Décès d’un vététiste dans un accident de chasse, la MBF réagit

Suite à l’accident de chasse du samedi 13 octobre 2018 à Montriond (74) impliquant le décès d’un vététiste, Marc Sutton, ayant soulevé de nombreuses réactions malgré le fait que ce ne fut malheureusement pas – et de loin – le premier drame de ce type, la MBF (Mountain Bikers Foundation) réagit et propose de premières solutions et pistes de réflexion.   

Une communication autrement plus constructive que le tweet polémique d’Alain Perea… Chaque année, plusieurs dizaines de décès causés par des accidents de chasse sont relevés et l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) rapporte qu’une très grande majorité de ces accidents sont liés à un manquement aux règles de sécurité. Plus précisément, 50 % des cas ont pour cause « le non-respect de l’angle de sécurité de 30° » (tirer dans un angle restreint face à soi), 27% reflètent d’une « mauvaise manipulation de l’arme » et pour 17% il s’agit d’un « tir sans identification préalable de la cible ». Et les chasseurs restent en nombre les premières victimes des accidents causés par leur activité.

La MBF soulève un problème de réglementation en termes de sécurité : «la loi chasse n°2008-1545, dite « loi Poniatowski » a supprimé la seule référence législative qui encadrait la sécurité. En effet, si la loi « chasse 2000 » avait bien prévu qu’un décret encadrerait la réglementation de la sécurité, ce décret n’a jamais été pris. La « loi Poniatowski » a même supprimé cet article de loi en 2008. Déjà, en 2004, la « loi chasse » de R. Bachelot avait supprimé le jour sans chasse issu de la loi « chasse 2000 ». Bien plus tôt, en 1982, la circulaire Deferre avait supprimé le périmètre de sécurité autour des habitations.»

De plus, chaque société communale de chasse peut construire sa propre réglementation, au niveau des jours et horaires de battue notamment, leurs intérêts étant protégés par l’aspect financier, les droits de chasse et accès étant négociés avec les propriétaires et gestionnaires d’espaces publics.

Les propositions concrètes de la Mountain Bikers Foundation pour améliorer la sécurité

– Imposer le respect strict des consignes de sécurité et de formation des chasseurs, rallonger le cycle d’obtention du permis, relever l’âge d’obtention du permis (16 ans aujourd’hui).

– Interdire la chasse le dimanche (82 % des Français se prononcent en faveur du dimanche comme journée non chassée, soit davantage qu’en 2016 (78 %) et qu’en 2009 (54 %) sondage IFOP. De manière globale, on observe une montée de l’opposition aux pratiques de chasse depuis les années 1970. 60% des accidents ont lieux le dimanche.

– Dans certains pays européens, les postes de chasses doivent être pré-établis, numérotés, signalés et remis aux autorités en début de saison. Les chasseurs ont interdiction de se déplacer de leur poste pendant la durée de la battue. En France la chasse se définie sur une zone et en fonction du nombre de chasseurs. Il semblerait que ce système soit moins précis.

– Création d’une application nationale permettant de géolocaliser (la veille pour le lendemain) les zones de chasse. Celles-ci sont départementales et pas toutes aussi précises pour le moment.

– Respect des zones de battue par les vététistes si l’info est donnée au moins la veille et de manière précise et affichée sur le terrain.

– L’avertisseur sonore désactivable sur le VTT.

– Porter des couleurs vives.

En conclusion, la MBF ajoute :
«Ces solutions sont complémentaires. Si l’interdiction de la chasse le dimanche seule était prise, on règlerait le symptôme mais pas les causes. La proposition récente d’interdire le dimanche sur les sites touristiques ne serait peut-être pas la plus efficace. Beaucoup de lieux de pratiques de sport de plein air ne sont pas spécialement touristiques.
Le renforcement de la formation des chasseurs, le bon sens, l’éducation aux bons comportements, sont le premier axe pour améliorer la sécurité des espaces naturels dans lesquels tous les usagers doivent se sentir en sécurité. Il est frappant de lire dans les forums de chasse que certains chasseurs craignent pour leur sécurité.

La MBF n’a pas pour habitude de stigmatiser les différents pratiquants de l’espace naturel. Nous ne voulons pas faire subir aux autres ce que nous devons affronter trop souvent en tant que vététistes. Néanmoins, les récents accidents nous poussent à exiger des évolutions, notamment la formation et le respect des consignes de sécurités qui semblent être un problème principal. Nous évoquerons cela très prochainement avec les représentants de la fédération de chasse.»

Voir aussi :
Toutes les infos MBF
– MBF, site officiel et adhésion

 

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Un commentaire sur “Décès d’un vététiste dans un accident de chasse, la MBF réagit”

  1. il serait aussi intéressant que les vetetistes restent sur des sentiers balisés et pas en free ride ;les chasseurs savent où sont les sentiers VTT et l’erosion des sols ne serait pas réactivée pas le free ride ???????????????

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