Test longue durée : Sidi Wire

13000 km en Sidi Wire

Très prisées par les compétiteurs surtout pour leur esthétisme, les Sidi Wire ne sont pas données. Techniquement pourtant, elles ont des arguments à faire valoir. Après 13000 km par tous les temps, bilan d’un test sans concession.

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Rares sont les pratiquants que nous connaissons qui roulent avec une paire de chaussures de vélo pour les bonnes raisons. Il y a ceux qui s’en moquent comme de leur première paire de socquettes, et qui préfèrent investir dans le matériel le plus léger/rigide possible (« bof, tant que ça roule ! »). Il y a ceux qui essaient des chaussures de vélo comme on essaie des pantoufles, et qui y recherchent un confort moelleux (« qu’est-ce que je suis bien dedans ! »). Il y a aussi ceux qui choisissent leurs chaussures parce qu’elles sont belles, ou portées par leur champion préféré (« Tant que t’as le look… »). Il y a enfin ceux qui considèrent qu’un tel produit permet de faire corps avec le vélo, qu’il est le prolongement de leurs muscles, de leurs segments, et qu’il n’est pas question de voir dilapider le moindre watt pendant un tour de pédalier. Ces derniers sont en général très difficiles à contenter. Car une paire de chaussures, c’est aussi personnel qu’une selle : il y a celles qui conviennent et celles qui ne conviennent pas.

Les Wire de Sidi ne sont pas à proprement parler des nouveautés. Elles sont au catalogue depuis 2013. Mais ce modèle semble l’ultime évolution d’un haut de gamme made in Italy ayant enfin atteint sa maturité. À nos yeux, les défauts de la génération précédente ont été gommés. Et c’est surtout sur le long terme que cela se vérifie.

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La durabilité

De toutes les chaussures que nous avons testées depuis 30 ans, très rares sont celles qui ont résisté aux exigences d’une saison de compétition sans perdre de leurs qualités initiales. Sauf les Shimano carbone d’il y a une dizaine d’années, ou les Bont plus récemment. Il est parfois difficile de s’en rendre compte, autrement qu’en jugeant le simple aspect esthétique.
A la différence du cyclisme de loisir, la course impose de nombreuses sorties par semaine, par tous les temps. Et les chaussures mouillées souffrent. Les matériaux qui composent l’empeigne, censés aussi bien assurer la tenue du pied que son confort, se gorgent d’eau. Selon leur nature (cuir, synthétique, mesh, microfibre), il finissent par se détendre. En subissant ce traitement à répétition, l’empeigne ramollit, ce qui fait perdre de la rigidité à la chaussure, et ce qui oblige paradoxalement à serrer plus fort les boucles de serrage, donc à perdre en confort. Point de tout cela avec les Sidi Wire, c’est à notre avis la grosse évolution de ce modèle par rapport aux Ergo 3 ou Ergo 2 en haut de gamme précédemment. Plus de tissu mesh entre les parties en microfibre vernie, moins de coutures qui font « raccord », et donc moins de déformations, à moyen et à long terme. Imaginer que la surface de tissu mesh assure une bonne ventilation est une erreur. L’empeigne en microfibre continue sur tout le dessus de la chaussure Wire fait très bien l’affaire. Et en plus de ne pas se déformer, elle est lavable. Un coup d’eau savonneuse avec une petite brosse après une sortie sous la pluie permet de conserver les Wire en très bon état, et pour longtemps.
Nombre de pièces sont remplaçables sur les Sidi, comme les boucles de serrage, ou les talonnettes de protection sous la semelle. Un bon point pour les faire durer.

La compatibilité

Comme toutes les chaussures du marché, les Wire disposent d’un perçage trois trous, pour tous les types de cales et pédales. La Wire est aussi disponible uniquement en perçage quatre trous pour les cales Speedplay, ce qui évite le montage d’un adaptateur. C’est de ce modèle dont nous sommes équipés. Avantage : aucune partie de la large cale n’est ainsi en porte-à-faux sous la semelle. La surface de contact entre la cale et la pédale est optimisée, ce qui est plutôt bon pour le transfert d’énergie. Inconvénient : pour assurer une surface totalement plane nécessaire aux cales Speedplay, la semelle est un peu plus cambrée que sur des Wire classiques. De plus, cette version Speedplay n’est disponible qu’en blanc, alors que les Wire trois trous se trouvent au choix en sept coloris différents, de quoi assortir vos chaussures à vos tenues.

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La rigidité

La semelle carbone est assez rigide pour transmettre la puissance. Concrètement, c’est-à-dire moins rigide qu’une semelle Bont, mais suffisamment pour transmette le maximum de force sur la pédale sans sentir la chaussure vriller. Les couches de carbone sont disposées de sorte que l’avant du pied reste un tout petit peu flexible. La rigidité ressentie ne dépend pas seulement de la semelle extérieure. Nous avons tout de suite abandonné la semelle interne, dite « de confort », fine et sans trop d’intérêt pour le soutien de la voûte plantaire, pour placer nos propres semelles, moulées à la forme de nos pieds. Un investissement fait il y a 10 ans, et qui nous suit de chaussures en chaussures. Avec un appui total donc et une semelle extérieure en carbone, l’impression de tenue du pied et de rigidité est assurée par la coque au talon, indéformable, et par le système de maintien des chaussures. Une fois le serrage bien ajusté, les Sidi Wire sont donc parfaitement rigides, sans aucune sensation de perte d’énergie au pédalage. Notons que la semelle carbone trois trous dispose de deux évents d’aération pour faire circuler l’air sous le pied et éviter ainsi la surchauffe. Ce n’est pas le cas sous les semelles pour Speedplay, mais nous n’avons pas eu à souffrir de ce problème, même en plein été.

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Le maintien

Au-delà d’une empeigne en microfibre qui semble indéformable, le maintien est assuré par deux boucles micrométriques qui resserrent deux fils en Nylon très progressivement, afin d’assurer un serrage sur mesure. Avec un peu d’habitude, ces deux molettes peuvent se manipuler à travers des couvre-chaussures. Il suffit de lever un petit clapet et de tourner dans le sens des aiguilles d’une montre pour le serrage, et de pincer deux petits ressorts pour desserrer en libérant le mécanisme.

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Pour le cou de pied, le fil nylon est relié à une languette de fermeture assez large et rembourrée. Cette même languette est ajustable, par un système de crans sur la partie intérieure de la chaussure. Très pratique pour raccourcir la surface dévolue au serrage, puisque nous avons le pied très fin. Par contre, ce système de cran provoque une excroissance qui frotte contre les manivelles à chaque tour de pédale. Pas très gênant, sauf pour les manivelles qui se marquent très rapidement !

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À l’arrière, un système de rétention du talon, ajustable par deux petites vis, permet de resserrer la partie supérieure de la coque, et ainsi éviter tout glissement. Il est donc possible de bloquer complètement le pied dans les Sidi Wire. Même avec des pieds fins, il est possible de serrer très fort les chaussures. Au point de ressentir des fourmillements si on va vraiment trop loin, en retenant la circulation sanguine. A force de serrer un peu fort en compétition, nous avons même créé une petite bosse sur le dessus du pied. Inutile de préciser que dans ces conditions, le maintien des pieds dans les chaussures est absolument IN-FLE-XI-BLE.

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Le chaussant

Si Sidi propose certains modèles pour pieds larges comme les Genius 6.6 ou les Genius 5, ce n’est pas le cas pour les Wire. Il faut donc faire avec un chaussant assez étroit, peut-être même le plus fin du marché actuellement. Cela ne doit toutefois pas vous effrayer. Il ne faut  pas voir trop « large » si vous souhaitez vous sentir à l’aise dans vos pompes. En effet, le problème rencontré avec de nombreux modèles qui ne sont pas parfaitement ajustés en largeur, c’est de compenser avec les brides ou les fils de serrage. Trop serrer provoque des fourmillements sur le dessus du pied, une stase veineuse, et donc la sensation de feu aux pieds comme expliqué plus haut. Comme il y a peu de coutures internes, que l’empeigne microfibre est à la fois fine et malléable, parions qu’un pied moyen trouve facilement sa place dans les Wire, en ajustant comme il se doit le système de serrage.
A savoir : les Sidi taillent petit en longueur. Prévoir une pointure de plus que votre pointure en chaussures de ville.

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Bilan

Les Sidi Wire ne sont pas adaptées aux pieds larges et ne se montrent pas très légères, avec un poids de 600 g en 42. Pour le reste, elles apportent entière satisfaction, entre rigidité, maintien du pied et durabilité. Quant au confort, même si cette notion est toute relative quand on parle de chaussures de cyclisme, il dépend de la manière dont vous serrez les brides. Le prix demandé est enfin justifié.

INFOS

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Coloris :
Semelle carbone trois trous : sept coloris disponibles.
Semelle carbone quatre trous Speedplay : uniquement en blanc.
Semelle carbone trois trous Air avec microfibre perforé : deux coloris.

Pointures :
38 au 48 en demi-pointures

Prix public : 330 €

Site web : 
www.sidisport.com


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3 commentaires sur “Test longue durée : Sidi Wire”

    1. Bonjour,

      le cuir de mes SIDI est devenue presque tout jaunie a cause d’une course sous la pluie, trouvez vous cela normal pour des chaussure comme dit plus haut pas donner?

      Alain

      1. Bonjour ,
        Moi aussi ,une sortie sous la pluie et
        les chaussures toute tachées!!!!!
        Pas très normal à ce prix !!
        Franck

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