Transvésubienne 2018, la légende vécue de l’intérieur + VIDEO

1988 – 2018, une édition anniversaire bien coriace !

«Only the braves !», cette année encore les coureurs s’étant lancés à l’assaut de ce monument du VTT n’auront pas démérité, les conditions climatiques ayant rajouté de la difficulté supplémentaire à cette Transvésubienne 2018. VELOCHANNEL.COM était dans la course, notre compte-rendu et la superbe vidéo permettant de suivre de l’intérieur le week-end du vainqueur, Alexis Chenevier, accompagné de Théo Meuzard.

Par Vincent Lombardi – Photos : UCC/Cyril Charpin

Pour célébrer ses 30 printemps, la Transvésubienne renouait avec son parcours originel, empruntant largement le GR5, et avec une arrivée sur la Promenade des Anglais via le tunnel du Paillon. Le samedi le classique prologue inaugural reliait la station de La Colmiane à Saint-Martin-Vésubie. Deux heures avant le départ, des trombes d’eau s’abattent sur les montagnes de l’arrière-pays niçois ! Si la pluie se calme pour les premiers départs, qui s’effectuent par vague de 20, le parcours est détrempé et particulièrement glissant dans sa partie supérieure. On grimpe d’abord en lacet dans les pins par une sente raide sans adhérence, après avois gravi 100 m de dénivelé le cœur est vraiment à fond, c’est le moment de basculer dans la descente. C’est très piégeux dans ces conditions, les sentiers en dévers fraîchement tracés se passent comme on peut, pied sorti ou à pied tout court. Les coureurs rejoignent ensuite la station de La Colmiane avant d’emprunter le sentier du facteur qui plonge sur Saint-Martin-Vésubie. On retrouve un singletrack beaucoup plus cassant mais finalement avec beaucoup plus de grip au fur et à mesure, les épingles se multiplient et se resserrent, du pilotage vraiment sympa. Après une petite remontée, l’arrivée se déroule au Vésubia Mountain Park où, déjà, Alexis Chenevier (Rocky Mountain Mavic), quintuple vainqueur de l’épreuve, prend les commandes de cette édition 2018. Tendu et trop en vrac dans la première partie de course, je retrouve de la fluidité par la suite pour prendre une correcte 30ème place.

Dimanche matin, après une courte nuit souvent tourmentée, les pilotes se mettent en grille en fonction des résultats de la veille. A 7H00, les fauves sont lâchés dans la pente et s’élancent dans la classique série de « S » tracée sur la piste de ski qui voit les Transvésubiens s’élancer depuis 1988. On attaque ensuite la raide montée vers le col du Valaire, image assez insolite, deux chamois nous coupent la route alors qu’Alexis Chenevier commence déjà à se détacher, un signe ! Sur la crête qui nous emmène vers le Mont Tournairet, ça glisse, il faut parfois pousser le vélo au travers de névés verglacés, pas prévu les crampons, dommage ! Le temps se dégrade, nous évoluons dans les nuages à plus de 2000m d’altitude, la visibilité est limitée, il fait à peine quelques degrés au-dessus de zéro, une averse vient considérablement nous rafraîchir et rendre le terrain encore plus glissant. Auteur d’un départ assez prudent, je me positionne dans le top 15, nous plongeons vers le col d’Andrion par un sentier rapide dans la tourbe, on coupe des névés, ça passe et c’est même plutôt fun !

Après le premier ravitaillement, les choses sérieuses commencent avec la première descente vraiment technique. Gros rochers, racines, épingles, le tout dans une pente prononcée, le cocktail est détonant, ça secoue fort et il y a moyen de s’en mettre une belle. Se profile alors le fameux Brec d’Utelle qui se dégage de la brume, la pluie s’arrête, on ne s’en plaindra pas, il faut escalader ce pic calcaire qui domine les vallées de la Vésubie et de la Tinée. La descente qui suit fait partie des passages cultes de l’épreuve qui ont construit sa renommée. La première section est brutale, extrêmement cassante, raide, tortueuse, seulement une poignée de pilotes sont capables de tout passer sur le vélo. Je m’en sors en sortant quelques pieds pour m’assurer ou pivoter dans les épingles. La deuxième partie de la descente file à flanc de montagne par un beau single très joueur, toujours cassant et surtout très très exposé, erreur interdite sous peine de dévissage fatal. Après 20 minutes de marteau piqueur, les bras en compote, le village d’Utelle est en vue, on plonge vers le second ravitaillement par une trace spéciale TransV, droit dans la pente et démerdez-vous ! Petit stop rapide pour enlever le gilet et l’on remonte par un sentier très raide, plus grimpeur que descendeur, je remonte à la douzième place avant d’entamer le deuxième morceau de bravoure de l’épreuve, la descente de la Madone d’Utelle. Celle-ci commence par un goulet infame sur un lit de rocher façon lames de rasoir, on enchaine sur un méchant dévers sur du calcaire instable avant d’attaquer une série de marches où l’OTB vous tend les bras. Ponctué de nombreuses relances, le sentier qui nous amène vers le Pont du Cros qui enjambe la Vésubie est hyper varié, cailloux, terres grises, voie romaine, il y a de tout, sauf des passages faciles. Une fois au fond de la vallée, il faut remonter ! L’ascension vers Levens est pénible, on alterne pédalage et poussage. En longeant le terrain de moto trial (pas fous, les locaux roulent avec un moteur…), on emprunte un portage absolument vertical avant de réaliser une boucle qui nous ramène vers le pré de Levens, site du 3ème ravitaillement.


Aux portes du top 10, je rejoins mon assistance pour faire le plein d’eau et passer à une alimentation salée pour le dernier tiers du parcours. On reprend le GR5 vers le mont Cimat, cette partie est plus typée XC mais réserve tout de même sont lot de surprises techniques. La descente vers Nice se précise vraiment, sans répit, on enchaine des singles encore bien caillouteux où la crevaison guette. Dernier ravitaillement d’Aspremont et c’est l’ascension du Mont Chauve à nouveau en mode roulage/poussage, vraiment éprouvant, mais au sommet, Nice et la Méditerranée se dessine à l’horizon ! Fatigue et excitation se mêlent mais il faut rester hyper vigilant dans cette descente du Mont Chauve, c’est bien là toute la difficulté de cette épreuve qui nécessite une concentration de tous les instants pendant plus de 7 heures. En arrivant au lotissement de Giaïne, gros ouf de soulagement, je pointe à la 10ème place, dans l’objectif, il ne reste plus que cette satanée « jungle » à négocier. La Jungle ou le seul « sentier » qui permette de rejoindre le centre de Nice en tout terrain. C’est parfois à peine praticable… même à pied ! Habitué de l’épreuve, je reste calme et fait avec ces traces de sangliers, quelques petites remontées et on se jette dans le Paillon. 5 km interminables à rouler dans le lit de la rivière, sans aucun rendement, c’est épuisant pour le moral et les jambes. Comme il y a 30 ans, la course se termine par le tunnel du Paillon, 2km dans le noir complet, éclairage obligatoire, pavés, galets ou carrément dans la rivière, on avance comme on peut. Enfin, on voit le bout du tunnel, le vrai ! On débouche sur la Méditerrannée pour passer l’arche d’arrivée installée la plage. Je passe la ligne 10ème mais perdrais une place en cumulant les résultats du prologue, dommage ! Le pire est à venir pour les pilotes encore en course, le tonnerre gronde et une pluie forte s’abat sur les collines niçoises. La « jungle » devient inroulable, l’organisation est contrainte d’interdire l’accès au Paillon, rendu impraticable suite à la montée des eaux. La température a terriblement chuté, les vététistes trempés et transis de froid rejoignent le site d’arrivée au milieu de la circulation, hébétés et un peu paumés, fin d’une édition difficile qui a vu 30% des partants abandonner. A l’arrivée, le courant saute, plus de sono, plus d’arche gonflable, cette édition anniversaire 3 décennies se termine en silence, la côte d’Azur, c’est vraiment mieux avec le soleil.



Auteur d’une course parfaite, Alexis Chenevier remporte sa 6ème Transvésubienne d’affilée, une performance exceptionnelle quand on connaît le nombre de pépins que l’on peut rencontrer sur cette épreuve. L’étonnant Gustav Larsson (UC Monaco) prend la seconde place, médaillé d’argent en contre-la-montre sur route aux jeux olympiques de Pékin, ce gros moteur retraité des pelotons pros pratique le VTT pour le fun, ça lui réussit plutôt bien ! Le local Maxime Folco (AMSL Levens/Cycles Omega) termine 3ème devant un autre habitué des podiums de la Transvésubienne, le finlandais Henri Ojala (Team Evoc Finland). Vainqueur de l’épreuve en 2007, Pierre-Geoffroy Plantet (Equipe Velo Oberland) de retour à la compétition complète le top 5. Chez les féminines, la belge Evelien Hofmans (Trail Trash) remporte l’épreuve devant la néerlandaise Laura Turpjin (Kona LTD Team) et la locale Mathilde Sahuguet (OCC Antibes).

Infos et classement complet : www.ucc-sportevent.com/transvesubienne

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