Premier essai du nouvel Orbea Avant

Endurance et polyvalence au programme

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L’Orbea Avant (prononcez « AVANTE ») est le modèle destiné à l’endurance au sein de la gamme de la marque espagnole. Comme pour l’Orca (gamme compétition), il s’agît en fait d’une gamme complète de modèles qui ont en commun de privilégier le confort. Mais les versions les plus huppées, avec un cadre tout nouveau, n’interdisent pas de se lâcher un peu.

Photos : Orbea/DR

La gamme Avant est forte de 16 modèles, avec un premier prix en aluminium à 799 €, un premier carbone OME (Orbea Monocoque Evolution) à 1499 €, un premier carbone OMP (Orbea Monocoque Performance) à 2599 €, et un modèle haut de gamme à 5899 €. Notons que tous les cadres OMP sont nouveaux, et automatiquement proposés avec des freins à disque. C’est le cas du vélo que nous avons pris en main sur les routes du Pays basque, en Ultegra Di2 Disc et roues Fulcrum Racing 5 DB, à 3999 €. Orbea n’a pas jugé bon de proposer un Avant en fibres de carbone OMR, car là n’est pas vraiment l’objet de ce vélo destiné aux longues journées en selle. Un cadre monocoque OMP est un peu plus lourd mais offre un peu plus d’élasticité qu’un cadre OMR. Néanmoins, dans cette nouvelle version, l’Avant gagne 200 g par rapport à son prédécesseur, avec un cadre nu annoncé à 990g en taille 53. L’OMP assure un bon rapport entre la rigidité, le poids et le confort grâce à l’adjonction de fibres de carbone de haut module et de fibres à haute résistance à une configuration plus standard. Ce qui différencie l’Avant de l’Orca se situe surtout au niveau de la géométrie globale du vélo avec une douille de direction évidemment plus redressée, un tube supérieur un peu plus court, des angles à l’avant et à l’arrière un peu plus couchés. La fourche mérite qu’on s’y attarde, avec des fourreaux plus longs que la normale (+1 cm), afin de permettre un meilleur « débattement » et une meilleure rigidité en torsion. Ceci est compensé par la douille direction, mais au final le poste de pilotage est tout de même positionné 2 cm plus haut que celui de l’Orca, pour la même taille de vélo.

Pour le reste, l’Avant conserve une conception qui a fait ses preuves chez Orbea pour assurer rendement et confort, avec une partie basse composée d’une douille, d’un tube diagonal et de bases arrière assez massifs, et d’une partie haute avec des dimensions de tubes plus raisonnables (tube de selle, tube supérieur, haubans). Ce même tube supérieur est aplati comme l’Orca, et s’affine en direction de la tige de selle. Le tube de selle dispose d’une base asymétrique qui repose sur une boîte de pédalier très large, au format BB386. L’Avant ressemble finalement beaucoup à l’Orca au niveau de ses lignes, en dehors d’un aspect un peu plus « chopper », avec une partie avant surélevée et un sloping plus prononcé. Tous les câbles passent à l’intérieur des tubes, tout comme la durite de frein avant, qui chemine élégamment à l’intérieur du fourreau de fourche. Il est évidemment compatible pour les transmissions mécaniques et électroniques. Le serrage de selle est plus classique que sur l’Orca, avec un collier asymétrique, et il ne dispose pas de « pont » entre les deux haubans puisqu’il s’agît d’une version à disque. Même si c’est parfois le cas avec des vélos typés Endurance, l’Avant ne semble pas vraiment compatible avec un usage Gravel, puisqu’il ne parait pas accepter des pneus de plus de 28 mm (ici en 25 mm).

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La tige de selle est en 27,2 mm, et la fixation des roues s’effectue par l’intermédiaire d’axes traversants de 12×100 mm à l’avant et 12×142 mm à l’arrière. Pas de surprise en termes de poids, avec ce montage : le rapport poids/prix avec des freins à disque n’est jamais favorable. Ici, le vélo a été pesé à 8,1 kg sans pédales (mais avec un porte-bidon) en taille 51. Pour certains, cela ne compte pas, et on les comprend, compte tenu de ce que l’on recherche avec ce type de vélo. Mais pour ceux qui visent le chrono, c’est toujours un peu trop.

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Avant de partir rouler, le jeu dans les plaquettes surprend toujours pour un routier pur et dur. En gros, à l’arrêt et freins bloqués, la direction semble avoir du jeu et on voit la fourche bouger au niveau du centre de la roue. Pareil à l’arrière. Heureusement, les premiers freinages rassurent, c’est ferme et efficace, et le vélo ne bronche pas d’un poil. Le toucher des leviers est d’ailleurs assez agréable : si la garde au levier est assez importante, on sent qu’il se passe quelque chose à partir du milieu de la course. Il faut rapprocher nettement le levier du cintre pour obtenir un freinage plus puissant, avec un risque de bloquer la roue (même sur le sec) quand on n’a pas trop l’habitude du système. À la fin du freinage, par exemple pour s’arrêter à un feu rouge, le freinage vibre un peu également. En revanche, contrairement à nos premières impressions avec des freins à disque sur route, les axes traversants règlent le problème des disques qui frottent en danseuse sur les plaquettes. C’est seulement après un freinage appuyé dans un virage en épingle en descente, que l’on sent un léger frottement pendant quelques mètres. Pour le reste, on s’habitue assez vite au freinage pour se concentrer sur le comportement du vélo. Ici, l’Avant est très confortable, non seulement grâce à la position surélevée, mais aussi à la filtration des vibrations. Sans jamais se sentir déconnecté de la route, on remarque que les transitions entre les différents bitumes ou le passage sur des plaques de goudron sont très fluides. Malgré tout, le vélo reste hyper précis sans que l’on ressente de flottement, aussi bien à l’inscription en courbe, que lorsqu’on se dresse sur les pédales pour se mettre en danseuse. La partie avant est rigide latéralement et très réactive (c’est souvent un point critique sur les vélos en « petite » taille en raison de la géométrie), et finalement le poids du vélo se fait rapidement oublier, en termes de sensations et de plaisir en tout cas, même dans les fortes pentes. Sur le plat, en emmenant du braquet, l’Avant ne se désunit pas et permet de belles parties de manivelles. Bref, c’est un peu plus qu’un vélo « cyclo », puisqu’il supporte les watts sans broncher. Le tout sans le moindre bruit, ni de freinage (nous n’avons pas testé celui-ci sous la pluie), ni de changements de vitesses grâce aux dérailleurs Ultegra Di2. En matière de performances, l’Avant tient donc son rang et il peut convenir sans problème aux cyclos très sportifs qui aiment terminer leurs sorties à bonne allure. Le freinage à disque est parfaitement intégré, et la géométrie permet aux moins souples d’y trouver leur compte. Enfin, son comportement d’ensemble semble favoriser les efforts au long court, en lissant un peu l’effort et en préservant le cycliste des vibrations néfastes après plusieurs heures, mais sans être trop pataud non plus. Et s’il est moins spectaculaire que l’Orca au niveau des sensations qu’il procure, il peut être un choix raisonné pour les pratiquants prudents. Bref, le nouvel Avant est une machine bien conçue.

ORBEA AVANT OMP
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Cadre et fourche : Monocoque carbone OMP, fibres haut module et fibres haute résistance
Poids du cadre : 990 g en taille 53
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Poids indicatif du M20iTeam-D (Shimano Ultegra DI2 Disc, FSA Gossamer, Fulcrum Racing 5 DB),  : 8,1 kg sans pédales
Prix publics : de 2599 à 5899 € (kit cadre à 1899 €), prix du modèle essayé : 3999 €
Contact : www.orbea.com

 

Voir aussi :
Premier essai du nouvel Orbea Orca
 Test du Orbea M10i
 Test du Orbea M-LTDi
Test du casque Orbea R10

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