Le port du casque amplifierait il le danger sur la route ?

casque vélo à plumes Photo Bénédicte PILET

Une étude scientifique publiée mi-novembre 2018 démontre qu’il serait plus risqué de circuler à vélo sur la route en portant un casque plutôt que rien sur la tête…

Une affirmation surprenante qui peut en toute logique paraître à première vue incohérente. Pour clarifier de suite le thème de cette étude traitant de sécurité routière impliquant les cyclistes, les auteurs Ian Walker et Dorothy Robinson ont effectué des recherches sur une constatation première précise : les automobilistes qui rasent les cyclistes lors d’un dépassement.

S’il reste évidement conseillé de porter un casque lorsque l’on pratique le vélo, cet élément de protection ne peut malheureusement pas garantir 100% d’efficacité lorsqu’un accident se produit. Mais une question clé s’est posée devant les incivilités grandissantes envers les cyclistes : Est-ce que le comportement des automobilistes change en fonction du port ou du non port du casque des cyclistes sur les routes ?

«L’écart entre automobile et vélo lors d’un dépassement est en moyenne 8,5 cm plus faible pour un cycliste casqué»

Ian Walker s’est intéressé au sujet en 2007 en effectuant des mesures de distances entre le vélo et l’automobile lors des dépassements grâce à des capteurs et instruments de mesures précis positionnés sur un vélo évoluant sur des routes de Grande Bretagne. 2355 dépassements ont ainsi été analysés et il s’avère que l’écart entre l’automobile et le cycliste se réduit en moyenne de 8,5 cm entre un pratiquant non casqué et un portant le casqueLes mesures ont été réalisées selon plusieurs positions du vélo sur la chaussée avec un cycliste qui roule à 25 cm du bord de la route, puis à 50 cm, à 75 cm, à 1 m et enfin à 1m25Pour autant, les accidents restants proportionnellement très rares, aucune étude ne peut démontrer si une collision peut être évitée si l’on ne porte pas de casque.
Depuis cette étude de 2007, d’autres ont eu lieu entrainant parfois une certaine polémique sur les méthodes d’analyses ayant en fin de compte débouché sur d’autres débats et recherches qui concluent finalement vers des idées communes si l’on résume au plus court.

Lien vers l’étude complète (en anglais) : https://psyarxiv.com/nxw2k

Une récente mise à jour publiée le 14 novembre 2018 conclue sur l’idée que «le casque offre une très bonne protection pour la tête en cas d’accident causé par un automobiliste mais que le risque persiste, et ce sans le consentement du cycliste…» L’étude se termine par : «Le port du casque est par conséquent une solution qui sert à maintenir un status quo dans lequel les gens choisissant un mode de déplacement pratique, éco-responsable et meilleur pour la santé sont systématiquement marginalisés dans leur quête d’espace public routier face à ceux utilisant des véhicules à moteur.» 

La conclusion de tout ça amène à une suggestion où il serait souhaitable de se focaliser sur l’élimination des risques plutôt qu’une atténuation des faits. En d’autres termes, le port du casque ne permet pas de diminuer les risques d’accident, la création de pistes cyclables dignes de ce nom reste LA solution, comme aux Pays-Bas par exemple où personne ne porte de casque au quotidien car inutile. Edouard Philippe (grand promoteur du déplacement automobile), si tu nous lis…

Voir aussi : La route à tombeau ouvert, l’incivilité envers les cyclistes

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