ROC D’AZUR 2016 : Le Roc Gravel vu de l’intérieur

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Deux nouveaux formats d’épreuves sur le Roc d’Azur 2016, le Roc Trophy – voir notre article ROC D’AZUR 2016 : Le Roc Trophy de Sébastien Carabin ! – et le Roc Gravel. Un parcours Gravel sur le Roc d’Azur, c’est un véritable événement comme l’a pu l’être la création d’une épreuve de cross triathlon en 2013. Retour sur ce Roc Gravel #1 avec les témoignages de pratiquants experts du milieu.

Photos : Sportograf, ASO – M.Mole/H.Tarrieu/A.Vialatte, Sylvain Renouf, Alexandre Voisine

Pour ce faire, nous avons interrogé quelques participants ayant pris le départ du Roc Gravel, plus particulièrement des pratiquants de la première heure ayant un regard pertinent sur la discipline.

Sylvain Renouf, co-fondateur de la marque Caminade et promoteur terrain de la pratique Gravel, et Aurélien Veyssier pratiquant multi-disciplines, finisher de la Cape-Epic 2016 et créateur de la page FB Blog Cannondale se prêtent au jeu de l’interview, à froid pour répondre avec suffisamment de recul. Les avis sont parfois partagés !

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Roc Gravel première, pourquoi t’être inscrit sur cette course ?
Sylvain Renouf : ASO apporte sa contribution pour faire connaitre et promouvoir cette nouvelle pratique, en tant que Caminade, marque précurseur du vélo gravel en France, nous nous devions de participer à cette première édition du Roc Gravel. ASO nous a également demandé de leur donner notre feedback sur le tracé et avoir un partage d’expérience à cette occasion.

Aurélien Veyssier : Je me suis inscrit car j’adhère au concept Gravel et j’étais curieux de voir ce que cela pouvait donner dans le cadre du Roc mais aussi et surtout dans le massif des Maures. Le gravel est pour moi l’art du compromis dans une période où les constructeurs cherchent à exploiter chaque niche. J’étais donc curieux de voir à quoi ressemblerait un parcours dédié au Gravel sur des traces où ce compromis est pour moi difficile à trouver. L’occasion de vérifier la pertinence et l’intérêt du concept Gravel.

As tu pris le départ d’autres épreuves également cette année ?
Sylvain Renouf : Non, à part ceux que nous organisons (Gravel66, Gravel de Fer et Gravel Grand Paris) et aussi une sortie avec le groupe Arles Gravel (sous strava). Par manque de temps et aussi manque d’épreuves / regroupements gravel. Ensuite des épreuves comme la Résistance où tu payes 50€ voire 90€ ce n’est pas l’esprit, c’est du commerce !

Aurélien Veyssier : Pour ne parler que du Roc d’Azur, j’ai couru le Roc Marathon le Vendredi.

Allure course ou rando pour toi ?
Sylvain Renouf : Départ course car les parties roulantes du début en petit peloton m’ont rappelé les cyclosportives sur route, c’était super marrant. Rando ensuite pour apprécier les paysages et discuter avec les autres participants au ravito. Le Gravel c’est aussi la convivialité et l’échange sur cette nouvelle pratique, il ne faut pas l’oublier, le chrono on s’en fout ! Tu rencontres même des chefs produits Mavic au ravito pour parler Gravel, c’est génial.

Aurélien Veyssier : Allure « comme on peut » ! La course et la soirée de la veille avaient laissé des traces ! Le rosé était bon mais dès les premiers mètres j’ai tout de suite compris que ce n’était pas la forme des grands jours ! Par ailleurs je pensais naïvement que le Roc Gravel s’apparentait à un format rando et non à un format course. J’ai été surpris de voir un classement à la fin. Attention, je ne reproche à personne le fait de vouloir rouler vite pour faire un bon temps ou de jouer la gagne mais en faire une course ne correspond pas à l’idée que je me fais de la pratique du Gravel.

– En tant que pratiquant régulier, que penses tu du tracé ? Est-ce qu’il correspondait à tes attentes et pourquoi ?
Sylvain Renouf : Une réussite, parcours très varié, alternance de tous les terrains, ASO a bien compris l’esprit Gravel et le massif des Maures est un véritable paradis pour le Gravel. Le tracé montrait bien tous les terrains que tu peux pratiquer en Gravel (piste roulante, route, longues montées sur route, descentes sur route, descentes sur piste avec cailloux et défoncées, grimpettes sur piste). Le tracé mettait en évidence les spécificités demandées par un bon vélo Gravel : un cadre confortable, un vélo sportif sur route et piste, un vélo stable et maniable pour les descentes, des pneus tubeless pour ne pas crever, une transmission mono-plateau.
C’était intéressant de voir un peu tous les vélos présents et les gars crever avec leurs pneus en chambres, ne pas pouvoir descendre avec leur géométrie de route et freins canti et caler en montée avec leur double plateau. C’était marrant, mais les participants observent, réfléchissent et vont s’équiper.

Aurélien Veyssier : Je suis resté sur ma faim ! Le parcours était trop roulant, il a d’ailleurs été bouclé en moins de 2h soit plus de 25 km/h de moyenne… Je m’attendais à plus de chemins mono-traces, moins de pistes DFCI. C’est dommage car en plus nous n’étions vraiment pas beaucoup, c’était l’occasion de nous emmener dans des zones plus sauvages ! J’aurais même voulu un petit portage pour trouver un point de vue, un endroit particulier inaccessible. Je pense que le Gravel correspond à une pratique complémentaire, je n’imagine pas qu’un cycliste soit venu au Roc uniquement pour le Roc Gravel. Je trouve donc dommage que nous empruntions la plupart de ces mêmes pistes ou portions de parcours empruntées en VTT sur d’autres courses. Il y avait bien des portions inédites mais pas suffisamment à mon gout. J’ai bien aimé en revanche le fait d’avoir trouvé quelques belles descentes cassantes, certaines même bien pentues et piégeuses. La montée du col de Valdingarde par la route était également superbe.

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Parmi ces 5 choix ? Considères tu ce parcours comme mauvais, correct, bon, très bon, excellent ?
Sylvain Renouf : Excellent !

Aurélien Veyssier : Tout n’est pas à jeter, je vais dire bon pour une première édition. Les bases sont là. Ca aurait pu être pire avec du zig-zag entre rubalises sur la base nature…

Quels seraient les points éventuels à améliorer selon toi ?
Sylvain Renouf : Rajouter 20km dans le massif des Maures pour monter à 70km au total. Je l’ai dis à ASO, je pense qu’ils vont bosser dans ce sens et faire aussi en fonction des contraintes logistiques. 2017 devrait être au top.

Aurélien Veyssier : L’accent doit être mis sur le parcours. Je propose déjà d’augmenter la distance à minimum 80km ceci afin de pouvoir par exemple aller explorer des zones non empruntées par les VTT. Le parcours doit être plus varié.

Dernier point, on cause matos, quel vélo as tu utilisé et pourquoi ?
Sylvain Renouf : Pour répondre, on va plutôt parler du vélo de Brice Epailly (co-fondateur de Caminade), plus actuel que le mien, qui a aussi roulé et fini 10ème en mode Race. Il s’agit d’un Caminade Gravel Espresso en montage SRAM Force 1 en 38 x 11/36 dents, cadre acier pour le confort, fourche Columbus Carbon, géométrie slooping Caminade pour la sportivité. Roues Asterion Gravel, cintre Gravel Salsa, pneus Hutchinson Overide 38 mm Tubeless Ready.

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Aurélien Veyssier : J’ai utilisé un Cannondale SuperXdisc. C’est un vélo à tout faire, je fais de la route avec, du cyclocross, des sorties Gravel et même du Bikepacking ! Il est extrêmement polyvalent et s’adapte à toutes ces pratiques. On trouve un boitier de pédalier et un triangle avant assez rigides qui permettent des relances nerveuses. Son triangle arrière est relativement confortable, la légère flexion des bases permet de plaquer la roue au sol pour améliorer la motricité. Ce n’est certes pas un vélo adapté à la pratique Gravel, notamment par sa géométrie qui en fait un vélo moins stable. J’ai pu le vérifier dans les descentes rapides ! Les freins à disques à câbles TRP Spyre associés à des disques 160/140mm ont fait le job mais pour la progressivité sur des descentes rapides et pentues, on repassera … J’utilise une transmission mono plateau SRAM Force 1 avec un plateau de 40 dents et une cassette 11-32. Ces rapports étaient idéaux, je n’ai jamais été pris en défaut. Heureusement que j’avais opté pour le 40 dents au lieu du 46 dents avec lequel je roule d’habitude ! Une chose est sure, des roues Tubuless Ready sont indispensables pour le Gravel et encore plus sur le Roc Gravel ! J’ai constaté que pas mal de concurrents avaient crevé, j’ai moi-même été embêté par une crevaison lente à l’arrière. J’avais de plus baisser en pression à cause de mes roues haut profil (Mavic Cosmic carbon Pro Disc) qui étaient trop inconfortables au dessus de 2 bars. Je priais pour ne pas pincer dans chaque descente ! Les pneus Racing Ralph CX 700x33c se sont en revanche super bien comportés.

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Quelle section de pneu et quel type de profil recommandes tu pour faire le Roc Gravel ?
Sylvain Renouf : Les tous nouveaux Hutchinson Overide en 38 mm Tubuless Ready que j’ai utilisé sont parfaits. Beau ballon pour le confort, belle bande de roulement pour le rendement au pédalage et petites sculptures sur les côtés pour l’accroche. Poids contenu à 420g et super solides. Et surtout tu peux les rouler en basse pression, le pneu travail super bien, j’avais 1,9 bar arrière et 1,7 bar avant pour mes 65kg.


Le récit d’Alexandre Voisine, designer chez B’Twin mais aussi (et surtout) co-propriétaire de la bière Malteni et pratiquant toutes disciplines sans quasiment aucune limite ! (cyclocross, cyclocross marathon, Gravel, route, VTT, grand bi…)

Je viens tous les ans au Roc d’Azur en tant qu’exposant. J’en profite donc pour faire une course. Je fais le Roc Marathon depuis pas mal d’années mais quand j’ai vu qu’une course Gravel était organisée, je n’ai pas hésité un instant. Quand je m’engage sur une course, je la fais à fond sinon je m’inscrit à une rando ! Je suis parti sans vraiment connaître le niveau général, le but était de faire de mon mieux. Avec un bébé il y a un mois et demi, la fatigue était un peu plus présente mais cela aurait été dommage de rater ça !

J’ai une préférence pour les tracés techniques à la limite du VTT d’où mon adoration pour la 3 Peaks en Angleterre mais là on est plus dans le cyclocross marathon que le Gravel. Ici, assez peu de singletracks, c’était très sec et très roulant sur la première partie. D’ailleurs on était à 40 à l’heure le long du canal après avoir quitté la base nature. Un groupe d’une douzaine dont je faisais partie s’est échappé, je me suis fait violence pour y rester. Le groupe a ensuite éclaté une fois la première ascension passée sur les pistes plus rocailleuses empruntées par les autres courses. J’étais un peu déçu que la deuxième ascension soit entièrement bitumée mais la seconde partie de course avec des descentes très rocailleuses et l’enchaînement avec de grosses montées Gravel m’a rassuré !

Les descentes pleines de cailloux et/ou ornières ont fait la différence avec pas mal de gars qui ont crevé. La montée du Bougnon avec l’encouragement des spectateurs était sympa, je ne l’avais jamais monté aussi vite.

Un passage dans le lit asséché d’une petite rivière était un peu limite mais pas trop long, puis la fin emprunte le chemin côtier des douaniers, ça c’est mon truc et il y avait de quoi pincer sur quelques marches et rochers acérés…

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Je qualifierais de bon le parcours mais 50km c’est trop court. 2h03min de course pour moi et 10min de moins pour le vainqueur c’est bien trop rapide. La course Gravel devrait faire au moins une centaine de km. C’était davantage un sprint qu’une course d’endurance. Il y a de quoi exploiter de superbes chemins pour allonger la course pour en faire un tracé incontournable de la scène Gravel. Éviter autant que possible le bitume me paraît important, conserver des zones où la technique paye afin qu’un Rider fort physiquement mais très brouillon en descente ne puisse pas remporter la course !

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Mon vélo est mon fidèle Cyfac Malteni Ultracx que j’ai depuis 5 ans. Je l’avais récupéré quelques jours avant chez Cyfac après une petite remise en beauté.Ce CX Marathon est en inox Reynolds 953 avec une fourche rigide VTT 27,5 pour plus de résistance et des questions de compatibilité, mais ce serait long à expliquer. Je roule en 1×11 mix SRAM/Shimano Ultegra Di2 38 x 11/32 dents. Freins et cocottes hydrauliques Shimano montées sur un cintre Salsa Woodchipper large et on ne peut plus ergonomique. J’adore cette position !Les roues sont des jantes ZTR avec moyeux Chris King. Mon emploi du temps un peu chargé ne m’a pas permis de repasser en No Tubes donc j’ai conservé mes pneus en 32 mm, des Challenge Griffo gonflés à 4 bars pour réduire les risques de pincement. Pas forcément idéal avec une motricité un peu limite en danseuse et un montage tubeless aurait été plus judicieux !

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Il y avait les 2 écoles sur cette course. Les purs pneus Cyclocross en 700 x 32 très cramponnés et les pneus purement Gravel en profils « pointes de diamants » de 40mm. Je serai curieux de rouler en section de 40mm pour voir la différence. Je trouve ça quand même gros. L’intermédiaire ne semble pas trop exister, il y a du potentiel !

Vivement l’édition 2017 !


Quelques mots de Lionel Desfarges

Parcours très (trop) roulant malgré les différents types de revêtements empruntés. Manque de singles et de portions techniques ou plus trialisantes. On apprécie évidement les beaux paysages de la région. Beaucoup de convivialité et d’entraide, on retrouve l’esprit VTT des premières heures !

Voir aussi :
– ROC D’AZUR 2016 : Le Roc Trophy de Sébastien Carabin !
– ROC TANDEM 2016, rencontre avec l’équipage vainqueur + BIKE CHECK

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