ACTU CYCLOSPORT : Les nouveaux défis de David Polveroni

David Polveroni Scott 1

David Polveroni, la reprise et les objectifs 2015/2016

Huit mois après une chute qui aurait pu le handicaper sérieusement, le grimpeur isérois David Polveroni se lance dans la préparation d’un défi hors-norme. 566 km en solo à travers les Alpes. C’est prévu pour la fin du printemps.

Ce samedi 28 février marquait la rentrée des classes pour David Polveroni, sur la cyclosportive La classique du Rocher. Troisième l’an dernier, il se contentait cette fois-ci d’une onzième place, à la saveur un peu particulière : « J’ai eu du mal à me mettre dedans, je ne me sentais pas encore totalement libéré. Et j’ai encore du mal à tirer sur le cintre dans les relances », nous confiait-il après l’arrivée.

Moins de huit mois après l’accident dont il a été victime lors de la Marmotte, l’Isérois préfère encore rester prudent et laisser venir la forme. Heurté par une voiture alors qu’il roulait à la chasse du duo de tête dans la descente du Lautaret, le grimpeur était relevé avec une fracture de l’humérus et une paralysie radiale. « Je n’ai pas encore récupéré l’extension totale de mon pouce, mais je suis presque dans la phase finale de ma rééducation. Je savais que ce serait long, et que je devais remettre d’un an l’un de mes gros objectifs 2014. »

David Polveroni Scott 4

Inscrit sur les trois épreuves de la Haute Route l’été dernier, David Polveroni relève à nouveau le défi en 2015. Cols des Dolomites, Alpes et Pyrénées vont donc s’enchaîner pendant trois semaines : une épreuve de fond qui sied parfaitement à ce jeune cyclosportif de 26 ans.

Mais le plus gros challenge qu’il s’est fixé aura encore plus de piment, avec la traversée des Alpes, du Sud au Nord, sur le parcours de la Haute Route, mais d’une seule traite ! « De Nice à Genève, cela représente 566 km et 16 270 m de dénivelé. Je prévois une trentaine d’heures, avec une ascension de nuit des cols du Lautaret (2 058 m), du Galibier (2 642 m) et de la Madeleine (1 993 m). C’est un coin que je connais bien, ce qui devrait m’éviter de prendre trop de risques dans les descentes. Mais l’ascension que je redoute le plus, c’est le col des Glières, en toute fin de parcours, avec 9,6 km d’ascension, dont 5 à 12% de moyenne. Je prévois pour l’instant un braquet de 39×28, mais j’aurai de toute façon un deuxième vélo dans la voiture d’assistance. » Une assistance assurée par son équipementier Scott, puisque David Polveroni appartient au Team cyclosportif du même nom. Photos, vidéos, avec même un petit teaser annonçant l’événement qu’il nous tarde de voir, seront de l’aventure. Et bien sûr l’inévitable trace GPS sur Strava pour marquer l’exploit, puisque l’Isérois est déjà suivi par près de 850 abonnés sur le désormais célèbre réseau social.

L’Ultra comme objectif

« L’idée m’est venue tout d’abord en voyant ce qu’a réalisé le Britannique Mike Cotty l’été dernier, à travers les Dolomites et les Alpes – voir : www.velochannel.com/Mike Cotty, The Road to Mt Blanc. De plus, je suis encore marqué par ma chute de juillet dernier, et je ne me sentais pas cette saison participer à quelques courses en Elite FFC, comme je le faisais habituellement pour préparer mes grands rendez-vous cyclosportifs. Je ne veux pas courir le risque d’une nouvelle chute. Enfin, j’ai pour objectif de participer en 2016 à l’Ultra Dolomites, une épreuve de 600 km et 16000 m de dénivelé qui se déroule en même temps que la Haute Route. Ce premier défi en solo cette année est donc pour moi l’occasion de me tester sur une très longue distance, voir comment mon organisme réagit, et prendre de l’expérience. À la différence de l’Ultra Dolomites, il n’y a pas de classement, juste la volonté d’aller au bout, mais en faisant un bon temps quand même ! » Août 2015, c’est aussi la période de Paris-Brest-Paris, qui a lieu tous les quatre ans. Intéressé un jour David ? « Vraisemblablement pas ! J’aime grimper, les cols, la montagne, je n’aime ni le vent ni la plaine », nous précise le grimpeur de 50 kg.

David Polveroni Scott 3

La neige impose ses règles

S’il est particulièrement vigoureux cette année, l’hiver permet au moins à David Polveroni d’alléger un peu sa préparation par rapport aux saisons précédentes. Ce stakhanoviste de l’entraînement s’adonne plus volontiers aux séances de home trainer lorsque la neige bloque les routes de sa région d’origine. « J’arrive à faire de longues sorties de 200 km comme je les affectionne, mais ce n’est pas encore très régulier. Et je n’ai pas encore attaqué les hautes intensités. On pourrait croire que pour ce type de défi il ne faut que de l’endurance pure, mais en fait pour produire des watts après de longues heures de selle, il faut une bonne réserve de PMA. Si je tourne habituellement à 25 ou 30 000 km par an (avec 490 000 m de dénivelé en 2014), mes objectifs sont plus tard cette année. Je programme un pic de forme en mai/juin, et un autre en août. Je ne connais pas encore la date précise de mon défi, sans doute fin mai/début juin. Tout dépendra de la date d’ouverture du col de la Bonette (2 715 m). Je sais déjà que le Galibier ouvre en principe le 28 ou le 29 mai. Je participerai bien sûr à quelques cyclos en amont, et à d’autres épreuves entre ce défi en solo et les trois Haute-Routes, en fonction de ma récupération. »

Une neige qui retarde un peu la mise en route de David Polveroni pour le moment, et qui devrait aussi décider de la date du défi Nice-Genève en solo que nous suivrons avec intérêt. Une situation pas si délicate à gérer pour un montagnard averti.

Fiche d’identité David Polveroni

David Polveroni Haute Route

Age : 26 ans
Taille : 1m69
Poids : 50 kg
Equipe : Team Scott La Clusaz

 

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