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Technique : montage et réglage du groupe Shimano Dura-Ace Di2 R-9150

Technologie embarquée

Le nouveau groupe Shimano Dura-Ace Di2 (nom de code : R-9150), que nous avons déjà pris en main ici avant un test longue durée plus complet à venir, est destiné à s’intégrer aux cadres modernes avec les passages de câbles internes, mais aussi les différentes connexions. Il présente aussi de nouvelles fonctionnalités personnalisables, comme le Synchro Shift (changements de vitesse synchronisés). Zoom sur le montage de ce groupe très haut de gamme, avec l’aide du magasin Cyclexpert de Bourg-la-Reine (92).

Photos : Christophe Guiard

Une fois monté, un groupe Di2 ne présente aucun problème d’entretien particulier. Sur le long terme, même si une panne du système ou un câble qui se débranche (lors d’un transport par exemple) peuvent arriver, il y a moins de manipulation à effectuer qu’avec des câbles pour des dérailleurs mécaniques. Quant aux performances des changements de vitesse, elles sont toujours égales, même après plusieurs dizaines de milliers de kilomètres. S’il n’est pas extrêmement compliqué, le montage nécessite toutefois une attention particulière et un peu plus de temps qu’un montage classique, en raison des passages internes des différents câbles électriques et de la connexion entre chaque élément. En effet, les deux leviers, les deux dérailleurs et la batterie doivent être reliés à un petit boîtier de connexion (ou « jonction A ») qui est en quelque sorte le cerveau du système. C’est ce boîtier qui permet d’interroger l’état de la batterie, de la recharger (via un câble sur secteur, mais on peut rouler 3 à 4000 km facilement sans recharge), et de changer de mode de Synchro Shift.

Jusqu’à présent, ce boîtier (EW90 A) se positionnait sous la potence et cette option est d’ailleurs toujours d’actualité. On y trouve trois ports de montage : deux pour les câbles en provenance de chacun des leviers, et un port pour le câble en direction de l’intérieur du cadre. Mais il est désormais possible d’installer un autre type de boîtier (EWRS910) à la place d’un bouchon de cintre, ou dans le cadre quand celui-ci est prévu pour. C’est cette dernière solution que nous avons choisie, même si ce boîtier ne dispose que de deux ports, ce qui implique d’installer un boîtier de connexion (ISMJC41) supplémentaire (une sorte de « domino » à quatre ports) dans la potence dans le cas d’une potence Pro prévue à cet effet ou dans le cadre.

Cela permet dans les deux cas d’alléger visuellement le poste de pilotage. Il s’agit du même boîtier, mais avec des pièces de montage différentes.

Avant de sélectionner les câbles électriques, il convient d’installer le poste de pilotage. Les câbles sont proposés en vingt longueurs différentes, de 150 mm à 1m60. Pour éviter tout risque d’arrachement ou de déconnexion, mais aussi de bruit dans le cadre, il faut choisir au mieux la longueur de chacun entre chaque segment (leviers/connexion/batterie/dérailleurs). Sept câbles au total sont nécessaires à notre montage.

Ensuite, il faut passer le (si on utilise un ISMJC41 en amont) ou les deux câbles en provenance des leviers dans le cadre, une opération qui demande doigté et patience. Shimano fournit une petite pièce avec un aimant pour attraper le câble, mais on peut aussi utiliser une bonne vieille méthode qui consiste à attacher le fil électrique à un câble en acier, plus rigide, juste pour le passage.

Avant d’installer le boîtier de connexion, on fait ressortir les deux câbles des leviers. Ceux-ci sont ensuite reliés à un domino pour qu’un seul câble soit connecté au boîtier à deux ports.

On installe un autre boîtier de jonction JC41 au niveau de la boîte de pédalier, pour relier le câble en provenance du boîtier de connexion A, un câble en direction de la batterie, et les deux câbles en direction des dérailleurs.

La batterie se loge ici dans la tige de selle. Il faut donc relier un câble entre celle-ci et le domino.

La dernière étape du montage des câbles à l’intérieur du cadre passe par la fixation définitive du boîtier de connexion A dans le cadre, à l’aide du support de montage prévu.

On passe ensuite à l’installation du dérailleur arrière sur le cadre, non sans avoir vérifié préalablement l’alignement de la patte de dérailleur.

À l’aide d’une pince spéciale, le branchement du câble sur le dérailleur garantit une parfaite étanchéité, et limite les risques de débranchement.

Même opération pour le dérailleur avant. Il peut être utile (pas dans notre cas), d’installer une petite plaque de protection entre le dérailleur et le cadre, au cas où la vis d’appui entrerait en contact avec le tube de selle.

On installe la butée prévue pour recevoir la gaine de frein arrière et le ou les câbles Di2. La seconde butée sert ici dans le cas d’un montage avec des dérailleurs mécanique, et sera remplacée par un obturateur plus lisse.

Quant au domino (JC41), il se glisse dans le cadre au niveau du bas du tube diagonal, avant le montage du pédalier.

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