Ultra Raid de la Meije 2019, vécu de l’intérieur + VIDEO

L’Ultra Raid La Meije, plus qu’une course c’est une expérience VTT de haute montagne à vivre absolument ! Un rendez-vous immanquable à n’oublier sous aucun prétexte. C’est dans les Hautes-Alpes, la petite station de La Grave, que nous avons rendez-vous en ce week-end du 15 septembre.

Par Fred Ischard – Photos : Ultra Raid de la Meije/Lionel Montico  

Tout commence par l’incontournable vérification technique du matériel obligatoire, une formalité impérative pour être autorisé à prendre le départ. Ensuite, c’est le briefing sécurité orchestré par Mr Jean Paul Routens, le boss de l’organisation de cet Ultra Raid La Meije. Côté coureurs, on retrouve quelques anciens vainqueurs absents cette année, Yoann Sert ou Benoit Vaxelaire par exemple, mais on retrouve des coureurs suisses, belges et catalans, preuve que l’épreuve s’internationalise.

Après une bonne nuit de sommeil, réveil très matinal à 4h30, petit déjeuner léger et c’est parti pour une très longue journée de vélo. Après avoir émargé, on nous lâche à 6 heures par vagues dans la nuit étoilée des Ecrins, c’est parti pour 120 km et 5300m de dénivelé. Pas d’affolement au départ, chacun se place sur les deux premiers kilomètres menant au pied du premier col. Un peu de route qui sert aussi à dérouler, ça ne se fait pas la guerre, tout le monde a compris que la journée sera longue et personne n’ambitionne d’accélérer l’allure. On arrive dans le premier mur, une sacré belle rampe pentue pour ensuite s’attaquer à ce col du Lautaret qui n’est pas très long. On se retrouve sur un joli single qui mène au col alors que le jour ne va pas tarder à se lever. Au sommet, place à la courte descente large menant au pied du Galibier. Justement nous y voici, le pied est assez raide, un groupe de 7 coureurs s’est porté en tête puis 4 autres coureurs sont en chasse puis le peloton qui s’étire.

Un des favoris, le catalan Dani Llorens, remonte de l’arrière pour revenir sur le groupe de tête après être passé sous la route nationale pour s’attaquer à la longue piste menant au col du Galibier. Le jour est maintenant levé laissant apparaître de magnifiques reflets de couleurs sur le pic de la Meije. Le groupe de tête qui compte maintenant 9 coureurs prend du temps au fil de la montée, Romain Loubet du team Hope Technology se porte en tête de la formule deux jours en pointant à la 14e place du scratch au passage du col du Galibier. Nous arrivons au pied du portage vertical menant au sommet du Galibier, point culminant du parcours à près de 2700 mètres d’altitude. Place à la première vraie descente du jour, première section très pentue, un peu de piste pour dérouler et une deuxième partie sur un single technique de montagne avec plein de pierres, il faut être prudent et précis dans le pilotage. Une fois en bas, on remonte sur un sentier raide pour rejoindre Plan-Lachat, un petit hameau proche de Valloire, nous avons effectué 27 kilomètres.


On poursuit par une nouvelle longue ascension, la montée des Rochilles que l’on attaque par une piste. Passage au 2e ravito, après 2h30 d’efforts, un regain d’énergie n’est pas superflu. Au terme de quelques kilomètres sur piste, on nous fait emprunter un sentier à flanc de montagne parfois trialisant mais globalement très chouette à rouler pour se hisser au col de la Ponsonnière à 2650 mètres d’altitude. Une nouvelle longue descente plus cassante nous attend, beaucoup de plaisir et de pilotage dans un cadre sauvage de haute montagne exceptionnel. Une fois tout en bas, petit chalet de l’Alpe du Lauzet et le 3e ravito du jour. Place au sentier du Roy, un sentier en corniche qui surplombe le cours de la Guisane. Pas mal de relances avant de plonger vers le torrent de la Guisane et d’enchaîner par la difficile montée ramenant au col du Lautaret. Au sommet, 48 kilomètres de course, on bascule pour une courte transition à travers des  prairies piégeuses menant à l’entrée d’un tunnel EDF.

Ce passage sous ce tunnel long de 3 kilomètres tout plat, bien humide et dans le noir est certes reposant mais bien frais, il faut bien évidemment avoir gardé ses lampes sur soi pour passer ce secteur très sombre. Une fois sorti, c’est reparti pour 200 mètres de dénivelé à gravir. La fin de montée se présente par un chouette sentier et une prairie au milieu de vaches pas farouches du tout. Nous voici au ravito du refuge de Chamoussière qui présente beaucoup de choix en boisson et nourriture : boisson énergétique, sirops, mini sandwichs, fromage, fruits… On poursuit notre route et il n’est pas rare de rencontrer une vache ou quelques randonneurs sur le chemin, la prudence est donc de mise dans cette superbe descente technique nous ramenant vers Villar d’Arène. Une fois en bas, on s’engage dans la montée vers le lac du Pontet, 300 mètres de dénivelé d’abord sur route puis sur une belle rampe, on s’aperçoit que les écarts entre chaque coureur est déjà important alors que nous sommes à mi-course. Les sentiers d’alpages puis la jolie descente vers le hameau de Ventelon est un magnifique moment de roulage, c’est juste magnifique, on en prend plein les yeux

Nous voici maintenant au 70e kilomètre, bifurcation entre le « petit » parcours et le parcours intégral. En s’engageant vers celui-ci, un ravito nous attend pour se refaire une santé avant d’attaquer la boucle du massif d’Emparis. Allez, maintenant il faut se lancer à l’assaut des nombreuses petites bosses bien raides qui mènent au hameau de Chazelet, pas très longues mais qui usent vraiment après plus de 5 heures de course pour les premiers, une courte descente sous un télésiège nous amène au vallon de la Buffe que l’on va remonter, la montée reste assez roulante par paliers jusqu’au ravito du chalet de la Buffe où il est nécessaire de s’accorder une pause pour s’hydrater et reprendre quelques forces. En effet, c’est un portage/poussage qui nous attend pour se hisser sur le haut plateau d’Emparis. Une petite demi-heure sera nécessaire pour escalader ces 300 mètres de dénivelé. On retrouve un décor très alpin au sommet, on effectue quelques kilomètres très plaisant et roulant sur le plateau où ça file à vive allure à travers les alpages sur des singles. Nous voici au ravito du col St Georges pour ensuite enchaîner par 8 kilomètres de de descente sur un joli single en lacets jusqu’au village de Besse en Oisans. En tête de course, Alexis Chenevier préfère renoncer à effectuer cette boucle vers Besse pour rentrer directement vers l’arrivée laissant ainsi le champ libre à Jonas Buchot qui possède alors une avance substantielle sur son plus proche adversaire.


Une fois en bas, il nous faut tout remonter pour finir cette boucle, c’est parti pour 750 mètres de dénivelé, on monte au chalet Josserand juste à côté du col St Georges par une longue piste éprouvante de 9 kilomètres. Voici le sommet à 2300 mètres d’altitude mais également le dernier ravito de l’épreuve, il reste 15 kilomètres. Une courte descente rapide et on poursuit péniblement la montée par un sentier raide jusqu’au col de Souchet situé 150 mètres plus haut. Il faut encore remonter jusqu’au plateau des 3 Lacs, c’est encore 100 mètres de dénivelé qui nous attend, ça paraît peu mais à ce stade de la course, c’est beaucoup ! Mais ces Trois lacs sont juste un passage incontournable tellement le décor est magique. Enfin, voici la très longue descente nous ramenant vers l’arrivée, quasiment 1000 mètres de dénivelé à dévaler. Le début plutôt trialisant réclame beaucoup de vigilance, ça devient nettement plus rapide ensuite sur des singles qui se croisent dans tous les sens, quelques petits talus à gravir viennent nous casser un peu la vitesse puis on plonge vers le hameau du Chazelet, la descente est technique mais nettement plus propre que d’habitude, il faut saluer l’énorme travail sur le terrain de toute l’équipe d’organisation. Après la traversée du hameau, on plonge dans la fameuse descente de la Chapelle, un couloir truffé d’ardoises et un sentier technique et très engagé qui nous permet de descendre vers la vallée de la Romanche, il faut être agile pour tout descendre à vélo.

Ne reste plus que deux kilomètres; un single très boueux dans un sous-bois sauvage, la traversée du camping, et pour terminer un escalier à gravir pour venir couper la ligne d’arrivée. Celle-ci sera franchie en vainqueur par le mauriennais Jonas Buchot qui inscrit son nom au palmarès de l’épreuve au terme de 9h17 de course. Le catalan Dani Llorens prend la seconde place à 33 minutes du vainqueur alors que le jeune Alexis Lloret de l’ACME complète le podium à 45 minutes. Chez les dames, l’alsacienne Danièle Troesch, très expérimentée et habituée de l’épreuve sera la seule à boucler l’intégralité de l’épreuve dans la limite de temps imposé en bouclant l’épreuve à la 46e place du scratch en 12h56. En tout cas, cette épreuve est toujours aussi majestueuse et magique à nos yeux, encore plus dans des conditions idéales cette année.

Après une nuit de repos, les coureurs de la formule deux jours partent à l’assaut de la boucle du massif d’Emparis, étant exempt de l’effectuer le samedi car cette formule découpe le tracé en deux étapes, la boucle Cerces/Galibier/Lautaret longue de 72 kilomètres le samedi et la boucle Emparis longue de 50 kilomètres. Au cumul des deux jours, c’est le cévenol Julien Merle qui remporte le classement général de cette formule devant l’alsacien Laurent Krebs.

Pour ceux qui ont bouclé l’intégralité du parcours le samedi, il était possible de combiner avec une excursion touristique ou enduro au glacier de La Meije et à la grotte de glace avec ses somptueuses sculptures en empruntant le téléphérique, un endroit majestueux que l’on recommande de visiter, ça vaut vraiment le détour et le ticket pour monter à 3200 mètres d’altitude.

Maintenant, rendez-vous en septembre 2020 pour la 10e édition de l’Ultra Raid La Meije, un anniversaire qu’il ne faudra absolument pas manquer !

Infos et résultats : www.ultraraidlameije.fr

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