Orbea Orca M10i

Orbea Orca Action 5

Test Orbea Orca M10i

Orbea Orca M10i, le séducteur

Le nouvel Orca (septième du nom), séduit pour son allure, les couleurs modernes proposées et sa finition. Mais attention : sous la même dénomination se cachent deux cadres avec des fibres de carbone différentes. Poids et comportement s’en ressentent. Bien que très bien équipé, le M10i n’est pas le cadre utilisé chez les pros par l’équipe Cofidis.

Est-ce un bien ou un mal ? Si nous n’avons pas pu tester la version haut de gamme de l’Orca, en carbone OMR, cette version OMP – sur le papier 150g plus lourde et environ 800 € plus chère – semble un peu plus adaptée à un usage cyclosportif. D’après les échos que nous en avons eu, le cadre de l’équipe Cofidis est extrêmement rigide, voire intraitable pour un utilisateur aux moyens physiques limités. D’ordinaire, les cadres haut de gamme sont plutôt polyvalents, mais ici Orbea semble avoir mis l’accent sur la performance pure. L’OMP qui est à la base du M10i que nous avons à l’essai semble plus accessible pour le commun des mortels. Cette différence de fibres explique en tout cas les avis divergents à l’encontre de l’Orca. Il y a bien deux Orca, et c’est juste dommage que la gamme soit si peu explicite chez Orbea. Car les deux cadres sont semblables en termes de géométrie et d’aspect extérieur. Les niveaux de gamme et d’équipement s’entrecroisent. On trouve quatre vélos différents en OMR, de 5499 à 8999 €, et sept vélos en OMP (le cadre qui nous intéresse aujourd’hui), de 2299 à 8499 €. On ajoute à cela un système d’options qui permet d’upgrader sensiblement le vélo, au niveau des roues ou des périphériques. Ainsi, le M10i dont nous disposons, en carbone OMP, est superbement équipé, avec un groupe Shimano Dura-Ace DI2, des roues Vision Metron en carbone à pneus et des périphériques FSA haut de gamme. Prix de l’ensemble : 8160 € pour 6,99 kg sans pédales en taille 51.

Orbea Orca Profil 2

Une très belle finition

L’OMP utilise une fibre de carbone de niveau « évolution », quand l’OMR se situe au niveau « performance ». Nous n’en savons pas plus car Orbea communique peu sur le sujet. En réalité, la différence de poids se situe plutôt aux alentours de 500 g, à équipement égal. C’est beaucoup, mais pas insurmontable sur le terrain. Le cadre est fortement sloping, ce qui se traduit par une belle sortie de tige de selle, en 27,2 mm de diamètre qui favorise le confort sur routes cabossées. Le tube supérieur est relativement fin et aplati, par effet de style, ou pour dissiper les vibrations. Quant au triangle arrière, il est plutôt compact pour favoriser théoriquement la  nervosité. Les haubans fins et effilés s’opposent aux bases surdimensionnées et rectangulaires. Elles sont reliées à l’imposant tube diagonal par une boîte de pédalier asymétrique, au format Press Fit. La douille de direction est conique et fuselée, avec des roulements de 1’’1/5 en bas et 1’’ 1/8 en haut. Les fourreaux de la fourche sont droits quand on regarde de profil mais s’évasent juste à quelques centimètres des pattes. Tous les câbles passent à l’intérieur des tubes et l’Orca est compatible pour transmissions mécaniques ou électriques. La finition est superbe : déco mate du plus bel effet, avec cinq coloris disponibles pour ce modèle précis. Un détail qui montre le soin apporté à la réalisation du cadre : les aimants intégrés côté roulements du pédalier pour l’installation d’un capteur de puissance SRM ou Quarq.

Orbea Fourche 3 Orbea Orga Fourche 2 Orbea Orca Tube Diagonal 1 Orbea Orca Collier 1

Équipement flatteur

Le groupe Shimano Dura-Ace DI2 est ce qui se fait de mieux avec le Campagnolo Super Record EPS et bientôt le SRAM à transmission sans fil. C’est précis léger, confortable (sauf avec des gants d’hiver car on s’y perd un peu), et la finition est magnifique. Curiosité : le cadre dispose d’une boîte de pédalier en PF 86 mm, mais aucun vélo de la gamme n’est équipé d’un pédalier directement compatible (FSA ou Rotor). Du coup, le pédalier Dura-Ace est monté avec des adaptateurs. Plateaux et cassette sont au choix à la commande. Les roues Vision Metron 40 carbone sont belles et bien finies, en plus de compléter joliment la ligne de l’Orca. C’est une option car le M10i est à l’origine disponible avec des Mavic Ksyrium Elite, ou avec des Vision T30 en alu, ou encore avec des Mavic Ksyrium SLR. C’est avec ces dernières que le M10i est à notre avis le plus efficient. On s’attend à de belles performances avec les Vision Metron en carbone, mais elles demeurent des roues carbone à pneus de 1500 g, pas très rigides et pas forcément si polyvalentes qu’annoncé. Le poste de pilotage est magnifique, avec un ensemble cintre et potence FSA K-Force et OS-99. Mais c’est là aussi une option, le montage d’origine se contentant d’un ensemble en aluminium FSA Energy. Quant à la selle Prologo Scratch 2, elle apporte toute satisfaction en termes de confort et de stabilité de la position. Au final, notre vélo d’essai passe de 6499 à 8160 € avec les options. C’est beaucoup quand on sait qu’on trouve un premier Orca en fibres OMP à 2299 €.  Cela donne une idée du potentiel du cadre, certes très bien conçu, mais forcément limité par rapport à d’autres cadres carbone très haut de gamme.

Orbea Orca Action 4

Manque de répondant

Très sain dans son comportement, l’Orca M10i se montre à la fois stable et maniable, au moins avec cette taille 51. Nous apprécions d’ailleurs la géométrie et la coupe générale du cadre, qui laisse une belle sortie de tige de selle. À son guidon, on peut se faire plaisir dans les descentes, prendre de la vitesse et freiner court, même avec les roues carbone, ici associées aux excellents étriers de freins Dura-Ace, équipés de patins de freins idoines. Sur le sec, les pneus Vittoria Corsa CX rassurent avec leur toucher de route, mais ils sont plus délicats à piloter sur le mouillé. Ils participent en tout cas à la filtration des vibrations et au confort général, de bon niveau sur les revêtements granuleux. La géométrie reste toutefois typée « course », avec un tube supérieur assez long et une douille de direction relativement basse. Les roues de 40 mm de haut offrent peu de prise au vent latéral. Elles n’influent donc pas sur la conduite du vélo. En action, elles fonctionnent en adéquation avec le cadre, et on ne ressent pas spécialement de cisaillement lorsqu’on appuie sèchement sur les pédales. Pourtant, l’Orca M10i, conçu à partir d’une fibre de carbone de deuxième niveau, ne tient pas toutes ses promesses. Flatteur, confortable et facile aux vitesses de train usuelles, il semble manquer de répondant quand on le lance franchement à partir d’une vitesse peu élevée. Les démarrages soulignent un caractère un peu pataud. À très haut régime, il semble plafonner un peu également, comme si l’ensemble formé par le cadre et les roues se désunissait au-delà des 400 ou 500 watts fournis par l’utilisateur. Enfin, il manque d’allant, d’inertie positive sur le plat ou dans les cuvettes suivies de faux-plats, là où des vélos pourtant un peu lourds arrivent à montrer un certain rendement. On ne peut donc pas dire qu’il permet dans cette situation d’économiser un peu d’énergie, salvatrice en fin de parcours. À partir de ce châssis donc, les roues Metron n’apportent pas grand chose.

Orbea Orca Action

Puisque le cadre semble plus destiné à un usage cyclosportif qu’à un usage en compétition, les Ksyrium Elite ou les Ksyrium SLR proposées aussi avec ce même vélo (et qui le rendent moins cher), lui confèrent même un peu plus de nervosité à basse vitesse. Nonobstant le niveau de l’équipement, évidemment sans reproche, voire flatteur, l’Orca M10i se comporte comme un bon vélo de moyenne gamme. Reste la question du prix, car à 8160 €, l’Orca M10i ainsi équipé s’oppose à une version de cadre haut de gamme OMR en Ultegra DI2, avec les mêmes roues pour 1500 € de moins. Ou encore à un OMR avec un Ultegra mécanique pour 2500 € de moins. Sur la base de ce cadre-là, en carbone OMP, la bonne affaire est à regarder du côté de l’Orca M20, en Shimano Ultegra mécanique et roues Ksyrium Elite, pour 2999 €, une somme qui nous paraît bien plus cohérente par rapport à son comportement.

FICHE TECHNIQUE ORBEA ORCA M10i
Orbea Orca Profil 1

Cadre : Carbone OMP
Fourche : Carbone OMP
Dérailleurs : Shimano Dura-Ace Di2
Poignées : 
Shimano Dura-Ace Di2
Cassette : Shimano Dura-Ace 11/28 ou 11/25 dents
Chaîne : Shimano Dura-Ace
Pédalier : Shimano Dura-Ace PressFit 50/34 ou 53/39 dents
Freins : Shimano Dura-Ace
Roues : Vision Metron 40 (option)
Pneus : Vittoria Corsa CX 700×23
Potence : FSA OS-99 (option)
Cintre : FSA K-Force (option)
Tige de selle : FSA SL-K 350 x 27.2 mm
Selle : Prologo Scratch 2 Tirox
Poids : 6,99 kg sans pédales en taille 51
7 tailles : 47, 49, 51, 53, 55, 57, 60
5 coloris
Prix public : 8160 € (à partir de 6499 € pour la version hors options)
Programme personnalisation Orbea : Modifications possibles à la commande sur braquets, poste de pilotage et roues.
Contact : www.orbea.com

Orbea Orca Géométrie

> Autres essais produits route : www.velochannel.com/Essais Route
> Suivez VeloChannel.com sur Facebook et Twitter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.