La Lozerienne VTT 2018 + VIDEOS

Lozérienne VTT, un écrin de verdure aux portes des Cévennes

C’est à La Canourgue cette année encore, une bourgade située dans la haute vallée du Lot, que nous avons rendez-vous pour la 7e édition de la Lozérienne VTT. C’est près de 300 participants dont une centaine de compétiteurs qui sont attendus dans ce village arrosé de multiples ruisseaux…

Par Fred Ischard – Photos : LVO

Étape 1 : Autour de la petite Venise lozérienne

Au programme de cette première journée de course, 35 kilomètres à parcourir et 1200 mètres de dénivelé à gravir dont 3 spéciales chronométrées. Il fait 36 degrés lorsque le départ est donné à 16h, départ en mass-start pour le premier secteur chrono du jour qui se déroule sous forme d’une boucle de 9 kilomètres autour de La Canourgue. Le profil s’apparente à une longue montée sur une piste caillouteuse puis au sommet situé 400 mètres plus haut on redescend par un long single rapide mais piégeux. Dès le départ donné, Cyril Bourdon du team Calvisson et le ruthénois Nathan Célié du team Onet 2000 s’isolent en tête et ne seront jamais rejoints, Cyril s’emparant de la tête devant Nathan. Derrière à 2 minutes, un groupe va se dessiner et c’est le jeune Léo Bartoletti qui prendra la 3e place.

De retour à La Canourgue, un petit ravitaillement nous attend et tous les coureurs recherchent l’ombre en se réhydratant. L’ambiance est très conviviale au cœur du village. Une bonne demi heure de pause afin d’attendre les derniers coureurs et de repartir sur la liaison suivante en groupe. Il est 17h30, on repart tous ensemble pour une seconde boucle au sud de La Canourgue, on doit effectuer 10 kilomètres pour se hisser 400 mètres plus haut au hameau des Rouges-Parets, lieu de départ du second secteur chrono du jour. L’ambiance est à la rigolade lors de la liaison notamment pendant l’ascension sur un joli sentier créant quelques ralentissements dans une atmosphère relax. C’est ce qui fait la magie de cette épreuve ; adversité sur les épreuves chrono mais convivialité sur les liaisons. Le départ du second chrono du jour est donné, cette fois c’est un parcours de 10 kilomètres à profil descendant qui nous attend pour revenir au village de La Canourgue. On va apprendre que profil descendant ne signifie pas exempté de montée. En effet, on part sur une montée de 2 kilomètres plutôt roulante avant de rentrer dans la forêt. Une courte descente et hop on remonte un sentier assez raide, on a I’impression que les 250 mètres de dénivelé cumulé du chrono n’en finissent plus car même si c’est court, il faut savoir gérer son effort. Place à la descente, la vraie cette fois avec 500 mètres de dénivelé négatif sur un single en dévers à travers la forêt qui va réclamer maitrise et pilotage car c’est étroit et tortueux, le ravin nous guettant à chaque instant. La seconde partie de descente sera plus cassante et globalement rapide mais gare aux dangers avec deux passages périlleux que la plupart des coureurs franchiront à pied. Allez, plus que quelques marches sur une des ruelles du village et dernier sprint pour franchir l’arche d’arrivée de La Canourgue dans une chaude ambiance animée par l’incontournable Éric Garcia.

La journée n’est pas terminée pour autant car il reste encore un secteur chrono à disputer en mode nocturne à la lueur des frontales, encore une des nouveautés de cette Lozérienne VTT 2018. En attendant le départ qui se fera à la tombée de la nuit, un plateau repas est offert par l’organisation, l’occasion de partager autour d’une table l’expérience de chacun à propos des deux premières spéciales de la journée. Allez, il est 21h15, l’heure du chrono nocturne a sonné. On part cette fois par vague de 4 coureurs toutes les 30 secondes en fonction du classement des deux premières spéciales sur un tracé quasi identique au chrono d’ouverture raccourci de 2 kilomètres. C’est toujours un moment particulier et magique que de rouler en pleine obscurité. Malgré une température plus acceptable que lors du premier passage, l’ascension longue de 3 kilomètres reste éprouvante mais la descente qui nous attend pour rentrer à La Canourgue restera un grand moment en suivant un monotrace balayé par la lueur des lampes frontales. Pour finir en beauté ce dernier secteur chrono du jour, ce sera spectaculaire et arrosé en visitant les ruelles tortueuses et les cours d’eau de La Canourgue. Cette première étape de la Lozérienne VTT fut donc intense et fabuleuse. C’est toujours le coureur du team Calvisson Cyril Bourdon qui mène la danse en tête de course avec 23 secondes d’avance sur le millavois Damien Portet et 5 minutes 50 sur Léo Bartoletti.


Étape 2 : Les sublimes gorges du Tarn

C’est dans le petit village de Quézac célèbre pour sa source d’eau pétillante et marquant la porte d’entrée des gorges du Tarn et du massif des Cévennes que nous avons rendez-vous en ce samedi matin. Au programme de la journée, 49 kilomètres et 1800 mètres de dénivelé ainsi que trois secteurs chronométrés. D’ailleurs les choses sérieuses commencent d’entrée avec une première ascension chrono longue de 6 kilomètres et cumulant 450 mètres de dénivelé avec départ groupé. Le coup de sifflet est donné à 9h pétantes et on grimpe de suite une route pendant un bon kilomètre sur bitume avant de poursuivre l’ascension de manière progressive sur une piste à travers la forêt nous menant sur un causse où est jugée l’arrivée. La montée sera plutôt agréable pour l’ensemble des participants mais réclamera des qualités de force et de puissance à qui veut jouer le classement. D’ailleurs, c’est un groupe d’une dizaine de coureurs qui s’échappera dès les premières pentes avant que celui-ci n’explose au fur et à mesure de l’ascension. C’est à nouveau le leader de l’épreuve Cyril Bourdon qui l’emporte sur ce chrono avec 11 secondes d’avance sur Antonin Marécaille et 15 secondes sur Nathan Célié qui se retrouve maintenant à 37 secondes du leader.

La vue imprenable sur les causses alentours est vraiment sublime, on devine maintenant les contours des fameuses gorges du Tarn mais nous ne les apercevons plus. Après un ravitaillement nous permettant de nous remettre de ce violent effort, il est temps de nous remettre en route et de quitter ce petit hameau du Temple pour une liaison de 15 kilomètres nous faisant visiter ce Causse Noir afin de rejoindre le départ de la section chrono suivante. On va vite apprendre que les plateaux occitans n’ont rien de plat, de belles grimpettes se dressent devant nous mais le tracé alternant monotraces et pistes plus larges nous ravis. Après une ultime courte descente, voici le départ du second chrono du jour qui va favoriser le pilotage tout en restant physique. C’est en effet quasi 500 mètres de dénivelé négatif qu’il faudra dévaler avant de longer le Tarn pour rejoindre le très atypique hameau de Castelbouc. Cette fois, départ par vague de 4 coureurs en fonction du classement de la première journée de course. Après une première ligne droite de départ très rapide, on entre rapidement dans le vif du sujet en dévalant un sentier étroit, cassant et technique avec des virages serrés et bon nombre de franchissements réclamant de bonnes qualités de pilotage mais quelle descente sensationnelle, certains coureurs seront plus à l’aise que d’autres sur ce terrain de jeu. On arrive sur les berges du Tarn mais ce n’est pas une simple piste paisible qui nous attend pour boucler ce chrono mais un single trialisant et piégeux à souhait à flanc de ravins avec de nombreuses relances permanentes, tout aussi physique qu’une ascension. Le leader Cyril Bourdon se régale sur ce terrain technique et signe un nouveau meilleur temps avec 19 secondes d’avance sur son dauphin Nathan Célié qui cumule maintenant près d’une minute de retard sur le leader de l’épreuve. L’héraultais Léo Bartoletti prend la 3e place de ce chrono à 36 secondes et conforte sa 3e place au classement général.

C’est l’heure de midi dans ce petit village de Castelbouc, l’occasion d’une bonne heure de pause en attendant le départ de l’ultime chrono du jour qui sera une section décisive sur cette 7e édition de la Lozérienne VTT. En effet, il faudra effectuer 13 kilomètres et affronter 600 mètres de dénivelé positif enchaîné avec une longue descente particulièrement périlleuse. On repart par vagues de 4 coureurs et on attaque d’entrée par une montée sèche de 500 mètres avec tout d’abord un portage sur 400 mètres et ensuite 5 kilomètres sur une piste plus ou moins raide où il faudra gérer ses efforts. Au sommet, on se retrouve à nouveau sur ce fameux Causse Noir afin de récupérer durant un bon kilomètre et de retrouver un terrain technique à flanc de falaise où rien ne nous sera épargné (portages, relances) sur du très beau single pour enfin replonger dans les gorges du Tarn, une descente technique à souhait mais quel magnifique trace, une vraie merveille à savourer. Certes, l’ascension pourra paraître longue pour certains mais sera vite récompensée par cette magnifique descente.

Un nouveau ravitaillement nous attend après cette petite heure d’effort intense, un peu plus du double pour les plus courageux car les participants au mode « rando » avait la possibilité de shunter ce dernier chrono difficile pour rentrer sagement en longeant le Tarn, une petite dizaine se lancera tout de même à la suite des coureurs du mode chrono. Il ne nous reste maintenant plus qu’à rentrer sur Quézac en liaison, sept petits kilomètres pour profiter du très joli sentier des Gorges du Tarn qui surplombe les méandres du cours d’eau et de ses imposantes falaises. Voici une magnifique seconde journée qui se clôture sous un magnifique soleil avec une bon repas fourni par l’organisation et une bonne baignade dans le Tarn offerte par Dame Nature. Au classement général, Cyril Bourdon ne dispose plus que de 45 secondes d’avance sur Nathan Célié suite au 2e temps réalisé par celui-ci lors du dernier chrono du jour. La lutte promet d’être chaude pour la victoire lors de la 3e et dernière journée de course. En signant le meilleur chrono lors du dernier chrono, Antonin Marécaille prend part au podium provisoire du classement général avec 7 minutes 30 de retard sur le leader. Léo Bartoletti et Anthony Gauthier leader du classement Master complètent le top 5 de ce classement général.


Étape 3 : Sur les hauteurs du Mont Lozère

Pour cette 3e journée de course, c’est un tout autre décor que nous allons découvrir, nous avons rendez-vous au village du Bleymard niché dans la haute vallée du Lot entre le massif cévenol et le vaste plateau de la Margeride. Il fait habituellement frais sur en cette heure matinale dans ce petit coin paisible mais vu les chaudes températures du moment, une douceur agréable sera parfaite pour l’escalade du Mont Lozère qui nous attend. En effet, ce sont trois nouveaux secteurs qu’il faudra affronter face au chrono pour cette journée. Le parcours de cette matinée cumulera une cinquantaine de kilomètres mais avec cette fois 1300 mètres de dénivelé à gravir. Et d’entrée, comme la veille c’est une nouvelle ascension en mass-start qui nous attend pour atteindre cette fois la station de ski du Mont Lozère située 400 mètres plus haut. L’effort sera assez court sur une piste aux pentes irrégulières. La fatigue des deux jours précédents commence à se faire ressentir car les écarts seront moins importants que la veille malgré l’intensité de l’effort sur ces 6 kilomètres. C’est un sprint qui départagera les 3 premiers du classement général qui se sont isolés en tête. Antonin Marécaille signant un nouveau meilleur temps devant Cyril Bourdon et Nathan Célié.

On se laisse une petite demi-heure de pause au cœur de cette petite station nature disposant tout de même de quelques remontées mécaniques menant au col de Finiels, le point culminant de la Lozère du haut de ses 1650m avant de se lancer sur le second chrono du jour sous forme d’une boucle de 8 kilomètres autour de la station. Le profil est simple, on attaque une belle ligne droite rapide pour se placer dans chacune des vagues qui s’élancent avant de jouir d’une jolie descente sur une mini trace piégeuse quasi invisible au milieu des arbres avec des petits sauts et des virages dans tous les sens pour ensuite remonter par une ascension assez raide sur le sommet. Nathan Célié tente le tout pour le tout sur ce chrono en reprenant 9 petites secondes à Cyril Bourdon qui possède 36 secondes d’avance au moment d’aborder la dernière partie de cette 7e édition de la Lozérienne VTT. Aucun souci pour la 3e place d’Antonin Marécaille gagnant ce chrono, une section qui sera fatale au jeune Léo Bartoletti victime d’une double crevaison lui faisant perdre plus de 10 minutes qui le relèguera à la 7e place du classement général.

Une très jolie liaison sur les crêtes de ce magnifique massif lozérien va nous permettre de rejoindre en douceur et avec une vue à permanente à 360 degrés le col de Masseguin d’où sera donné le départ de l’ultime chrono de cette Lozérienne.  Une dernière respiration et c’est parti pour 18 kilomètres à fond pour rejoindre l’arrivée finale en plein cœur du chef lieu du département à Mende. Ce tracé sera plutôt linéaire avec un savant mélange de pistes rapides, de bons raidards à gravir et de sections techniques à franchir à l’image de cet impressionnant pierrier 500 mètres après le départ ou des 3 derniers kilomètres qui nous plongent sur Mende par un sentier à flanc de ravin, un vrai régal pour boucler cette Lozeérienne VTT de la plus belle des façon, absolument rien à dire côté tracé tout comme l’organisation impeccable. Côté course, on aura du suspens jusqu’au bout, les coureurs de tête étant victimes d’une erreur de parcours qui ne causera finalement aucune incidence sur le classement général final. Le coureur du team Calvisson Cyril Bourdon remporte cette 7e édition de la Lozérienne VTT avec 39 secondes d’avance sur l’aveyronnais Nathan Célié qui remporte la catégorie Espoir et près de 5 minutes d’avance sur Antonin Marécaille auteur de trois meilleurs chrono. En prenant la 4e place, Anthony Gauthier remporte la catégorie Master. Le normand Damien Angot termine à la 6e place et remporte la catégorie Junior. La Lozerienne VTT s’est également internationalisée à l’image de la catalane Ada Xinxo, spécialiste des épreuves XC Marathon qui remporte la catégorie dames. Le team Calvisson remporte le classement par équipes.

Comment ne pas clôturer la Lozérienne VTT sans l’incontournable aligot, spécialité culinaire locale partagée par tous les participants pendant la chaleureuse cérémonie de clôture. Cette épreuve fut à nouveau un succès, une épreuve populaire conviviale incontournable qui nous a fait visiter ce fabuleux territoire lozérien et profiter d’un magnifique terrain de jeu. Rendez-vous en 2019 pour une nouvelle édition de la Lozérienne VTT, la date n’est pas encore fixée mais une chose est sûre, n’hésitez pas à cocher ce rendez-vous pour venir découvrir ou redécouvrir cette épreuve atypique par excellence.

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