Montage et réglage des freins à disque route Shimano sur le Trek Emonda SLR à 6,8 kg

Suite à notre article sur l’assemblage d’un vélo route Trek à disque en Shimano Ultegra Di2 au poids limite pour être autorisé à prendre part à une compétition, nous détaillons ici les différentes opérations nécessaires au montage, et particulièrement du système de freinage. Plus complexe qu’un système de frein sur jante, mais pas inabordable non plus.

Le montage d’un vélo complet équipé des dernières technologies est aujourd’hui plus complexe qu’il y a quelques années. D’abord parce que de nombreux cadres disposent de passages de câbles intégrés, et ensuite parce que les systèmes de dérailleurs Di2 et de freinage hydraulique réclament plus d’attention. Sauf pour les dérailleurs Sram Red eTap sans fil. Si le montage est plus long, le vélo est censé réclamer ensuite moins d’entretien courant. La moindre opération de maintenance peut nécessiter en revanche un passage chez le vélociste, pour ceux qui ne maîtrisent pas entièrement cette technique. C’est Benoît Foucher, ancien mécano des équipes pros La Mutuelle de Seine-et-Marne et Crédit Agricole et désormais responsable de l’atelier du magasin Culture Vélo de Corbeil-Essonnes qui a réalisé ce montage pour nous.

La préparation

Pour gagner du temps, le cadre est installé sur un pied puis tous les accessoires sont disposés sur l’atelier. C’est à ce stade que nous finalisons la pesée de tous les éléments. Benoît commence par les roues, avec le montage des pneus (différenciés avant/arrière), des rotors de 140 mm, et enfin de la cassette. L’écrou de serrage Center Lock Shimano peut ne pas convenir dans certains cas, et provoquer du jeu au niveau du disque. Il peut être alors nécessaire d’installer l’écrou livré avec les roues. La cassette est ensuite montée à l’aide des outils requis.

Le pivot de fourche nécessite d’être recoupé légèrement pour convenir à la hauteur du pilotage du testeur. Pour conserver une légère marge de manoeuvre de réglage, on laisse une bague de 5 mm entre la tête de l’expandeur et le haut de la potence.

Les dérailleurs Di2

On installe ensuite le poste de pilotage, et on y glisse les leviers pour préparer la bonne longueur de durite, sans toutefois les serrer. En effet, introduire l’huile dans le système hydraulique impose de basculer les leviers vers l’avant, ce qui peut être fait en modifiant l’orientation du cintre. Mais nous sommes équipés ici d’un guidon monobloc qui ne peut s’incliner. Vient ensuite l’installation des fils Di2, sur laquelle nous ne reviendrons pas en détail. Nous vous invitons pour cela à consulter cet article, qui reprend le montage intégral du système ainsi que la configuration du Syncho-Shift par l’intermédiaire du logiciel E-tube. Notons que si l’Ultegra Di2 se monte de la même façon que le Dura-Ace Di2, le Trek ne dispose pas d’emplacement pour un boîtier de jonction intégré, et que celui-ci est donc fixé sous la potence. La batterie quant à elle se positionne dans le tube de selle, et est fixée avec un adaptateur fourni. Le cadre Trek dispose d’un tube de selle qui se prolonge au-delà de la jonction avec le tube supérieur, ce qui impose le montage d’une tige de selle spécifique de type « femelle » et nommée mât de selle.

Le freinage

L’opération suivante consiste à installer les étriers sur les supports prévus à cet effet, mais là aussi sans serrer dans un premier temps. En fonction de la taille du disque (ici du 140), il faut prendre garde au sens de montage du support.

Benoît place ensuite les durites avant et arrière des leviers aux étriers, afin d’en calculer la bonne longueur. Pour le Trek Emonda, la durite arrière passe à l’intérieur du cadre, à partir d’une ouverture en haut du tube diagonal, et ressort au niveau de la base arrière gauche. Comme il n’y a pas de guide à l’intérieur du cadre, il récupère l’extrémité de la durite avec une petite pointe. Pas de problème de bavure ici, le cadre est parfaitement fini à l’extérieur comme à l’intérieur.

L’opération suivante consiste à couper les durites à la bonne longueur, puis à presser l’insert de durite avec l’outil spécifique en bout de gaine.

Pour éviter les bruits de claquement de la durite à l’intérieur du cadre, Benoît installe une grosse gaine moussée au niveau du passage de durite, et dans laquelle il glisse la durite. Ensuite, est placée pour finaliser le montage la butée de sortie de câbles sur le cadre, tout comme est installée la butée de sortie du durite sur la base arrière gauche, avant de verrouiller tout le système, entre les leviers et les étriers.

On place ensuite l’olive qui fait la jonction entre la durite et l’étrier, et on serre au couple avec la clé spécifique. Même opération de connexion de la durite au niveau de la commande de frein ensuite.

Au niveau du levier, il faut retirer la petite vis supérieure pour y glisser l’entonnoir de purge. C’est à ce stade que le levier doit être baissé pour assurer la bonne introduction de l’huile. En arrière de l’étrier (dévissé du cadre car il doit être en position basse), on retire une vis pour installer une gaine de purge.

Puis on actionne le levier plusieurs fois pour faire pénétrer l’huile dans le système, et chasser progressivement les bulles d’air.

On peut enfin fixer l’étrier sur le cadre, et installer les plaquettes, en respectant le sens (gauche et droite).

Pour finaliser leur montage, on installe la vis de maintien et la goupille de sécurité.

Reste à régler l’inclinaison de l’étrier par rapport au disque. Opération un peu délicate afin de rechercher le bon réglage qui éviter aux plaquettes d’effleurer le rotor en roulant. L’ensemble des opérations est à renouveler pour le frein avant.

La suite du montage

Une fois effectuées les installations des dérailleurs et des freins, la suite est beaucoup plus classique. Benoît poursuit avec le placement des roulements de pédalier dans la boîte, à l’aide d’un outil spécifique pour leur alignement. Puis vient le pédalier en lui-même, non sans avoir au préalable installé le support anti saut de chaîne qui vient à proximité du petit plateau sur le Trek Emonda. Avant de glisser l’axe du pédalier, il est nécessaire de placer correctement la durite de frein arrière, les fils et le connecteur de jonction B du Di2 pour ne pas qu’ils entrent en contact avec l’axe.

Ensuite on installe les dérailleurs et la chaîne. Pour plus de précisions quant aux réglages et à la longueur de chaîne, référez-vous à l’article déjà cité.

On termine par le montage de la selle, des pédales, du ruban de cintre, du porte-bidon et par le réglage du Synchro-shift pour le confort d’utilisation.

Au final, on arrive à un vélo rigide, fonctionnel, sécurisant, avec un poids roulant proche de la limite UCI.

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