Partager la publication "La Sud-Bourgogne Cyclo et Gravel 2026, le récit !"
Le Cycling Challenge est lancé !
Rendez-vous était donné le week-end du 25 & 26 avril à Viré, petite cité viticole du Mâconnais où quelques centaines de coureurs sont venus vivre et partager leur passion du vélo à l’occasion de la Sud Bourgogne en version gravel et asphalte ! Petit compte-rendu en immersion de ce premier grand week-end du Cycling Challenge.
Par Fred Ischard – Photos : LVO
Quelques nouveautés lors de cette 6e édition de la cyclo Sud Bourgogne, c’est cette fois les cyclosportifs qui vont ouvrir le bal du week-end bourguignon. En effet, dès le samedi matin, ce sont pas moins de 600 participants qui sont alignés au départ des trois parcours proposés. Au programme de la journée, deux épreuves chronométrées et une trace en mode randonnée afin de découvrir le vignoble mâconnais. C’est sur les coups de 9 heures que l’on s’élance sur l’épreuve reine avec 125 kilomètres et 2000m de dénivelé à gravir. Nous sommes 250 coureurs à partir sur ces petites routes mâconnaises. Au regard du plateau étoffé de coureurs alignés, ça va sans grande surprise partir relativement vite dès la première petite montée servant à étirer le peloton sur deux kilomètres à 5% de pente moyenne; une montée courte et assez facile, ça paraît simple sur le papier mais ça ne l’est pas tant d’entrée de jeu. Contrairement à l’an passé, je ne parviendrais pas à rester dans le gros groupe de tête qui s’est déjà formé. Après une courte descente, c’est l’ascension du col des Trois Croix longue de 6 kilomètres sur une pente assez douce qui se dresse devant nous après 10 kilomètres de course. C’est ici que les choses sérieuses commencent, dix bonnes minutes d’efforts sont en effet nécessaires pour atteindre le sommet, amplement suffisant pour créer une sélection à tout les niveaux. Ca roule vraiment fort devant et c’est un groupe d’une bonne cinquantaine de coureurs qui s’isole, tout le monde essaie de s’accrocher sans forcément y parvenir. Pour ma part je me retrouve dans un troisième groupe d’une trentaine de coureurs qui s’est constitué dans cette ascension. Peu avant le sommet de ce col des Trois Croix, on bifurque sur une petite route et voici enfin le sommet. On bascule sur une descente plutôt facile et peu pentue avec de belles courbes qui permettent de descendre sans trop de risques mais une fois en bas, on a une petite dizaine de kilomètres roulants permettant de bien récupérer et de profiter un peu des collines clunisiennes aux alentours. On passe le village de Chapaize et sa très jolie église, les groupes sont déjà bien formés et nous n’apercevons personne à l’horizon. Après 35 kilomètres de course, nous voici au pied du col des Chèvres, l’une des montées les plus difficiles du secteur avec trois kilomètres à 7% de moyenne et des passages à 10/12%, une vraie rampe toute droite dans un premier temps avant d’affronter les pentes les plus raides sur la fin, on est tous à bloc dans cette montée ! Aussi surprenant soit il, il ne s’opère pas vraiment une sélection dans notre groupe. Ensuite, on enchaîne trois petites montées pas trop difficiles mais usantes et nous voici à proximité de la jolie petite ville de Tournus dont on aura pas l’occasion de visiter la fameuse abbaye St Philibert. Un nouvel enchaînement de difficultés nous attend, notamment les cols de Beaufer et de Brancion, des petits cols courts et vraiment agréables où notre groupe trouve son rythme de croisière. Entre ces deux difficultés, les deux plus grands parcours se séparent et l’on perd plus de la moitié des coureurs de notre groupe car cette année, tout les coureurs quelque soit la distance partaient en même temps. Je poursuis sur le plus grand parcours en compagnie d’une vingtaine de coureurs et nous voici maintenant à mi-course dans la longue montée du col de la Pistolle, la plus longue de la journée d’ailleurs. Avec l’enchaînement du col de la Croix, cela représente 7 kilomètres et 250 mètres de dénivelé soit plus d’un quart d’heure d’efforts intenses !
Malheureusement pour moi, la forme n’est pas au rendez-vous et je vais me faire décrocher du groupe quasiment dès le début de cette difficulté. Au sommet, point culminant du jour à 480m d’altitude, je me retrouve donc tout seul ! J’enchaîne sur une petite descente sur une route étroite et j’entame l’ascension du col des Trois Croix, enfin plutôt une partie que l’on gravit par un autre versant, un petit groupe me reprend mais je ne parviens à accrocher aucune roue. C’est donc seul que je rejoins le village de Donzy qui marquait également le sommet de la première difficulté du jour. J’ai des débuts de crampes mais la physionomie du parcours va changer; jusqu’à présent le profil était sacrément accidenté lors des quarante kilomètres précédents, maintenant on va retrouver les vignobles et visiter des villages viticoles à l’image de Chardonnay ou Lugny, des haut lieux du vignoble mâconnais. Les montées sont maintenant plus courtes et je vais faire une balade en solitaire, les écarts étant déjà importants. Premier passage à Lugny, le tracé nous emmène maintenant faire une boucle d’une vingtaine de kilomètres autour de Chardonnay avant de revenir à Lugny pour rejoindre l’arrivée. On emprunte de jolies routes vallonnées et le ravitaillement installé à Chardonnay est salvateur, parfait pour recharger les batteries, on parle bien du coureur et non du vélo. Il reste une petite trentaine de kilomètres dont je vais profiter pour vraiment redécouvrir ces belles routes. A 15 bornes de l’arrivée après le second passage à Lugny, on attaque l’avant dernière difficulté du parcours sur une belle route large, un bon kilomètre à 6% de moyenne et des pentes à 10% au milieu de la montée. Cette fin de parcours étant commune aux trois distances proposées, on retrouve pas mal de monde sur le parcours et une ambiance sympa. Quelques kilomètres plus tard, me voici au pied de la dernière montée, la fameuse côte de Burgy et ses deux kilomètres à travers le vignoble. Il ne me reste ensuite plus qu’à me laisser glisser jusqu’à l’arrivée où je bouclerais les 125 kilomètres en 4h09. En tête de course, la course se sera dessinée très rapidement, ils seront six coureurs à se détacher dès le sommet de la première difficulté. Ce groupe va rester ensemble la quasi intégralité de l’épreuve avant d’exploser dans la dernière difficulté au pied de la redoutable montée vers le village de Burgy. C’est finalement un duo qui va se présenter dans les derniers mètres pour un sprint final dont le jeune coureur espoir du Team Matériel Vélo.Com Robin Bourdier sortira vainqueur bouclant les 125kms en 3h10. Le jeune coureur espagnol du Corbas Lyon Métropole Matéo Rivero Agra prend la seconde place. Une petite minute plus tard, c’est un nouveau duo du Team Matériel Vélo.Com qui se présente pour la troisième place, Damien Jeanjean complétant le podium devant le coureur belge Nicolas Dricot. Les deux coureurs du team Wish One Racing Bruno Morel et Aurélien Philibert prennent respectivement les 5e et 6e place. Chez les femmes, excellente performance de la varoise Marion Bessone qui termine à une impressionnante 32e place scratch en bouclant le parcours en 3h27 devant la lyonnaise Faustine Croguennoc à 22 minutes et Alice Banes à 29 minutes.
Gravel Sud-Bourgogne, entre vignes et sous-bois
Le lendemain place au Gravel, une discipline mixte mêlant chemins de vigne et petites routes. Cette épreuve marquait la seconde épreuve du calendrier Gravel’Tour Wish One, un challenge national créé en 2021 et comptant 9 manches à travers la France. Deux parcours étaient proposés; un premier en version rando long de 40kms cumulant 800m de dénivelé et un second plus long en version chrono sur une boucle de 62 kilomètres avec pas moins de 1500m de dénivelé à gravir. Globalement côté tracé, le parcours est quasi identique à l’an passé. Nous sommes 75 coureurs au départ de ces 60 kilomètres chronométrés. Il est 9h et on s’élance sous un beau soleil. Le départ est plutôt assez calme sur le premier kilomètre mais ça va vite changer car arrive très rapidement la première montée du jour, un kilomètre à 11% de moyenne pour aller visiter la chapelle de Burgy par un chemin raide avec du caillou. Ça monte très vite et le groupe se disloque, chacun trouve sa place sur cette montée délicate. Un groupe d’une dizaine de coureurs se détache très clairement après cette première difficulté. De mon côté, j’accroche un groupe de quelques coureurs et me retrouve aux alentours de la 30e place. On poursuit en direction du village viticole de Chardonnay, le tracé est vallonné entre chemins de vignes et sous-bois, les montées sont assez courtes et raides et les descentes plutôt rapides mais sur des chemins bien empierrés où la moindre faute de trajectoire peut se solder par une crevaison. Nous voici à Chardonnay après une bonne dizaine de kilomètres de course, la tête de course est déjà passé depuis près de 5 minutes en ayant bouclé ce début de course à près de 30km/h. On attaque une nouvelle montée raide longue de deux kilomètres par un chemin bien raide qui passe limite à vélo pour peu que l’on n’ai pas anticipé, le parcours s’annonce bien corsé. Nous voici maintenant sur les premiers monotraces du tracé qui redevient plutôt roulant et agréable. Au fil des difficultés, je me fais décrocher du groupe dans lequel j’étais mais on ne tardera pas à former un petit groupe de 5 coureurs.
On passe le petit col de Beaufer qui surplombe la cité de Tournus et on poursuit ensemble avec une navigation GPS pas tout le temps simple à suivre lorsque l’on emprunte des chemins techniques. On a un peu plus de 20 kilomètres de course et l’on attaque l’une des plus longues montées du jour, l’ascension du col des Chèvres par les chemins depuis Dulphey, 200m de dénivelé qui s’étendent sur presque 8 kilomètres. Cette montée sera très chouette et variée avec beaucoup de chemins techniques et parties raides. On va gravir le dernier kilomètre par la route et nous voici à 420m d’altitude. On passe ensuite à la descente, plutôt large et rapide sur de la piste mais toujours avec de nombreux cailloux avant de remonter vers le col de Brancion déjà franchi la veille sur la route. On reste toujours groupé, je décroche par moments dans les montées avant de profiter des descentes pour revenir sur le groupe. Nous voici au 2e ravito du jour après 42 kilomètres de course. En tête de course, on retrouve un ex coureur professionnel en la personne de David Moncoutié venu faire une pige en Gravel mais qui possède encore un excellent coup de pédale, il possède déjà une très confortable avance de 2’45 sur un duo constitué de Laurent Debaene et du jeune coureur espoir Arthur Terreygeol. Nous sommes au pied d’une difficile montée longue de 2 kilomètres pour arriver au point culminant du jour à 480m d’altitude, il s’agit d’une version off-road de l’ascension du col de la Pistolle jusqu’au village de Charcuble. Depuis le pied de cette montée que l’on commençait sur la route, on a retrouvé le « petit » parcours non chrono et on double régulièrement les randonneurs qui escaladent à pied cette difficulté. Sans grande surprise, je me fais de nouveau décrocher de mon petit groupe dans les pentes les plus importantes où l’on est à la limite de descendre du vélo. Au sommet, place à une longue descente rapide de près de 5 kilomètres alors qu’il ne reste plus qu’une douzaine de kilomètres à parcourir. Rien de très compliqué sur la fin de parcours, profil casse pattes entre sous-bois et vignes, je vais reprendre trois coureurs de mon groupe, un autre coureur s’étant échappé seul et c’est la dernière difficulté qui se profile avant de plonger sur Viré qui va faire exploser notre quatuor. Dernière petite surprise avant l’arrivée, on a droit à une dernière balade au milieu du vignoble de Viré-Clessé, des chemins rapides et assez plats pour terminer cette magnifique épreuve Gravel en douceur. C’est après 2h58 de course que je boucle les 62kms et 1450m de dénivelé du parcours avec une 39e place à l’arrivée.
J’ai pu découvrir bon nombre de magnifiques chemins de vignes tout en m’amusant dans les sous-bois des massifs du Mâconnais sur un terrain technique jonché de pierres où le pilotage et la gestion du matériel sont deux paramètres très importants pour mener à bien cette épreuve. Cette année, il n’y aura pas eu de match pour la victoire, David Moncoutié gérant parfaitement les vingt derniers kilomètres plus roulants pour venir franchir la ligne d’arrivée après 2h21 de course avec deux minutes d’avance sur le coureur du Team Matériel Vélo.Com Mathias Le Turnier, également ex coureur professionnel et auteur d’une fin de course tonitruante. Pour compléter le podium, on retrouve un coureur du team Wish One Racing en la personne de Laurent Debaene à 2’30 du vainqueur. A la 4e place, on retrouve le jeune auvergnat Arthur Terreygeol à près de 4 minutes du vainqueur et c’est un autre coureur du Team Wish One Racing qui complète le top 5 en la personne d’Aurélien Philibert qui conserve par ailleurs sa tunique de leader du Gravel’Tour Wish One. Chez les femmes, c’est Marine Denis qui remporte l’épreuve en 3h11 avec 6 minutes d’avance sur Jade Boussier. L’auvergnate Marie Briotet complète le podium.
On a de nouveau vraiment apprécié ce week-end sous le soleil bourguignon avec une cyclo de début de saison pas très longue mais qui cumulait tout de même près de 2000m de dénivelé ! La combinaison des épreuves Cyclo et Gravel le samedi puis le dimanche est une bonne idée pour passer un chouette week-end de vélo tout en découvrant un joli territoire et son patrimoine. Cette édition 2026 aura été une vraie réussite. A l’heure où l’on aura écrit ces lignes, les deux challenges Cyclo et Gravel se seront déjà poursuivis en terre lozérienne tout comme le MTB Tour qui y’a débuté à l’occasion de la Lozérienne VTT. Il n’est cependant pas trop tard pour s’aligner sur l’un des événements phares de la région occitane, à savoir le roc laissagais au coeur du département aveyronnais qui accueillera la seconde manche du MTB’Tour et la 3e manche du Gravel’Tour Wish One les 23 et 24 mai.
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