Test longue durée des Sidi Shot

Modèle haut de gamme de la marque italienne Sidi, les Shot sont aussi parmi les plus chères du marché à 389 €. Pour savoir ce qu’elles valent vraiment sur le terrain, nous les avons testées sur près de 10 000 km, la plupart du temps dans des conditions très difficiles. 

Vues depuis l’été 2016 aux pieds de Chris Froome ou de Vincenzo Nibali (et plus généralement portées par les coureurs de haut niveau équipés par Sidi) les Shot se positionnent comme un modèle légèrement plus évolué que les Wire que nous avions déjà testées sur plusieurs milliers de km. Les semelles extérieures Vent carbone sont légèrement améliorées, mais les semelles internes de propreté restent malheureusement assez basiques, c’est-à-dire qu’elles n’apportent pas de soutien au niveau de la voûte plantaire.

Les gros rouleurs auront tout avantage – mais c’est le cas pour quasiment toutes les paires de chaussures – à disposer de semelles personnalisées. En effet, les problèmes de feu au pied ou de douleurs localisées sont très souvent liés à une mauvaise répartition des appuis à l’intérieur des chaussures. Le chaussant des Shot est également le même que les Wire, plutôt étroit et qui taille petit. Elles sont disponibles du 40 au 48 en demi-pointures et nous pouvons vous conseiller de les choisir avec une taille, voire une taille et demie de plus que pour une pointure de chaussures de ville, surtout si vous y ajoutez des semelles personnalisées qui prennent un peu plus de volume. À l’arrière des chaussures, on retrouve le système de rétention du talon ajustable avec deux petites vis et une coque rigide qui maintient très fermement le talon en place. Un élément réfléchissant vient s’ajouter à ce système déjà présent sur les Wire.

Un système de serrage optimisé

La principale différence entre les Shot et les Wire se situe au niveau du système de serrage, ici placé sur le dessus du pied, sur la languette. Cette dernière est bien rembourrée sur l’intérieur et rigidifiée sur l’extérieur, afin d’éviter toute forme de points de pression sur cette partie très sensible du pied.

C’était le seul grief que nous pouvions apporter aux Wire, et le problème est ici totalement résolu. Le serrage s’effectue par le système de boucles maison nommé Double Tecno-3 Push System, un peu plus délicat à manier que les désormais classiques molettes Boa que l’on voit sur de nombreuses chaussures. Pour le serrage, il faut relever le petit clapet et tourner dans le sens des aiguilles d’une montre. Le desserrage s’effectue en actionnant le petit poussoir près de la molette, mais contrairement à la première action, celui-ci n’est pas millimétrique.

La boucle supérieure sert à ajuster le cou de pied, quand la deuxième boucle ajuste le milieu et l’avant du pied. C’est ferme et efficace, même quand on a l’habitude de serrer fort les chaussures. Et ceci sans ressentir la pression des câbles, puisque le maintien est parfaitement reparti sur tout le dessus du pied grâce à ce dessus de languette rigide et un peu épais. En revanche, les boucles ont tendance à tourner légèrement au cours de la sortie, et il peut être nécessaire de réajuster le serrage en roulant, ce qui n’est pas forcément évident avec des couvre-chaussures et des gants longs par exemple.

Les semelles extérieures évoluent très légèrement par rapport aux Wire, en gagnant théoriquement un peu de poids, sans qu’une différence de rigidité soit sensible. On note à l’avant un système coulissant qui permet de boucher le trou de ventilation. C’est vraiment appréciable dans le froid hivernal, retardant l’apparition de l’onglée. On retrouve bien évidemment des repères pour le réglage des cales pour ces semelles étudiées pour apporter un poil moins de rigidité au niveau de l’avant du pied qu’au milieu. Ces semelles ne sont pas les plus rigides que nous puissions trouver, mais si elles suffisent pour Chris Froome, il est peu probable qu’elles vous handicapent. Un peu plus gênants toutefois sont l’étroitesse de la semelle et l’emplacement des trous de fixation des cales. Dans notre cas, et en pointure 40, il a fallu régler les cales avec un maximum d’engagement, et la partie arrière de la cale se trouve ainsi légèrement en porte à faux des deux côtés. À titre de comparaison, la partie de la semelle qui supporte la cale au niveau des deux trous de fixation inférieurs est 2 mm moins large que des chaussures Mavic Cosmic Ultimate, ou 1 cm moins large que des Specialized S-Works 7 par exemple.

La talonnette maintient la stabilité en marchant, même sur des sols glissants, et est bien entendu remplaçable. Notons également la cambrure peu prononcée de la semelle. Il n’existe pas d’étude précise pour déterminer l’intérêt ou non de disposer d’une semelle cambrée, mais une semelle presque plate semble plus adaptée pour ceux qui pédalent en abaissant et en enroulant le talon, alors qu’une semelle cambrée favorise plutôt les pédalages de la pointe. Il faut en tout cas en tenir compte au moment du réglage de la hauteur de selle en même temps que l’épaisseur de la semelle, ici de 14 mm.

La dernière différence notable avec les Wire se situe au niveau de l’empeigne, avec la réapparition de parties en tissu mesh, au milieu d’une tige en microfibres Techpro. Ce matériau est particulièrement durable, léger et résistant, ce qui limite fortement la dégradation du maintien des chaussures dans le temps. L’ajout de parties en tissu mesh s’explique par la construction différente des Shot par rapport aux Wire : là où ces dernières étaient légèrement ventilées au niveau de la languette, les Shot sont complètement fermées sur le dessus, avec en plus une languette rigide. Mais ce tissu mesh est d’une part plus salissant que le TechPro, et en plus il a tendance à se détendre légèrement lorsque les chaussures sont trempées.

Un hiver rigoureux

Si nous avons roulé un petit peu moins avec les Shot qu’avec les Wire, les conditions étaient autrement plus difficiles avec un hiver d’abord très pluvieux, puis froid. Pour tout dire, nous n’avons pu effectuer que deux sorties en extérieur sans les couvre-chaussures. Pluie, port de couvre-chaussures en néoprène, longues séances de home-trainer : rien ne leur a été épargné. À l’essai, les Shot paraissent un poil plus étroites à l’avant que les Wire. En revanche, le serrage supérieur prend le cou de pied un peu moins haut. Avec le temps, on note un système de serrage toujours efficace, mais qui a tendance à tourner au cours des sorties, comme évoqué plus haut. Mais le serrage maximal reste toujours efficace. Aucune douleur à déplorer sur le dessus ou les côtés des pieds, mais en revanche les talons ont été parfois un peu blessés, avec l’association d’une peau sensibilisée par le froid et une coque haute et ferme. La différence de serrage du talon est peu marquante, sauf si les deux chaussures ne sont pas réglées de manière identique, auquel cas on ressent un pincement légèrement changeant. Avec les pieds mouillés, les sensations peuvent aussi être un peu curieuses, car il est dans ce cas nécessaire de serrer davantage les chaussures sur le dessus, alors que l’empeigne s’assouplit. Enfin, c’est surtout esthétiquement que les Shot ont souffert, avec un jaunissement de certaines parties, et des marques indélébiles causées par les couvre-chaussures malgré des nettoyages fréquents et réguliers à la brosse et au savon.

Si la rigidité un peu inférieure de la semelle par rapport à des chaussures Specialized par exemple est peu sensible après plusieurs sorties, elle est aussi à mettre au compte du morceau de cale légèrement en porte à faux des deux côtés. Cependant, la rigidité d’une chaussure ne se joue pas qu’au niveau de la semelle, et lorsqu’on sert fort les boucles, le maintien est excellent. Le pied fait corps avec la chaussure, avec un talon très ferme qui maintient le pied parfaitement guidé. Et surtout, nous qui sommes très sensibles à ce niveau-là, les Shot ne coupent pas la circulation sur le dessus du pied grâce à la languette rigide et aux fils de serrage qui passent au dessus, ce qui limite d’abord la sensation de froid au pied (à cause d’une mauvaise circulation sanguine), et sans doute la sensation d’avoir trop chaud également. Seules les boucles qui finissent par tourner au cours de la sortie sont un peu agaçantes, de même que les quelques parties blanches qui jaunissent. Reste que les Shot sont des chaussures aux fonctionnalités bien étudiées, et qui combinent performance et confort. 

SIDI SHOT

Les + : conception du serrage, maintien, confort
Les – : semelles extérieures un peu étroites, jaunissement de l’empeigne, prix

Conception : empeigne en microfibres et mailles, serrage par 2 boucles micrométriques sur languette, maintien réglable supplémentaire au talon
Pointures :
 du 40 au 48 en demi-pointures
Couleurs : noir, blanc, gris/jaune fluo
Poids : 276 g par chaussure en taille 40 (vérifié)



Prix public :
 389 €

Voir aussi : Test des Sidi Wire 

Contact : www.sidi.com

 

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