Nouveau Trek Madone SLR – Premier essai !

Jusqu’à la sixième génération

Ne vous y trompez pas, vous n’avez pas affaire ici à une quelconque malédiction proférée il y a bien longtemps, mais à un saut dans le futur d’une nouvelle génération de vélo avec le Trek Madone SLR N°6. 6 comme le sixième Madone du nom bien sûr, une impressionnante bête de course à mi-chemin entre la bicyclette de compétition et l’avion de chasse… Revue de détails d’un vélo aéro proposé avec des freins à disque, ou à patins.

Texte : James Billiottet – Photos : Trek @kramon/DR

Philosophie de l’engin

Pour ce nouveau Madone SLR, la société Trek a décidé d’innover à tous les niveaux. En tout premier lieu lors de son élaboration d’une manière surprenante et peu commune. Partis d’une feuille blanche, les ingénieurs-concepteurs de la marque américaine ont décidé pour ce nouveau projet d’impliquer l’ensemble des collaborateurs de l’usine du Wisconsin. Ainsi, le Madone SLR N°6 a été conçu d’une manière collégiale. Du chef designer au responsable marketing en passant par le service comptabilité, tout le personnel a pu à un moment ou à un autre donner son avis, son idée sur la façon dont il envisageait le nouveau produit phare de la marque. Un grand tableau, rapidement couvert de dizaines de post-it permettait à tout à chacun d’émettre son point de vue. Au bout de quelques semaines, les responsables du projet ont fait une synthèse de leur propre vision et des meilleures idées du grand tableau. Ainsi est né le Madone SLR N°6. Au-delà de l’anecdote, il s’agit sûrement d’une façon intelligente d’impliquer tous les collaborateurs dans un projet majeur, très américain dans son idée certes, mais néanmoins sympathique.

De la technologie à tous les étages

De la même veine que ces cinq prédécesseurs, le N°6 ne se démarque pas uniquement sur la façon dont il a été imaginé par les divers employés de Trek. Sa technologie se veut également révolutionnaire. L’aérodynamisme de la machine est né en soufflerie à l’instar d’une véritable voiture de course. Il a fallu pour cela réussir le tour de passe-passe d’obtenir un aérodynamisme maximal sans rien sacrifier aussi bien à l’esthétisme de la machine qu’au confort du cycliste, ou encore au poids. Et on peut dire que de ce côté-là le pari de Trek est parfaitement réussi, mais nous y reviendrons plus loin.

Arrêtons-nous d’abord sur les caractéristiques techniques de ce cadre à la géométrie futuriste. La fameuse « new H 1.5 geometry » mise en avant par la marque. Composé de tubes 700 series OCLV Carbon, le cadre se décline du 50 au 62 (7 tailles). Cette géométrie se veut intermédiaire entre les deux options proposées par Trek jusqu’alors, les fameuses H1 et H2.

Une sorte de compromis au niveau de la longueur du tube supérieur et de la hauteur de douille de direction, largement compensé pour les différentes options de longueur de potence (de 90 à 130 mm) et d’angle (-7 ou -14°) d’un poste de pilotage qui repose sur un cintre disponible avec des largeurs de 38 à 44, et une fixation des éléments qui peut être réglée sur +/- 5°. Ce système Aero Bar Stem, esthétique, racé et confortable au moment de la prise en main, offre ainsi 40 combinaisons de positionnement avec sept tailles de cadre, là où le précédent Madone avec son cockpit intégré n’en proposait que 26. Les vélos dédiés aux femmes bénéficient bien sûr des combinaisons les plus adaptées (potence plus courte et cintre plus étroit). Cette évolution ne modifie pas par ailleurs l’empattement, la chasse, les angles et les longueurs de bases du Madone, déjà reconnu pour sa stabilité de pilotage et ses qualités de roulement.

Ce Madone offre par ailleurs d’après les ingénieurs de la firme, une réduction de 13 % des différents rebonds et vibrations par rapport à l’ancienne génération de Madone. Calcul effectué d’une manière très précise sur un appareil spécialement inventé par les ingénieurs de Trek. Sorte de tapis roulant reproduisant une empreinte parfaite des pavés de la tranchée d’Arenberg dupliqués grâce à un moulage fait dans le nord de la France sur lesdits pavés ! Un cycliste lambda prend place sur le vélo, accroché à un harnais pour raisons de sécurité et le tapis accélère progressivement en enregistrant d’une manière très précise tous les paramètres possibles des vibrations et secousses ressentis. Que ceux qui pensent naïvement que la matière carbone ne se déforme pas, se détrompent. Vu avec un ralenti extrême sur l’écran d’un ordinateur, les tubes carbones subissent d’incroyables torsions et déformations dus aux soubresauts. Impressionnant à voir ! Un système d’élastomère permet de limiter ce phénomène de rebond sur le nouveau Madone.

 

Autre point unique de ce vélo : le système IsoSpeed. Déjà utilisé sur les anciens Madone le long du tube de selle et servant à rigidifier le vélo verticalement, le système a été cette fois installé également sous le tube longitudinal.

 

 

Un curseur se trouvant intégré sous ce tube permet en le déplaçant avec une simple vis de plus ou moins rigidifier le cadre selon l’utilisation de la machine, du terrain ou encore de la morphologie de l’utilisateur. Ce système révolutionnaire peut donner jusqu’à 17 % de souplesse supplémentaire et jusqu’à 21 % de rigidité accentuée par rapport au Madone de cinquième génération. Le Madone N°6 réussit donc le tour de force d’être à la fois plus réactif, plus stable et plus confortable.

Du côté de la tige de selle, le fameux mât de selle est abandonné pour un système de tige plus classique, bien que spécifique à Trek. Un système permet de fixer un feu de position Flare R en arrière du chariot de selle, pour la sécurité.

 

Enfin, si ce nouveau Madone se veut tout aussi aérodynamique que la version précédente, il ne faut pas oublier qu’il est désormais disponible avec des freins à disque. Mais que les étriers du modèle à patins sur jante ont été aussi repensés (désormais derrière la fourche et parfaitement intégrés à la conception globale du kit cadre).

Et qu’en matière de poids il fait très fort par rapport à ses principaux concurrents annoncés ces jours-ci, avec un Specialized Venge (960 g pour le cadre), un BMC Timemachine Road (980 g pour le cadre), ou un Cannondale System Six (7,6 kg vélo complet en haut de gamme).

Ainsi, Trek annonce les poids suivants :

  • Cadre nu pour freins à disque : 870 g
  • Fourche pour freins à disque : 421 g
  • Cadre nu pour freins sur jantes : 885 g
  • Fourche pour freins sur jantes : 378 g
  • Poids du cockpit : 483 g en 110/42, avec 207 g pour la potence et 276 g pour le cintre
  • Poids du vélo complet en Dura-Ace Di2 Disc : 7,405 kg
  • Poids du vélo complet en Dura-Ace Di2 patins : 7,087 kg

Bicyclette ou avion de chasse ?

Le look du Madone SLR N°6 impressionne au premier regard par ses lignes d’une grande pureté, mixées à l’ADN aérodynamique. Complètement repensé, comme nous venons de le voir par rapport à l’ancienne version, il apparait d’une simplicité esthétique étonnante, dépouillé de tout artifice particulièrement dans sa version freins à disque. Que les habitués des freins à étrier se rassurent, cette option est tout aussi soignée et quelle que soit la version choisie, avant même de l’avoir essayée, on est impressionné par ce look « avion de chasse » ou plus prosaïquement « vélo de piste ». Tout semble pensé pour ne pas faire la moindre concession à l’efficacité aérodynamique.

« Complètement repensé, il apparait d’une simplicité esthétique étonnante, dépouillé de tout artifice particulièrement dans sa version freins à disque. »

Côté design ou personnalisation, il suffit d’adopter le fameux Project One de Trek pour avoir la possibilité de choisir sa couleur personnalisée, son propre motif, dessin ou logo. La seule limite étant celle de votre imagination… Ou accessoirement de votre portefeuille. Mais rassurez-vous, les couleurs Trek de base sont déjà magnifiques et la qualité de la peinture est à la hauteur du produit. Ajoutons-y les nouvelles options de couleurs ICON, qui proposent des peintures métallisées du plus bel effet, mais à un prix conséquent (1500 €).

Un petit tour sur la route

Après avoir admiré sous toutes ses coutures la machine de guerre, il a bien fallu se résoudre à l’essayer. Ce n’est pas un grand secret d’affirmer que le Madone SLR N°6 est un vélo de course exclusif et qu’il est pensé et conçu pour rouler vite. Dès que vous êtes en position dessus, la seule envie qui vous prend est d’accélérer… Dans la limite de vos moyens bien entendu, ce sont malheureusement toujours les jambes qui ont le dernier mot. Le rendement maximal de l’engin se ressent sans surprise au-delà des 40 km/h. D’une stabilité exemplaire, l’impression de sécurité est immédiate même si on ne connait pas le vélo. Sain et efficace ! Plus surprenant, il dégage également une sensation très agréable dans une bosse raide à vitesse réduite (en dessous de 18 km/h) et même à cette allure on sent que le cadre « pousse » à chaque coup de pédale, surtout assis sur la selle avec petit braquet. Question rigidité, aucun souci évidemment, il est fait pour ça ! Si ce n’est l’inévitable effet « barre-à-mine » de ce genre de cadre, mais la réaction est telle que le jeu en vaut largement la chandelle. Idem concernant les relances en danseuse, pas désagréable malgré l’extrême rigidité de l’ensemble, on le sent vif et paré à toute éventualité. Attention quand même : mon test sur les routes (parfois vraiment raides) du Wisconsin a été réalisé avec le curseur « IsoSpeed » en position plutôt « soft », mon gabarit de 1,71m se satisfaisant amplement de ce réglage pour une première prise de contact. Question confort, bonne surprise également. La position adoptée par les spécialistes de Trek lors de ma mise aux cotes n’a laissé aucune séquelle au bout de 100 bornes, pas de mal de dos ou de cervicales. Seule la position des mains sur le cintre au niveau des cocottes ne s’est pas révélée des plus confortable au bout des 3 heures et quelques de sortie. En revanche, j’appréhendais un peu d’avoir les mains en haut de ce cintre à la forme d’aile Delta. Erreur de ma part, positionnées ainsi mes mains et mes bras ont trouvés leur place immédiatement, surtout dans les bosses. Après avoir monté, il a bien fallu descendre. Là aussi le vélo s’est révélé parfaitement stable et sain au moment de négocier des courbes larges à grandes vitesse (plus de 80km/h, je vous avais prévenu que les bosses pouvaient être raides dans le Wisconsin…). Le seul bémol à ma tentative de chute libre fut le freinage type « freins à disque » auquel je n’étais pas habitué du tout. J’ai donc très raisonnablement levé le pied une fois les premières sensations survenues. Pour finir, un seul petit regret : n’avoir pu essayer la position IsoSpeed la plus rigide possible, juste pour voir la différence avec celle adoptée lors de cette sortie. Ce mécanisme exceptionnel est bien sûr réglable à tout moment mais doit être un peu lourd à modifier une fois sur la route. De plus, avant de parfaitement déterminer le réglage le plus adéquat vous concernant, quelques essais « à blanc » seront certainement nécessaires. La question qui vient à l’esprit est la suivante : au départ d’une course dont on ne connait pas vraiment le circuit, comment régler le plus efficacement possible le fameux curseur ? Pour résumer, un produit parfaitement fini, aérodynamique, léger, rapide, confortable et rassurant, pensé dans les moindres détails et hautement esthétique. N’hésitez pas demain après-midi lors du départ du Tour de France à observer les montures des coureurs de l’équipe Trek-Segafredo, sobres et dépouillées dans leurs couleurs blanc et rouge, elles effectueront pour l’occasion leur première sortie officielle. Je suis quand même curieux de savoir quel sera pour chacun d’entre eux le réglage IsoSpeed

Gamme et tarifs :

  • Madone SL 6 (ancien Madone) – Shimano Ultegra patins, roues Bontrager Aeolus Comp 5 : 3 999 €
  • Madone SLR 6 Disc – Shimano Ultegra Disc, roues Bontrager Aeolus Pro 5 : 5 999 €
  • Madone SLR 6 Disc Premium Paint- Shimano Ultegra Disc, roues Bontrager Aeolus Pro 5 : 6 599 €
  • Madone SLR 6 Disc WSD – Shimano Ultegra Disc, roues Bontrager Aeolus Pro 5: 5 999 €
  • Madone SLR 6 Disc Women’s Premium Paint- Shimano Ultegra Disc, roues Bontrager Aeolus Pro 5 : 6 599 €
  • Madone SLR 8 – Shimano Dura-Ace patins, roues Bontrager Aeolus Pro 5 : 7 499 €
  • Madone SLR 8 Premium Paint- Shimano Dura-Ace patins, roues Bontrager Aeolus Pro 5 : 8 099 €
  • Madone SLR 9 Disc – Shimano Dura-Ace Di2 Disc, roues Bontrager Aeolus XXX 6 : 11 499 €
  • Madone SLR 9 Premium Paint- Shimano Dura-Ace Di2 Disc, roues Bontrager Aeolus XXX 6 : 12 099 €

Contact : www.trekbikes.com

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3 commentaires sur “Nouveau Trek Madone SLR – Premier essai !”

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