Test du Bulls Night Hawk

Bulls Night Hawk sur route

L’allemand Bulls dispose pour la route d’une quinzaine de modèles à son catalogue, parmi lesquels un full carbone emmenant le Shimano Ultegra Di2. D’apparence plutôt conventionnelle, le Night Hawk semble quand même vouloir exploiter pleinement les possibilités offertes par ce matériau.

PHOTOS : VeloChannel et Sébastien Mosser

haubans Bulls Night Hawk

La surface du cadre et de la fourche est exempte de tout défaut. Le design global du Night Hawk est assez classique, mais chaque tube pris séparément a une géométrie très travaillée. D’abord, l’extrême finesse des haubans saute aux yeux. Du coup, on cherche les freins : l’étrier arrière est sous le boitier de pédalier.

boitier de pédalier Bulls Night Hawk

boitier de pédalier Bulls Night Hawk

tubes horizontal et diagonal du Bulls Night Hawk

bases Bulls Night Hawk Ultegra Di2

Lequel boitier est lui plutôt volumineux. On note aussi le tube horizontal qui s’affine verticalement en s’approchant du tube de selle, et la forme légèrement incurvée du haut du tube diagonal. Les bases s’écartent tardivement de la roue pour accueillir moyeu et cassette.

tête de fourche Bulls Night Hawk 2015

moyeu avant Bulls Night Hawk 2015

Devant, la douille de direction conique et la tête de fourche promettent une rigidité certaine. Visiblement, Bulls a bossé son carbone. Les arêtes de la jonction hauban-tube horizontal sont splendides. L’appréciation de la touche rouge GTI sera en revanche laissée à chacun…

réducteurs des passages de gaine

Di2 oblige, certains orifices du cadre sont réduits ou obturés par une pièce élégamment ajustée. En revanche, le maintien du boitier Di2 « avec un élastique » sous la potence, même s’il a pour lui une accessibilité optimale, reste esthétiquement très discutable. Gageons qu’un effort d’intégration apparaitra chez les fabricants dans quelques temps…

boitier Shimano Ultegra Di2

Les premières sorties avec le Night Hawk se font avec un peu de retenue. Un vélo sous les 7300 grammes, c’est toujours agréable à emmener. Mais il faut outrepasser l’impression de légèreté pour se concentrer sur les sensations délivrées par la mécanique.

manettes Shimano Ultegra Di2

Apprivoiser le Di2 ne prend que quelques secondes. Imaginez des dérailleurs classiques parfaitement réglés commandés par des câbles et gaines neufs… Vous y êtes. En plus, le dérailleur avant corrige seul sa position selon le pignon arrière choisi, pour ne jamais toucher la chaîne. Les boutons de commande sont positionnés aux leviers comme les commandes à câbles classiques, la course du levier en moins bien sûr. Une pression prolongée permet de passer plusieurs pignons d’un coup. Difficile de prendre ce système en défaut, si l’on accepte de dépendre des fées Electricité et Electronique. Les promesses d’autonomie semblent tenues, puiqu’en 600 bornes de moyenne montagne nous n’avons pas rechargé ni remarqué aucune faiblesse du système.

Bulls Night Hawk à l'équilibre

Le Night Hawk se prend en main sans faire d’histoires. On trouve aisément une allure de croisière qui permettrait de rouler très longtemps. La position n’est pas trop exigeante et le pédalage est fluide. Mais l’oiseau est rigide, roues comprises. Les pneus de 25mm de section sont le seul filtre entre le grain du goudron et le cycliste. Leur volume laisse une petite marge pour optimiser son confort, qu’il ne faut pas hésiter à exploiter. Parce qu’à part les enveloppes des Mavic Yksion Pro, rien ne bouge. En danseuse forcée sur des bosses courtes, même en chargeant à fond chaque coup de pédale, le vélo ne semble pas se déformer. C’est la moindre des choses, nous direz-vous, mais… En gardant un rythme tranquille, nous nous sommes rapidement dit que cette Fizik Arione était bien large et bien ferme… Alors, trop raide, ce Bulls?

Selle fi'zi:k Arione du Bulls Night Hawk

montée en danseuse avec le Bulls Night Hawk

Pas du tout ma brave dame, mais pour le dire, il faut rouler plus que ça!

C’est en forçant l’allure que nous découvrons la personnalité du Bulls. En réalité, le Night Hawk est bien plus plaisant en contrainte qu’en laisser-aller. En plus de sa légèreté et de sa rigidité, ce cadre fait profiter d’un confort certain, à condition de « tendre la chaîne ». Sensation forcément subjective. N’empêche… Les bosses longues se passent sans douleur en appuyant bien sur les pédales. Que l’on reste assis ou qu’on se lève, d’ailleurs. Inutile de se mettre à l’agonie, un effort raisonnable (ou plus pour ceux qui veulent!) suffit à changer la perception de ce vélo. Le Night Hawk se transforme et devient vraiment agréable. En cas de doute, alors que sur d’autres machines on remonterait d’un pignon, avec le Bulls on force et ça passe! Si on connaît ses limites, ce vélo incite à rouler pas loin de sa zone rouge, en délivrant alors des sensations et du plaisir.

descente Bulls Night Hawk

Ca se vérifie en descente, quand après deux kilomètres de bitume neuf et tout lisse sur lequel on se laisse glisser, revoici du goudron bien plus granuleux et les vibrations qui vont avec. En remettant un effort au pédalier, le cadre semble se détendre… Quoi qu’il arrive, la direction reste à la fois neutre et sans inertie. La fourche est très précise comme attendu, mais pas trop raide. Quant au freinage… Il est sûr que les patins ont du souci à se faire avec la concurrence des disques. Sensations en général, et mordant en particulier sont à l’avantage de ces derniers. Toutefois, les Ultegra Direct Mount du Night Hawk font bien le boulot, après une courte période de rodage. Le toucher n’est pas des plus agréables, mais la puissance est bien au rendez-vous.

Bulls Night Hawk Di2 2015 profil gauche

Certes, le carbone est à la mode. Mais pas seulement. Voici un exemple plutôt réussi de l’exploitation de ce matériau. Bulls n’est pas très bavard concernant le travail déployé sur cet ensemble cadre/fourche, mais le résultat est là. Ce vélo est certes léger et rigide, mais aussi confortable si on joue le jeu… Le Bulls Night Hawk n’exige pas de pédaler comme un forcené pour se dévoiler, mais juste de se donner un peu de mal à son guidon : il serait dommage de passer à côté de cet étonnant « confort dynamique ». Position et comportement restent accessibles. Sportif mais pas élitiste, en somme.

FICHE TECHNIQUE BULLS NIGHT HAWK Di2
Bulls Night Hawk Di2 couché dans les herbes hautes

Cadre : Carbone monocoque
Fourche : Carbone
Dérailleurs : Shimano Ultegra DI2
Manettes :
Shimano Ultegra DI2
Cassette : Shimano Ultegra 11/28 dents
Pédalier : Shimano Ultegra Press Fit 52/36 dents
Freins : Shimano Ultegra
Roues : Mavic Ksyrium SL
Pneus AV/AR : Mavic Yksion Pro 25 mm
Potence : FSA SLK
Cintre : FSA Energy Compact
Tige de selle : FSA SL-K Di2
Selle : Fizik Arione MG
Poids : ~ 7,2 kg (modèle d’essai pesé à moins de 7,3 kg en taille 58 sans les pédales)
Tailles disponibles : 50, 52, 54, 56, 58, 60 cm
Prix public : 3499 €
Plus d’infos : www.bulls.de/fr

Cette prise de contact à été réalisée sur 600kms environ, avec un millésime 2015. Bulls n’annonce pas de changement majeur sur la version 2016 : une livrée noire et blanche, avec des jantes DT Swiss R23 Spline (Tubeless) sont attendues pour l’année prochaine.

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