Epic Cami de Cavalls 360, vécu de l’intérieur !

Sous le soleil de Menorca

Le calendrier des épreuves VTT touche à sa fin depuis le mythique Roc d’Azur mais en cette fin de saison il subsiste encore quelques épreuves atypiques qui valent le déplacement. C’est le cas de cet Epic Cami di Cavalls 360 qui plus est à moins de deux heures de vol de Paris, cette épreuve se déroulant au cœur de l’archipel des Baléares sur l’île de Minorque. On a ainsi découvert cette île très surprenante et cet événement qui nous a réservé de très bonnes surprises. Bienvenue à Menorca pour une immersion au cœur de ce Cami di Cavalls.

Par Fred Ischard – Photos : Cami de Cavils 360/Battista, Saragossa, Brazo de Hiero 

Nous sommes le jeudi 3 novembre, je quitte Paris sous la pluie pour me retrouver moins de deux heures plus tard sous le soleil à l’aéroport de Maô, l’une des deux principales villes de cette petite île de Minorque. Une navette affrétée par l’organisation me récupère ainsi que quelques coureurs hollandais venus faire le déplacement. Direction la plage de Cala Galdana au sud de l’île où se trouve l’hébergement officiel de l’épreuve. Récupération rapide du dossard, remontage du vélo que je confie à l’organisation et je retrouve Sébastien avec qui je vais partager cette petite aventure d’un week-end, c’est parti pour trois jours de course dans cette île paradisiaque.

Étape 1, plages de sable fin et réserve naturel d’El Grau-Albuffera

L’épreuve tire son nom d’un itinéraire de randonnée sur un sentier côtier qui fait le tour intégral de l’île. Une nuit confortable et le lendemain, réveil à 6 heures car une navette nous achemine une heure plus tard au départ de la première étape situé au nord de l’île, une petite demi-heure de transfert et nous y voici. Nos vélos, rangés, nous attendent sur place, juste parfait. Un petit échauffement rapide et on laisse un petit drop bag qui nous attendra à l’arrivée. Il est bientôt 8 heures et le départ approche. Les quelques 200 coureurs, solos et duos confondus sont répartis en 5 sas avec des départs seront échelonnés, on partira dans la première vague pour cette première étape. L’ambiance monte peu à peu, décompte et c’est parti ! Mieux vaut bien se placer car après seulement 200 mètres on emprunte de suite un chemin un peu sablonneux et assez technique qui monte. On entre directement dans le vif du sujet dès les premiers mètres avant de plonger sur une descente pleine de racines pour rejoindre le fameux Cami di Cavalls. A partir d’ici c’est parti pour une section côtière extrêmement exigeante, on sillonne un sentier douanier pendant une dizaine de kilomètres où l’on enchaine bon nombre de portages et de descentes techniques le long des falaises du littoral particulièrement sauvage du nord de l’île. Pour donner un ordre d’idée, on se retrouve assez rapidement autour de la 10e place scratch et nous n’avons bouclé que 9 kilomètres lors de la première heure de course ! Niveau décor, c’est juste à couper le souffle malgré une petite bruine d’une petite demi-heure. Entre le 15e et le 20e kilomètre, c’est quelques belles plages de sable fin qu’il nous faut traverser. Quelques pontons en bois nous permettent de rouler sinon c’est course à pied.

Premier ravito du jour après 16 kilomètres de course sur la magnifique plage de la Cavalleria. Recharge de bidon soit en eau pure, soit en boisson isotonique et quelques victuailles à grignoter, quelques morceaux de tortilla (une version de l’omelette pomme de terre façon espagnole) nous font le plus grand bien avant de repartir sur une portion plus roulante pendant quelques kilomètres où le soleil est revenu accompagné d’un vent qui s’est renforcé. Après 25 kilomètres de course, on aperçoit le village de Fornells à notre gauche et ses maisons toutes blanches très typiques.

On change ensuite un peu de décor, on emprunte des pistes rapides au cœur d’une pinède puis on traverse quelques stations balnéaires bien désertes à cette période de l’année. Après 40 kilomètres de course, fin de section chrono car nous entrons dans la réserve naturelle d’El Grau-Albuffera, un site protégé interdit à toute épreuve chrono, on effectue donc la visite de cette réserve en mode relax dans un décor à nouveau différent au milieu de marécages d’où l’on peut contempler de nombreuses espèces d’oiseaux, d’ailleurs le silence est exigé sur cette section ! Nouveau ravitaillement situé au milieu de cette section neutralisée permettant un arrêt un peu plus prolongé puis on poursuit notre route en retrouvant le décor sauvage du littoral, un peu d’escalade, du sable, parfois un peu de boue et toujours un décor de rêve. On approche du village d’El Grau, lui aussi avec toutes ses maisons blanches. Dernier ravito et c’est parti pour les 12 derniers kilomètres à nouveau chronométrés. Cette fin de parcours s’effectue en mode vraiment course sur des chemins plus roulants mais non dénués de quelques sacrées montées où l’on ressent des débuts de crampes. Le port de Maô, où est jugé l’arrivée de cette première étape, est en vue. On franchit la ligne en 10e position et 2e duo après quasi 4h30 de course pour boucler les 70 kilomètres du parcours qui cumulait quasi 1700 mètres de dénivelé, pas mal pour un sentier côtier ! Bon, petit fait de course de notre côté, on prend une pénalité de 30 minutes pour ne pas avoir franchi le tapis de passage du dernier ravito, le règlement est appliqué et on s’y plie, l’essentiel étant le plaisir pris sur le parcours tout au long de cette magnifique première journée que l’on conclut par une petite visite de Maô avant de rentrer à l’hôtel par les navettes assurées par l’organisation. L’hôtel de l’orga est d’ailleurs d’excellente qualité, situé à Cala Galdana, une petite station balnéaire reculée derrière une petite anse très tranquille, juste parfait pour profiter de baignades en toute quiétude.


Étape 2 : voies romaines et canyons reculés

Le lendemain, place à la deuxième journée de course. Nouveau transfert puisqu’il faut se rendre à Es Castell, petite cité à la pointe Est de l’île située à quelques encablures de Maô. Les trois bus affrétés par l’organisation nous attendent à l’entrée de l’hôtel et les vélos laissés sur place la veille à l’arrivée à Maô nous attendent au départ, bref on ne s’occupe absolument de rien et on a juste à se laisser guider. Après une bonne demi-heure de route, nous voici au stade d’Es Castell où sera donné le départ. Un petit échauffement léger et nous voici dans le box 1 malgré notre lourde pénalité de la veille. Il est 8 heures, c’est parti pour 56 kilomètres cumulant 1000 mètres de dénivelé en longeant le littoral septentrional de l’île.

Les 3 premiers kilomètres sur asphalte permettent de nous placer à l’avant du peloton avant de s’attaquer aux premiers chemins et d’entrée on se retrouve face à des voies romaines, des chemins aux pavés disjoints puis une succession de petites montées raides et rapides. Ce début de parcours est très tonique mais malheureusement pour nous, une crevaison viendra ruiner notre très bon début de journée. On décide alors de courir jusqu’à l’arrivée du premier secteur chrono situé un kilomètre plus loin, la perte de temps est de ce fait limitée et nous effectuons une réparation afin de repartir au beau milieu du peloton. Pas de panique pour autant car nous avons une petite dizaine de kilomètres neutralisés sur asphalte pour traverser tout le long cordon urbain de la station balnéaire de Binibequer. Une pause express au premier ravito du 15e kilomètre puis nous rejoignons l’entrée de la nouvelle section chrono qui nous amènera jusqu’à l’arrivée pour les 38 derniers kilomètres. On s’élance prêts à en découdre mais la malchance nous poursuit et on crève à nouveau, la réparation va de plus s’avérer relativement longue et on va repartir avec le vélo de fermeture à nos trousses.

Le classement ne nous concerne définitivement plus du tout et on décide de repartir prudemment en profitant de chaque mètre du parcours. On effectue quelques kilomètres sur des chemins bien cassants avant de doubler les derniers concurrents que l’on encourage vivement, c’est aussi ça l’esprit de cette épreuve, passer du bon temps tous ensemble. Ensuite, quelques kilomètres bien roulants sur asphalte vont nous mener à la station balnéaire d’Es Canutells où l’on croise les traileurs, l’épreuve version Trail démarrant de ce point peu de temps après notre passage.

Le parcours change maintenant de visage, le terrain devient nettement plus technique dans des petits canyons asséchés. On enchaine des descentes parfois trialisantes et des montées jamais très longues mais usantes. Le second ravito du jour situé après 27 kilomètres de course nous permet de s’accorder une pause et de recharger nos bidons en eau et boisson isotonique. On traverse maintenant la petite ville de Cala En Porter puis on s’enfonce dans les terres en longeant un vallon avant d’arpenter une longue montée. Au sommet, ça redevient un peu plus roulant, on double des petits groupes au fur et à mesure de notre remontée que l’on effectue sans s’occuper de la course, on profite de ce super terrain de jeu et du soleil qui nous accompagne. Allez il est temps de retrouver le littoral, une nouvelle magnifique descente technique que l’on termine par une série de marches nous y amène. Nous voici à la plage de Son Bou, une cité balnéaire bien déserte. Ouch, on se retrouve face à un beau mur sur asphalte à gravir puis quelques chemins roulants nous permettent de rejoindre rapidement la plage de Sant Tomas où se trouve le dernier ravito du jour animé par un groupe musical, ça mérite bien un petit arrêt pour déguster quelques mini sandwichs avant de repartir. Il reste 14 kilomètres et quasi 300 mètres de dénivelé à gravir, on traverse une belle plage avant de monter dans une forêt. D’ailleurs la fin de parcours sera essentiellement en sous-bois sur un profil casse-pattes avec du cailloux humide et des racines. Cette étape jugée la plus facile du week-end s’avérera bien piégeuse et technique sur un terrain varié, certes différent du littoral sauvage de la veille mais nous réservant son lot de surprises, notamment ces canyons sauvages et ses monotraces périlleux. Nous bouclons cette 2e étape après 4h30 de course, quasi autant que la veille mais en tenant compte d’une heure perdue en début de parcours suite à nos avaries mécaniques. On aura vraiment apprécié chaque millimètre de ce fabuleux terrain de jeu. Pas de transfert pour rentrer à notre hébergement puisque l’arrivée est jugée à Cala Gualdana juste au pied de notre hôtel sous une chaude ambiance. Un très bon ravitaillement nous est proposé à base de pâtes, riz, tortilla, gâteaux, bonbons, café et …bière à volonté ! Place à la récupération, bichonnage de nos montures par la sympathique et efficace assistance technique puis direction le parc fermé, nos vélos nous attendront au départ de l’étape le lendemain.


Étape 3, rocky stage

Une bonne nuit de sommeil et nous voici au 3e jour de course. Dernier transfert à effectuer, les bus nous attendent pour se rendre sur le lieu de départ qui est identique à celui du premier jour situé à 15 kilomètres de notre hôtel. Certains coureurs bien motivés n’hésiteront d’ailleurs pas à effectuer la liaison en vélo malgré l’heure bien matinale. Transfert efficace, on retrouve nos vélos sur place rangés. On laisse notre petit drop-bag sur l’aire de départ afin d’y glisser quelques vêtements que l’on aura gardé durant le transfert, des affaires que l’on retrouvera sur l’aire d’arrivée rangés par numéro de dossard, rien à dire l’organisation est irréprochable.

Allez, c’est parti pour la 3e étape longue de 62 kilomètres et cumulant « seulement » 800 mètres de dénivelé mais qui est surnommé la « Rocky Stage », ceux qui aiment les cailloux ne seront pas déçus ! Suite à nos différentes péripéties des deux étapes précédentes, on partira cette fois du Box 2. La première vague d’une cinquantaine de coureurs démarre en trombe. Nous partirons une minute après afin de laisser un peu d’espace pour l’entrée des premiers sentiers qui arrive très rapidement. En effet, comme lors du premier jour, après seulement 200 mètres on se retrouve sur un chemin sablonneux en montée qui nous permet de s’installer en tête de notre vague et de prendre un peu d’avance en compagnie d’un coureur de l’île voisine d’Ibiza. Une belle descente technique puis nous retrouvons rapidement le littoral et ce fameux Cami di Cavalls que l’on emprunte à l’opposé du premier jour puisque le tracé du jour va nous faire cette fois visiter la côte occidentale de l’île. On poursuit la descente par un passage technique avec de belles marches, on traverse une petite plage puis on remonte dans les sous-bois où l’on retrouve déjà les derniers coureurs de la vague précédente. Les 5 kilomètres suivants vont globalement être très roulants, on peut y mener une belle allure souvent entrecoupée par le franchissement d’innombrables barrières en bois qui jonchent l’intégralité de l’itinéraire. On en croisera une bonne trentaine par jour et ces petites portes séparant les différentes propriétés et parcelles sont un authentique symbole de cet itinéraire permanent.

A partir du 10e kilomètre, nous retrouvons un littoral nettement plus sauvage, le sentier serpente au milieu de rochers et de falaises découpées. Il va nous falloir assez souvent pousser le vélo et profiter du moindre passage pour dépasser gentiment les coureurs partis avant nous. Nous arrivons maintenant à Cala Morell où se trouve le premier ravito. Désireux de faire un peu la course aujourd’hui, on effectue un arrêt express et on en profite pour doubler une petite grappe de coureurs afin de ne pas être gênés sur la section suivante qui va être particulièrement exigeante. On évolue maintenant sur un plateau lunaire jonché de cailloux en tout genre. Il faut souvent chercher sa propre trace pour trouver le meilleur passage possible au milieu de tous ces cailloux. Nous sommes secoués dans tous les sens, il faut absolument maintenir une vitesse minimale sous peine de buter sur une pierre et de ne pas pouvoir repartir ensuite. Cette section, qui va durer près de 10 kilomètres, va nous prendre une heure et s’avérer vraiment épuisante, c’est la partie « hard » du jour ! Ce type de tracé peut faire gémir autant que faire sourire car le décor est juste incroyable et sacrément dépaysant. Après cette séance « machine à laver », nous sortons de ce plateau empierré pour entrer dans la zone urbaine de Ciutadella. A notre passage, nous sommes escortés par trois motos de la Guardia Civil qui va nous mener à travers les rues de Cala En Blanes jusqu’au ravito situé quelques kilomètres plus loin dans une minuscule plage qui marque l’entrée dans Ciutadella. Le chrono est maintenant neutralisé afin de traverser la zone urbaine en toute sécurité à allure libre. Ceci nous offre la possibilité de grignoter quelques parts de pizzas proposées au ravito, c’est réconfortant après la difficile section précédente.

Nous sommes à mi-parcours et on va maintenant traverser Ciutadella. On y visite le charmant port de plaisance ainsi qu’une petite partie du centre historique avant de longer la corniche nous menant au port commercial. On quitte l’asphalte et on s’éloigne doucement de Ciutadella par un sentier de littoral agréable et facile et c’est 5 kilomètres plus loin que le chrono reprend ses droits pour les 20 derniers kilomètres. Allez, c’est reparti en mode course avec un nouveau champ de cailloux pendant 3 kilomètres en direction du phare du cap d’Artrutx. Arrêt express au ravito où l’on trouve de nouveau des tortillas et autres petits sandwichs pour se refaire la cerise en vue des 15 derniers kilomètres.

Un petit tronçon d’asphalte et on emprunte maintenant des sentiers rapides sablonneux, on traverse quelques jolies plages dont celle de Cala Turqueta considérée comme l’une des plus paradisiaques de l’île, nichée dans une crique sauvage. Cette dernière section rapide entrecoupée de raidards pentus dans les pierres nous a un peu achevé. Ne reste plus que cinq kilomètres mais également cette redoutable ascension du mirador de Macarella, une bonne centaine de marches en bois à gravir mais au sommet il ne reste que deux kilomètres plats et une magnifique descente technique pour terminer en beauté et plonger vers l’arrivée jugée comme la veille au pied de notre hôtel dans une chaude ambiance espagnole. Whaou ! Quel week-end et quelle merveille cette île. Remise de la médaille à chaque finisher, une médaille en bois à l’image de ces mythiques barrières disséminées tout au long de notre tracé. On revit nos meilleurs moments autour d’une paëlla servie par l’organisation à l’arrivée. Il est difficile de trouver vraiment un quelconque bémol durant ce week-end ! On a trouvé une organisation irréprochable, un terrain de jeu dépaysant et fantastique autant que surprenant, il n’est pas donné à n’importe qui d’arpenter une multitude d’interminables sentiers côtiers en toute liberté et qui plus est au sein d’une épreuve chronométrée. Comme quoi, il n’est pas systématiquement nécessaire d’aller à l’autre bout de la planète pour trouver une destination paradisiaque. Cet Epic Cami di Cavalls fut pour nous une incroyable découverte et propose une belle occasion de passer un dernier week-end au soleil avant d’affronter l’hiver.

Il est temps de rentrer en France, à peine deux heures d’avion et déjà la tête vers l’année 2023 où l’Epic Cami di Cavalls sera coché comme une incontournable échéance pour clôturer la saison. Rendez-vous du 3 au 5 novembre 2023 pour la 9e édition de l’Epic Cami di Cavalls 360 !

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