Raid VTT Monts d’Ardèche 2019

Nous voici au Cheylard, petite ville au nord de l’Ardèche dans la jolie vallée de l’Eyrieux à l’occasion de cette nouvelle édition du raid VTT des Monts d’Ardèche. Au programme, quatre étapes réparties sur trois jours de course. Tout commence le vendredi midi avec l’accueil des quelques 300 participants et la récupération des dossards sous une très forte chaleur promettant une épreuve caniculaire.

Par Fred Ischard – Photos : Jean-Marc Demars/Raid VTT des Monts d’Ardèche

Étape 1 : Autour d’Arcens

Direction le village d’Arcens à 15 kilomètres pour la première étape… Il est possible de s’y rendre en vélo, histoire de faire un bon échauffement bien que la grande majorité des coureurs privilégieront de s’y rendre en véhicule pour s’économiser sous cette chaleur étouffante. Nous voici donc à Arcens, connue pour son eau pétillante locale. L’organisation nous annonce une étape raccourcie à cause de la canicule car il fait 40 degrés, un bon choix sécuritaire qui va nous épargner 200 mètres de dénivelé, du coup on a une boucle de 20 kilomètres et 750 mètres de D+ à effectuer.

Il est 15h30 et c’est parti à allure neutralisée derrière la voiture pendant 500 mètres avant de se lancer dans la première ascension du jour, 450 mètres de dénivelé sur 6 kilomètres, ça annonce déjà une sacrée difficulté. Le mauriennais Jonas Buchot, visiblement acclimaté à la chaleur part seul devant mais ensuite, c’est très ouvert avec les coureurs belges emmenés par Milan Levicki, les gars du CVAC Vienne ou encore le réunionnais Grégory Maillot. La chaleur fait son effet et chacun redouble d’efforts, surtout lorsque l’on quitte la piste pour un single très pentu obligeant à mettre pied à terre. On arrive au sommet, passage au rocher de Soutron à 1050 mètres d’altitude puis on enchaîne une descente plutôt rapide mais pleine de pièges avec plein de pierres cachées sous l’herbe et les feuilles, c’est hyper piégeux et ce n’est pas facile de diriger sa monture. En bas, Jonas Buchot possède déjà 3 minutes d’avance sur le réunionnais Gregory Maillot.

Place à la seconde ascension du jour, 250 mètres de dénivelé et une montée en plein soleil pendant quatre kilomètres. Le sentier est très raide au pied, il ne nous reste quasiment plus d’énergie pour monter la suite sur piste. On va assister à un festival de coups de chaud malgré les nombreux points d’eau installés. Allez, plus que trois kilomètres et la dernière descente du hameau de Mons également très piégeuse sur un tapis de pommes de pin et quelques dalles humides où l’on recensera quelques chutes sans gravité. Dernière montée au village d’Arcens et voici la ligne d’arrivée. Malgré l’effort assez court, chacun termine exténué par cette canicule et ce format de course très intense. C’est Jonas Buchot qui remporte cette première étape en bouclant les 20 kilomètres en 1h09 avec 4 minutes 20 d’avance sur Grégory Maillot et 5 minutes 20 sur Sébastien Souchon du CVAC Vienne alors que Laurence Champavier (ECOV) remporte la catégorie dames en 1h36 avec 4 minutes d’avance sur Margot Ribet.


Etape 2 : Les hauts plateaux ardéchois

Samedi matin, place à la 2e étape avec au programme 51 kilomètres et 1700m de dénivelé positif cumulé. Départ du Cheylard pour rejoindre la ferme du Bourlatier, un site de pleine nature au pied du Mont Gerbier de Jonc. La course sera avancé d’une heure en raison des fortes chaleurs prévues. Il est 7h30, on se lance à l’assaut des hauts plateaux ardéchois. On débute ce parcours matinal sur une voie verte, ça roule assez vite pendant ces 8 premiers kilomètres sur la Dolce Via, un chemin stabilisé qui longe l’Eyrieux. Entrée dans le village de St Martin de Valamas, on quitte la voie verte pour une montée courte et un premier petit single technique avant de redescendre dans le village, ça explose le peloton de partout. On poursuit sur une partie un peu vallonnée parsemée de petites montées sur sentiers et de portions plus roulantes jusqu’au village de Chanéac, nous entrons dans le territoire des Hautes-Boutières.

Passé ce village, on s’attaque à la grosse difficulté du jour, quasi 600 mètres de dénivelé pour rejoindre le pied du Mont Mezenc. Le début est difficile et technique sur un sentier plein d’obstacles puis l’ascension redevient roulante. Voici le premier ravito du village de St Clément après 22 kilomètres de course, l’ascension n’est pas terminée, il reste 200 mètres de dénivelé à gravir. La montée s’effectue en paliers en suivant le profil de ce magnifique plateau ardéchois. On aperçoit bientôt le sommet mais également le Mont Mezenc sur notre droite, le plus haut sommet de l’Ardèche, tout proche d’ici. On continue sur des chemins roulants et des petites routes, le parcours est très agréable et on atteint le col de Médille à 1320m d’altitude.

Il reste 20 kilomètres à effectuer, un tronçon de route et nous voici sur une des seules descente du parcours, c’est large avec beaucoup de cailloux, pas très ludique mais cette étape est destinée aux grimpeurs. Second ravito du 34e kilomètre, il faut bien penser à s’hydrater pour assurer cette fin d’étape malgré les températures correctes cette matinée. C’est parti pour la seconde grosse montée du parcours qui va nous mener au pied du Mont Gerbier de Jonc. On a 400 mètres de dénivelé à gravir sur 7 kilomètres. La piste nous menant au sommet est plutôt régulière, sans rendement avec beaucoup de cailloux et on aperçoit enfin ce Mont Gerbier de Jonc très reconnaissable à sa forme d’aiguille. Évidemment, on passe le col qui culmine à 1410m mais on ne monte pas au sommet qui culmine 150m plus haut.

Il nous reste moins de 7 kilomètres pour boucler l’étape. Après une petite descente technique, voici la dernière montée longue de deux kilomètres suivie du dernier kilomètre en descente sur la route. C’est le sociétaire du team La Forestière Gregory Pascal qui sort vainqueur de cette matinée en bouclant les 51 kilomètres en 2h38; absent lors de la première étape, il sera présent uniquement lors de cette journée de samedi. Le belge Milan Levecke prend la seconde place à 3 minutes 40 et le diois Simon Alamome complète le podium à 4 minutes 20. Au classement général, Jonas Buchot conserve le maillot jaune de leader avec un peu plus de 5 minutes d’avance sur le belge Milan Levecke.

L’étape de cette matinée était juste magnifique en terme de décor à rouler au milieu des sucs sur ces plateaux ardéchois, la région est vraiment propice à de belles balades VTT. L’organisation nous offre maintenant une pause déjeuner en nous proposant un savoureux repas dans l’enceinte de la ferme du Bourlatier, un site vraiment charmant qui nous raconte les conditions de vie et toute l’histoire de ce plateau ardéchois.


Etape 3 : Des hauts plateaux au vallon de la Dorne

Il commence à faire très chaud en ce début d’après-midi, même à 1350m d’altitude. Il est 15h30, c’est reparti pour 31 kilomètres et 650 mètres de dénivelé pour rentrer au Cheylard avec un profil très descendant dans l’ensemble. Dès le départ, c’est une bonne montée sur route pas trop difficile sur 500 mètres qui va étirer le peloton de 180 coureurs avant de s’engouffrer dans un sentier technique sur une crête pendant trois kilomètres où les dépassements seront difficiles. On attaque ensuite la longue descente vers la vallée de la Dorne. Le début est très piégeux avec plein de pierres, il est difficile de contrôler le vélo. On enchaîne avec un sentier en corniche vraiment chouette qui nous mène au col de Joux à 1000m d’altitude. Le profil descendant excite l’ensemble des coureurs qui ont tous envie de s’en donner à cœur joie sur cette longue descente. Après un long single en sous-bois, voici la vallée de la Dorne et on monte la première des deux bosses du parcours, une piste roulante en plein soleil durant deux kilomètres avant de descendre très rapidement vers le village de Dornas, il reste 12 kilomètres et il ne faut pas hésiter à s’arrêter au ravito pour s’hydrater car il fait près de 40 degrés. Heureusement, on retourne en sous-bois, joli single à flanc plutôt montant pendant un kilomètre le long de la Dorne. Nouvelle montée courte et raide sur un nouveau single bien casse-pattes puis on descend au Pont de Fromentières. Le Cheylard approche, il reste 8 kilomètres mais évidemment on ne va pas rentrer par la route, ce serait trop facile et moins ludique. C’est parti pour la deuxième montée de l’après-midi longue de 3 kilomètres. Heureusement, l’organisation aux petits soins nous a installé un point d’eau improvisé au milieu car la montée est très exposée au soleil. Au sommet, il ne reste que cinq kilomètres. On plonge rapidement sur le village d’Accons, une descente qui s’avérera à nouveau bien piégeuse. Un dernier single casse-pattes dans les bois et nous revoici au Cheylard. C’est le leader de l’épreuve Jonas Buchot qui remporte une nouvelle victoire d’étape en bouclant les 31 kilomètres en 1h20, 2 minutes 45 devant le Master grenoblois Guillaume Donnier-Valentin et 4 minutes 10 devant le viennois Sébastien Souchon. A la veille de la dernière étape, Jonas Buchot possède 11 minutes 30 d’avance sur le belge Milan Levecke et 13 minutes 15 sur le diois Simon Alamome. Chez les dames, Margot Ribet tient le leadership devant Morgane Hervé à 18 minutes et Laurence Champavier en difficulté avec la canicule à 25 minutes. Une bonne baignade dans la fontaine du village ou dans l’Eyrieux puis une soirée de repos avant d’affronter la 4e et dernière étape de ce raid VTT des Monts d’Ardèche.


Etape 4 : Sous-bois autour du Cheylard

A nouveau de fortes chaleurs en cette dernière matinée et une boucle de 28 kilomètres cumulant 1100 mètres de dénivelé autour du Cheylard à réaliser.

Cette dernière étape se dispute sous forme de contre-la-montre mais seul les 10 premiers du classement général partent individuellement, les autres coureurs s’élançant par vagues de 10 à 15 en fonction de leur classement. Les derniers partant les premiers afin que tout le monde puisse arriver à peu près en même temps pour coller à l’ambiance conviviale de cette épreuve. La première vague s’élance à 9 heures, le leader de l’épreuve partant le dernier à 10h40. Les 1500 premiers mètres se font à allure libre pour monter au château de La Chaize d’où le départ réel est donné. C’est ensuite parti pour 150 mètres de dénivelé à travers la forêt de la Chaize. La montée est plutôt large mais parsemée de cailloux. On arrive au sommet après six kilomètres de course mais mieux vaut ne pas être parti trop vite car il reste encore trois difficultés à venir. Passage au village de St Michel d’Aurance, descente sur un kilomètre assez rapide, pas trop piégeuse cette fois et en bas, nous voici au pied de la principale difficulté du jour, 8 kilomètres de montée et 400 mètres de dénivelé pour se hisser au col de Vergnes. Les deux premiers kilomètres sont plutôt roulants jusqu’au col de Burianne au 10e kilomètre. La chaleur devient écrasante et la fatigue des étapes précédentes reste présente.

Au passage du ravito du 12e kilomètre, l’arrêt devient nécessaire pour reprendre des forces ou recharger en eau. Les trois derniers kilomètres de montée sont plus techniques et nettement plus raides. Voici le sommet de cette longue montée à mi-parcours, on bascule sur une descente dans les bois et gare aux pièges car encore beaucoup de cailloux, on recensera encore beaucoup de crevaisons ou de chutes sans gravité. La descente n’est pas longue, au 17e kilomètre on attaque la troisième montée du jour bien raide et technique, une montée à l’ardéchoise ! Passage au point culminant à près de 900 mètres d’altitude au sommet de cette montée. Nouvelle descente de deux kilomètres et voici la dernière difficulté qui se profile devant nous. Sommet de cette montée pas trop difficile mais usante en fin de parcours. Il reste les 5 derniers kilomètres à effectuer mais on ne plonge pas encore tout à fait vers Le Cheylard. On a droit à un profil très casse-pattes avec une succession de raidards courts sur des racines avant de descendre dans cette forêt de La Chaize. Il ne reste plus que trois kilomètres. Fin de descente pentue, technique et spectaculaire avec notamment une rafale d’escaliers pour finir et voici la ligne d’arrivée franchie par le vainqueur Jonas Buchot en 1h32 qui ne se « contentera » que de la 3e place de cette dernière étape à seulement 3 secondes du vainqueur du jour, l’excellent Steeve Renaudier qui remporte cette étape avec une petite seconde d’avance sur Sébastien Souchon.

Au classement général, c’est donc Jonas Buchot qui succède au palmarès à Guillaume Philippe. Il devance Milan Levecke et Simon Alamome qui sera parvenu à sauver son podium pour 15 secondes face à Sebastien Souchon. Chez les dames, Margot Ribet remporte cette édition du raid VTT des Monts d’Ardèche devant Morgane Hervé et Laurence Champavier.

Une nouvelle très belle édition du raid VTT des Monts d’Ardèche bouclé, une épreuve toujours aussi chouette et conviviale qui se clôture par une cérémonie de récompenses et un repas dans une ambiance familiale et chaleureuse comme on aimerait trouver plus souvent. Un parfum de vacances, on concilie défi sportif à la portée de chacun et petit séjour touristique à la découverte d’une superbe région. Pour nous, rendez-vous est pris dernier week-end de juin 2020 pour la prochaine édition du raid VTT des Monts d’Ardèche !

Infos et résultats : www.raidvtt-ardeche.com

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