Ultra Raid de La Meije 2016, au bout du froid

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Cette 6ème édition de l’Ultra Raid de la Meije, épreuve qui devient au fil des années une référence pour les amoureux de vélo de montagne, restera pour beaucoup gravée dans les mémoires. Attendu et redouté, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir se frotter au parcours phare avec ses 110 kms et ses terrifiants 5000 m de dénivelé positif, mais cette année, la météo en a décidé autrement…

Texte : Vincent Lombardi – Photos : Ultra Raid de la Meije

Après des semaines de beau temps sur toute la France, les prévisions pour le week-end sont pessimistes. Au briefing, on annonce qu’un départ aura bien lieu samedi matin mais sans savoir si nous pourrons emprunter le parcours complet. A 5H30, la place du village de Villar-d’Arène s’anime, des vététistes fluorescents tentent de se réchauffer autour d’un thé ou d’un café tandis que les prévisions météo alimentent les discussions. A 6H00, Jean-Paul Routens, créateur de l’épreuve, annonce que nous partons sur le parcours de repli. Exit les passages au sommet du Galibier et au col de la Ponsonnière, les deux points les plus haut du parcours impossible à sécuriser avec ces conditions météo.

Entre déception et soulagement, nous nous élançons dans l’inconnu, pour l’instant, tout va bien, 6°C, pas de pluie. Frédéric Ischard (Team Velochannel.com / Raid Vauban) prend la tête et emmène le peloton vers les premières rampes raides qui nous permettront de rejoindre le col du Lautaret. Au sommet, une pluie fine nous accueille avant de basculer dans la vallée de la Guisane par une piste rapide et facile où, de nuit, il faut tout de même faire attention à ne pas taper un caillou. Par rapport au tracé original, nous descendrons plus bas dans la vallée jusqu’au hameau du Lauzet. Au village, virage à gauche pour rejoindre le classique mais toujours aussi beau chemin du Roy, qui surplombe la vallée de la Guisane avec parfois une bonne exposition côté gauche. Ce sentier se termine par une succession d’épingles faciles et ludiques. On repasse alors de l’autre côté de la vallée pour remonter ce qu’on a descendu plus tôt, on bifurque ensuite sur la droite pour effectuer un aller/retour vers la Galibier jusqu’à la stèle Henri Desgranges. C’est là que les choses se compliquent, pluie fine, à la limite de la neige, on évolue dans un brouillard de plus en plus épais au fur et à mesure que l’on prend de l’altitude. Au niveau de la stèle, à 2500 m, il fait -2°C et nous sommes complètement trempés, le temps est glacial ! Tout le monde souffre du froid, pieds gelés, mains paralysées, il devient difficile d’actionner les freins, de changer de vitesse et de contrôler sa trajectoire… plutôt gênant étant donné que l’on croise les autres coureurs terminant leur montée… Benoît Vaxelaire (Team raid Vauban), vainqueur sortant, et Alexis Chenevier (Scott Mavic), recordman de victoires sur la Transvésubienne filent en tête à fond, comme insensibles au froid. De retour au Lautaret, nombreux sont ceux qui, frigorifiés, préfèrent jeter l’éponge. Nous empruntons ensuite un chemin fraîchement tracé pour redescendre vers Villar-d’Arène, tout en dévers et bien boueux, il faut se battre pour rester sur le vélo et slalomer entre les coureurs du petit parcours, pas plaisant du tout, mais cette section entre freeride et freestyle a au moins le mérite de bien nous réchauffer. On enchaîne avec une petite boucle autour du lac de la centrale électrique de Villar-d’Arène, histoire de rajouter quelques kilomètres à ce parcours de repli. Il faut avouer qu’à partir de ce moment, les conditions météorologiques se stabilisent et si l’atmosphère reste très fraîche et humide, on peut rouler dans des conditions correctes, sur un terrain pas trop gras.

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Cap sur le lac du Pontet, ça grimpe sévèrement à nouveau, avant la classique traversée vers l’Aiguillon, la descente vers le hameau de Valfroide s’est transformée en piste de bobsleigh, très fun… tant qu’on ne touche pas au frein avant ! Certains goûteront aux alpages bien involontairement. Après le ravitaillement de Ventelon, on remonte le vallon de la Buffe, coin paumé au pied du plateau d’Emparis, entre steppes et yourtes, on pourrait se croire en Mongolie. Le portage vers le plateau d’Emparis est toujours un moment difficile, la fatigue est déjà bien présente et l’on alterne les passages sur le vélo ou à pied sans jamais pouvoir prendre un rythme régulier pendant plus de 40 minutes. Au sommet, de petites averses de neige font à nouveau leur apparition. On traverse ensuite le plateau par un sentier rapide, pas de marmottes en vue cette année, elles sont sûrement bien au chaud au fond de leur terrier… Au col Saint Georges, on nous confirme que l’arrivée sera donnée au sommet de la côte de Besse, il reste donc une boucle à réaliser avec 700 m de dénivelé négatif suivi directement de 700 m de dénivelé positif, le retour sur La Grave étant assuré par une navette. Sage décision, sachant que plus tard dans la journée, la pluie redoublera et que le plateau d’Emparis sera recouvert d’une petite couche de neige pendant la nuit. Le chemin qui plonge sur Besse est toujours une descente de référence, virages relevés, ravines, épingles, cassures, choix de trajectoire, il y a vraiment de quoi piloter ! La montée suivante sur une piste à la pente régulière semble interminable, les épingles s’enchainent sans visibilité, on n’en voit, au sens propre, pas le bout, et puis au bout de 9 km ardus, c’est la délivrance et le passage de la ligne d’arrivée. Trempés, crottés, frigorifiés mais heureux, les pilotes échangent leurs impressions sur cette journée épique qui marquera tout le monde. Au final ce parcours de repli n’avait rien d’un itinéraire au rabais, avec 85 km, près de 4000 m de dénivelé cumulé, 2°C de température moyenne et des averses de pluie/neige, il fallait du courage et une excellente condition physique pour venir à bout de cet Ultra Raid de la Meije 2016 qui restera dans les annales !

Chez les hommes Benoît Vaxelaire conserve son titre devant Alexis Chenevier qui a fait quelques kilomètres supplémentaires en s’égarant un peu. Le podium est complété par le jeune suisse Florian Wenger (VC Payerne). Céline Augueux (Dijon Singletrack) remporte l’épreuve chez les femmes, avec 32 secondes (?!?) d’avance au terme de plus de 9h de course sur la vainqueur sortante Ada Xinxo (Trideporte.com). Danièle Troesch (To Motion Racing by Black Tusk), elle aussi ancienne vainqueur de l’épreuve, termine 3ème pour son 5ème URLM. Au total, le grand parcours compte 100 finishers cette année, un record ! Preuve que malgré les conditions difficiles, le niveau de cette épreuve ne cesse de monter. Un grand bravo à l’organisation qui a réussi à assurer une organisation de qualité malgré un changement de parcours (justifié) de dernière minute.

A voir, la très belle vidéo illustrant cette édition 2016 : VIDEO : Ultra Raid de la Meije 2016


Résultats complets : www.ultraraidlameije.fr


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