Test des roues Shimano RS-700

Dynamiques et polyvalentes

Les nouvelles roues Shimano RS-700 remplacent les RS-81 au milieu de la gamme du constructeur japonais. Compatibles Tubeless, elles gagnent quelques millimètres au niveau du profil des jantes, tout en perdant quelques dizaines de grammes notamment grâce à une jante en carbone/alu. Elles se révèlent sur le terrain particulièrement dynamiques.

À 849 € (prix public conseillé, mais on les trouve déjà à un tarif beaucoup moins élevé), les RS-700 s’insèrent au milieu de la gamme de roues Shimano, si l’on tient compte des roues 100% carbone à boyau pour freins sur jante ou à disque du constructeur japonais. Mais dans le domaine plus classique des roues à pneu avec une surface de freinage en aluminium, elles offrent des prestations proches du haut de gamme, c’est-à-dire qu’elles font partie des roues qui changent radicalement le comportement d’un vélo basique, en lui apportant dynamisme et polyvalence.

De hauteur différenciée (24 mm à l’avant et 28 mm à l’arrière), les jantes sont ainsi composées de carbone laminé avec une surface de freinage en alu, tout comme les roues Dura-Ace à pneu C24, C40 et C60. En termes de largeur, elles sont moyennes avec 15 mm entre crochets et 20,8 mm au niveau de la surface de freinage. Elles peuvent s’adapter à des pneus de 23 ou 25 mm de section. Le poids de la paire de roues RS-700 est ainsi limité à 1580 g avec les fonds de jante, mais avec des jantes particulièrement légères, puisqu’on se doute que les moyeux de niveau Ultegra sont plus fiables que hors norme sur la balance.

Les moyeux en aluminium sont conçus avec des joints de contact spécifiques associés à des roulements à cuvette et à cône, pour la durabilité des performances. On ne trouve que 16 rayons droits profilés à l’avant, et 24 à l’arrière sur une jante asymétrique, montés selon le concept Optbal 2:1, avec deux fois plus de rayons du côté de la transmission. Enfin, le corps de cassette 11 vitesses est en acier.

Pneus ou Tubeless

Les RS-700 sont conçues pour le montage de pneus Tubeless, mais restent bien sûr compatibles avec le montage de pneus classiques avec chambres à air. Nous ne les avons pas testées avec des Tubeless, car nous n’en avons pas en ce moment à notre disposition. En revanche, nous avons monté les roues avec trois paires de pneus différentes (Michelin Power Endurance en 25, Vredestein DuraLite en 25 et Continental GP 4000 SII en 23), et nous avons fait à chaque fois le même constat : le montage de pneus à tringles souples se révèle particulièrement difficile, en raison des normes Tubeless appliquées à la lettre concernant les dimensions des jantes. Il faut donc être méthodique et patient, et éviter les chambres à air trop fragiles pour limiter le risque de pincement avant un gonflage à la bonne pression. Les pneus finissent par claquer et prendre leur place, mais il n’est pas certain qu’en cas de réparation sur le bord de la route et avec une pompe à main, on y arrive aisément.

Des roues nerveuses

Utilisées en alternance avec des roues en carbone de 60 mm, les RS-700 se distinguent par leur nervosité et par leur dynamisme lors des changements d’allure. Elles sont suffisamment rigides pour ne pas ramollir le comportement du cadre, tout en se montrant maniables et confortables les jours de grand vent. Par rapport aux autres roues de 60 mm, elles sont moins exigeantes, c’est assez net sur des parcours de référence où l’on revient avec l’impression d’être moins usé. Alors bien sûr, on ne peut pas en attendre les mêmes performances, sur le plat ou lorsqu’on effectue un effort soutenu. Les RS-700 sont des roues faciles sur tous les terrains, dynamiques dans les relances ou au moment de lancer un sprint, et qui encouragent à changer de rythme dans les bosses à fort pourcentage. Mais sur le plat elles ne peuvent pas être aussi aérodynamiques que des roues à jantes hautes.

Notons cependant que leur profil de 24/28 mm est moins défavorable face au vent que des jantes plates de 20/22 mm. Il ne faut pas se fier à leur poids de 1580 g, loin d’être un record pour des roues à pneu, mais plutôt à la relative légèreté des jantes, qui fait réellement la différence avec des roues en aluminium basiques, et qui donne l’impression que le vélo est plus aérien. Au niveau du freinage, on retrouve la fiabilité d’un système avec une bande en aluminium, même si on constate que dans le domaine, les roues Shimano sont particulièrement tendres. Évidemment, il n’y a aucune remarque à faire sur le sec. Sous la pluie en revanche, on entend rapidement un bruit de ferraille – sans que l’efficacité ne soit remise en question – avec de nombreuses petites pointes d’alu qui viennent s’incruster dans les patins. Très rapidement, les surfaces de freinage se marquent, au point de devoir les gratter avec une gomme abrasive pour éliminer les petits dépôts susceptibles de provoquer des à-coups en actionnant les leviers. Si les moyeux n’amènent aucune critique, avec leurs roulements fluides et qui semblent particulièrement durables (les roues ne prennent aucun jeu), les surfaces de freinage seront donc à surveiller.

Au final, les roues RS-700 sont des roues nerveuses et dynamiques, qui justifient largement l’investissement nécessaire pour les acquérir lorsqu’on cherche à améliorer le comportement d’un vélo de milieu de gamme (souvent vendu avec des roues lourdes et inertes en relance). Elles sont fluides et rigides tout en se montrant polyvalentes sur tous les terrains. Avec leurs jantes en carbone/alu, le faible nombre de rayons à l’avant et des moyeux dont la finition sort de l’ordinaire, elles se montrent en plus très esthétiques. Seule une utilisation fréquente sous de mauvaises conditions météo semble leur porter préjudice à long terme. Mais à force de rouler avec des roues tout carbone ou des roues pour freins à disque, notre exigence dans le domaine dépasse-t-elle les caractéristiques habituelles des roues dont la surface de freinage est en aluminium ? Seul un test de plus longue durée pourrait nous éclairer.

SHIMANO WH-RS700-C30-TL

Les + : Poids des jantes, dynamisme, finition, roulements,
Les – : Surface de freinage qui semblent fragiles

Rayons : 16 à l’avant, 24 à l’arrière Optbal 2/1, acier aéro
Moyeux : aluminium, roulements acier cône/cuvette, corps de cassette en acier
Jantes : carbone/alu
Poids : 1 580 g (paire avec fonds de jante, mais sans blocages rapides)
Livrées avec blocages rapides (120 g)
Prix public : 849 €

Contact : www.bikegear.cc

 

> Autres essais : www.velochannel.com/Essais
> Suivez VeloChannel sur Facebook, Instagram et Twitter

6 commentaires sur “Test des roues Shimano RS-700”

      1. Il y a bien longtemps que je n’en utilise plus : ils freinent pas et récupèrent toutes les cochonneries (et donc, ça pourrit les jantes).

    1. C’est juste, toutefois il est bien précisé dans cet article que vous pouvez vous les procurer à un prix bien en dessous du prix public. Récemment je les ai vu à moins de 500 euros sur un site de vente en ligne fort connu, je n’en revenais pas moi-même.

      Les Ultegra continuent à exister, mais le nom à changer, sachant que maintenant leur référence est a suivante : RS-500 et c’est exactement la même conception ! J’en conclus, au dire de cet article, que les RS-700 seraient juste au dessus en terme de performance.

      Je suis d’accord avec le commentaire de Christophe. Pour prévenir l’usure trop rapide de la jante il faut changer de patins. Ceux fabriqués par Shimano ne sont pas bons, trop durs ou trop agressifs quelque chose comme ça.
      DarkPads, Swissstop… conviendront parfaitement.

  1. Bonjour, j’ai lu et relu le test des rs 700 , et jai fini par en acheter une paire . Ce qui est décrit est très juste par rapport à mon ressenti. J’ai même été étonné de l’impression de fluidité de ces roues. Cordialement

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.