Contact : In’Bô Le Ventoux 2015

C’est une herbe, ça se roule, et c’est légal. En fait, l’usage du bambou pour la construction de cadres de vélo n’est plus une nouveauté. On le voit sur les salons depuis déjà plusieurs années. Mais comment se comporte ce matériau ? A l’issue de la visite de ses ateliers, In’Bô, marque vosgienne d’articles de sports outdoor en bois, nous a proposé l’essai de son Ventoux n°4.

In'Bô Ventoux dans la neige

Assemblé en 2015, ce vélo mise sur l’excellence de ses composants pour ne rien cacher du comportement de son cadre, qui veut profiter de la rigidité et de la légèreté du bambou. L’originalité et l’origine naturelle du matériau, c’est du bonus. La fibre de lin, qui unit tous les tubes sur les quelques pièces d’alu indispensables, va filtrer les vibrations, avec un Sram Red pour faire tourner le tout. Le détail du montage peut être consulté dans cet article.

Ce n’est pas notre taille, et la météo de cette fin janvier est plutôt pourrie, mais l’occasion est trop belle, nom d’un panda !

Le Ventoux In'Bô en action

A l’arrêt, le cadre est plutôt souple si on pèse latéralement sur le pédalier. Mais dès les premiers mètres, c’est bien une sensation de précision qui s’installe. Le triangle arrière paraît vraiment rigide. Aucune inertie à l’avant non plus… Et c’est léger. La vision de ce tube supérieur en herbe sèche, donnant sur un poste de pilotage moderne et haut de gamme, c’est troublant. Mais en faisant abstraction du bambou et en profitant du paysage hivernal, la confiance vient très vite. Le vélo est sain, rigide et… Très confortable. Nettement plus doux qu’un carbone sur tous les petits défaut de la route. Les petites vibrations sont bien absorbées. Ca laisse supposer une fatigue moindre pour le cycliste sur des sorties moyennes ou longues. Au détriment du rendement? Non. En pédalant plus fort, le vélo ne se désunit pas, l’arrière transmettant l’intégralité du coup de pédale à la roue. En forçant encore, on pressent une limite au-delà de laquelle l’effort excédentaire est peut-être perdu, mais cette prise de contact sera trop brève pour nous permettre d’être catégorique à ce sujet.

Ce cadre incite à rouler assis, avec un rythme certain, en gardant sous le pied quelques watts au cas où. Parfait par exemple pour une ascension d’une heure menée à bon train, avec quelques épingles relevées à passer en force, en se levant éventuellement pour ne pas changer de pignon.

vélo en bambou dans les vignes enneigées

Pour redescendre, pas question de tout lâcher : il reste quelques traces de neige tassée dans les virages les plus hauts. Encore que le bougre mette en confiance, même quand la vitesse s’élève. D’un bloc, l’arrière suit précisément la trajectoire tracée par la fourche, avec juste une très légère élasticité à l’avant du cadre en cas d’ordre brusque. Le bambou est réactif, mais sans la vivacité du carbone. Dans la pente redevenue sèche, finalement, on accélère sans arrière-pensée, d’autant que le freinage est généreux en puissance comme en agrément.

In'Bô Le Ventoux sur un chemin enneigé

Nos impressions sont à relativiser quelque peu. D’abord, la distance totale parcourue avec ce Ventoux (à peine 100 kilomètres) a relevé plus d’une prise de contact que d’un véritable essai. Ensuite, son gabarit, presque deux tailles en-dessous de ce qu’il aurait fallu à votre serviteur, a sûrement participé à cette sensation de bridage dans les très hauts régimes. On en sait néanmoins plus sur la personnalité de ce bambou, qui encourage l’effort maintenu dans la durée sans faire l’impasse sur l’explosivité pure. Homogène à toutes les allures, il assure volontiers le coup de sang si l’envie vous en prend et que les jambes suivent. Et tout ça dans un confort étonnant.

vélo de loin derrière des branches

Pesé à 7,7 kg environ sans pédales en taille 53, le Ventoux de chez In’Bô est une curiosité. C’est aussi une bonne machine, et un sacré défi. Habillé de neuf, notre modèle d’essai serait vendu aux alentours des 10.000€… Le marché du vélo de route n’a pas peur des gros tarifs, surtout dans le sur-mesure. Mais dans cette sphère de prix, les marques connues se battent avec des matériaux de prestige déjà éprouvés. Champion du monde des fixies en 2014, In’Bô doit se faire connaître, et convaincre que le bambou est bien plus qu’un matériau insolite.

tube horizontal du Ventoux, vélo en bambou

Quant à l’originalité justement, il remet son titre en jeu à chaque sortie. Mais à en croire les coups d’oeil intrigués voire incrédules des quelques cyclistes croisés en ce début d’année, dans ce domaine la concurrence reste loin derrière.

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