Championnats du Monde XC Marathon 2018, au coeur de la course !

UCI MTB XC Marathon World Championships 2018 – Auronzo (Italie)

VELOCHANNEL.COM était présent sur la 16 éme édition des Championnats du Monde UCI XC Marathon qui se sont cette année déroulés en Italie mi-septembre. Compte-rendu au coeur de la course ! 

Par Vincent Lombardi – Photos : 3 Epic, Nicola Bombassei, Moreno Geremetta

Suite à une qualification surprise lors du Roc Ardennes, me voilà rendu à Auronzo di Cadore, jolie petite ville italienne des Dolomites, pour participer aux Championnats du monde de VTT XC Marathon. 1h30 d’avion puis 1h30 avec la Fiat de location, on arrive finalement assez vite au cœur du parc des Tre Cime di Lavaredo, classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, un cadre somptueux pour l’organisation d’un tel évènement.

Alors qu’il s’agit seulement de sa 4ème édition, la Tre Epic sert cette année de support aux championnats du monde de VTT longue distance. Judicieusement placés une semaine après les championnats du monde XCO, de nombreux pilotes de coupe du monde vont venir se mêler aux spécialistes du VTT XC marathon. Au total, 25 coureurs français sont présents malgré l’absence de support de la fédération française de cyclisme et seul Maxime Marotte semble potentiellement pouvoir briller. Les mensurations du parcours impressionnent, 102 km pour 4200 m de dénivelé pour les hommes, 89 km et 3400 m de D+ pour les dames, ça promet !

Arrivé à la dernière minute, un repérage très court confirme ces informations, ça va être très dur, long et très raide, je ne regrette pas d’avoir installé un plateau de 32 dents (sur une transmission mono 12 vitesses SRAM Eagle) pour l’occasion… Samedi, 8h45, je me mets en grille en fonction de mon classement mondial, c’est-à-dire au fond du peloton sans pression. A 9h00, c’est parti, on s’élance d’abord sur route en faux plat descendant, là, je mouline complètement sur le 32×10 mais ça sera bien la seule fois de la journée ! Nous commençons par faire le tour du superbe lac émeraude qui borde Auronzo. Comme pour tout grand évènement, le départ est assez tendu, ça frotte, ça s’empile parfois, ça bouchonne souvent, je m’en sors sans problème et après 6 kilomètres, changement de braquet… Nous attaquons l’ascension du Mont Augudo sur le 32×50, une pente de 4 km terribles à 17% de moyenne avec des passage à 25%, une sacrée mise en bouche. Certains sont déjà à l’agonie avec des braquets pas du tout adaptés, un coureur sud-africain pas habitué à mettre tout à gauche, voit son dérailleur partir dans les rayons, sûrement dur à avaler après un tel voyage. Je monte tempo sans me mettre dans le rouge, ça roule en file indienne sur cette piste « Gravel » à l’adhérence précaire. Je remonte quelques places, j’ai l’impression d’être bien mais bon on sent tout de suite que le niveau est très relevé ! On bascule dans la descente, c’est tout aussi raide, il a plu dans la nuit, il faut rester vigilant pour ne pas glisser. On alterne les passages dans l’herbe, sur terre légèrement grasse ou sur des pistes rapides gravillonnées où avec la pente, il ne faut pas se louper. Deux autres bosses/descentes tout aussi raides se succèdent avant d’atteindre le début d’une très longue ascension vers le lac de Misurina (14 km à 5%). Sur un chemin blanc en faux plat montant d’abord, je roule bon train avec deux allemands et un belge, au fur et à mesure que la pente s’accentue, je lâche mes compères et me retrouve seul, à nouveau, ce n’est pas pour autant que je reprends beaucoup de places… J’en profite pour bien m’alimenter, un point qui sera crucial sur cette épreuve qui s’annonce particulièrement longue, j’alterne gel et barre de céréale et m’hydrate avec une boisson à base d’électrolyte pour éviter la saturation en sucre. La côte se termine par un énième mur qui cette fois ne passe pas à vélo, ça casse bien les jambes avant de se lancer dans un long singletrack descendant, en dévers, humide et avec quelques passages enracinés, je m’en sors plutôt bien et reprends quelques places. Cette fois, nous plongeons vraiment vers le lac de de Misurina, c’est sublime, les pics gris des dolomites se reflètent dans ce lac miroir d’un vert profond, une vraie carte postale !

On reste concentré, la mi-course n’est pas encore passée, nous évoluons à 1800 m d’altitude et allons grimper jusqu’à plus de 2200 m au niveau du refuge des Tre Cime. Les paysages de montagne se succèdent, on en prend plein les yeux même si les fameuses Tre Cime restent dans les nuages. Nous grimpons vers le point haut du parcours par la route, une broutille de 3,5 km à 12%, si les sensations restent bonnes, je sens que je n’ai pas de rendement, l’effet de l’altitude peut-être, d’ailleurs une compétitrice chilienne me double, visiblement beaucoup plus à l’aise que moi ! La première partie de la descente s’effectue sur le sentier 101, un superbe monotrace rocailleux qui zigzague dans un cadre de rêve. Une dernière grimpette vers le col de Varda, je m’alimente une dernière fois et c’est parti pour la longue et rapide descente de 17 Km vers Auronzo. En perdant de l’altitude, on retrouve la forêt et des sentiers parfois boueux, je pars en dérive des deux roues et me rattrape de justesse, après plus de 5 heures de vélo, pas évident de rester lucide. La fin de parcours est très roulante, je rejoins un japonais et un allemand que je lâche dans la dernière côte, un ultime raidard infame de 250 m. Après plus de 6 heures d’effort, soit une grosse heure après le vainqueur, je franchis la ligne d’arrivée à une anecdotique 116ème place, telle est la réalité du haut niveau !

Chez les hommes, trois hommes se disputent la victoire au sprint. Le pilote brésilien Henrique Avancini, spécialiste du XCO, montre sa polyvalence et l’emporte devant Daniel Geismayr (Autriche) et Leonardo Paez (Colombie). Les français n’ont pas du tout brillé sur ce championnat, le premier d’entre eux, Maxime Marotte, termine complètement vidé en 47ème position. Chez les dames, après sa deuxième place amère la semaine précédente aux championnats du monde XCO, Annika Langvad (Danemark) rectifie le tir et conserve son maillot de championne du monde XC Marathon avec 5 minutes d’avance sur l’autrichienne Christina Kollmann-Forster. La spécialiste du XCO Maja Wloszczowska (Pologne) passe la ligne d’arrivée en 3ème position… 12 minutes après Langvad !

Une organisation très pro, un cadre exceptionnel, un parcours d’une difficulté rarement rencontrée, un niveau de folie, ces mondiaux italiens avaient tout pour plaire. Ça tombe bien, la Tre Epic amateur reprend les mêmes ingrédients, sortez les petits plateaux, entrainez-vous et tentez l’aventure !

Infos : https://www.3epic.it

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2 commentaires sur “Championnats du Monde XC Marathon 2018, au coeur de la course !”

  1. Super compte-rendu qui nous fais vivre un peu de cette aventure hors norme, à nous autres amateurs..
    Quel courage, où trouvez-vous cette énergie pour affronter de telles épreuves avec un D+ de folie ??!!
    Quoiqu’il en soit, une belle preuve concernant la gestion de l’effort par les sportifs de hauts niveaux !
    Et tout en humilité, j’adore et je dis un grand Bravo à Vincent !

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