Test du BH Ultralight EVO

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Vélo de pro

Quelques mois après l’essai du G6 Pro, VeloChannel.com s’intéresse à l’autre machine haut de gamme de la marque espagnole BH : l’Ultralight Evo. Un cadre annoncé à tout juste 700g radicalement différent du G6 Pro, mais aussi très efficace, puisque c’est au guidon de cette machine que Steven Tronet (Auber 93) est devenu champion de France sur route professionnel fin juin.

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6,36 kg en taille SM sans pédales et sans porte-bidons, mais avec des roues à pneus : voilà déjà qui classe la machine avant même de l’enfourcher. Look sobre et passe-partout pour ce modèle Ultralight Evo Dura-Ace à 5600 € environ, situé au milieu d’une famille qui propose différents types de montage. On trouve aussi au sein de la gamme un montage en Sram Red et roues FSA Metron en carbone (6900 €), un montage en Shimano Dura-Ace Di2 (8470 €) et même un montage exclusif en Di2 et roues Lightweight (13780 €).  Juste en dessous, un Shimano Ultegra et un Ultegra Di2 sont proposés respectivement à 3500 et 5000 € environ, mais à partir d’un cadre Ultralight, et non Ultralight Evo. Notre modèle de test est donc la version la plus abordable de la gamme Ultralight Evo.

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Radical

Entre les deux cadres, un look et une finition identiques, mais un poids qui diffère d’une petite centaine de grammes, ainsi qu’une douille de direction et une boîte de pédalier légèrement plus rigides pour le Evo. Un côté plus radical entretenu par une géométrie identique pour les deux cadres, avec des bases arrières courtes (402 mm), une chasse avant peu prononcée, et un roulement bas de direction au format 1 pouce et demi. Au-delà des sections des tubes qui transpirent la rigidité, le tube de selle s’élargit au niveau de la boîte de pédalier, pour reposer quasiment sur l’ensemble de celle-ci.

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Cette même boîte est ajourée à l’intérieure sur le Evo (cela ne se voit pas de l’extérieur), mais plus rigide dans la zone, tout comme au niveau du tube diagonal et du tube de selle grâce à un système de haute pression appliquée dans le moule au moment de la fabrication, afin d’éviter la moindre imperfection dans le carbone. Par ailleurs, une découpe du cadre nous a montré l’extrême finesse des couches de carbone au milieu des tubes principaux, ainsi que le soin apporté à la réalisation de l’ensemble. C’est assurément un modèle qui mérite son appartenance aux cadres carbone de haut de gamme. Un mot enfin sur les haubans, très fins, ainsi que sur la tige de selle en 27,2 mm, pour conserver un peu de confort. Dommage que cette dernière soit livrée sans déport. C’est sans doute avantageux en termes de gain de poids, mais cela induit une position trop sur l’avant de notre point de vue.

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Une position agressive en tout cas, puisque c’est le but de ce vélo qui se veut explosif pour favoriser les changements de rythme, et très différent du G6 Pro avec ses lignes aérodynamiques et un comportement plus soft pour « cruiser » sur du long cours.

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Quelques changements pour 2016

Rien à dire question finition, avec les passages de câbles à l’intérieur des tubes avec accès facilité grâce aux plots démontables et le capot de dessous de boite, mais aussi une patte de dérailleur parfaitement alignée et rigide (essentielle pour obtenir des changements de vitesses précis et fiables, quel que soit le dérailleur), des pattes de roues elles aussi parfaitement dans l’axe, comme nous avons pu le vérifier en montant/démontant plusieurs fois plusieurs types de roues. Patte de dérailleur avant en carbone de type à braser.

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Le boitier de pédalier BB386 (roulements surdimensionnés de 30 mm mais longueur de 86 mm) est optimisé pour le montage d’un pédalier FSA ou Rotor, et nécessite un adaptateur pour un pédalier Dura-Ace comme sur notre modèle de test. Notons que la version 2016 de ce vélo est prévue avec un FSA K-Force en carbone. Cela devrait occasionner encore un gain de poids, mais pas sûr que la qualité des changements de plateaux y gagne. Autre modification de la version 2016 par rapport au vélo de test, et non des moindres, avec un changement de roues, puisque l’Ultralight Evo adoptera les BH Evo 38 en carbone à pneus à la place des Dura-Ace C24 en alu/carbone. Des roues BH que nous vous présenterons à l’essai prochainement, et qui s’annoncent intéressantes avec un profil aéro mais polyvalent, et un poids limité à 1520 g la paire.

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Vif et très efficace

Le reste de l’équipement se compose d’une transmission et d’un freinage Shimano Dura-Ace 11 vitesses, précis, fiable, puissant. Bref, le summum d’un groupe à transmission mécanique. Mais aussi de composants maison comme la tige de selle, le cintre et la potence carbone BH Evo, ou d’une selle Prologo Zero 2.

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C’est donc une impression d’enfourcher une machine haut de gamme qui se dégage dès les premiers tours de roues. Mais on ressent aussi un certain confort face aux vibrations, d’autant plus que la prise en main du poste de pilotage, avec cette guidoline épaisse et moelleuse, ainsi que des poignées larges et ergonomiques incitent à bien empoigner le cintre. Les relances sont franches et efficaces, malgré les plateaux de 50 et 34 dents, puisque nous aurions préféré un montage plus sportif, au moins en 52/36. La vivacité des changements de cap surprend, le vélo est tranchant, mais sécurisant en même temps. Il ne donne jamais l’impression de flotter, même sur des trajectoires tendues avec un revêtement granuleux ou irrégulier. Les roues à jantes plates de 24 mm  participent évidemment à cette nervosité. Pas du tout soumises à la prise au vent latéral, elles permettent de prendre des virages au millimètre, tout en favorisant les fortes variations de rythme dans les bosses. Dans cette configuration, l’Ultralight Evo est une machine à grimper. Très rigide latéralement, il accepte sans broncher les coups de boutoir en danseuse. Frais et en forme, il ne gaspille aucun watt et permet de mettre du braquet pour monter vite.

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Mais attention en cas de coup de buis : il ne faut pas compter sur le moindre « effet ressort » pour relancer le vélo sur le couple. Ce genre de vélo nécessite un coup de pédale précis et bien coordonné. Bref, efficace, rapide, mais exigeant. C’est d’autant plus flagrant qu’il n’est pas à classer parmi les vélos qui ont de l’inertie, qui vous aident à entretenir votre vitesse une fois lancé. Là encore, la tige de selle sans recul encourage une position sur l’avant, d’autant plus que l’angle du tube de selle est plus redressé que sur le G6 Pro (du moins en petite taille). La conséquence, c’est une position plus agressive, plus tonique, mais plus énergivore sur de longues distances aussi. L’Ultralight Evo demande à être relancé en permanence, ce qui peut toutefois être atténué avec des roues à jantes hautes, ou du moins avec un profil plus haut que les C24. C’est d’ailleurs la configuration choisie par le nouveau champion de France pro, pour supporter les vitesses élevées des courses de haut niveau, tout en profitant de l’excellente rigidité latérale du cadre pour passer toute sa puissance au sprint, comme il l’a démontré fin juin à Chantonnay (85), ou même une semaine plus tôt sur une étape de la Route du Sud. C’est aussi avec des roues de 38 mm de haut que sera proposé cette version Dura-Ace pour le millésime 2016.

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L’Ultralight Evo est finalement un vélo qui peut passer partout, mais à condition d’avoir les jambes. Le G6 Pro malgré ses lignes aéro, nous avait paru plus accessible, plus facile et finalement plus polyvalent sur 90 % des sorties de l’année. Par contre, pour les 10 % restants, les jours où la forme est là, l’Ultralight Evo est une machine de guerre qui trouve très peu de concurrents à son niveau en termes d’efficacité pure.

FICHE TECHNIQUE BH ULTRALIGHT EVO DURA-ACE
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Cadre : Carbone
Fourche : Carbone
Dérailleurs : Shimano Dura-Ace
Poignées : 
Shimano Dura-Ace
Cassette : Shimano Dura-Ace 11/25 dents
Chaîne : Shimano Dura-Ace
Pédalier : Shimano Dura-Ace PressFit 50/34 dents
Freins : Shimano Dura-Ace
Roues : Shimano Dura-Ace C24
Pneus : Michelin Pro4 Service Course 700×23
Potence : BH Evo
Cintre : BH Evo Carbon
Tige de selle : BH Evo Carbon 400 x 27.2 mm
Selle : Prologo Zero 2 Tirox
Poids : 6,36 kg sans pédales en taille S
5 tailles : XS, S, M, L, XL
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Prix public : 5617,80 €
Contact : www.bhbikes.com

 

Voir aussi : Essai BH G6 PRO, la bonne surprise

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8 commentaires sur “Test du BH Ultralight EVO”

    1. Les essais de vélos, vos essais de vélos me font rire car pour un même vélo essayé l’avis d’1 site à 1 autre diverge, souvent complètement à l’opposé. Par exemple chez vous le vélo ne va pas être confortable et difficile à emmener, sur le site voisin le vélo est confortable et facile à emmener. Alors qui dit vrai.
      1 exemple. Les revues cyclistes, je vais prendre LE CYCLE. Ils vont essayer 1 vélo on va dire en 2017, et ils vont réessayer le même vélo 1 an plus tard et là ça n’a plus rien à voir. D’un velo où il fallait de la cuisse pour l’emmener, rouler vite pour avoir du confort, bref 1 vélo « viril », 1 an plus tard le vélo peut être utilisé en ballade, il est confortable dès les basses vitesses, et il a perdu sa virilité car les cyclorouristes n’auront aucun mal à rouler avec.
      Voilà pourquoi ça me fait rire, c’est du pipo tt ça. Tant mieux si ça vous fait vivre, tant qu’il y aura des pimpins assistés à qui vous pourrez vendre du rêve sans problème.
      Pour info je possède le BH Ultralight que vous avez testé. Ça n’a rien à voir avec ce que vous écrivez.
      Voilà, j’espère que je vous fais rire.

      1. Bonjour Georges, effectivement votre commentaire nous fait rire :). Plus sérieusement, il aurait été pertinent de nous indiquer justement votre ressenti ainsi que le montage de votre vélo, n’oublions pas que le train roulant influence grandement le comportement d’un vélo. De plus, lorsque nous testons un vélo, nous réalisons l’essai dans la fenêtre idéale d’exploitation du vélo, ce pourquoi il a été conçu. Par exemple, on roulera différremment un vélo à 1000 Euros par rapport à un autre de 5000 Euros et l’article sera en cohérence avec le niveau d’utilisation du produit. Le BH Ultralight Evo est un vélo de compétition prévu pour rouler fort et s’adressant aux cyclistes entrainés qui sortent plusieurs fois par semaine, le ressenti ne sera pas le même si on le roule à allure « douce » et de façon plus occasionnelle. Le résultat de cet essai réalisé par nos soins est en tout cas concordant avec quelques témoignages de coureurs de notre entourage et nous confirmons – sans aucune prétention de notre part – qu’il est conforme à la réalité.

  1. Proprietaire d’un BH ultraligh evo,je dis bien Evo,deja le poids annoncé par BH est inexact en taille SM on depasse allegrement les 8OOg!!!!!!Le passage des cables en interne c’est une vraie galere par exemple en comparaison avec lelook 695.Le talon des chaussures a tendance à frotter sur les bases arrieres trop large »je chausse du 42″!!!!!!!!!
    Cadre moins cher que d’autres,mais franchement trop de defauts de conception.trop peu de taille disponible en plus.

  2. Pas du tout d’accord avec Gruson, je possède ce vélo BH Ultralight Evo monté en Ultegra et pédalier FSA carbone et j’en suis extrêmement satisfait. Je l’ai pesé personnellement sans pédales à 6.6 kg en taille M avec des roues Shimano C24.
    Je chausse du 43 et mes talons ne touchent absolument pas les bases arrières. Je pense plutôt à un problème de morphologie ou de réglages de cales pour Gruson. De nombreux professionnels ont utilisé ce vélo (S Chavanel ou T Vockler par exemple) avec bonheur et en obtenant d’excellents résultats.
    J’ai possédé de nombreux vélos, Time, Look, Wilier, Cannondale, mais en montagne, le BH Evo est un ton au-dessus car il est très nerveux et permet des démarrages incisifs.
    Je lui reproche tout au plus un manque de confort quand on roule sur de mauvaises routes mais c’est un peu la rançon de l’efficacité!

  3. @ Gruson,
    Il n’y a aucun problème avec le passage des câbles interne, tt se passe très facilement lors d’1 entretien. C’est toi qui n’est pas doué.
    Ensuite pour ce qui est de ton talon de chaussure qui frotte les bases c’est que tu pédales les pieds en canard. Donc ce n’est pas le cadre qui est mal fait et a 1 défaut de conception mais toi qui a 1 défaut. Réoriente donc tes cales C’ est pas plus compliqué que cela.
    Concernant les tailles proposées par BH il y en a suffisamment pour que tt le monde se pose dessus.
    Pour ce qui est du poids l’Ultralight joue à jeu égal avec la concurrence.
    J’en suis à mon 3ème BH. Je possède plusieurs vélo de marque différentes, Cannon, Focus, Giant, Trek et objectivement le BH fait parti de ceux que je préfère, aussi bon que les autres marques que je possède.

  4. pour moi jai acheter ce cadres auprès magasins Bernard Cottin Cycles à Andrézieux (Velo’s Mag Andrézieux)
    jai pris le cadre taille M poids du cadres 750 gr et la fourche couper 280 gr ,et velo monter pour un poids totale de 5kg 750 , velo monter campa 11 record ,pédalier thm clavicula m3 ; etrier de frein en carbone de che ax

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