French Divide 2017, le bilan #1 !

Et voilà, la seconde édition de la French Divide est bouclée. Des participants fatigués, frigorifiés, abimés mais ô combien heureux après ce beau périple à travers la France à la force du mollet. Ils et elles en ont bavé et bravé les intempéries, vaincu les montagnes, découvert la France et les français autrement… Premier compte-rendu sur cette épreuve atypique et unique en France.

Photos : Milo Pix, French Divide, Francis Masse/M-Line Bikes, Philippe Trochon, VeloChannel.com

Il y a tant de choses à dire qu’il serait bien difficile de tout résumer en un simple article. Celles et ceux qui ont l’habitude de voyager à vélo, de partir à l’aventure sur deux roues savent que chaque seconde peut représenter une découverte, chaque instant un moment, chaque kilomètre une histoire. Bref, une expérience indescriptible, mêlant les sens et les maux… Les sensations propres au Bikepacking génèrent des kilomètres de mots. Si le parcours est identique pour tout le monde, chacun crée/vit sa propre histoire. La richesse de cet événement, c’est évidement son tracé traversant des régions et patrimoines très différents mais c’est aussi – comme nous l’avions évoqué lors de notre premier article – cette diversité de cyclistes et de machines au départ de Bray Dunes.

Pour débuter la série, la parole est donc aux pédaleurs ! VELOCHANNEL.COM comptait parmi la petite centaine de partants deux cyclistes désormais habitués qui s’attaquaient à leur seconde French Divide. Et quand on parle de diversité, si les deux compères sont des amoureux de l’acier, de fabrication artisanale et de bonne bière, l’un est en Gravel tandis que l’autre est sur un Fat !


Le récit de Philippe Trochon

Nous sommes le 5 aout, veille du 3e et dernier départ de la French Divide 2017. Une poignée de furieux, ayant estimé pouvoir rallier la frontière franco-belge à la franco-espagnole en 10 jours est là, lors du briefing à Bray-Dunes, dont certaines têtes connues de l’an passé. Samuel, Sebastien, Thibaut, Clément, Lionel et Céline forment cette année l’équipe d’organisation, quelque peu étoffée en raison de la prise d’ampleur de l’événement.

Le premier jour

Après un repas du soir bien arrosé et une nuit courte, départ au petit matin sur la digue de Bray-Dunes au lever du soleil à 6h24. Sous une lumière encore orangée, on va s’élancer sur cette trace GPS de plus de 2200km de VTT en autonomie, revue et corrigée en fonction des retours de l’an passé. Pour rappel, la French Divide est une épreuve VTT Ultra Distance pionnière en France dans ce domaine.
L’an passé, je me souviens d’une première heure à des vitesses folles comme si nous partions pour 30km ! Je pensais laisser partir le troupeau en cas de récidive, mais à ma grande surprise c’est parti assez cool. J’ai du coup pris les commandes, seul, pour éviter les bouchons, erreur de directions, chutes et autres contretemps. Assez vite rejoint par Didier Weemels, Laurent Tesch et Steve Heading, puis Cédric Amand quelques kilomètres plus tard, nous formons alors un petit groupe qui roule bon train, et creusons l’écart avec les autres.

Steve, finisher en 9 jours l’an passé, prend de l’avance dans un sous-bois où la trace GPS est douteuse. 20km plus loin, début de fringale ! Le dimanche, difficile de trouver quelque chose. La seule brasserie d’ouverte n’a que saucisson chips et coca, qui feront l’affaire. Plus loin, dans un village, une fête des pompiers, une buvette et c’est parti ! Sandwich au filet américain pour me rappeler les Pays-Bas ou j’ai vécu un moment, et je repars. Les agréables paysages défilent et nous voilà dans une zone vallonnée ou nous traversons la jolie citadelle de Le Quesnoy, encore en fête. Je roulerai seul jusqu’à Maroilles, avec comme pause diner, une généreuse tarte au Maroilles, tomates, lardons, oignons de… 600g, J‘en garde quand même un tiers pour le lendemain. Pour clôturer la journée, je roule de nuit jusqu’à Hirson puis prolonge un peu pour me trouver un abri. Une maison abandonnée sur les hauteurs en forêt… Parfait, je seras au sec. Au lit juste avant minuit, avec 320km au compteur.

Jour 2, déjà les ennuis

Deuxième journée, debout 6h sans réveil, pour une première nuit, pas mal du tout. Je me suis fait rattrapé par Mickael, un anglais déjà sur le vélo depuis 4h du matin. On prend le petit déjeuner en discutant au coin d’une boulangerie avant de repartir. Je suis plus rapide sur le vélo et je me détache assez rapidement. 2h après, je décide de faire une pause pour finir ma flammekueche au Maroilles d’hier. Il est 11h30, je m’arrête 15 bonnes minutes, je repars sans m’être fait redoubler et je me rends compte que mon copain Cédric n’est pas devant moi mais derrière, en compagnie de Didier. Ce qui signifie que, de ma vague de dimanche, seul Steve est devant moi avec environ 1 à 2 heures d’avance.

Je roule toujours bon train, tout va bien, hormis ce bruit de craquement présent par moment depuis le début, un roulement de boîtier de pédalier de à priori… Un peu plus loin, dans les vallons de Champagne, crac, chaîne cassée ! Je répare assez rapidement, Mickaël arrive et s’installe à côté pour manger rapido un morceau. C’est reparti, une trace assez ludique en forêt qui se termine par une descente un peu pierreuse. Je lâche les freins et me fais plaisir ! Mais pas de bol, un silex entame légèrement le flanc du pneu avant, 10mn seulement après la casse de chaîne. J’essaie de faire fonctionner le produit préventif, je galère un peu avec la valve puis finis par réussir. Je repars, 5mn après, je passe dans une ornière, le pneu frotte sur un bord et ça arrache le bouchon de latex qui s’était formé pour réparer le trou. Je regonfle et repars une fois de plus, mais 3km plus loin, rebelotte. c’en est trop, j’installe une chambre. Je vois passer Ruth, qui est partie samedi et qu’on a déjà rattrapé, puis 5mn plus tard Cédric et Didier ! Aaaaah les copains !

On continue ensemble, le bruit de mon velo ne fait que s’aggraver, en fonction du rapport sur lequel je suis et interfère aussi sur le passage de vitesse. Du coup, je pense plutôt à un roulement de corps de roue libre plutôt que celui du boîtier. Ça se complique, on arrive tant bien que mal au CP1 d’Epernay, a 16h45. On se pose un peu, dévalise la supérette du coin et c’est reparti. Très difficile de suivre les copains avec le bruit, la résistance que ça engendre au roulage et le shifting qui déconne totalement, je les laisse donc filer. Un peu plus loin, Samuel, l’organisateur est là avec le photographe… Toujours un plaisir de le croiser ce grand barbu charismatique ! 500m plus tard ça ne veut plus pédaler, arrêt obligatoire. Démontage du corps de roue libre à la main pour constater qu’il ne reste pas grand-chose du roulement. J’enlève les morceaux de billes, de cages et de portées qui traînent, et essaie de caler l’intérieur comme je peux pour repartir. Le bruit n’est plus le même, mais ça n’a rien arrangé. Je roule doucement. Daniele Bifulco, l’Italien, me rattrape et me dit vouloir rouler tranquillement avec moi jusqu’à la prochaine ville. L’objectif est de rejoindre Châlons en Champagne avec un vélo qui roule, mal, mais qui roule quand même, soit 45km de plus. On s’émerveillera d’une éclipse de lune assez fabuleuse à ce moment là, magique !
A Châlons, ravito au Domino’s pizza où sont déjà attablés Cédric et Didier. Très drôle, l’an passé c’était le même type de retrouvailles habituelles avec Laurent Griscom, Berten de Canne et Pascal Cauzaux et maintenant on a toujours 2 français et un belge, mais un italien au lieu d’un américain.

Contraint d’attendre là pour visiter une boutique de vélo le lendemain, grosse perte de temps en vue et frustration. Mais je vais gérer ça et essayer de me remettre en conditions et dans mon rythme un peu comme l’an passé. Allez, nous voilà posés à l’entrée d’un champ avec Daniele – qui repartira à 4h00 du matin – juste à la sortie de Châlons. Il est presque 1h du matin, l’heure de fermer ses petits yeux, 200km au compteur.

Un Ricard roulement et ça repart !

La troisième journée débute, la nuit s’est plutôt bien passé, j’ai entendu Daniele se lever et partir avant de me rendormir. 7h00, je suis réveillé en douceur par quelques gouttes d’eau sur mon visage… Il pleut. Le duvet est étanche mais sera humide une fois rangé et compressé dans la sacoche pour la nuit suivante… Le magasin Veloland Cycles Collard ouvre et m’accueille gentiment. Un des mécaniciens prend le temps de s’occuper de moi malgré la charge de travail prévue. En 20 minutes le roulement est changé, le corps de roue libre remis au propre et remonté avec soin et minutie. Joli coup de main qui montre bien l’expertise de l’atelier, sympa ! Ensuite, boulangerie puis café, super bien accueilli une fois encore. J’ai bien rempli le bonhomme dans l’optique de ne pas m’arrêter tout de suite 11h00 je décolle enfin et roule assez vite, le rythme est assez soutenu et je dépasse quelques concurrents, toujours sympa d’échanger quelques mots (souvent en anglais) avant de reprendre le rythme jusqu’à Vitry le François où je m’accorde une agréable bière partagée avec Manu Hus.

Je reprends mon allure et continue à travers cette jolie région aux villages de maisons à colombages très espacés les uns des autres. En arrivant à Brienne le Château, vent de face… Ca dure longtemps. 17h00, une pause où je récupère Philippe Moulin, qui mène bon train après une petite péripétie pour lui aussi en début de parcours. Gros nuage et une bonne averse de 30mn que nous laissons passer, on en profite pour charger nos appareils dans cette petite boulangerie bien sympa à l’entrée de Brienne le Château. On repart ensemble opur traverser la forêt d’Orient juste après la pluie, en ayant croisé Philip Malcom, oui, un troisième Philippe ! On poursuit après avoir trouvé notre rythme, et prolongeons de nuit à l’aide de ma lampe qui éclaire pour deux. On s’arrête à 23h00 dans un petit village à 25km de Melisey. Tout va plutôt bien, 205km au compteur aujourd’hui, nous sommes sous un hangar de ferme, les petites averses nous berceront…

Jour 4, bonjour le Morvan !

La quatrième journée débute vers 5h30, comme bien souvent très tôt et à jeun. Notre duo évolue à la lumière de la lampe car le jour n’est pas encore levé, puis on passe sur nos petites lampes à LED éco pour se dépanner vers 6h30. Nous retrouvons un peu plus loin Duncan Ledingham l’écossais et Ben Hudson l’anglais qui est en 29+ singlespeed (en Dingle pour les connaisseurs). Très bon rythme pour lui, preuve qu’un singlespeed peut s’aligner sur cette épreuve et très bien s’en sortir ! On file – Philippe, Duncan et moi – jusqu’à Tonnerre où nous avions l’an passé dévalisé une boulangerie avec les copains avant que j’explose mon pneu et que Gilles, un agriculteur dans sa ferme me vienne en aide. Souvenirs souvenirs Changement de boulangerie ce matin, celle de l’an passé étant fermée, puis direction le PMU pour un grand café et là au comptoir… Gilles, tellement amusant ce hasard !

Une fois les cafés et viennoiseries avalés, nous avons continué notre route, rattrapant bon nombre de collègues du samedi et du vendredi. Sermizelles, 1h d’arrêt, plat du jour et extra, mais surtout un accueil au top dans ce petit bar tenu par Lionel. Je rattaque seul, Philippe doit passer à la pharmacie la plus proche et Duncan est reparti un peu plus tôt. Une dizaine de kilomètres plus loin, je traverse Avallon et entame le Morvan. Le CP2 de Quarré-les-Tombes n’est pas loin, mais le ciel est plutôt menaçant et je n’ai pas de quoi me couvrir. Je finis sous une petite pluie, sans repartir avant l’arrivée des copains. On mange encore, aujourd’hui, c’est la journée Finalement on repart tous les 3, il est 20h00 passées et nous ne tardons pas à allumer les lampes pour rouler dans ces forêts sombres typiques de la région, dans des circonstances difficiles en raison du degré technique du tracé rendu glissant par la pluie. Mais on avance. 22h45, nous voilà au camping de Saint-Agnan où l’on nous accueille dans une pièce qui fait office de débarras : Magnifique spot ! Sérieusement, c’est du luxe pur nous. A l’abri et au chaud, nous pouvons prendre une douche et recharger nos appareils après avoir parcouru 160km durant cette journée.


Jour 5, c’est l’hiver !

Motivés après avoir attaqué les profondes forêts du Morvan de nuit, Philippe et moi voulions profiter de cette belle avancée pour rouler dans les traces de mes compagnons du premier jour Cédric et Didier. Duncan lui, restera au chaud dans son duvet un peu plus longtemps. Réveil à 4h30, sur les vélos à 5h10, il fait encore nuit noire et frais, ou froid plutôt, -1°C pour être précis ! Et je peux vous assurer qu’un maillot court, des manchettes et un gilet fluo sans manches, ce n’est ici pas la tenue idéale ! Nous roulons bon train, rattrapons Daniele et arrivons 2h plus tard à Alligny-en-Morvan. Je suis complètement gelé, tétanisé sur le vélo, ne sens plus mes pieds et mes mains, en zone rouge, j’ai faim…
Nous arrivons aux abords du gite refuge du village d’où sortent juste Didier et Cédric. D’un côté je suis très content de les revoir, mais de l’autre, je me rends compte que j’ai fais l’erreur de me mettre trop tôt sur le vélo, trop d’énergie consommée, je ne suis pas en mesure de repartir avec eux. Pour dire, je suis dans une détresse totale, je ne pense qu’à deux choses : un chocolat chaud et la chaleur réconfortante de mon duvet. Ni une ni deux, faute de chocolat chaud à portée de main, je sors mon duvet, rentre dans le refuge et m’installe dans le canapé dans le hall. Je m’endors en quelques secondes pour presque 2 heures de sommeil.

Pendant ce temps, Daniele a lavé ses vêtements au lavabo et les a étendus sur le radiateur pour les sécher. Philippe a lui réchauffé ses chaussures et ils sont tous les deux partis en face pour, parait-il, un petit déjeuner de roi ! Je n’ai pas eu la chance de trouver l’endroit, direction l’épicerie du coup avec tout un assortiment de bricoles mangées très rapidement pour se refaire une santé et reprendre la route.
On entre dans la partie finale du Morvan où Philippe me rattrape juste avant de s’arrêter à Autun pour un petit déjeuner. On trouvera refuge dans une pièce d’une auberge de jeunesse où nous sommes accueillis par mon gros boudin d’équipier VELOCHANNEL.COM : Francis ! Douche et canapé, le top pour finir la soirée, 180km au compteur.

D’un massif à l’autre 

Sixième jour, nous filons vers 7h00 pour rejoindre Moulins pour un copieux petit déjeuner en compagnie de Duncan. Puis après avoir croisé la Loire, nous repartons le long de l’Allier, traversons de très jolis villages touristiques comme Chantelle ou Charroux avant de plonger dans le Massif Central. Les orages sont omniprésents, les averses nous trempent en quelques minutes et font redescendre la température. Difficile à gérer, surtout quand on est pas équipé. J’esquive tant bien que mal la pluie, mais reste humide en ayant quand même un peu froid.
Il est temps de chercher de la nourriture après être entré dans le Puy de Dôme, après le passage au barrage de la SEP nous offrant un très difficile portage pour remonter de l’autre côté. Les villages traversés sont très rares. Je peine à trouver à manger, jusqu’à Paugnat, aux portes du parc des volcans où fort heureusement un petit bar PMU est encore en activité. Je dévalise plusieurs paquets de KitKat, le gérant me donne un petit sac plein de cacahuètes, de gâteaux apéro et bretzels avec la bière que j’ai commandé, faute de mieux sous la main. Super, ça va limiter la casse !
Il est 20h30, il y a une longue section de traversée du parc des volcans à suivre avant d’arriver au dessus de La Bourboule, nous décidons de stopper et dormir pour essayer de partir plus tôt cette nuit. Nous trouvons une grange, indiquée par un habitant qui était au bar avec nous, on s’y installe après 170km.

La fièvre

Au réveil du septième jour, c’est très difficile pour moi, je me sens très faible, mes yeux sont gonflés, je peine à les ouvrir, j’ai de la fièvre, des courbatures dans les coudes, les genoux et la nuque… Je pense faire des choses pour me mettre en route comme me lever, brancher mon téléphone, ranger mes affaires, mais d’un seul coup, je me rend compte que je suis toujours dans mon duvet sans avoir fait quoi que ce soit de tout ça. Je vois mon copain Duncan partir sans moi, très dur. Je vais peiner encore 2h30 dans mon duvet avant d’arriver à m’en sortir par un sursaut de je ne sais quelle nature. Rangement des affaires au ralenti car l’énergie me manque, avant de pouvoir sortir et rejoindre le bar PMU du soir à 200m où je retrouve Patricia Berthelier et André Perez pour partager un petit déjeuner copieux et se refaire une santé. Plusieurs grosses parts de quiche y passeront, avec viennoiseries et café, avant de reprendre la route en leur compagnie pour traverser Vulcania, le temps de retrouver un rythme homogène et finir avec un peu d’avance à Olby où la superette et la boulangerie du village descendront leurs rideaux en me voyant arriver… Il est midi trente quatre, je vous laisse deviner l’heure de fermeture. Bref, je continue après une pause barre de céréales afin de rejoindre le Lac de Servières puis le Lac de Guéry, toujours aussi magnifiques. Je vais retrouver Adrien Cartier et Capucine Tranquart, ainsi que Adrien Crapoulet et Luc Midot, pour traverser ce super passage en altitude identique à l’an passé autour de la Banne d’Ordanche avant de plonger par une longue descente caillouteuse et technique sur La Bourboule.

Une pause bière et glace avec Adrien et Luc, avant de repartir seul pour la remontée vers la Tour d’Auvergne. Contrairement à l’an passé, nous n’aurons pas le droit à ce chemin calvaire qui remonte presque droit sous les télécabines, obligeant à pousser le vélo entre 45 minutes et 1 heure 30. La trace passe cette fois plus à l’est. Plus douce au début, on finira quand même à pied. Pour ceux qui connaissent La Bourboule, il ne s’agit ni plus ni moins de la piste de descente « Franck Roman » que nous avons eu à remonter…
Une fois sur le plateau, les sentiers à travers les pâturages sont magnifiques pour rejoindre la Tour d’Auvergne. S’en suit une petite route sinueuse au soleil couchant pour moi, laissant deux panoramas grandioses avec à ma droite les monts entourant le Lioran et son Plomb du Cantal, et à ma gauche le Puy du Sancy pour ne citer qu’eux. Pause diner à Saint Donat, je reprends la route à la tombée de la nuit et roulerai avec ma seule petite lampe Decathlon durant une trentaine de kilomètres sur de petites routes sinueuses pour rejoindre Ydes, où j’établirai mon couchage sous un chapiteau municipal après 135km.

Une semaine déjà 

Dimanche, début du huitième jour, debout à 7h00. Ça roule plutôt bien, mais les 2 binômes à base d’Adrien sont repassés devant. Au passage dans Bois de l’Empre, un écriteau « Accueil French Divide », je reconnais la rue ou j’avais été accueilli à bras ouverts par la petite famille l’an passé lors de ma crevaison.
C’est beau ! Merci à eux si ils me lisent. Je suis d’ailleurs très content de voir qu’on a marqué les esprits l’an passé, sans faire de pub et que les gens viennent d’eux mêmes au bord du parcours pour nous encourager, discuter, nous poser des questions ou nous apporter de l’eau.

Plus loin, à Neuvic, j’ai profité d’un vide grenier pour y faire une pause petit déjeuner. Après les viennoiseries récupérées à la boulangerie, je trouve un super bar face à la fontaine dans le bourg. 2 cafés et un Coca plus tard, mon copain Eric Mader qui est dans le coin pour les vacances et qui a vu que j’étais là via mon tracker débarque et me propose de faire quelques kilomètres ensemble. A travers ce très chouette coin de la Corrèze, des vallées et forêts verdoyantes, de la terre de rocaille sablonneuse et de la bruyère s’associent à des fleurs jaunes pour égayer le tout. Ça grimpe et descend toujours bien ici, sur route, sinueuse, en forêt et sur 3 à 6 km bien souvent, un régal ! Je retrouve mes jambes et roule seul, après avoir partagé un moment avec Adrien et Capucine. J’arrive à Forges vers 15h30, fin de ce tronçon GPS de 90km. On partage avec Luc quelques tours de roues.

Le tronçon GPS de 155km suivant nous mènera au CP3 de Cahors. Petite pause à Floirac après avoir suivi la Dordogne sur de longs kilomètres, ce qui permettra d’exploiter le plein potentiel de ma dynamo et recharger le GPS. J’avale un morceau de pizza restant du midi et je décide de monter jusqu’à Rocamadour pour y manger plus copieusement, passer au camping pour une douche et recharger les appareils (lampe et GoPro). Il reste encore de belles images à faire, et la lampe pourrait m’aider à boucler les grosses étapes finales Une fois à Rocamadour, après un repas mal servi dans un restaurant pour touristes et mon passage au camping, je sortirai mon couchage derrière un petit muret proche de l’office de tourisme et serai bercé par les milliers d’étoiles dans ce ciel si clair. 190km pour cette huitième journée…

Le neuvième jour

6h00, le jour me réveille. On remballe tranquillement et je prends le chemin accompagné des premiers rayons de soleil qui réchauffent et illuminent cette descente technique depuis la cité médiévale de Rocamadour comme l’an passé. Une fois dans la vallée, il fait froid, le soleil ne m’a pas suivi, on roule alors dans un tapis de cailloux avant de remonter sur l’autre versant par une petite route à la pente vertigineuse ! Puis la trace nous embarque alors plus loin dans le Lot, chemins tous plus caillouteux les uns que les autres à travers le Massif du Quercy, mais où j’arrive cette année à garder le contrôle et prendre du plaisir au guidon du vélo, grâce à ce prototype Sobre qui m’a permis de monter des pneus de section plus importante, à savoir du 29×2.10.

J’ai pu rallier le CP3 de Cahors aux alentours de midi, accueilli par mon partenaire de route de l’an passé Pascal Cazaux, qui m’a accordé son soutien cette année par le prêt de son tracker SPOT. Enfin, une double ration de lasagnes, 2 bières et une prune plus tard… Mes parents ! Dommage qu’ils soient arrivés au moment ou je reprenais la route. Bref, je repars quand même parce que la pause aura été bien longue, un peu à l’image de celle du CP1 de Reims l’an passé. Pour sortir de Cahors, les pentes à travers les vignes sont raides, mais je suis motivé pour rattraper Adrien et Capucine, puis Adrien et Luc, partis quelques minutes plus tôt. Une fois, les 2 binômes dépassé set les premières dures et longues ascensions passées, je me retrouve seul, sur les crêtes et vallons qui mènent à Montcuq, puis Lauzerte.

 Je mène un train d’enfer sur ces sentiers de pèlerins rythmés et ensoleillés, secs, légèrements tortueux et bien rapides partagés l’an passé avec Bert Platzer le hollandais au soleil couchant. Il me faudra 2h45 seulement pour rallier Cahors à Lauzerte, où je m’arrêterai pour le pique-nique du soir. La lampe est chargée, j’ai bien mangé, je suis prêt pour une belle soirée sur le vélo, objectif Moissac !

Les longues montées de pèlerins se font parfois à pied, mais les descentes, pas question… ça pilote en douceur, à travers les cailloux, j’adore. Un peu plus tard, objectif rempli puisqu’en surveillant l’arrivée de l’orage aux abords de Moissac, je pousserai quelques kilomètres plus loin à Saint Nicolas de la Grave pour trouver un peu de tranquillité tout en gagnant environ 45 minutes de route. Je sors mon couchage sous l’appentis d’une église en reconstruction et regarderai les éclairs dans les nuages pour m’endormir paisiblement après une journée de 160km.

Les Pyrénées en ligne de mire 

Après l’étape de la veille, rapide mais en 2 temps avec ce break de plus de 4h au CP3, voici cette fois une grosse étape qui vaut des points : Moissac (Saint Nicolas de la Grave) – Barèges (après le Tourmalet) : 205km ! Dès le matin, je suis seul, réveillé peu après 5h et bien motivé, on attache tout sur le vélo calmement et sans perdre de temps, grignotage vite fait de quelques barres et biscuits à la figue et c’est parti. Passage par Caumont une demi-heure plus tard, je refais le plein de bidons au cimetière et me souviens que j’avais été si chaleureusement accueilli l’an passé dans cette commune. Forcément à cette heure-là, il n’y a personne, les stands et la scène de la fête communale sont là mais tout le monde dort encore. Je continue, la topographie du terrain me convient bien, ça ressemble à chez moi. Je passe devant une ferme éclairée et 2 vélos en sortent ! Il d’agit de Sophie Brohard et Adrien De Vriendt, partis le samedi, qui prennent la route. On partage quelque kilomètres ensemble jusqu’à la prochaine ascension où je suis déjà chaud et en jambes pour filer seul.

Les kilomètres défilent et j’ai pour objectif de prendre un petit déjeuner à l’Isle-Jourdain, je passe Cadours où la boulangerie et le PMU semblaient êtres ouverts; j’hésite mais garde mon objectif de l’Isle Jourdain. M’y voici enfin mais hélas, nous sommes le 15 août et les commerces sont fermés, ou ouvrent tard. Direction le bar d’un hôtel pour un café, et je mange les restes de viennoiseries stockés dans ma sacoche. Cette fois, je n’ai plus rien d’avance. Impossible d’acheter quoi que ce soit pour le midi, je reprends la route, puis les chemins dans la vallée ou je rattrape Adrien qui était repassé devant durant ma pause café. On roule ensemble dans la vallée jusqu’à Samatan, où je décide de m’arrêter pour un Coca, dans le même bar que l’an passé. Toujours aussi sympa ce vieux tenancier, fan de rugby, mais d’une grande considération et admiration pour l’effort sportif. Je ne perds pas trop de temps et reprends de nouveau la route, pour récupérer Adrien quelques kilomètres plus loin avant de m’échapper quand les successions de longues pentes s’accumulent sous nos roues. Je vais rouler longtemps en espérant trouver de quoi manger sur ma route. Mais ça ne viendra qu’à Huos, au pied des Pyrénées où je dévaliserai un Aldi pour me ressourcer en fruits frais assis sur l’herbe à l’ombre d’un petit arbre. Une trentaine de kilomètres plus loin, la phase de digestion qui pèse sur la vivacité des jambes, un second arrêt à l’ombre à l’entrée de Nestier peut faire du bien avant d’attaquer le premier col et le coeur des Pyrénées. Je m’endors dans l’herbe et à mon réveil, je me rends compte que plus d’une heure s’est écoulée… Vite en selle, pour des sections caillouteuses en sous-bois et en douceur pour se réveiller.
D’un seul coup, je me retourne et constate le retour d’Adrien, accompagné de Patrick Bénévent et Nicolas Penicaud. On a juste le temps d’échanger quelques mots et de se saluer avant de basculer dans la première vraie descente technique des Pyrénées, où un cuissard Assos s’est perdu en chemin…
Enchainement avec la montée par le Col de Bouchère qui débouche sur la Cabane du Pas du Theil avant de redescendre sur Sarrancolin. Je ne reverrai ni Patrick ni Nicolas. Une petite pause, il est 19h, plein d’eau à la fontaine, je me demande s’il est raisonnable d’attaquer l’enchainement suivant… Bon, j’ai Christophe Roujol et Damien Gazzera que je connais, 45mn devant en éclaireurs, je décide d’y aller en espérant les reprendre assez rapidement. Parce que ce passage est dur et long, il commence par le terrible Col de Beyredes, qui bascule sur la descente d’une partie du Col d’Aspin. Ensuite, il faut reprendre une piste qui mène jusqu’au Lac de Payolle, avant de rejoindre Campan et le premier tiers du Col du Tourmalet à gravir pour atteindre le CP4.

Dans Beyredes, je ne suis pas en grande forme, la journée commence à être longue. Je prends mon mal en patience et grimpe comme je peux. La nuit tombe accompagnée d’un intense brouillard, un peu avant mon arrivée à Payolle, où je cherche les 2 loulous sans succès. Je n’utilise volontairement que ma petite lampe USB Decathlon a LED, car je n’ai pas beaucoup de batterie sur le GPS. Je ne roule pas assez vite pour utiliser la dynamo, alors ma lampe Ravemen qui est assez bien chargée, ne doit me servir qu’en dernier recours. Il faut juste rouler plus prudemment. Les sentiers de montagne s’enchainent, il fait vraiment nuit, je jongle entre ravin de 30m et bourbier de glaise dans ce chemin sous les sapins, où certaines vaches dorment. D’un coup, un truc étrange sur ma gauche… une bête, elle ne bouge plus, semble un peu gonflée… Un sanglier mort. Le bourdonnement des mouches et l’odeur… Il faut filer rapidement. Je galère avec ma petite lampe, mais j’espère qu’elle me mènera au moins jusqu’à Campan, me disant alors : « t’es un peu con quand même… ou fou… ou inconscient… ou artiste« . Pour s’aligner sur cette aventure, je pense qu’il faut finalement être un peu tout en même temps !

Il doit être environ 22h30 quand j’aperçois soudain les petits éclairages rouges des 2 lascars, arrêtés sur le bord. Quel soulagement de ne plus être seul dans ce moment d’aventure ! Et la question qui me vient rapidement : « Les gars, pour cette nuit, vous avez un plan ? Camping à Campan ? »
Ils se mettent alors à rire et me répondent : « Nous on va jusqu’au CP4 ce soir mon gars ! »
Alors, voilà, ça me trottait aussi dans la tête, mais seul je doutais. Direction le sommet du Tourmalet tous les 3, une belle aventure nocturne à l’horizon On passe Campan, le brouillard est toujours aussi épais quand nous rejoignons la route du Tourmalet, à petit rythme car Christophe souffre d’une douleur au genou. Il s’accrochera tant bien que mal et nous adapterons notre allure. Les quelques voitures que nous voyons, montantes ou descendantes, roulent au pas, le brouillard est vraiment dangereux.

Je prends un peu d’avance et décide d’aller m’abriter sous le premier pare-neige pour y manger un peu de chocolat et un biscuit à la figue, car je n’ai toujours pas diné. Je repars avant le retour des copains et continuerai jusqu’à La Mongie pour manger mon sandwich au calme et à l’abri en attendant les copains. Puis j’entends des gars bourrés parler de vélo… J’ai fini mon sandwich, je descends au bar ou je retrouve mes 2 compères qui viennent d’arriver. On nous tend un apéro, je prends et le dégomme sans sentir l’alcool… Les présentations sont faites ! On prend un café et on décide de repartir assez vite.

L’ascension reprend son cours. Cette année, pas de schmilblick par les cailloux de la piste de ski pleine face, mais un tournicotis dans la station pour en sortir, bien plus souple. Une fois la station passée, on passe d’un coup au dessus de la brume ! Le ciel est magnifique, des étoiles par milliards ! Pas un bruit Une fois au sommet, il est 1h10 du matin, c’est l’heure de la photo selfie pour la validation du CP4 ! Ensuite, la descente sera glaciale, petit souvenir de l’étape du Tour 2014 Une fois à Barèges, on cherche un endroit pour dormir. 15mn plus tard, je propose le parking sous-terrain public, banco on s’y installe au sec et la température est clémente. La nuit fut bonne…

Le début de la fin

Onzième journée, debout vers 7h dans ce parking de Barèges, je suis un peu plus rapide que mes deux compagnons de route à me préparer et décide d’aller seul au café pour un petit déjeuner. J’en profite pour charger mon GPS, car pas sûr que la vitesse du jour me permette d’utiliser la dynamo… Je repars et enchaine les parties difficiles le long du Gave d’Ossau, puis Gave de Pau. Après un moment très difficile moralement, je continue et retrouve un peu de plaisir dans une partie très VTT à 15km de Lourdes. Ca descend, on fait une boucle qui repasse dans le même village puis on s’engage dans un singletrack rocailleux où je me lance le défi de ne pas poser le pied à terre… Tout se passe bien, je ressors du sentier assez vite et me laisse descendre dans la suite du sentier devenu herbeux et droit, quand soudain, paaaacrac ! Outch, vu le choc, j’espère dans un premier temps ne pas avoir cassé la fourche Pas de crevaison non plus ? Pshiiiiit Pshiiiiit  Et m**de ! Il est 13h25, je m’arrête un peu plus loin et essaie de réparer la chambre à air qui est bien coupée.

Comme je l’avais montée le 2e jour dans un pneu où il restait du liquide préventif, je n’ai pas réussi à la nettoyer suffisamment bien pour que la rustine tienne. Après 3 ou 4 essais, je n’ai plus de rustines. Une heure trente plus tard, j’y suis encore, je vois passer Sylvain et Marin, puis 30mn plus tard de Totof et Damien. Je laisse tomber la réparation et repars en regonflant tous les 800m pour arriver jusqu’à Lourdes et arriver très vite chez Bike & Py, un café vélo bien comme j’aime. L’accueil est top ! Une chambre à air, une bière, un Coca, du savane, des figues séchées, un sandwich jambon emmental… Je décide de remonter mon pneu en Tubeless avec le flacon de Squirt préventif qu’il me reste. Ca fonctionne, je pose le vélo et finis mon goûter. Je reviens au vélo pour partir, il est de nouveau à plat… je le regonfle en espérant que le produit aura séché un peu et que ça tiendra. Mais 2km plus loin, j’ai perdu de la pression – et aussi complètement un moral déjà bien entamé. Je me reprends, démonte le pneu et installe la chambre à air. Je repars doucement pour rouler jusqu’à Sévignacq-Meyracq, où, n’ayant pas de batterie sur ma lampe, je ne peux pas aller plus loin. Un crochet par Arudy pour y déguster une pizza à 10€ qui en valait bien le double ! Pâte fine mais faite maison, un bon 40cm de diamètre, et que des produits frais et locaux dessus… Accompagnée par une Chimay bleue (une de mes bières préférées), super discussion avec un patron au top qui m’indique que le camping municipal est gratuit, douche et électricité inclus. Seulement 105km au compteur, le moral et la motivation reviennent. Allez, hop au lit, demain, je plie l’histoire.

Les derniers kilomètres

J’ai bien mangé et bien dormi, il me reste environ 180km à parcourir avec la ferme intention d’arriver coute que coute durant cette dernière journée mais je n’ai pas étudié la carte en détail et me souviens que l’an passé nous avions mis presque 9h pour les 65 derniers kilomètres, un enfer au coeur du Pays Basque où nous passions la majeure partie du temps à côté du vélo à le pousser dans les sentiers de pèlerins étroits et pleins de cailloux !

Alors je trace mais garde à l’esprit que la journée peut devenir longue… Les kilomètres défilent, il fait plutôt beau et j’envisage de manger à Navarrenx. Tout se déroule bien, les jambes répondent, j’ai de la force et le moral semble plus solide. Je m’arrête au Carrefour à l’entrée de Navarrenx et me rends compte en mangeant que Laurent Tesch, parti lui aussi dimanche est aussi arrêté à la sortie de Navarrenx. Déjeuner tranquille, et j’ai prévu de quoi manger le soir pour ne pas m’inquiéter et devoir calculer une pause supplémentaire. Cette année, la fin est plus souple, pas de portage d’une à deux heures, pas de successions de cols, les coteaux basques sur route se suffisent bien à eux mêmes Dans une grande montée en cailloux que je vais gravir « plein pétrole » pour le plaisir et parce que j’aime pas marcher à côté du vélo tout simplement, j’aperçois un divider juste devant à pied. Arrivé à sa hauteur, je reconnais Laurent que j’espérais bien reprendre à un moment ou un autre. Je m’arrête aussitôt à la cabane de berger en haut pour faire le plein des bidons, il file devant. Je repars mais impossible de le rattraper ! Etrange. Je garde mon propre rythme et dans un petit village, à la sortie d’un bar, comme par hasard, Christophe et Damien ! On repart ensemble en papotant et ça roule « loisir » comme on dit, on se retourne et on voit Laurent arriver, qui s’était en fait trompé de chemin. Je vais finalement abandonner mes 2 compères du Tourmalet pour suivre Laurent avant de partir devant et finir à mon rythme. Après quelques vidéos et une pause fruits/chocolat/biscuits et les 3 dernières grosses pentes avalées, me voilà à quelque encablures de Mendionde.

Une dernière pause, quelques larmes, la route aura été tumultueuse cette année, les difficultés nombreuses malgré l’expérience, un vélo proche de la perfection, un allégement des bagages de près de 5kg de moins par rapport à l’année précédente et un parcours toujours aussi difficile mais qui a évolué dans le bon sens, la difficulté et le dépassement de soi sont toujours de mise, mais la répartition de la difficulté est plus juste et on peut savourer la fin comme il se doit. Entrée dans Mendionde, je suis accueilli par les cris, les applaudissements, les bravo de ceux qui ont mis quelques heures ou jours de moins, l’organisation, les copains, mes parents Moment qui reste gravé à jamais dans la mémoire. 11 jours 14 heures et 10 minutes…


Les impressions de Francis Masse 

Il fallait avoir sacrément faim pour avaler le menu de cette French Divide 2017 ! Copieux, frais, chaud voire glacé, le choix du festin s’imposait de lui-même. Une fois le départ donné, pas d’option « à la carte » possible, il fallait pédaler et ingurgiter les kilomètres de cette nouvelle trace 2017. Pas d’indigestion mais toujours un maximum de sensations emmagasinées, de couleurs, de douleurs et de rencontres, souvent éphémères mais vraies… Cet événement vous change la vie et reste comme un marqueur dans les corps et les esprits : il y a avant et après la French Divide !

Concrètement, un peu en désordre, le « plat » de « résistance » se retrouvait dès le premier jour, le Nord, les Flandres et les secteurs de Paris-Roubaix avec sa grosse dose de vent de face qui plombait certains, surtout les gros comme moi ! L’équipe organisatrice ayant retravaillé la trace GPS, le parcours n’allait pas attendre le Morvan pour proposer ses premières difficultés comme la montagne de Reims et son Check-Point situé à Epernay… Champagne !
Chocolats chauds et douches froides pour une diététique équilibrée, la météo n’a pas épargné les participants. Des éclairs, des gamelles sur les rochers parfois glissants, de la prune pour ceux qui ont pu rallier le Lot … Un vrai menu complet !

Pour ma part,  j’ai repris du service en signant mon engagement pour 2017 avec l’objectif de rallier Mendionde dans le temps imparti. Pourquoi pourquoi pas, Fat bike ou pas, la faim étant présente, je rempile. Ma préparation physique et matérielle a été plus fluide que l’an passé, j’ai pu rouler en conditions équivalentes à l’occasion de longs week-ends , je me sens mieux jour après jour sur le vélo et entrevois l’arrivée avec plus de sérénité, même si je sais que le final sera copieux à digérer !

Mais voilà qu’une fois le Massif Central passé, le genou gauche me rappelle à la réalité : une douleur vive à la base du quadriceps qui s’estompe rapidement, mais qui se transforme doucement mais surement en tendinite. Il va me falloir 120km pour m’avouer vaincu, si je continue comme ça à pédaler sur la jambe droite seule, l’arrivée sera impossible et surtout mon intégrité physique sera touchée. Stop, je coupe mon tracker GPS et préviens l’organisation. 1500km en 10 jours, je suis quand même content du résultat. La French Divide n’est pas une course mais un vrai défi, l’intérêt étant de se dépasser et de se laisser porter par le flux d’encouragements de la famille, des amis et des inconnus !

Allez, entrainez-vous dès maintenant et surveillez si une 3ème mouture pour 2018 pointera le bout de son nez !

Voir aussi : French Divide #2, c’est parti !

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6 commentaires sur “French Divide 2017, le bilan #1 !”

  1. Rien à écrire , ce serait tellement petit face à un tel exploit , un tel courage .
    Ils garderont éternellement pour eux seuls , les veinards , des images insolites , irréelles et fantasmagoriques .
    Bravo .
    Que ces modestes lignes soient le reflet de ma sincère admiration .
    ZerAAARRR , un abruti parmi tant d’ autres .

  2. Quelque photos magnifique plus tard et un récit qui donne le ton.. et voir que les difficultés ne sont pas que « sportives »… il faut aussi gérer le quotidien et trouver de quoi se sustenter hein ?? pas très variés cependant les menus n’est ce pas ? un grand respect pour les efforts incroyable accomplis. Je vous ai suivis car Patricia était sur le parcours à nous montrer, elle aussi, qu’elle en avait !!! un immense bravo à tous et un grand merci pour ce partage !
    MCH.

  3. « Aucun rêve n’est trop grand …..aucun rêveur n’est trop petit » citation de Guy Lagagne dans le dessin animé TURBO

    Certes une citation pour enfant mais qui je trouve a un sens ici ….la French Divide est ouverte à toutes et tous , avec une mixité humaine et matérielle ….. le seul but est de se dépasser et peut être au final de trouver un sens à la vie . Une fenêtre de 15j où l’on se retrouve avec soi-même ….. hors du temps , de la zone de confort : A TESTER SANS MODERATION !

  4. Bonjour,
    Bin zut alors moi qui est l’habitude de passer par ce site pour lire mes infos ,vous auriez du me le dire … 🙂

    Ce fut un grand plaisir et un bonheur d’avoir pu réparer la roue libre (la main sur le coeur dans le nord). Tu as prévu de casser quoi l’année prochaine?

    ps: le stickers est bien collé à l’écran du pc et la pub est faite

    Sportivement Thomas,
    deudtho@gmail.com

  5. Je viens seulement de lire ton CR Phiphoo, mais vaut mieux tard que …, enfin les souvenirs remontent perso et content d’avoir fait ta connaissance ..!!

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