Raid Les Chemins du Soleil 2017

Pour son 15e anniversaire, cette épreuve n’aura jamais aussi bien porté son nom. Pas un nuage à l’horizon, soleil et chaleur ont régné durant ce week-end de l’ascension. Au programme de cette 15e édition,  250 km, 9000 m de dénivelé et une formule de course inchangée qui fait la recette du succès de cette épreuve, avec une étape nocturne suivie de trois étapes à sillonner les sentiers des départements de la Drôme et des Hautes-Alpes. C’est parti pour l’une des épreuves les plus excitantes, attirantes et fantastiques du calendrier tricolore !

Photos : Cyril Crespeau – Raid VTT Les Chemins du Soleil 

Étape 1 : balade nocturne autour de Taulignan

C’est dans ce petit village de 2000 habitants niché au coeur de la Drôme Provençale entre Montélimar et Nyons que se sont rassemblés 80 binômes pour la course Elites et 490 coureurs pour la formule rando non chronométrée. Au terme de l’accueil concurrents et du traditionnel briefing de sécurité, c’est une étape nocturne qui sera proposée en guise de mise en bouche pour cette 15e édition du Raid VTT Les Chemins du Soleil.

C’est une boucle de 26 km avec 800 m de dénivelé tracée sur les hauteurs des massifs autour de Taulignan que devront réaliser les 160 coureurs de la formule Elites, les participants à la formule rando étant exemptés de cet exercice nocturne. Après un savoureux plateau repas proposé par l’organisation, il est temps de se rassembler sur la place du village munis de nos éclairages et du matériel obligatoire imposé par l’organisation comprenant une mini trousse de premiers secours, du matériel de réparation, éclairages conformes, gilet fluorescent, GPS et téléphone, bref le minimum pour rouler en toute sécurité et en autonomie.

A 21h30, les coureurs sont lancés à l’assaut de cette « mini » étape promettant naturellement d’être nerveuse. Les cinq premiers kilomètres plutôt roulants permettront d’étirer ce défilé de lumières, bien que la nuit ne soit pas encore totalement tombée à cette période semi-estivale. Après ce début de parcours plutôt calme, voici la principale difficulté du jour qui s’annonce avec une dizaine de kilomètres à profil ascendant qui mèneront les coureurs à près de 700m d’altitude et de suite les suisses du team Mountain Tschopp assument leur rôle de favori en menant les débats dès ce début de course.

Cette ascension plutôt cassante sur un terrain particulièrement caillouteux sera entrecoupée de courtes descentes plutôt techniques sur des singles tortueux en sous-bois, c’est assez magique de se laisser guider à la lueur de nos spots. Après à peine une heure de course, la tête franchit le sommet du massif de Serre-long. Ce ne sera pourtant pas encore terminé car ils enchaineront sur un joli sentier à flanc réclamant beaucoup de vigilance avant de gravir un petit portage pour atteindre la Cime de Rozier d’où l’on surplombe tout les vallons du pays de Grignan et cette jolie cité médiévale éclairée de Taulignan qui forme comme une enceinte arrondie autour de sa chapelle du XII e siècle. Il reste alors à dévaler les 500m de dénivelé sur du joli single cassant pour boucler ce très joli parcours considéré par tous comme très varié, ludique, plaisant, l’ascension principale restant progressive et les descentes pas trop engagées…

Au final, le team Mountain Tschopp composé des suisses Emeric Turcat et Arnaud Rapillard s’impose en 1h22 avec seulement 40 petites secondes d’avance sur le duo franco-belge Sébastien Pelé/Julien Delaet et 50 secondes sur le team CVAC Vienne (Delolme/Chavas). Les 5 premières équipes se tiennent en deux minutes, la bataille promet d’être intense pour la suite de l’épreuve. Chez les mixtes, le duel a commencé entre le duo de chez Scott composé de la championne olympique Julie Bresset accompagnée de son coéquipier Olivier Mazenot et les suisses Darbellay/Morard. Idem chez les dames entre le team Hope et le team Pro-Fermetures à l’avantage des tenues vertes des soeurs Boissy de chez Hope.

Étape 2 : à travers la Drôme Provençale

Réveil très matinal pour l’ensemble des concurrents du raid VTT des Chemins du Soleil. À peine remis de la courte étape d’ouverture nocturne de la veille qu’il faut déjà se préparer à l’étape du jour qui sera sans aucun doute l’étape reine de cette 15e édition avec 90 km et 3400 m de dénivelé à gravir, un tracé aux mensurations gargantuesques pour le moins inédit sur cette épreuve, ce sera à elle seule un authentique défi que de parvenir à la boucler dans son intégralité !

Il est 5h00 et l’on devra subir nos premiers embouteillages du jour lors du petit-déjeuner proposé par l’organisation malgré les efforts des bénévoles toujours souriants et nous proposant un service rapide et efficace, mais impossible de s’attaquer à une telle journée sans faire le stock d’énergie, un moment emprunt d’appréhension mêlée d’excitation dont chacun profitera pour se ressasser les différentes difficultés du jour.

Il est 7 heures, les 80 équipes sont prêtes à en découdre pour ces 90 km, les manches courtes sont de sortie, il va faire très chaud aujourd’hui. Un quart d’heure plus tard, ce sera un gigantesque peloton de près de 500 vétetistes qui s’élancera sur la formule non chronométrée. Bon, on commence en douceur en escaladant gentiment une petite route au milieu des vignes afin de rapidement retrouver la forêt. Dès l’entame de cette journée, le peloton s’étire considérablement au fil de cette première ascension toute en sous-bois à rouler sur un single couvert d’un tapis de feuilles, et déjà les premières pentes raides apparaissent nous obligeant à se surpasser pour atteindre le sommet du col de la Croix, déjà franchi sur l’étape nocturne la veille.

Ensuite, c’est un portage qui nous attend, un sentier bien raide plutôt étroit au milieu des chênes verts et des buis. Les équipes de tête ne porteront leur monture que pendant une bonne dizaine de minutes mais tout derrière, entre les premiers embouteillages et la difficulté de ce passage, certains coureurs passeront une petite demi-heure sur cette section. Les deux premières équipes mixtes bataillent déjà fermement et se retrouvent ensemble au sommet de la première ascension du jour alors que les favoris de l’épreuve se montrent déjà aux avant-postes.


10 km et 500 m de dénivelé ont été bouclés, c’est une jolie descente qui nous attend mais particulièrement technique, ça occasionnera les premières crevaisons du jour avant de poursuivre sur un tracé très exigeant en accumulant des montées très raides et des descentes bien cassantes avec de nombreux blocs de pierres rendant le parcours épuisant et on progresse lentement sous une chaleur déjà étouffante. En tête de course, premiers incidents également pour le team Vojomag.com second au classement provisoire, victime d’un bris de chaîne et pour le team Cycletyres.com victime lui d’une crevaison. Ils laissent donc le champ libre aux deux équipes Mountain Tschopp 1 et 2 pour prendre les commandes de la course.

Le premier ravito est situé au 25e km dans le charmant petit village de Vesc, nous sommes ici à proximité de Dieulefit et de son non moins célèbre Picodon, savoureux fromage de chèvre local. C’est sans surprise que ce ravitaillement sera pris d’assaut au regard de la grande difficulté de ce début de parcours. Ça repart en douceur en retrouvant une section plus agréable sur un plateau situé à 600m d’altitude, quelques kilomètres qui vont permettre de récupérer et se refaire une santé jusqu’au passage du village de Crupies d’où l’on va pouvoir apercevoir en toile de fond le challenge qui nous attend, l’ascension de la montagne de Couspeau. Alors, nous ne sommes plus sur des singles aux pentes effrayantes mais on doit cette fois arpenter une longue piste qui nous mènera d’abord au col de Soubeyrand où l’on atteindra pour la première fois depuis le début du raid la barre symbolique des 1000 m d’altitude avant de poursuivre jusqu’aux alpages de Couspeau, on quitte la forêt pour les grands espaces, d’immenses prairies d’altitude où il nous faudra pousser les vélos dans un décor simplement somptueux avec vue panoramique d’un côté sur les imposants massifs du val de Drôme et de l’autre sur les collines provençales, nous atteignons enfin le point culminant du jour à 1400 m d’altitude.

Il faut maintenant redescendre sur la vallée de la Roanne, une fantastique descente sur un single très atypique de la région avec beaucoup de cailloux, quelques sous-bois et quelques belles épingles très aériennes, un vrai régal pour nous retrouver 800 m plus bas dans le petit village de St Nazaire le Désert, à peine 150 habitants mais un joli petit marché de pays que l’on aura à peine eu le temps d’admirer trop occupés à se refaire une santé sur le second ravitaillement du parcours implanté au coeur du village.

On entame maintenant la seconde partie du parcours sous une forte chaleur, il nous reste 40 km à parcourir et on aura de nouveau droit à quelques kilomètres roulants sur une petite route longeant la Roanne qui va faire défiler les kilomètres un peu plus rapidement avant de retrouver un joli single qui va surplomber notre cours d’eau qui s’enfonce maintenant dans un vallon encaissé, sentier ludique à travers les pins et joli passage à gué rafraîchissant pour clore cette nouvelle descente. Nous nous retrouvons maintenant aux portes du Diois, on évolue au coeur de ces gorges de la Roanne et apercevons ce qui nous attend dans très peu de temps, l’ascension du col de Royet, dernière difficulté du jour.

Nous voici à ce fameux kilomètre 63, il nous faut alors affronter les 9 km d’ascension de ce dernier col à franchir. Ceux qui ne seront pas parvenus au pied de cette ascension sous les 9 heures imposées seront malheureusement déviés pour rentrer sagement par la vallée de la Roanne après de trop nombreuses heures d’efforts. Revenons donc à cette difficulté qui nous attend, un long col à gravir sur asphalte. On emprunte une petite route de montagne qui tourne et vire tel un serpent accroché à la montagne. Malgré quelques longues heures d’efforts, ça ne paraît pas insurmontable mais la chaleur accablante va secouer tout le peloton. Les 32 degrés relevés sans aucun point d’ombre vont nous anesthésier, on sera tous à la limite de la déshydratation et il faudra parfaitement gérer son capital hydratation tout en évoluant courageusement mètre après mètre jusqu’au hameau de Rimon et Savel, lieu de notre dernier ravito du jour plus qu’attendu, l’occasion également d’y retrouver une fontaine pour refroidir les organismes.

Nous abordons maintenant les 20 derniers kilomètres qui se révèleront fort heureusement nettement plus faciles et permettront de dérouler plus rapidement vers l’arrivée. Le sommet du col de Royet du haut de ses 1140 m d’altitude se profile assez vite et on poursuit sur le plateau de Serre-Chauvière en roulant sur une belle piste à travers de belles forêts de sapins. Voici la dernière descente, un sentier où il faudra se montrer très prudent lors du seul passage très exposé et aérien du parcours où l’on domine toute la vallée de la Drôme du haut de l’imposante falaise de Solaure. Encore une dernière difficulté pour se hisser au sommet du col du Lion et on peut maintenant profiter des 500m de dénivelé négatif qui nous attendent pour rejoindre Die, la capitale de cette région dioise arrosée par la Drôme. Cette descente sera de nouveau fabuleuse sur un sentier parfois rapide, parfois plus technique, très souvent en sous-bois avec toujours de jolies épingles trialisantes à négocier. Encore quelques kilomètres le long de la Drôme et nous voici au pied de la cathédrale où est jugée l’arrivée d’une étape qui restera sûrement gravée dans les mémoires de beaucoup de concurrents, un parcours d’une grande exigeance mais d’une incroyable beauté. Cette partie septentrionale de la Drôme méritait vraiment d’être visitée.

Côté course, ce ne fut pas moins excitant mais au final, pas de surprises, les leaders du team Mountain Tschopp Émeric Turcat et Arnaud Rapillard remportent cette étape reine en ayant parfaitement géré leurs efforts, ils bouclent ces 90 km en 5h20, un chrono simplement inouï au regard de la difficulté et de la chaleur. On retrouve ensuite le team Vojomag du duo Sébastien Pelé/Julien Delaet, auteur d’une superbe remontée après leur petit incident de début de course en terminant à 10 minutes du duo vainqueur et en préservant leur seconde place provisoire. Pour compléter le podium, on retrouve la seconde équipe du team Mountain Tschopp emmenée par Jeremy Gadomski et Émilien Barben qui ont été longtemps en seconde position mais n’auront pu résister au duo franco-belge lors de la dernière ascension du jour, ils concèdent 17 minutes aux vainqueurs. L’équipe allemande World Of MTB et les viennois du CVAC Delolme/Chavas terminent respectivement 4e et 5e.

Chez les mixtes, la bataille tournera finalement à l’avantage du team CCL Scott du duo suisse Darbellay/Morard en terminant l’étape à une impressionnante 18e place scratch en 6h48 avec 17 minutes d’avance sur le duo menée par la championne olympique Julie Bresset en compagnie d’Olivier Mazenot. Le duo franco-germanique Contant/Kaltenmeier prend la 3e place du jour à 20 minutes des vainqueurs. Chez les dames, cette étape aura été particulièrement sélective; sur cinq équipages présents, seules deux équipes parviendront à boucler l’intégralité du parcours, le duo Boissy/Boissy du team Hope devançant de près d’une heure celui du team Pro-fermetures Eon/Lallire.

L’étape du jour fut éprouvante mais celle du lendemain est un nouveau morceau de choix avec 83 km et 3000 m de dénivelé…

Voir la suite >> Étapes 3 et 4 

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