Test des lunettes connectées Oakley Radar Pace

Protection solaire légendaire et connexion Bluetooth avec des fonctions liées à une application sur le Smartphone, voilà ce que proposent les lunettes Oakley Radar Pace. Voyons à qui cet accessoire moderne et connecté peut s’adresser.

Les Oakley Radar Pace proposent des fonctions innovantes, mais ne sont pas à proprement parler des lunettes « intelligentes » qui peuvent fournir des informations via un affichage tête haute. Elles s’appuient sur une monture qui reprend le design des excellentes Radar EV et sont fournies avec deux verres : les nouveaux Prizm Road (transmission de lumière de 20% et augmentation des contrastes) et des transparents pour une utilisation dans des conditions de faible luminosité.

Cette monture est bien entendu un peu plus épaisse que des lunettes de sport traditionnelles, car elle intègre divers capteurs dont un accéléromètre, un gyroscope, un baromètre, et des capteurs d’humidité et de proximité.

Les connexions Bluetooth et ANT+ sont acceptées, ce qui permet de relier un capteur de fréquence cardiaque, un capteur de cadence et un capteur de puissance par exemple. Elle dispose également d’une paire d’écouteurs amovibles (et articulés dans tous les sens pour une parfaite adaptation) et de trois microphones pour le contrôle vocal.

Ces microphones disposent de la technologie Intel Real Audio, une technologie de traitement naturel du langage pour répondre à diverses commandes et s’adapter au contexte. Les Radar Pace fonctionnent par l’intermédiaire d’une application qu’il faut préalablement télécharger sur le Smartphone. Elles s’affichent à 56 g, poids auquel il faut rajouter la nécessité de partir rouler ou courir avec ce même Smartphone dans la poche. Cette monture est un peu moins facilement adaptable – notamment pour les petits visages – que les lunettes Radar, avec dans ce cas une tenue un peu moins performante. Mais elles restent toutefois extrêmement confortables, que ce soit tête nue ou avec un casque.

L’application

Disponible gratuitement sur l’Apple Store ou sur Google Play, l’application Radar Pace se charge facilement. Pour créer un profil, il faut renseigner une adresse mail : dans notre cas, impossible de recevoir le mail de confirmation d’inscription via une boîte orange.fr ou wanadoo.fr. Il nous a donc fallu passer par gmail. N’espérez pas non plus créer un compte avec un mot de passe « facile », puisqu’à l’instar de nombreux comptes de ce type, on vous demande maintenant un mot de passe d’au moins 10 caractères avec au moins une lettre en capitale, une minuscule et un chiffre ! C’est bien pour la sécurité, mais ça peut rebuter ceux qui ne sont pas férus de technologie, avec surtout le risque d’oublier un mot de passe de plus. L’appairage est en revanche très facile entre le téléphone et les lunettes, via le Bluetooth. Une opération qui permet d’interagir avec l’application à partir des lunettes, mais aussi d’écouter de la musique en roulant ou en courant, sans fils. Il est tout aussi facile d’accoupler d’autres capteurs en ANT+, un capteur de fréquence cardiaque dans notre cas.

Cette appli vous communique des informations pendant l’effort, automatiquement ou à la demande, mais pas seulement. Elle se propose aussi de vous servir de coach personnel, avec un plan d’entraînement selon la nature de vos objectifs. Avec un programme sur 4 ou 6 semaines, le coach virtuel vous propose des séances variées, basées sur l’endurance, la force, le dénivelé ou la vitesse. Et si vous manquez une séance, le programme adapte automatiquement les séances suivantes pour rééquilibrer la préparation. Intéressant, mais malheureusement peu pointu, du moins dans le domaine du vélo, avec des entraînements qui paraissent rapidement très (trop) faciles pour n’importe quel cycliste expérimenté. Il n’empêche qu’il n’est pas obligatoire d’utiliser cette fonction en roulant, et que de plus l’application peut être amenée à évoluer dans un avenir proche.

Pavé tactile

Une fois sur la tête, les Radar Pace se pilotent depuis la branche gauche. C’est ici (côté tempe) qu’on trouve le bouton de connexion, et c’est sur la face extérieure que l’on peut commander les fonctions marche/arrêt de la musique, ou monter le son, en tapotant ou en effleurant la branche.

Les oreillettes amovibles (pour pouvoir charger les lunettes via une prise micro-USB ou pour rouler sans les oreillettes), sont parfaitement articulées, ce qui permet de les adapter à toutes les formes d’oreilles et leur placement par rapport aux branches. Le son transmis est un peu moins profond qu’avec les bons écouteurs d’un lecteur MP3, mais cela a l’avantage de ne pas isoler totalement de l’extérieur. D’ailleurs, il faut conserver à l’esprit que le port d’oreillette est normalement interdit en France sur la route depuis le 1er juillet 2015.

Sur la route

Au moment du départ, la mise en route de l’application et la connexion des lunettes sont rapides et faciles. Une voix (masculine) vous prévient que votre entraînement est prêt à démarrer, qu’il s’agisse d’une sortie « libre » ou du suivi d’une sortie programmée par l’application comme vu plus haut. Et vous pouvez d’ailleurs poser la question aux Radar Pace ! Car cette technologie Intel Real Audio est particulièrement bluffante, avec un fonctionnement automatique, mais aussi une adaptation à vos propres requêtes, du moment que ces dernières demeurent logiques par rapport à l’activité. Mais Il est également possible de communiquer avec d’autres assistants vocaux comme Apple Siri. Au bout de quatre minutes d’effort, la voix de la Radar Pace (surprenante de réalisme d’ailleurs) vous indique que votre échauffement est terminé (sic). Ensuite, toutes les dix minutes, elle vous indique la distance parcourue, la vitesse moyenne et le dénivelé (sous-estimé pour ce dernier). Puis, elle vous indique votre vitesse instantanée, ainsi que votre fréquence cardiaque ou d’autres données selon les capteurs connectés. Nous avons vérifié : à 100 m près, les indications sont les mêmes que sur le compteur Garmin. Le tout en interrompant légèrement la musique. Le plus amusant reste toutefois les réponses à vos questions, quel que soit le moment de la sortie. Il suffit de dire : « fréquence cardiaque », pour que la Radar vous réponde « 137 ». Ou encore de dire « vitesse » ou « vitesse moyenne », pour qu’elle vous réponde : « 31,9 km par heure ». D’ailleurs, juste après nous avoir communiqué des données de vitesse, nous avons dû lors de l’une de nos sorties test demander à un autre cycliste de s’écarter, avant de lui lancer un « merci », que la Radar a compris pour elle en nous répondant via les oreillettes : « de rien ! ». La performance est d’autant plus remarquable qu’à pleine vitesse ou en plein vent, les requêtes claires sont parfaitement comprises, sans qu’il soit nécessaire d’hurler sur le vélo.

Pour qui ?

Etanches (IP5), légères, et bénéficiant de verres très performants pour la protection et les contrastes même par temps nuageux, les Radar Pace sont aussi très ludiques si l’on s’en tient à la technologie embarquée. Franchement, nous avons trouvé très amusante l’interaction avec la voix, et même les infos communiquées régulièrement. Disons que cela nous a occupés un moment. Le rendu de la musique est très correct, et quant aux lunettes en elles mêmes, elle se font rapidement oublier une fois sur le nez. Les plans d’entraînement ne nous concernent pas. Ils s’adressent à des débutants et nous n’y trouvons – pour l’instant – aucun intérêt. Un avis partagé par Gianni Moscon (Team Sky), 5e du dernier Paris-Roubaix, et avec qui nous avons roulé une sortie cet hiver :  » Les Radar Pace sont très sympas pour la musique, d’autant plus que la communication avec le téléphone est sans fils. Par contre, le coaching proposé n’est clairement pas adapté à un cycliste assidu. » Se pose alors la question du prix : à 439 €, les Radar Pace sont environ deux fois plus chères que des Oakley Radar, avec les mêmes verres. D’accord, elles se substituent aussi dans leur utilisation à un lecteur MP3, qui vaut bien entre 50 et 100 €, même si elles imposent de rester connecté avec le Smartphone. Et quant à la fonction coaching, elle ne vaut pas le surcoût, sauf pour un débutant. L’autre défaut concerne l’autonomie de la batterie, autour de 4h – mais pas plus – si on utilise à la fois l’application et la musique. Notre avis est donc mitigé sur ce produit, mais il n’empêche que la technologie embarquée n’en reste pas moins assez fascinante.

OAKLEY RADAR PACE
Les + : verres, technologie Intel Real Audio, qualité audio et micro
Les – : « coaching » trop basique, prix, autonomie de la batterie
Coffret : montures, deux verres, deux écouteurs amovibles, chargeur USB
Couleur : polished black, verres Prizm Road et neutres
Poids : 56 g
Prix public : 439 €
Contact : www.oakley.com 

 

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Un commentaire sur “Test des lunettes connectées Oakley Radar Pace”

  1. « D’ailleurs, il faut conserver à l’esprit que le port d’oreillette est normalement interdit en France sur la route depuis le 1er juillet 2015. »
    Tout à fait. Et les forces de l’ordre font régulièrement des rappels à l’ordre (justement), pour le moment sans verbaliser, mais ça ne saurait tarder.

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