Premier essai du nouveau Trek Emonda ALR : retour vers le futur

À une époque où il est de bon ton d’avoir une « empreinte carbone » la plus faible possible, pourquoi ne pas suivre le mouvement et revenir à un bon vieux cadre en aluminium ? Utopique ? Old fashion ? Carrément ringard ? Et si la mode du tout carbone avait une alternative ? Une vraie, efficace et racée… Et si cette alternative s’appelait simplement Trek Emonda ALR ?

Par James Billiottet – Photos : Trek @ kramon – DR

Certes me direz-vous, l’Emonda aluminium de Trek a toujours été au catalogue de la marque du Wisconsin, ce n’est pas une nouveauté en soi. Vrai, mais le nouvel Emonda ALR a reçu un sérieux coup de jeune et se pose directement en parfaite alternative à ceux qui seraient allergiques aux cadres carbones. Léger, beau, il peut représenter une efficace machine de guerre face à un vélo carbone d’entrée de gamme pour coureur recherchant de la performance avec un budget très raisonnable. Suivant l’air du temps, Trek a bien sûr conçu son nouveau cadre en deux versions : freins à disque ou à étriers. La version traditionnelle reste la plus légère (1,425 kg pour le cadre et la fourche) contre 1,481 kg pour la version « disque », le tout pour un cadre de taille 56. Un vélo donc particulièrement « light » pour de l’aluminium.

La marque américaine a tenu à soigner la conception des tubes qui sont des Trek 300-series hydroformés comme des tubes carbones et dont les jonctions demeurent (presque) invisibles, donnant une magnifique esthétique au vélo. L’allure générale de la machine renvoie un parfait « look compétition » sans en faire de trop si on compare avec la dérive actuelle des cadres ressemblant plus à des avions de chasse ou des Formules 1 qu’à des bicyclettes. Pour finir de prouver s’il en est encore besoin que Trek est au top de l’évolution cycliste, un modèle femme est bien sûr disponible (WDS version) dans une géométrie identique, mais permettant des aménagements au niveau de la selle ou du poste de conduite par exemple.

Du côté technique

L’Émonda ALR est fabriqué avec des tubes Trek Alpha aluminium Serie 300 Premium. Il profite d’un procédé exclusif d’hydroformage des tubes qui lui permet d’adopter des formes qui ressemblent à s’y méprendre à celles des cadres en carbone, en plus de bénéficier d’un comportement adapté selon chaque partie du cadre. Les tubes sont ainsi optimisés pour chaque taille de cadre, de manière à préserver la même maniabilité quelle que soit la taille du vélo. L’Emonda ALR adopte la géométrie H2, plutôt portée vers le confort, en plus d’être garanti à vie. Quatre modèles sont ainsi proposés, avec les versions ALR 5 et ALR 4 à disque (en Shimano 105 et Shimano Tiagra, respectivement à 1899 et 1599 €) et les versions ALR 5 et ALR 4 à étriers (en Shimano 105 et Shimano Tiagra, à 1499 et 1199 €). Les poids vont de 8,75 kg à 9,19 kg. Une version kit cadre est également proposée, pour disque ou étriers, à 899 €.

Roulez bolide

Si l’aspect visuel est particulièrement réussi, soigné, voire sophistiqué, il fallait quand même voir ce que le nouvel Emonda avait dans le ventre. Et là, les espoirs sont à la hauteur des attentes. Très facile de prise en main, on se sent immédiatement à l’aise sur le vélo. Dès les premières accélérations il répond parfaitement et les relances en danseuse sont incisives, mais « confortables ». Quelques faux plats descendants (pas mal accentués quand même) permettent de se lancer et de tester l’équilibre du vélo en courbe. Pas soucis, il répond sainement et l’impression de sûreté se fait de suite ressentir. Aucun vice caché ! Très rapidement vous ne pensez plus que vous êtes sur une bicyclette en aluminium, si ce n’est que les soubresauts de la route, pas toujours parfaite aux Etats-Unis comme partout, semblent moins prononcés qu’à cheval sur du carbone. Cela faisait longtemps pour être honnête que je n’avais pas roulé sur un vélo en aluminium (ben tiens, quand je vous dis qu’on est à l’époque du carbone Roi…) et franchement les sensations furent des plus agréables. La version essayée sur les chemins (venteux ce jour-là) du Wisconsin, bien qu’équipée de freins à disque, se révéla dans toute sa légèreté. Comme tout le monde avec un nouveau vélo, arrivée à la première bosse du parcours, l’envie d’accélérer pour voir ce que le vélo a dans le ventre est la plus forte. Aucune déception de ce côté-là, la machine répond parfaitement aux sollicitations avec un « confort » de bon aloi, mais ne nous y trompons pas, il s’agit bien d’un engin de course tenant son rang la tête haute. Moins « rigide » qu’un carbone, mais dans le bon sens du terme. Plus facile, quoi ! Il reste évident que si vous êtes Jasper Stuyven, Bauke Mollema ou tout autre coureur professionnel de l’équipe Trek, il manquera un petit quelque chose à ce vélo, mais dans le cas de votre serviteur, ce premier contact avec le nouvel « alu » de la marque du Wisconsin fut des plus sympathiques. Un très bon compromis donc, qui offre toutes les qualités d’un vrai vélo de course pour un prix nettement plus abordable qu’un cadre carbone qui, à tarif identique, sera forcément beaucoup plus basique dans son comportement.

Gamme et tarifs :

  • Emonda ALR 5 – Shimano 105 11v., roues Bontrager Affinity Tubeless Ready : 1 499 € – Poids : 8,75 kg

  • Emonda ALR 5 Disc – Shimano 105 11v., roues Bontrager Affinity Tubeless Ready Disc : 1 899 € – Poids : 8,86 kg

  • Emonda ALR 4  – Shimano Tiagra 10v., roues Bontrager Affinity Tubeless Ready Disc : 1 199 € – Poids : 9,09 kg

  • Emonda ALR 4 Disc – Shimano Tiagra 10v., roues Bontrager Affinity Tubeless Ready Disc : 1 599 € – Poids : 9,19 kg

Contact : www.trekbikes.com

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