Ultra VTT Causses et Vallées, vécu de l’intérieur ! + VIDEO

Ultra VTT Causses et Vallées du Lot et de Dordogne 2020

C’est à Cahors, capitale du Lot et du Quercy que s’est déroulé la 2e édition de l’Ultra VTT des Causses et Vallées du Lot et de la Dordogne (UVTTCV). Malgré les restrictions sanitaires dues au Covid 19, l’événement s’est bien tenu bien grâce au dévouement et à l’abnégation de toute l’équipe d’organisation Cap’Orn. C’est donc le matin du samedi 26 septembre que nous nous retrouvons sur la ligne de départ de ce 2e UVTTCV.

Par Fred Ischard

A l’origine, cet événement né sous la forme d’un Ultra Trail d’une distance supérieure aux mythiques 100 miles en proposant un tracé de 180 kilomètres à travers les territoires pittoresques du département du Lot a été décliné depuis l’an passé sur deux roues faisant de cet événement l’épreuve VTT la plus longue en distance du calendrier national. Cet événement est donc un week-end 100% sports nature d’endurance et on retrouve avec grand intérêt des coureurs ayant bouclé le Trail par le passé se lancer sur la version VTT. Un seul et unique parcours commun aux deux épreuves été dessiné.

C’est donc avec grande curiosité que nous venons découvrir cette jeune épreuve. L’accueil très agréable malgré les dispositions liées au Covid 19 nous rassure avant de prendre le départ d’une épreuve d’une telle distance. On nous remet évidemment notre dossard mais également un tracker GPS afin d’être suivi en temps réel par l’organisation, ça aussi c’est un gage de sécurité indéniable.

Il est 7h30, le jour n’est pas encore levé, du coup le départ sera retardé d’un petit quart d’heure afin d’assurer une luminosité minimale dès les premiers sous-bois. A 7h45, nous sommes donc 135 vététistes à s’élancer pour 184 kilomètres et 4400 mètres de dénivelé. Un quart d’heure plus tard, les trailers s’élancent à leur tour à l’assaut de cette ultra longue distance.

Après les deux premiers kilomètres neutralisés pour sortir de cette très jolie cité cadurcienne, nous voici lâchés sur les pentes qui vont nous emmener sur le plateau du Mont St Cyr. Cette première montée du jour n’est pas très violente, juste une mise en jambes pour la suite. On se retrouve assez rapidement sur des petits singles qui serpentent au milieu de petits arbres sur un terrain encore bien humide par les nombreuses pluies des jours précédents. Au sommet, nous retrouvons des prairies sèches ponctuées d’orchidées. Le peloton est déjà morcelé en une multitude de petits groupes alors qu’un trio s’est détaché en tête de course.

Les kilomètres défilent et le parcours plutôt casse-pattes nous fait traverser de nombreux sous-bois agrémentés par tout autant de montées à franchir. Les montées sont relativement courtes mais très nombreuses en ce début de parcours qui sur un sol assez lourd voire collant rendent ce début de course usant. On découvre par endroits également un terrain calcaire rendu très glissant par la fine pellicule de terre humide qui y subsiste.

Après une vingtaine de kilomètres, le trio est devenu quintette et l’on s’approche tout doucement de la vallée du Lot en traversant le causse de Limogne. Ça fait déjà deux bonnes heures que le départ a été donné, nous plongeons dans une jolie descente technique et nous voici à St Cirq Lapopie, l’un des plus beaux villages du département arrosé par le cours du Lot. Le ciel est gris, les ruelles sont désertes mais ça ne retire en rien le charme de ce village. Nous poursuivons notre périlleuse descente par une rafale de marches.

Nous longeons maintenant le cours du Lot par un impressionnant chemin de halage qui se fraie un passage sous une longue falaise formant une voûte. On quitte cette vallée du Lot en traversant ce cours d’eau par un ancien pont ferroviaire avant de remonter sur le causse par la montée de Conduché, l’une des plus difficile de ce début de parcours. On replonge assez vite dans la vallée du Célé par une descente très technique, le tapis de cailloux calcaires très glissants transformant la descente en patinoire. On passe tout près de l’entrée de la grotte de Pech Merle avant de plonger sur le village de Cabrerets où nous attend notre premier ravito après 42 kilomètres de course.

Dispositif de rigueur face aux restrictions dues au Covid, port du masque obligatoire et ce sont les bénévoles qui nous offrent ce que l’on désire. On a du choix sur ce ravito avec des barres céréales, pâtes de fruit, chocolat, fruits, biscuits salés, eau et boisson isotonique. Après un court arrêt, on poursuit notre chemin. La difficile descente technique suivie de cette zone de ravitaillement va permettre de faire une sélection dans le groupe de tête et c’est un trio qui ouvre la voie dans la très exigeante ascension du Bout du Lieu, inutile de vouloir escalader en vélo, c’est à pied qu’il nous faudra gravir ce sentier afin de rejoindre le causse. Et cette fois, on va y rester un long moment sur ces vastes plateaux peuplés de grandes fermes et de rares sous-bois de chênes. Le vent se lève et nous ralentit considérablement mais le décor est plutôt sympa et le relief plus linéaire pour traverser ce vaste causse de Gramat.

Justement, cette jolie cité est en vue, on plonge enfin vers le 2e ravito qui sera également une base vie où l’on va pouvoir récupérer un sac que chaque coureur a pu confier préalablement à l’organisation, un confort non négligeable lorsque l’on a entre 5 et 8 heures de vélo selon les coureurs, on va même nous proposer des pâtes chaudes, en voilà une super idée ! Ce ravitaillement est donc très salvateur et permet de refaire le plein d’énergie en vue d’une seconde partie de parcours qui va nous réserver des surprises. Lors de cette première moitié de parcours, la météo se sera montrée clémente pour la majeure partie des vététistes mais ce ne sera plus vraiment le cas durant les prochaines heures de course. On repart en traversant cette petite ville de Gramat ; les participants à la formule en relais ont laissé leur place à leur équipier, pour tous les autres c’est encore 97 kilomètres et un peu plus de 2000 mètres de dénivelé qu’il faudra boucler pour retrouver et franchir la ligne d’arrivée à Cahors.

C’est un décor un peu différent qui nous attend pour une jolie surprise. En effet, après une remise en jambes de quelques kilomètres, on plonge dans le canyon de l’Alzou. On va ainsi jouer pendant quelques kilomètres dans ces gorges sauvages et isolées, les petits singles ludiques et techniques s’enchaînent alors que nous approchons du 100e kilomètre. Les petits sentiers laissent place à un chemin agréable pour rejoindre le pied de la mythique cité de Rocamadour, un village accroché sur le flanc d’une falaise, un des très grands sites touristiques de cette région Occitanie.

Une longue et difficile montée nous ramène ensuite sur le vaste causse de Gramat. Après le vent à l’aller, il faut cette fois combattre la pluie qui tombe sans cesser. Les courtes montées s’enchaînent, le parcours assez linéaire permet d’avaler les kilomètres et chaque kilomètre effectué nous rapproche encore un peu plus près d’un bel et grand défi.

Nous arrivons déjà au 135e kilomètre, le village de Labastide-Murat nous ouvre ses portes et celui d’un ravito très attendu. C’est l’occasion de reprendre un peu de forces et de retrouver un peu de chaleur humaine. Comme pour les autres ravitos, on nous propose un beau choix varié aussi bien solide que liquide. Cette fois, pas de pâtes mais de la soupe et du thé chaud qui nous font le plus grand bien.

Allez, il est temps de repartir pour les 50 derniers kilomètres du parcours alors que les premiers trailers ne sont pas encore arrivés à Gramat. Malgré la pluie, on va vite reprendre pas mal de vitesse, le profil devient globalement descendant et on quitte doucement le causse pour retrouver des sous-bois et de chouettes vallons comme celui du Vers puis celui de Nouaillac. Le sol est bien humide voir très boueux par endroits mais reste roulable. Petit à petit, la nuit fait son apparition alors que nous plongeons enfin dans la vallée du Lot.

Nous nous dirigeons alors maintenant vers Cahors, la ligne d’arrivée est en vue, la petite ligne ferroviaire du train touristique du Quercy nous permet d’éviter quelques kilomètres de bitume, les pièges restent néanmoins présents partout et il faut rester prudent sous la pénombre du cours du Lot que l’on suit. Nous approchons à quelques hectomètres de Cahors mais une dernière surprise se dresse devant nous.

Et quelle surprise, il aurait été trop simple de nous faire rentrer sans retourner faire un tour du côté du Mont St Cyr, cette butte qui domine la capitale lotoise. C’est encore une sacré montée qu’il nous faut gravir, chaque fin de montée sur single s’arpente maintenant en poussant le vélo. Une fois au sommet, on va cette fois visiter chaque sentier de ce chouette terrain de jeu. Entre les conditions météo compliquées, un terrain devenu limite pratiquable et la nuit, difficile d’en profiter à fond mais la ligne d’arrivée de cet U(VT)TCV se mérite ! On passe sur le promontoire qui domine la belle boucle du Lot qui entoure Cahors by night. Dernière descente, encore quelques jolies marches techniques à passer et on retrouve enfin les premiers lotissements de Cahors puis la ligne d’arrivée qui nous attend. On la franchit enfin cette arche tant attendue. Les premiers vététistes auront mis un peu moins de 11 heures alors que les derniers finishers mettront près de 18 heures mais avec pour tout le monde la seule et unique sensation d’un défi de grande envergure réalisée sous des conditions loin d’être faciles.

Côté course, le favori de l’épreuve VTT et vainqueur de la 1ère édition, l’auvergnat Vincent Pagès fut à deux doigts de rééditer sa performance mais c’est à quelques kilomètres de l’arrivée qu’un incident arrivera. Leader de la course de bout en bout en compagnie du coureur local Dewis Verdun, Vincent perd la bonne trace du parcours et boucle la course hors tracé, il sera malheureusement déclassé au profit du coureur souillacois Dewis Verdun qui remporte cette 2e édition de l’UVTTCV, bouclant les 184 kilomètres en 10h52 avec 30 minutes d’avance sur notre coureur VELOCHANNEL.COM et 50 minutes sur le jeune pyrénéen Adrien Dejeanne. Saluons l’excellente performance de Martine Chartier, seule femme à boucler les 184 kilomètres du parcours en à peine plus de 15 heures de course, impressionnante ! Sur les 135 coureurs au départ, seuls 92 coureurs seront parvenus à boucler l’intégralité du parcours dans les délais, à savoir 18 heures maxi.

Côté Trail

Chez les trailers, on aura assisté quasiment à un cavalier seul de Kévin Clément qui remporte l’UTCV en bouclant les 184 kilomètres en 20h58 ! Faire moins de 21 heures pour une telle distance dans ces conditions, c’est juste incroyable ! Il relègue son dauphin Frédéric Graves à plus d’une heure et le 3e Erwan Latus à 3h15. Chez les dames, impressionnante performance de Kristel Le Lay qui boucle l’intégrale en 33h42 reléguant sa dauphine à plus de 5 heures. Le temps limite pour les trailers était de 40 heures.

En conclusion

On aura énormément apprécié cette jolie découverte de l’Ultra des Causses et Vallées du Lot et Dordogne en plein cœur du Quercy. Cette jeune épreuve à taille très humaine ne demande qu’à grandir et possède beaucoup d’arguments pour devenir un évènement majeur en Occitanie et incontournable dans l’hexagone. L’accueil est soigné, les bénévoles très serviables et souriants, les ravitaillements sont très espacés mais proposent un choix de victuailles bien varié, le balisage commun aux trailers et vététistes n’est pas ordinaire à ce que l’on peut trouver sur des événements ciblés VTT mais suffit très amplement dès que l’on a saisi sa lecture. Le parcours est un condensé de difficultés et de portions plus roulantes qui s’ouvre à un public plus large avec une épreuve aux dimensions hors-normes par rapport aux marathons classiques. L’événement mêlant trail et VTT permet de venir à plusieurs de disciplines différentes pour s’affronter sur un seul et unique tracé. La région est quant à elle tout à fait propice aux pratiques du Trail et du VTT permettant d’allier sport et découverte de sites prestigieux tels que Rocamadour ou St Cirq Lapopie.

En somme, c’est une très jolie découverte, une épreuve qui vaut vraiment le déplacement. La 3e édition de cet U(VT)TCV se déroulera les 29 et 30 mai 2021 sur ce même site de Cahors avec à n’en pas douter de nouvelles surprises en perspective. Pointez d’ores et déjà cette échéance à votre calendrier et venez relever le défi, la très sympathique équipe d’organisation Cap’Orn se fera le plaisir de vous accueillir !

Informations et résultats : www.cap-orn.org

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