Premiers tests des nouveaux capteurs de puissance PowerTap

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La mesure de la puissance se démocratise. Pour le prix d’une paire de roues en alu haut de gamme, on trouve désormais des capteurs de puissance fiables et précis, qui ne surchargent ni le poids ni l’esthétique du vélo. Marque emblématique dans le domaine, PowerTap propose aujourd’hui trois types de capteurs : dans le moyeu, dans les plateaux ou dans les pédales. Ces sont ces deux derniers modèles – tous nouveaux – que nous avons pris en main.

Les capteurs de puissance ont la cote, surtout depuis que le leader historique SRM se voit confronté à une concurrence qui tend à faire baisser un peu les prix. Et si ce précurseur dans le domaine reste une référence en termes de fiabilité et de précision, les appareils plus abordables ont le mérite de rendre accessible un mode d’entraînement jusque là réservé aux coureurs de très haut niveau. Rappelons que contrairement à la mesure de la fréquence cardiaque pendant l’effort, la mesure de la puissance (qui est l’énergie mécanique fournie par le coureur par unité de temps, ou le résultat de la force appliquée sur les pédales multipliée par la vitesse à laquelle elles tournent, exprimée en watts) est sans inertie et toujours la même. Vous trouverez d’ailleurs plus d’infos ici : www.velochannel.com/Comment gagner en puissance.
C’est donc l’expression réelle de l’effort à un moment donné. Parmi les capteurs de puissance disponibles, on en trouve intégrés au pédalier, aux pédales, ou au moyeu arrière. Chaque solution a ses avantages et ses inconvénients, que ce soit en termes de passage d’un vélo à l’autre, de compatibilité avec la transmission, d’exposition en cas de chute, ou de polyvalence de la roue arrière complète. Avec son système intégré au moyeu arrière, PowerTap est l’un des concurrents les plus sérieux de SRM. Depuis plus de 15 ans, la marque américaine rivalise avec la référence allemande dans les domaines de la fiabilité et de la reproductibilité des données de puissance. Au point d’être également « validé scientifiquement » par les experts, chercheurs ou entraineurs, quand d’autres produits plus récents montrent parfois des variations de mesure qui perturbent le suivi ou l’application corrects du plan d’entrainement. Notons toutefois que la plupart du temps, les comparatifs sont réalisés par rapport aux données présumées fiables d’un SRM. Toujours est-il que PowerTap connaît le sujet. Et le lancement de deux nouveaux capteurs de puissance (voir ici : www.velochannel.com/4 nouveaux produits PowerTap) pour répondre aux besoins de ceux qui ne seraient pas satisfaits d’un placement dans le moyeu (et donc de l’utilisation d’une roue et d’un type de jante fixes) n’est sans doute pas une qu’une simple campagne marketing. Les pédales P1 ou les plateaux C1 apportent donc des solutions alternatives aux moyeux G3 et GS, avec toute la crédibilité attendue de la part d’une marque spécialiste comme PowerTap.

Des pédales au point

Même si nous n’avons testé que des préséries, les pédales P1 nous ont bluffés par leur précision et la réactivité des données transmises. Comme l’indique Justin Henkel, chef produit chez PowerTap : « Les premiers prototypes étaient prêts il y a deux ans déjà, et petit à petit nous avons pu affiner la technologie pour assurer une précision identique à celle du moyeu (+ ou – 1,5 %), tout en travaillant sur la simplicité d’installation et sur la connectivité. » Contrairement aux pédales concurrentes Garmin Vector ou Look Power, les pédales P1 ne réclament ni clé dynamométrique, ni angle d’installation précis. On les installe comme des pédales classiques, sans précaution particulière, ce qui permet de les passer très facilement d’un vélo à l’autre. Les cales de type Keo, avec ou sans liberté angulaire selon le modèle, s’installent sous toutes les chaussures du marché, et on retrouve une facilité d’enclenchement et des sensations proches des pédales Look. L’écartement des pieds par rapport aux manivelles (Q Factor) n’est pas altéré, de même que la distance entre l’axe de la pédale et la semelle de la chaussure. La communication s’établit aisément sur le compteur dédié Joule GPS, mais aussi sur un Garmin comme nous avons pu le vérifier. Mieux, lors du test simultané des capteurs P1 et C1, avec deux compteurs Joule GPS sur le vélo et le Garmin dans la poche, toutes les données ont été enregistrées sans aucune interférence.

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Enfin, les nouveaux capteurs de puissance PowerTap peuvent aussi communiquer avec un Smartphone (en Bluetooth Smart) pour ceux qui ne disposent pas de compteur. Chaque pédale dispose de quatre jauges de contrainte, ce qui assure une mesure indépendante à gauche et à droite. L’idéal pour tenter de corriger par exemple les défaillances d’une jambe par rapport à l’autre. Par exemple, en décrochant un pied d’une pédale, on constate que l’intégralité de la puissance disponible est fournie de l’autre côté. Au roulage, chaque relance ou accélération est immédiatement visible en termes de puissance fournie sur le compteur. Il en est de même pour chaque période de relâchement, sans aucune inertie. Ce qui permet de parfaitement gérer une série d’exercices en fractionnés, même sur le plat ou sur une route vallonnée. L’affichage de la cadence de pédalage est tout aussi réactif, calculé sans aucun aimant disgracieux sur le cadre ou la manivelle. L’analyse de la courbe de puissance de la sortie a posteriori sur le logiciel PowerAgent ou sur n’importe quel logiciel qui lit les fichiers .fit ou .gpx (le format des compteurs GPS) ne montre aucune perte de signal, ou aucune donnée incohérente. Après cette première prise en main, nous pouvons juste nous poser quelques questions au sujet de la proéminence du corps de pédale sous la cale, sûrement exposée en cas de chute ou lors d’un virage serré pris en pédalant. D’autre part, si chaque pédale fonctionne avec une pile AAA facile à remplacer, l’autonomie limitée de 60 heures nécessite quelques précautions avant un entrainement important, une compétition ou un départ en stage par exemple. Le surpoids s’élève à 150/200 g par rapport à des pédales haut de gamme pour la paire, ce qui n’est pas sensible en roulant. A 1299 €, les pédales P1 devraient faire un malheur, d’une part parce qu’elles nous semblent parfaitement au point, d’autre part grâce à leur montage ou démontage hyper simples.

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Prix imbattable pour les plateaux C1

L’autre solution proposée par PowerTap est apportée par un couple de plateaux, qui se monte sur (presque) n’importe quel vélo, et qui fait office de capteur de puissance. Pour cela il suffit de disposer d’un pédalier à cinq branches, avec un entraxe compact de 110 mm. Certes, le montage est un peu plus complexe que les pédales (il faut démonter le pédalier pour installer l’étoile et les plateaux), mais le prix de 749 € devrait mettre tout le monde d’accord, d’autant plus que cette solution limite la prise de poids à une centaine de grammes par rapport à un montage classique. Trois combinaisons de plateaux sont proposées : 50/36, 52/36 et 53/39. Compte tenu de l’architecture du capteur, impossible de mettre plus petit que 34. En cas d’usure, on pourra changer le couple de plateaux pour 199 €. La pile de type CR2032 est donnée pour 200 h d’autonomie. L’appairage avec le compteur Joule, un Garmin ou un Smartphone est aussi simple qu’avec les pédales. Il en est de même pour la calibration du zero-offset, nécessaire avant chaque sortie. Ce processus consiste à placer la manivelle de droite en bas, libre de toute charge, et de demander au compteur de considérer la valeur de couple obtenue comme étant le zéro. Au total, l’opération prend de 20 à 30 secondes.

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A l’usage, nous sommes déjà frappés par la rigidité des plateaux, du même niveau que des plateaux classiques haut de gamme. Nous ne constatons aucune oscillation au milieu de la fourchette du dérailleur avant, même en roulant en force, et le passage d’un plateau à l’autre se montre fluide et précis. Comparés aux pédales, les C1 tels que nous les avons testés sous estiment très légèrement la puissance obtenue. C’est non seulement sensible à l’affichage sur deux compteurs différents, mais également sur la montée d’un petit col de 7 km, où la puissance moyenne obtenue est inférieure d’une vingtaine de watts. Rien d’alarmant cependant, car cela nous avait été précisé au préalable par Justin Henkel : « si la commercialisation des pédales est prévue pour juin, celle des plateaux est pour début juillet. Il nous reste sur ceux-ci un réglage d’étalonnage à faire par rapport aux données validées des moyeux, et désormais des pédales. » D’ailleurs, si les C1 sont encore un peu pessimistes sur les données réelles de puissance, l’analyse des courbes montrent une différence constante et cohérente entre les C1 et P1. Lors d’un effort soutenu comme dans la montée d’un col, ou dans les lignes droite face au vent, le capteur se montre stable, et déjà prêt pour appuyer un entrainement efficace, et reproductible. La différence notable par rapport aux pédales concerne le calcul de la puissance à gauche et à droite, ici extrapolée et non directement mesurée. On remarque aussi que la cadence ne s’affiche plus (et donc la puissance aussi) en dessous de 30 tours par minute. Mais c’est aussi le cas d’autres capteurs. Néanmoins, en considérant que les modèles proposés à la vente en juillet seront étalonnés comme le moyeu G3 ou les pédales P1, le seul vrai défaut que l’on peut trouver aux plateaux C1 concerne le modèle seulement disponible pour les pédaliers à cinq branches, quand Shimano, Campagnolo ou même FSA proposent désormais leurs pédaliers avec quatre branches. « Nous travaillons sur cela, et ce sera sans doute la prochaine version de plateaux C1 que nous proposerons, confirme Justin Henkel. La difficulté à contourner est que les quatre branches de ces pédaliers ne sont pas disposées de façon symétrique alors que l’écart entre les cinq branches de nos plateaux actuels l’est parfaitement. Cela modifie l’appareillage pour mesurer la puissance. Nous ne proposerons ce type de produit que lorsqu’il sera prêt. » Une prudence qui tendra à rassurer les potentiels acquéreurs des capteurs de puissance PowerTap C1 ou P1, quand d’autres produits concurrents ont déjà été mis sur le marché sans respecter ces précautions minimales.

Powertap_plateaux_FSA

Plateaux PowerTap C1
Disponible en 50/36, 52/36, 53/39. Fixation sur pédalier compact à 5 branches (110 mm). Pile CR 2032. Système de communication : ANT+ et Bluetooth Smart.
Poids : 288 g
Prix public : 749 €

Pédales PowerTap P1
Fixation type Look Keo. Piles type AAA. Système de communication : ANT+ et Bluetooth Smart.
Poids : 398 g

Prix public : 1299 €

Contact : http://powertap.fr

 

> Voir aussi : Comment gagner en puissance

> Autres essais : www.velochannel.com/Essais
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4 commentaires sur “Premiers tests des nouveaux capteurs de puissance PowerTap”

  1. Bonjour ma question j’ai un pédalier super campagnolo 53/42 je peux installer powertap sur mon pédalier merci pour les info.

    1. Bonjour. Vous pouvez utiliser les pédales PowerTap, mais pas les plateaux. L’entraxe n’est pas compatible.

  2. J ai un pedalier sram red 4 branches, qui est installé sur les plateaux d origine a 5 cinq trous. Un des trous est inutilisé, et caché par un des leviers.
    Est il compatible avec les c1?

  3. Bonjour
    Le surpoids au niveau des pedales est il genant?Doit on vraiment modifier sa hauteur de selle à cause de l’épaisseur des pedales?
    Je n’arrive pas à trouver d’infos ou d’avis sur le sujet!

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