Essai du O2Feel Swan

Marque française apparue en 2010, O2Feel ne propose que des vélos à assistance électrique. Le gros du catalogue est constitué de machines destinées à la ville, du pliant aux grandes roues. Le style reste classique, mais avec une touche maison assez reconnaissable. C’est notamment le cas du Swan, d’allure générale sage mais présentant une fiche technique très moderne.

O2Feel Swan Di2 sur une piste cyclable à l'automne

O2Feel décline son Swan en trois niveaux d’équipement : le premier équipé d’un dérailleur traditionnel Deore, un autre en Nexus 8 (vitesses intégrées), et un haut de gamme muni d’un moyeu Alfine 8 à commande électrique Di2. C’est cette dernière version qui est essayée ici.

O2Feel Swan Alfine Di2 noir

Une présentation sobre

La géométrie est classique, mais la ligne tendue. Autour du cadre, l’aluminium est partout, du porte-bagages aux garde-boue. La section en losange de la poutre principale impose le respect. Les soudures généreuses mais pas très gracieuses sont heureusement discrètes sous la robe satinée de notre Swan. Assez volumineuse, la batterie se fait finalement peu remarquer, car les dimensions des tubes équilibrent la ligne du vélo. Le carter de chaîne, chic et enveloppant, le coloris de la selle, des pneus et des grips, le dessin du cintre et les disques sont autant d’élements qui marient l’ancien et le moderne pour donner une machine homogène à l’oeil.

antivol, porte-bagages et batterie

Unique vestige du XXème siècle, l’antivol fer-à -cheval à la roue arrière, juste au-dessus des haubans. Celui qui ne rend sa clef que s’il est fermé… Ce qui oblige à le verrouiller à chaque arrêt. Contraignant au début, mais on prend vite l’habitude. Un regret, quand même : il n’a pas la même clef que la batterie.

Le Swan n’est disponible qu’en deux tailles (avec des roues en 26 pouces pour la plus petite), mais la potence est réglable en inclinaison, et les suspensions de la tige de selle et de la fourche promettent d’ajouter encore un peu de confort.

pédalier du Swan O2Feel Di2

bloc moteur Shimano STEPX

Le moteur est quasiment invisible à droite, et très bien intégré vu de gauche.

tendeur de chaîne Shimano Alfine sur Swan O2Feel

Electricité, transmission, freinage, Shimano s’occupe de tout sur le Swan. La tension de la chaîne est confiée à un tendeur Alfine, ce qui dispense le cadre de tout mécanisme de réglage. Ce choix, à peine pénalisant pour l’esthétique, simplifie grandement la conception du cadre, ainsi que toutes les opérations d’entretien concernant la roue arrière et la transmision en général.

moyeu et fixation de la béquile

La béquille est facile à manoeuvrer, et permet de reculer sans la replier.

éclairage avant Spanninga

éclairage arrière Spanninga

bandes réfléchissantes sur les pneus Schwalbe Spicer du Swan O2Feel

La visibilité du Swan est assurée par des éclairages à diode de marque Spanninga, commandés depuis le tableau de bord. Les pneus, des Schwalbe Spicer 28×1.50 assortis à la selle et aux grips, sont pourvus d’une bande réfléchissante.

écart guidon-selle du Swan O2Feel

Le freinage est assuré par deux disques hydrauliques. Le moyeu Alfine 8 intègre les vitesses, commandées électroniquement, en coordination avec l’assistance électrique STEPS. A la main gauche, on agit sur les infos affichées par la console et on gère les niveaux de l’assistance. La commande de droite offre le choix entre un passage manuel des 8 vitesses ou leur gestion automatique par l’électronique embarquée, selon la vitesse du vélo, la cadence de pédalage et l’effort fourni à la pédale. On va y revenir.

Nous avons noté quelques détails de finition perfectibles, comme le fil du feu arrière est un peu exposé entre le moteur et le pneu arrière, et les vis au-dessus du bloc moteur sont déjà piquées par l’oxydation. La peinture noire paraît résistante, mais elle est pourtant marquée à plusieurs endroits. C’est un dur métier que celui de vélo d’essai, sorti et remis maintes fois en carton, et balloté d’entrepôts en camionnettes… Rien de grave donc, la présentation est globalement très bonne.

Un comportement sage

écran STPS Shimano

La console réclame quelques instants pour s’initialiser, et ensuite on peut lancer le vélo. Installé sur le Swan, on a une position droite, avec un guidon pas très large et assez près du buste. Le vélo se montre maniable dès les plus basses vitesses. Le freinage est quasi parfait: sensible, très facile à doser, mordant mais pas brutal. La fourche fait son travail en toute modestie. Les plus tatillons pourront s’escrimer à lui trouver un bon réglage de précontrainte, mais de toute façon il ne faudra pas trop lui en demander. La suspension de la tige de selle se fait discrète, ce qui est appréciable : pas de pompage à chaque coup de pédale, ce qui serait usant à la longue.

selle du Swan Di2 O2Feel

Peu agréable au premier contact, la selle elle-même laissait craindre des sensations pénibles, mais elle nous a finalement permis des trajets de 50 bornes en jean sans inconfort particulier, ce qui est plutôt un compliment. Sur ces parcours plus longs, le Swan confirme les impressions délivrées en première instance. Il est neutre et confortable, et très facile à manier quelle que soit l’allure adoptée. Le poids de l’équipement électrique n’est pas un problème. Le centre de gravité, placé plus haut que sur un vélo à batterie sous le cadre, ne pénalise cependant en rien les évolutions à très faible allure. L’ajout d’un chargement de quelques kilos sur le porte-bagages ne modifie pas son comportement.

lumière d'automne en fin de journée

Nous avons emmené le Swan en virée sur les départementales, avec un peu de dénivelé, pour profiter des belles lumières automnales. L’oiseau aime bien la balade, mais garde son sérieux. Pas question par exemple de rouler sans les mains, sous peine de guidonnage dès 20km/h. La garde au sol, la rigidité du cadre et de la fourche, ou simplement la position de conduite, n’incitent pas non plus à l’attaque, même si le huitième rapport de l’Alfine permet de pédaler jusqu’à 45km/h environ. Mieux vaut se laisser descendre sans excès, et profiter du paysage en comptant sur un freinage toujours très rassurant. Le confort reste bon, et il n’y a que peu de bruits mécaniques sur les mauvais revêtements.

boue sur le carter de chaîne su Swan

On regrette juste des pédales légèrement glissantes par temps de pluie. ainsi que des garde-boue parfois dépassés par les conditions climatiques. Mieux vaut ralentir fortement en traversant des flaques douteuses, pour préserver le bas de sa tenue vestimentaire.

Le mariage STEPS – Di2

Shimano STEPS, mode d'assistance à la marche

Le STEPS propose trois niveaux d’aide au pédalage, ainsi qu’une assistance pour la marche. La réactivité et la douceur de ce système sont remarquables. Le moteur est plus généreux en couple au démarrage qu’une fois lancé, ce qui rassure notamment quand on est entouré de véhicules à moteur. Et la coupure intervenant à 25.9km/h est extrêmement douce et progressive. On n’a pas du tout l’impression d’un coup de frein, toujours mauvaise pour le moral. Seul reproche, le bruit émis par le moteur, qu’on aurait souhaité un peu plus discret. Il reste parfaitement acceptable néanmoins.

120 bornes d’autonimie maxi sont annoncées… En pratique, les 70 kilomètres seront rarement dépassés. En fin de charge (1%), l’assistance se cale sur le niveau le plus faible pour conserver un maximum d’autonomie. A la coupure, le système garde un peu de batterie pour le Di2, mais… Plus rien pour l’éclairage! Attention en rase campagne. Pédaler la batterie vide, ce n’est déjà pas rigolo, alors dans le noir encore moins. Parce que le feu avant permet quand même de rouler de nuit pour dépanner. Il n’est pas bien puissant, mais tant que le bitume est bon, il fait l’affaire.

Le Di2 permet le passage des vitesses d’une simple pression sur un bouton. Finis les tracas de la commande par câble, Shimano maîtrise cette technologie, et on peut supposer que la fiabilité sur un vélo urbain sera au rendez-vous, car ce système encaisse sans broncher des outrages autrement plus poussés que des trajets utilitaires.

On sait déjà que les moyeux Shimano rechignent à passer les vitesses si l’on ne soulage pas la pression sur les pédales à chaque changement de rapport. Le STEPS en tient compte : l’assistance du Swan se coupe brièvement le temps que les vitesses passent, dans un sens comme dans l’autre. Le cycliste doit faire de même. Il suffit de suspendre son effort sur le pédalier le temps de presser le bouton. Sinon, le moyeu proteste et craque, et parfois la vitesse ne passe pas. Pédaler comme un galérien en actionnant le Di2 en rafale ne donnera donc rien de bon. Mais ce n’est pas la vocation du pacifique Swan, qui encourage naturellement un pédalage souple et un passage des vitesses décomposé. Décomposé ne voulant pas dire nonchalant, les vitesses du Swan s’enchaînent alors impeccablement et vite.

On peut surtout -et c’est le point fort de ce Swan- sélectionner le mode auto du Di2, qui va gérer entièrement le passage des vitesses. Le cycliste pédale, et le vélo s’occupe de tout. Démarrer, accélérer, ralentir, ou s’arrêter, tout ceci se fait sans plus toucher au sélecteur droit. Les vitesses montent et descendent toutes seules… C’est surprenant les premières centaines de mètres, mais après quelques minutes, on adhère totalement au truc. il est possible de choisir le rapport sur lequel le moyeu se calera à l’arrêt, pour avoir toujours le même développement quand on démarre. Conséquence des réticences du moyeu à passer les vitesses en charge, il faut garder le pied léger à chaque changement. Comme en manuel, inutile de pédaler fort en continu en espérant que l’Alfine fasse le boulot d’un variateur. Il va vite se plaindre, surtout en côte où il cherche un peu le bon développement tant que l’allure n’est pas stabilisée. On sent bien que si l’électronique peut aller vite, le moyeu et ses engrenages n’ont pas le même rythme. Notons qu’il est possible d’ajuster la cadence à laquelle le Di2 passe les vitesses en fouillant dans le paramétrage de la console. Mais l’amplitude de ce réglage est étroite et ne révolutionne pas le comportement de la transmission, qui reste paisible.

O2Feel Swan Di2 en noir et blanc

Assurément, cet O2Feel Swan Di2 est une solution pour les allergiques au passage des vitesses sur un vélo. Ce système pousse en fait assez loin la démarche visant à faire d’un vélo électrique de ville une solution de transport crédible, et même sérieuse. L’électricité supprime l’excès d’effort, tandis que le Di2 automatique affranchit l’usager des vitesses à passer (et à régler). Reste à voir quelle est la place que se taillera ce Swan, richement équipé, une fois n’est pas coutume, pour rendre service et non pour faire du sport. Car les allergiques cités plus haut ont parfois du mal à imaginer qu’un vélo puisse valoir plus cher qu’une trotinnette… Ils ont bien tort!

O2FEEL SWAN ALFINE DI2

profil Swan O2Feel photo oficielle

Les + : Facilité du tout automatique, agrément d’ensemble
Les – : rigidité modeste du cadre et de la fourche

Cadre : Aluminium Hydroformé
Assistance : Shimano STEPS, moteur central
Batterie : 36V 418Wh
Dérailleur : Shimano Alfine 8 Di2
Freins : Shimano disques hydrauliques M355 160 mm
Jantes : Alex MD19, double paroi
Pneus : 26″ : Schwalbe road cruiser / 28″ : Schwalbe spicer
Potence : réglable avec outils
Tige de selle : Satori Solo suspendue
Selle : Selle vélo confort
Poids : 25,70 kg (en taille 48)
Tailles : 48cm en 28 pouces, 45cm en 26 pouces

Prix public : 2999 €

D’autres infos : www.o2feel.com

 

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