Grand Raid 2014

Grand Raid, une belle 25ème édition pour des records

Peu de courses VTT peuvent se targuer d’atteindre le quart de siècle de longévité tout en devenant un mythe. En terme de course marathon d’un jour, le Grand Raid dans le Valais suisse avec ses 125km et 5000m de dénivelé positif est devenu au fil des ans LA référence de la course marathon en Europe. L’édition 2014 fête ses 25 ans avec près de 3000 inscrits sur l’ensemble des parcours de 125, 93, 68 et 37 km avec comme point commun le passage obligé au Pas de Lona à 2700m.

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Texte : Fred Ischard et Jeff Bossler – Photos : Etienne Bornet

Etape obligée dès le vendredi, le Grand Raid impose de venir retirer sa plaque la veille de la course, et de faire contrôler son vélo pour vérifier qu’il est bien apte à franchir les montagnes. Cela impose une logistique supplémentaire pour se rendre aux casernes de Sion, puis de retourner proche de son départ du samedi, sachant que la course peut-être reportée au dimanche en cas de mauvais temps le samedi.

Samedi réveil à 5H00 pour un petit déjeuner rapide en vu du départ de Verbier à 6H30. Niveau tenue, malgré la fraîcheur qui règne, ce sera maillot et cuissard courts + manchettes. En tout cas, les conditions sont idéales au moment du départ, peu de vent. Le départ est donné à 6h30 après la « traditionnelle » prière du curé de la station.

Etienne Bornet 1

Coup de pétard et c’est parti pour les 850 concurrents du grand parcours, prêts à affronter l’énorme programme du jour : 125kms et 5000m de D+ pour rallier la petite station de Grimentz dans le val d’Anniviers, une traversée du Valais d’Ouest en Est sur le versant sud. On démarre tout de suite dans le vif du sujet par une ascension de 9kms jusqu’au sommet d’une télécabine à 2100m d’alt. Malgré un départ sérieux sur 300m, il faut déjà laisser filer les costauds, une cinquantaine de coureurs se détachent. Il est plus prudent de gérer au maximum sur cette longue épreuve. La montée est régulière et roulante, d’abord sur route puis sur piste jusqu’au sommet. Une fois au sommet, on poursuit par 3kms de piste et un tunnel avec de la musique (original) pour rejoindre le sommet de la Croix de coeur atteint en 52 min. Dans notre groupe, les deux premières féminines sont présentes dont Milena Lantwing qui mène le groupe en personne.

Etienne Bornet 5

Ensuite descente rapide sur piste sur 9kms jusque la station de La Tsoumaz, il faut juste faire attention aux virages fuyants avec la vitesse et la poussière ainsi qu’aux nombreux nids de poule. Malheureusement pour Milena, elle va crever sur le bas de la descente et perdra toute chance de vaincre. En bas, il faut remonter environ 4kms avec des pentes un peu plus raides. On reprend une piste roulante puis une autre bosse de 2kms avant de plonger sur la station de Nendaz ou on passera notre premier petit single, certes très court. 35kms et 1000m de D+ sont effectués. On poursuit par une bosse pentue bitumée sur 1km et on redescend la même distance par un single technique avec pierres et racines, ça change un peu, mais pour retrouver rapidement du roulant, d’abord une portion rapide puis on remonte la montée de Veysonnaz sur une piste de 4kms. Au sommet, redescente très rapide sur la station de Veysonnaz avant de remonter 7kms pour atteindre la station de Thyon à 1850m, une montée dans la forêt roulante comme toutes les autres mais qui se termine par un single sympa jonché de racines.

Etienne Bornet 3

Redescente sur Heremence par une descente sans grand intérêt qui alterne route et prairies. En bas, traversée d’Heremence avec beaucoup de spectateurs et une belle ambiance: 56kms et 2000m de D+ bouclés, passage en moins en 2h52 donc toujours dans les cordes pour un temps correct. Nous roulons donc maintenant dans le val d’Hérens, 2/3kms de répit et on attaque la montée de Cerise: 4kms, toujours des pistes et quelques pentes sévères. Au sommet, portion roulante pour arriver au pied de l’ascension du Mandelon et ses 10kms: 6 bornes sur route et 4 sur pistes. Des écarts sont déjà fait, nous avons donc quitté le val d’Hérens et durant l’ascension, on pouvait admirer le barrage de Grande Dixence (l’un des plus grand d’Europe), un véritable chef d’oeuvre d’architecture (cela occupe d’admirer les magnifiques paysages du Valais). Au sommet, on se retrouve sur les alpages de Mandelon, en levant les yeux le décor est somptueux. On attaque une partie intéressante sur un single trialisant jonché de pierres humides pendant 3kms avant de plonger sur Evolene par une descente de 9kms. Nous arrivons à Evolene, 90kms et 3200m de D+ effectués et déjà quasiment 5h de vélo.

Etienne Bornet 6 Urs

On poursuit par la montée d’Eison longue de 5kms en plein soleil. Au sommet, on attaque une descente sympa en single pleines de racines, à Eison, le cap des 100kms est franchi, reste 25kms et la longue ascension de 8 km sur piste régulière jusqu’au refuge de l’A Vieille situé à 2300m d’altitude. Deux verres de bouillon au ravito et voilà le mythe de cette épreuve: le portage jusqu’au sommet du Pas de Lona situé à 2700m d’altitude.

Etienne Bornet 7

7h de course au sommet, il fait froid, il faut donc poursuivre sans trainer sur un single pendant 2kms avant de gravir les deux derniers kms d’ascension pour atteindre le point culminant de l’épreuve : le Basset de Lona et ses 2750m. Plus que 10kms pour plonger vers l’arrivée jugée à Grimentz, descente rapide au début, puis cassante sur le final jusqu’au magnifique lac et barrage de Moiry.

59e place pour nous sur ce Grand Raid en bouclant les 126kms en 7h48 de course.

Etienne Bornet 8

PODIUM
Du côté de la tête de course, les chemins relativement secs, la météo favorable et le récent champion marathon suisse Urs Huber déchainé, boucle le parcours en 6h08 en améliorant son temps de plus de 3 minutes mais avec un Christophe Sauser quasiment dans sa roue à juste 9 secondes derrière.
Lukas Buchli complète le podium tandis que la vainqueur de la cape epic Arianne Kleinhans l’emporte chez les féminines.

Etienne Bornet 9

Le Grand Raid reste une course à part, le dénivelé total du grand parcours représente l’ascension totale du Mont Blanc depuis le niveau de la mer. Et c’est la manche UCI marathon la plus dure de l’année, faire une place au Grand Raid reste un objectif pour beaucoup de coureur, pour d’autres c’est déjà de finir ce mythe.

Infos et résultats : www.grand-raid.ch

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