Test du Somec Genesi Disc

Un mélange de tradition et de modernisme

Somec est une marque emblématique du cyclisme italien florissant des années 70. Les années ont passé, et la société s’est adaptée aux nouvelles technologies, sans toutefois renier ses principes et son savoir-faire. Aux côtés des cadres haut de gamme en acier, en titane et même en carbone disponibles de série ou sur mesure sans supplément de prix, on trouve dans la gamme des modèles plus accessibles comme le Genesi, ici à l’essai en version pour freins à disque. C’est un vélo pour le cyclosport au rapport qualité-prix soigneusement étudié. 

Somec (pour « Societa Mecchanica ») est née en 1973 en Emilie-Romagne et s’est rapidement distinguée par la qualité de ses réalisations sur des cadres en acier sur mesure, avec par exemple un système de serrage de tige de selle directement intégré aux haubans, un support de frein arrière qui suit la forme de l’étrier, ou encore des soudures pour les cadres en aluminium totalement invisibles à la fin des années 80. Les premières années, cette production artisanale n’était destinée qu’aux cyclistes locaux, mais rapidement, l’exposition de la marque lors des salons internationaux a amené de nombreux clients étrangers, stupéfaits par la qualité de la finition et les solutions techniques apportées. Le marché du cycle a pris un virage important au début des années 2000 avec l’avènement du carbone et des cadres massivement produits en Asie. Somec est pourtant resté fidèle autant que possible à ses origines non seulement en continuant à proposer des modèles en acier et en titane, mais aussi en proposant des cadres carbone uniques aussi bien en termes de dimensions sur mesure qu’au niveau des coloris. La marque reste à taille humaine, si l’on tient compte de sa production (environ 1000 cadres par an) et des prix pratiqués, en général plus abordables que ceux des marques qui doivent en même temps supporter le sponsoring de grosses équipes.

Pour freins à disque ou à patins

Le Genesi est un kit cadre de milieu de gamme, dont la géométrie est adaptée à une pratique cyclosportive. Notons d’ailleurs que tous les cadres carbone de la marque disposent d’une géométrie spécifique, en dehors des solutions sur mesure bien entendu. Il est déjà en fibres de carbone de très haut module, proposé en cinq tailles et avec des solutions techniques éprouvées, comme une compatibilité totale avec les groupes mécaniques ou Di2/EPS, une cheminement des câbles internes, un boîtier de pédalier Press Fit, une douille de direction en 1 »1/8 en haut et 1 »1/2 en bas et un diamètre de tige de selle de 27,2 mm. Construit en Italie, ce cadre est disponible pour des freins à patins ou à disque, avec un poids revendiqué de 940 g en taille M.

Un système de pattes interchangeables à l’arrière des deux côtés permet de passer d’un serrage classique à blocage rapide à un serrage par axe traversant, avec l’ajout d’une bague pour compenser la différence d’entraxe. Le même cadre est donc compatible disque et patins, ce qui lui permet de conserver le même poids pour les deux options. La fourche est spécifique, avec un montage type Flat Mount.

Là où Somec se distingue, c’est d’abord sur le choix du graphisme et des couleurs. Tout est possible ou presque, moyennant éventuellement un coût supplémentaire, comme notre exemplaire d’essai avec une peinture «bleue chromée» à 515 € en option par rapport au tarif de base. Mais celui-ci est fort contenu, car le kit cadre Genesi est vendu à partir de 1475 €, que ce soit à patins ou à disque. Tous les équipements du vélo complet peuvent ensuite être choisis à la carte, qu’il s’agisse du groupe, des périphériques et même des spécifications comme les braquets ou les longueurs de potence ou de manivelles.

Prix et poids contenu

Tel quel, le Genesi Disc en Sram Force hydraulique avec cette option de peinture est à 3765 € (ou par exemple 3150 € en Shimano Ultegra avec une peinture unie). Les périphériques proposés ici sont communs à tous les vélos de la gamme par défaut, et sont déjà valorisants si l’on tient compte du prix du vélo : potence et cintre FSA SLK et Energy, tige de selle SLK, selle Selle Italia SLR Flow, roues Fulcrum Racing 5 DB et pneus Vittoria Rubino Pro2 en 700×25. C’est cependant l’ensemble roues et pneus qui handicape un peu le comportement du vélo sur la route comme nous le verrons plus loin. Avec un poids de 7,76 kg en taille M sans pédales, le Genesi Disc est environ 600 g plus lourd que son équivalent à patins, mais il est possible de gagner facilement 300 g sur le train roulant. L’expérience nous montre que les meilleurs vélos à disque sur le plan dynamique disposent de roues… à boyau, plus légères en périphérie et donc plus réactives.

Sur la route

Ce qui frappe dès les premiers tours de roue avec le Genesi, c’est la rigidité ressentie en balançant le vélo de gauche à droite. Elle est induite d’abord par la présence d’axes traversants à l’avant et à l’arrière. Mais comme il s’agit du même cadre que la version à patins, on ressent comme un léger problème d’homogénéité puisque, de fait, la boite de pédalier se retrouve un peu isolée, tout comme la douille de direction, assez haute pour un vélo en taille M (150 mm). En résulte donc un vélo rigide sur ses « extrémités » avec lequel il faut composer lorsque l’on se met en danseuse, la boite étant alors fuyante. Le vélo semble donc un peu dur à lancer à faible vitesse, et un peu désordonné lors des fortes sollicitations. Dommage car le Genesi se montre beaucoup plus cohérent, souple et réactif sur le plan dynamique dans sa version avec freins classiques. Sur route humide et cahoteuse, la roue arrière a tendance à manquer de motricité. Les pneus Rubino Pro2 ne sont là aussi pas au niveau, dès lors qu’on a des velléités sportives. Louons tout de même leur longévité et leur confort relatif, ce qui peut être des atouts non négligeables pour une pratique cyclosportive.

« La géométrie du Genesi le rend agréable à piloter, puisqu’il se montre à la fois stable et maniable, et relativement doux sous la pédale lorsqu’on roule au train et à allure régulière. »

Les roues Fulcrum ne sont pas un exemple de légèreté et le vélo ainsi monté manque de pêche. Le freinage avec les disques conserve ses avantages et ses inconvénients. Le transport du vélo et les fréquents démontages et montages des roues perturbent les réglages et particulièrement l’alignement des étriers par rapport aux rotors. Notre premier galop d’essai, tout de suite après avoir sorti le vélo du coffre, a été perturbé par un étrier arrière frottant constamment sur le disque. Par la suite, nous n’avons pas pu éliminer quelques bruits plus désagréables que gênants lors de relances toniques. Le freinage puissant peut paraître sécurisant sur route humide mais il ne nous a pas rendus plus téméraires car on arrive vite à la limite de l’adhérence des pneumatiques. Les bruits des plaquettes en freinant sous la pluie n’inspire pas plus confiance que des patins dans les mêmes conditions et le dosage n’est pas évident à trouver. C’est paradoxalement sur le sec que ce type de freinage fait la différence avec un tel montage, car dans certaines descentes on peut freiner ainsi très tard et très fort, sans craindre pour l’adhérence des pneus, ni même à penser à doser le ralentissement. Par ailleurs, la géométrie du Genesi le rend agréable à piloter, puisqu’il se montre à la fois stable et maniable, et relativement doux sous la pédale lorsqu’on roule au train et à allure régulière. Intéressant sur des longues distances, le Genesi ne prend pas en défaut sur la route du retour en cas de mauvaise condition physique.

Dans cette version à disque, il s’adresse aux cyclosportifs au long cours, voire aux cyclotouristes qui recherchent un vélo polyvalent, avec une certaine classe, non démentie par sa finition de haut niveau et sa peinture valorisante. Pour des visées plus sportives ou pour s’aligner en compétition, il faudra cocher la case options pour se tourner vers des roues plus légères et plus dynamiques, ou opter pour la version du Genesi avec freins à patins.

SOMEC GENESI DISC

Les + : Prix, finition, possibilités d’options et de personnalisation
Les – : Manque de dynamisme dans cette version Disc

Cadre : Carbone monocoque très haut module, compatible disque ou patins, blocage rapide ou axe traversant
Fourche : Carbon monocoque
Dérailleurs : Sram Force 22
Poignées :
Sram Force 22 HRD
Cassette : Sram Force PC 1170 11/28
Chaîne : Sram PC 1170
Pédalier : Sram Force 50/34 dents
Freins : Sram Force HRD
Roues : Fulcrum Racing 5 DB
Pneus : Vittoria Rubino Pro2 700×25
Potence : FSA SLK
Cintre : FSA Energy compact
Tige de selle : FSA SLK 27,2 mm
Selle : Selle Italia SLR Kit Carbonio Flow
Poids : 7,760 kg en taille M sans pédales

Prix public : 3250 € (+515 € peinture spéciale)

Contact : www.somec.com

 

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6 commentaires sur “Test du Somec Genesi Disc”

    1. Bonjour. D’après Somec, le Genesi est sous-traité en Italie, dans une usine qui fabrique des cadres monocoques et selon les directives de la marque. En revanche, les cadres de la marque disponibles aussi en sur mesure sont fabriqués directement chez Somec.

    2. bonjour,
      oui je confirme les monocoques sont fabriqué en Italie et les deux modèle plus haut de gamme divino et revolution sont fabriqué chez somec et livrable centimètre en centimètre (15 tailles) ou sur mesure ainsi que le titane et les 3 modèles de cadres acier, somec est un petit artisan qui contrôle toute la fabrication

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