Quel type de home trainer choisir?

L’hiver est un enfer pour le cycliste assidu et motivé, pour lequel il ne reste souvent que la solution du home trainer pour rester au chaud, éviter les risques liés à la circulation et optimiser le temps passé à l’entraînement pendant la semaine. Voyons comment sélectionner l’appareil adéquat.

Photos : Tacx/Elite/BKool/Sylvain Pigeau

Installé à la maison ou dans le garage, avec votre propre vélo (ce qui le différencie d’un vélo d’appartement), un home trainer nécessite un équipement vestimentaire très léger et évite l’entretien fastidieux du matériel après une séance. Inutile de prévoir un éclairage, et une tenue chaude avec plusieurs couches. Vous pouvez rouler (presque) à n’importe quelle heure, sans tenir compte de la tombée de la nuit ou du lever du jour. Surtout, ce type de séance, si elle est bien conduite, optimise le temps passé à s’entraîner. On monte vite en température avec un appareil de ce type, et il n’y a pas de moments de roue libre. Vous pouvez ainsi programmer avec précision des séquences de travail et optimiser certaines de vos qualités.

Pour en savoir plus sur des exemples de séances d’entrainement sur home trainer, vous pouvez cliquer ici.

D’autres préfèreront pédaler en réseau avec d’autres cyclistes du monde entier, comme le permettent des appareils avancés et connectés à des plateformes comme Zwift, BKool, TrainerRoad, ou encore des applications liées aux marques de home trainer comme Elite, ou Tacx.

Que des avantages a priori, à condition de ne pas trop attendre d’une préparation exclusivement axée sur cette pratique, et de disposer d’un appareil moderne, qui procure des sensations de pédalage réalistes. Il faut aussi s’armer d’une motivation certaine pour multiplier les séances sans voir défiler le paysage. Si vous visez un épanouissement global à vélo tout au long de l’année, utilisez le home trainer à bon escient, à une fréquence raisonnable (disons deux fois par semaine), et en ciblant le contenu de vos séances. Votre envie de pédaler à l’air libre n’en sera que décuplée au printemps.

Trois catégories d’appareils

Derrière l’appellation home trainer, se cachent en fait plusieurs types d’appareils. Les simples rouleaux sans résistance sont aujourd’hui largement supplantés par des home trainers à résistance avec freinage magnétique, électrique, ou hydraulique. Ils sont accouplés ou non à un logiciel d’entraînement, un logiciel de réalité virtuelle ou de real life video. On peut distinguer trois catégories : les appareils à résistance avec logiciel, les simples appareils à résistance et les rouleaux. Evidemment, certains home trainers chevauchent l’une ou l’autre des catégories. Les prix s’étendent de 100 € à près de 1500 €, excepté le très rare Tacx Magnum à 7000 € (qui est en fait semblable à un tapis de course).

  • Les rouleaux font travailler la technique ou la cadence de pédalage, mais des appareils avancés disposent aussi d’une unité de résistance magnétique et d’un écran de commande. C’est avec ce type de home trainer que l’on travaille un coup de pédale le plus proche possible de celui de la route, car ils permettent de travailler au niveau des hanches et des fessiers pour diriger le vélo. Ils nécessitent un bon équilibre et de se positionner près d’un mur avant de se lancer. La résistance est limitée et nécessite de s’engager physiquement pour obtenir un effet bénéfique sur l’entrainement (c’est-à-dire mettre du braquet et pédaler énergiquement). Cette résistance est comparable à un bon bout droit vent de face sur le plat. La concentration nécessaire au maintien de l’équilibre permet de ne pas trop subir une séance de 30 à 60 minutes. Enfin, les rouleaux sont aussi les plus simples à installer.

Voir ici le test du home trainer Elite Quick-Motion

 

  • Avec les appareils à résistance, on s’entraîne sans ordinateur, avec un levier relié au cintre pour régler le niveau de résistance, parfois avec un compteur dédié, éventuellement sans fil, et relié à une unité de résistance qui peut disposer de programmes d’entraînement standards ou personnalisés. Ils sont suffisants pour tous les types d’entrainement spécifiques. Avec le vélo monté sur un trépied et la roue arrière en appui sur un rouleau plus ou moins freiné selon le type de résistance, ils assurent la stabilité et ne posent donc pas de problèmes d’équilibre. Cela rend néanmoins le pédalage moins naturel que sur les rouleaux évoqués plus haut, d’autant plus que les appareils de premier prix peuvent produire un pédalage un peu saccadé. C’est en fonction de la résistance magnétique, électrique ou hydraulique, et des capacités maximales de l’appareil, de 400 à 3600 watts selon le niveau de gamme. Attention car sur ce type d’appareil, les séances sont rapidement fastidieuses (et ennuyeuses !). Le système peut être plus ou moins bruyant selon son niveau de gamme, mais par contre les appareils les plus simples sont aussi les plus faciles à replier et à ranger.

  • Avec les appareils à résistance avec logiciel, on peut tout faire. Reliés à un ordinateur, ils permettent de suivre un plan d’entraînement, d’enregistrer toutes les données d’exercice et de refaire des parcours sur vidéo. Participer à des courses virtuelles via Internet est aussi faisable. C’est amusant et motivant, pas toujours constructif, mais les séances passent bien plus vite. Attention à prévoir un peu de place, car ces home trainers connectés sont assez lourds, et construits autour d’un châssis pas toujours repliable. Ils doivent de plus être reliés à une prise de courant d’un côté, et vous devez être face à l’ordinateur ou la tablette de l’autre. La communication entre les appareils s’effectue en ANT+ ou en Bluetooth Smart, ce qui permet de bénéficier de vos différents capteurs (fréquence cardiaque, cadence de pédalage, capteur de puissance), mais certains home trainers très évolués délivrent aussi la mesure de la puissance. Tous ces éléments prennent un peu de temps à être reliés ensemble, ce qui rend la mise en place de la séance un peu plus longue qu’avec un appareil plus simple.

Voir ici notre test du home trainer Elite Real TurboMuin B+

Voir ici notre test du home trainer BKool Smart Pro

Comment choisir ?

Il y a plusieurs éléments à prendre en compte, comme la stabilité du système, la facilité d’installation, le bruit et la compatibilité avec certains cadres. Mais il y a aussi une question de niveau de résistance (pour les séances les plus sévères) et de sensations plus ou moins proches de la réalité. Un home trainer dispose d’un frein qui procure une résistance à un rouleau en plastique frottant contre la roue arrière. Les modèles les plus évolués sont conçus autour d’un châssis sur lequel on dispose le vélo sans sa roue arrière. Ils fluidifient grandement les sensations. La résistance maximale d’un home trainer dépend du type de frein. Les appareils les plus chers peuvent fournir jusqu’à 3600 watts de résistance, quand des modèles plus simples se limitent à 400 watts. En termes de nuisances sonores, un bourdonnement très net peut vous envahir et gêner les voisins ou les autres habitants de la maison. Avec leur résistance hydraulique, des modèles très évolués règlent le problème. Dans ce cas, seul le bruit de la transmission du vélo peut se révéler gênant dans une pièce fermée.

Votre choix dépend donc du budget dont vous disposez et du temps que vous comptez consacrer à cette pratique. Pour l’échauffement et le retour au calme avant une épreuve ou un entrainement difficile, un modèle basique fait l’affaire, même si dans ce cas les rouleaux ont toujours notre préférence. Si vous comptez construire une partie de votre entrainement hivernal avec un home trainer, il vous faut sélectionner un modèle qui offre de la fluidité et une résistance qui correspond à vos capacités. Pour travailler la force ou le sprint, un modèle qui se limite à 400 ou 500 watts de résistance peut rapidement se révéler trop juste. Enfin, si pour vous le home trainer fait partie intégrante de votre pratique tout au long de l’année pour une question d’organisation, les appareils connectés offrent bien plus de possibilités, que ce soit pour suivre un plan d’entrainement précis ou pédaler en réseau face à des adversaires du monde entier.

Nos conseils pour la pratique du home trainer

Même s’il fait froid dehors, préférez rouler dans une pièce aérée et ajoutez éventuellement un ventilateur. N’espérez pas perdre de poids en transpirant : vous ne perdrez que de l’eau et des sels minéraux, et risquerez une déshydratation préjudiciable à la performance, mais aussi à la condition physique globale et à la récupération. Une forte sudation s’explique par l’absence d’évaporation naturelle de la sueur au contact de l’air. Évitez donc de rouler trop couvert, et conservez à portée de main une boisson énergétique si possible pour limiter la perte de sels minéraux. Pensez à protéger le vélo (l’avant surtout) des gouttes de sueurs acides qui attaquent inexorablement la visserie (potence, freins…). Pour éviter l’ennui, on peut prévoir de la musique ou la télévision, puisqu’il faut compter avec l’usure inévitable que provoque un entraînement de ce type. Ne jetez pas tout dès les premières semaines de l’hiver ! Pour les exercices en force sur des appareils avec une résistance qui agit sur un rouleau, le couplage entre le pneu et l’unité de résistance doit être parfait afin d’éviter tout glissement. Il existe des pneus spéciaux qui s’usent beaucoup moins vite que les pneus qu’on utilise sur la route.

Et l’avenir ?

Le Tacx Magnum (7000 € !) préfigure peut-être ce que pourraient être nos home trainers de demain. Des appareils ultra connectés et qui reproduisent fidèlement les sensations éprouvées sur la route. Cet appareil pèse 150 kg et simule des pentes jusqu’à 15%, aussi bien en termes de résistance que d’inclinaison du vélo. Il est bien sûr aussi adapté à la marche ou à la course à pied. Pour l’instant plutôt destiné aux salles de sport ou aux pratiquants particulièrement aisés, qui sait si cette technologie ne sera pas bientôt plus abordable ?

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Un commentaire sur “Quel type de home trainer choisir?”

  1. Quand je vois les spécialistes  » trainer  » sans ventilateur , je trouve l »exercice d’ une stupidité sans nom . Rouler à bloc , la pression monte dans la tête et c’ est très mauvais . J’ ai un Cateye CS1000 , cadence , calories , W , puls , vitesse , durciddement magnétique . L’ exercice est d’ un ennui mortel et le travail se fait au moral . La volonté en sort blindée .
    Des séances de 60 minutes , le compte est bon .

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