents disposant de l’option assistance technique en option n’ont pas eu ce souci mais pour les autres il faut absolument s’assurer que le vélo soit en parfait état avant de le laisser au lavage. Concernant le lavage et le transfert des vélos, on ne notera par contre aucune mauvaise surprise avec un soin correct lors de la disposition des vélos, on les retrouve rangés en ordre le matin, sur ce point c’est du sérieux. On file donc en vitesse à l’assistance technique avec un pneu de secours. A seulement 20 minutes du départ et sous une pluie battante, ça ne simplifie pas la tâche mais on pourra reconnaître l’efficacité de l’équipe d’assistance qui nous remplace le pneu, la valve et le produit latex en moins de 10 minutes, nous permettant d’aller s’installer dans le SAS B suite à notre pénalité de la veille et de prendre le départ. Le sifflet du bateau retentit nous donnant le signal de départ et on s’élance à l’assaut de la première ascension du parcours sous une pluie qui ne cesse pas. Dès les premiers mètres et ce pendant 3 kilomètres, on escalade des pentes excédant les 20% et on a aucun mal à s’extraire du peloton pour assez vite rattraper les derniers du SAS A à mi-pente. La descente qui suit sera bien technique et il faut bien analyser la bonne trajectoire et anticiper les obstacles pour ne pas partir à la faute, d’autant que le chemin se transforme par endroits en véritable ruisseau. Nous sommes un peu ralentis par un flux de coureurs prudents jusqu’en bas de cette descente. En approchant du village de Crès qui donne son nom à l’ile, on emprunte une voie romaine entre deux murets, ça secoue un peu mais c’est très sympa tandis que des chemins boueux mais plus larges nous permettent de doubler pas mal de coureurs.

On remonte ensuite sur les hauteurs où l’on va surplomber le littoral en enchaînant des montées courtes mais toujours bien raides. On progresse sur des chemins assez larges et la pluie cesse enfin après une heure de course. Après 25 kilomètres de course, nous attaquons la seconde grosse difficulté du parcours, une montée de quatre kilomètres sur ces terribles routes bétonnées et d’affreuses pentes nous menant au point culminant de cette ile à 400 mètres d’altitude. Derrière, c’est une longue descente très trialisante qui nous attend, ça glisse dans tous les sens sur les cailloux boueux réclamant beaucoup d’adresse pour ne pas poser pied bien que parfois ce soit inévitable sur ces énormes pierriers qui jonchent ce sentier technique. Aujourd’hui, les descentes seront parfois plus usantes que les montées. Une fois en bas, quasi 40 kilomètres effectués et nous voici au second ravito du jour, un petit arrêt essentiel pour remplir les bidons et grignoter un petit wrap. Le soleil est de retour et on reprend notre chemin sur une jolie route bien goudronnée, un petit col de deux kilomètres se dresse devant nous avant de se lancer sur un nouveau monotrace technique long de près de 6 kilomètres ! Ce single est juste fabuleux mais terriblement exigeant car il demande encore beaucoup d’énergie pour franchir les nombreuses rampes et obstacles, il faut relancer en permanence. On se retrouve maintenant bien seul sans aucune équipe à proximité. Voici le dernier ravito du jour, il reste moins de 20 kilomètres à parcourir. La fin du tracé écourtée d’une zone marécageuse impraticable sera plus roulante pour rejoindre l’arrivée jugée au coeur du village très touristique de Osor. Après un ultime single bien glissant, les cinq derniers kilomètres sur route vont nous permettre de dérouler pour profiter de cette fin d’étape.

Sur ce parcours technique et sélectif, c’est à nouveau les leaders de l’épreuve, le duo allemand Simon Stiebjahn et Martin Frey qui remporte une 4e victoire d’affilée en effectuant les 65 kilomètres du parcours en 2h46 avec près de 2 minutes d’avance sur le duo Hugo Drechou/Peeter Pruus. Quelques secondes plus tard, c’est un sprint entre le team allemand Stop and Go et le team italien Willier-Pirelli, à l’avantage de l’équipage allemand Niklas Sell/Vincent Dorn qui complète le podium du jour. Chez les dames, victoire des italiennes Constanza Fasolis et Claudia Peretti en 3h27 avec 4 minutes d’avance sur Greete Steinburg et Janina Wüst et quasi 9 minutes sur les leaders de l’épreuve Leijla Tanovic et Stefanie Dohrn plus en difficulté dans ces conditions difficiles. En catégorie mixte, excellente étape de l’équipe Buff-Megamo de Hans Becking et Naima Diesner qui remporte une 4e victoire d’affilée alors qu’en catégorie Master on retrouve à nouveau une autre équipe espagnole, le team Mondraker emmené par Tomi Misser et David Ruano.

Rien de tel qu’un très bon ravitaillement pour reprendre des forces après cette exigeante étape, l’organisation nous propose un magnifique buffet composé de salades, pâtes, viande et fruits à déguster tout en visitant ce très joli village typiquement croate de Osor. On achemine nos vélos à l’aire de lavage qui seront immédiatement lavés puis transportés à proximité de notre hôtel sur l’île de Losinj, nous permettant ainsi d’y avoir accès dès notre arrivée et lorsqu’ils seront acheminés. Justement, il est maintenant temps de se diriger vers cette île de Losinj. Cette fois, pas de transfert en bateau car un minuscule bras de mer sépare les deux îles par un pont, C’est donc en bus que nous allons rejoindre le village de Mali-Losinj où se déroulera le final de cette 8e édition de la 4 Islands MTB.


Étape 4 : final en apothéose sur l’île de Losinj

Après une bonne nuit, dans un luxueux hôtel ou dans une cabine d’un magnifique bateau en plein coeur de Mali-Losinj selon l’option choisie, nous sommes fin prêt à prendre part au départ de la 4e et dernière étape de notre belle aventure disputée dans cette ile de Losinj . Pas de stress en ce samedi, le départ est prévu à 11 heures et le tracé qui nous attend sera court avec 38 kilomètres à réaliser cumulant près de 900 mètres de dénivelé, ce sera donc court mais pas vraiment de tout repos.

Le départ de cette ultime étape est donné du joli port de Mali Losinj. Le premier kilomètre est plutôt paisible le long du bassin portuaire où sont alignés bon nombre de luxueux bateaux, mais on va très vite se lancer dans une succession de chemins et de singles en longeant le littoral. On enchaine de nombreuses petites montées raides, des sentiers en forêt, des singles techniques, des pierriers mais également des tronçons de voies piétonnes qui longent la mer aux couleurs turquoises. Bref, c’est un début de parcours qui serpente beaucoup et qui ne permet pas d’entrée de jeu une grosse sélection au sein des groupes. De ce fait, en partant à nouveau du SAS B, on sera à nouveau pas mal ralenti jusqu’au pied des pentes de la première ascension du jour longue de 4 kilomètres, globalement pas très difficile sur une petite route qui mène au point culminant de l’ile à 320 mètres d’altitude. Les coureurs de tête mettront moins de 15 minutes à escalader cette pente alors qu’à l’arrière, les plus lents passeront une petite demi-heure sur cette difficulté. Au sommet, la vue à 360 degrés sur la mer adriatique est magnifique, le soleil étant au rendez-vous. On attaque une descente large mais pleine de cailloux qui roulent sous les pneus, la forte pente réclamant beaucoup de contrôle pour ne pas tomber ou être victime d’un incident mécanique et malheureusement pour moi, je vais finir au tas et goûter aux cailloux croates, heureusement sans gros dommages.


Nous revoici sur le littoral, on emprunte un très joli single une fois de plus trialisant sous les arbres et à peine deux kilomètres plus loin, on remonte au point culminant de l’ile mais cette fois-ci l’ascension sera nettement plus difficile. Dès le pied, on doit affronter un difficile pierrier avant de poursuivre par une impressionnante rampe en béton, deux kilomètres avec une pente moyenne à 20% et une pente maximale à 30% sur 300 mètres. Ça tire sur les cuisses et les mollets, le souffle est court pour se hisser au sommet. On redescend ensuite de l’autre côté de l’ile en direction de Veli-Losinj, les grosses difficultés sont derrière nous. On attaque le final du parcours sur un tracé sensationnel, il faut redoubler de vigilance sur des singles cassants à souhait. On passe le petit village de Velo-Losinj à travers ruelles et escaliers avant de trouver le dernier ravito du jour. On en profite pour faire regonfler le pneu de Jeff qui a perdu un peu d’air lors de la descente précédente et on repart pour les 8 derniers kilomètres. On attaque la dernière montée du jour sur un single très cassant où il nous faut poser pied et pousser le vélo. On plonge sur une jolie descente en forêt, une série de petits sauts sur des marches naturelles et malheureusement Jeff crève cette fois des deux pneus. Bon, ça va nous coûter à nouveau pas mal de temps mais on va s’ingénier à réparer tout ça pour finir proprement, non sans quelques péripéties. Voici les cinq derniers kilomètres, quasi plats le long du littoral de cette ile sur une voie roulante permettant d’apprécier les derniers moments de cette 8e édition de la 4 Islands MTB avec délice dans ce petit port de Mali Losinj, un lieu magnifique pour une arrivée en apothéose, accueillis par les hommes forts de l’épreuve, restés sur l’aire d’arrivée pour remettre la médaille à tous les Finishers. On peut ensuite profiter d’un excellent lunch accompagné d’une bière pour profiter de ces bons moments.


Une fois de plus, aucun bouleversement au classement général. Certes l’équipe italienne Willier-Pirelli de Wout Alleman et Gioele de Cosmo remporte cette étape en 1h38 mais en arrivant 30 secondes plus tard, le duo Simon Stiebjahn/Martin Frey du team Singer Racing remporte cette 8e édition de la 4 Islands MTB. En terminant à la 3e place du jour, Hugo Drechou et Peeter Pruus offre au team Buff Megamo une magnifique 2e place devant le team italien Willier-Pirelli de Fabian Rabensteiner et Daniel Geismayr qui complète le podium final. Malgré la victoire du jour, l’autre équipage du team Willier-Pirelli reste à la 4e place finale. Chez les dames, nouvelle victoire des italiennes du team Olympia Constanza Fasolis et Claudia Peretti qui remontent à la 2e place du classement final devant les vainqueurs, le team Allebike Canyon de Stefanie Dohrn et Leijla Tanovic qui ont pris la 3e place du jour pour s’assurer la victoire finale de cette 4 Islands MTB. Malgré une crevaison sur cette étape finale, le duo Greete Steinburg/Janina Wüst complète le podium final. Chez les mixtes, le duo Hans Becking/Naima Diesner remporte sans surprise le classement final en remportant les 5 étapes de cette 4 Islands MTB, le duo offre au team Buff Megamo un second podium final sur cette épreuve. Chez les Masters, pas de surprises non plus, le duo Tomi Misser/David Ruano remporte l’épreuve en ayant fait preuve d’une solidité et d’une constance à toute épreuve.

Il ne nous reste maintenant à profiter de l’après-midi pendant que l’organisation se charge d’acheminer nos montures à Baska qui était le lieu de départ de l’épreuve cinq jours plus tôt. Il sera ensuite temps de reprendre la route (et la mer) du retour en direction de Baska le lendemain matin, l’organisation se chargeant de nous transférer vers nos véhicules stationnés au départ de l’épreuve. Certains concurrents décideront de prolonger leur séjour car la Croatie mérite que l’on y consacre bien plus que cinq jours, le tourisme se développant énormément dans ce pays entre terre et mer. On aura été particulièrement émerveillé par l’ensemble des prestations que nous a proposé cette épreuve qui est devenue en une petite décennie un événement référence. L’organisation est parfaite, de l’accueil au transfert retour, c’est une organisation bien rodée même si l’on aura pu relevé quelques bémols cités précédemment. La logistique est parfaitement assurée, les transferts bien gérés, le concept d’exploration de 4 îles différentes avec transferts maritimes et départ de la cale du bateau est atypique, les prestations d’hébergement en demi-pension sont plutôt haut de gamme, les buffets repas d’arrivée plutôt appréciables. Avec un tarif certes globalement assez élevé pour une épreuve de cinq jours, on aura passé une excellente semaine dans le cadre grandiose d’un territoire qui vaut le détour. On aura vécu une semaine épique, c’est une certitude. Rendez-vous du 18 au 22 avril 2023 pour la 9e édition pour une nouvelle semaine inoubliable !

Infos et résultats : www.4islandsmtb.com

Voir aussi :
4 Islands MTB 2022, c’est parti !
4 Islands MTB 2022, étape 1
4 Islands MTB 2022, étape 2

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