Du bien bon !
Pour la 3e année consécutive, nous nous sommes rendus sur cet événement qui marque l’ouverture des épreuves VTT en région marseillaise. Récit vécu de l’intérieur au cœur de la course phare de cette matinée ensoleillée.
Par Fred Ischard – Photo : Agence Kros/Rémi Fabrègue
Nouvelle édition de ce raid OffRoad Allauch – Parc départemental de Pichauris, nous retrouvons ce format 60 kilomètres au cœur du Parc de Pichauris à une vingtaine de kilomètres de Marseille qui s’apparente à un mix entre XCO et XCM. On garde ce qui fait l’essence même d’une épreuve type « marathon » mais avec une gestion de course qui s’apparente un peu plus à un effort XCO. Cette année, nous avons droit à un tracé sous forme de trèfle avec trois boucles différentes.
C’est l’heure de la mise en grille, les favoris sont placés en première ligne et ensuite c’est premier arrivé premier servi. Nous ne sommes qu’une bonne centaine de coureurs alignés sur le grand parcours donc pas de panique, il faut juste éviter de se placer trop à l’arrière mais inutile de chercher à se placer devant. Les coureurs des parcours plus courts partiront quant à eux un peu plus tard dans un second SAS. De nouveau, je me serais attendu à un peu plus de monde suite au succès des deux premières éditions. Les inscriptions peinent à décoller sur cette course de renom, il faut clairement quelques éditions pour se refaire une véritable place au calendrier national mais l’identité de l’épreuve est là et les coureurs présents ne s’y trompent pas avec beaucoup de fidèles ce qui permet de parfaitement débuter sa saison. On a également quelques coureurs venus d’un peu plus loin ayant apprécié le déplacement.
Départ 9h, exit la longue montée de 7 kilomètres des éditions précédentes, on s’élance cette fois sur une première boucle de 12 kilomètres ultra rapide avec des montées courtes et des descentes sur des singles piégeurs histoire de donner un peu d’adrénaline à ce début de course et éviter des écarts trop importants. En effet, après deux kilomètres de montée, on s’engouffre déjà dans un premier single en descente plutôt rapide avant d’enchaîner de courts tronçons de pistes et des descentes piégeuses qui vont apporter son lot de crevaisons avec bon nombre de coureurs se faisant avoir dès le début de course. On termine cette boucle par le très rapide single du vallon du Jarret qui longe la route des Termes puis par quelques sentiers casse-pattes qui nous ramènent vers la ligne d’arrivée.
Premier passage sur la ligne avec effectivement des écarts assez minces, je me retrouve entre la 30 et 35e place à environ 5 minutes de la tête de course avec un petit groupe devant mais également un gros groupe derrière. J’ai pourtant mis du rythme mais on a chaque année une belle densité de coureurs en région marseillaise. On enchaîne sur la boucle principale longue d’une trentaine de kilomètres. A partir de maintenant, ça va changer un peu de physionomie avec des montées plus longues et des descentes plus techniques et trialisantes, rien d’insurmontable mais va falloir savoir où poser les pneus quand même. On remonte la bosse de départ avant de bifurquer sur une belle piste roulante que l’on connait car c’est une liaison empruntée sur chaque édition pour redescendre vers la route des Termes que l’on traverse par un tunnel étroit, ce n’est pas très long mais ce tronçon roulant est toujours propice à bien récupérer et s’alimenter avant d’attaquer les choses sérieuses.
Voici la première grosse difficulté du parcours longue de 3 kilomètres à gravir sur une belle piste. Sans surprises, regroupement de nos deux groupes dans cette bosse mais ça ne se regarde pas longtemps, ça roule vraiment fort pour l’obtention d’une place dans le top 20, je mène bon train mais pas suffisant et je dois laisser partir une bonne partie du groupe. Je serre un peu les dents pour garder l’allure mais je décroche définitivement du groupe peu avant le sommet. On a ensuite une jolie descente sur un single trialisant par endroits, je suis vraiment ravi d’avoir pu la faire lors de la précédente édition me permettant de savoir à quoi m’attendre mais je me retrouve malheureusement un peu bloqué derrière un coureur un peu trop hésitant sur les franchissements.
Allez, de nouveau une montée de quelques kilomètres où je parviens à remettre du rythme pour reprendre au sommet d’un single qui remonte une petite combe une partie du groupe qui m’a distancé précédemment avant d’enchaîner sur une descente qui va faire chauffer les freins; single étroit, forte pente et virages très serrés, sacré cocktail ! On monte maintenant au Mont Julien à 600m d’altitude, une ascension devenue incontournable sur cette épreuve. Longue de 5 kilomètres sur une piste particulièrement exposée au vent, elle va faire quelques dégâts et cette difficulté va clairement permettre de faire quelques écarts. Quelques sensations reviennent mais ce n’est finalement que très éphémère, ça suffira malgré tout pour me hisser au sommet en gardant le sillage d’un bon coureur local pour se détacher de notre petit groupe et tenter de reprendre un autre petit groupe de 5 coureurs que l’on aperçoit une minute devant nous.
Au sommet, on plonge sur une piste rapide qui nous permet de contempler le panorama sur toute la cité marseillaise et la grande bleue, le tout illuminé par un resplendissant soleil. On dévale ensuite un joli single très agréable en balcon qui nous ramène sur le fameux single du vallon du Jarret déjà emprunté sur la première boucle avant de suivre le même final pour rejoindre la ligne d’arrivée et venir couper une seconde fois la ligne mais ce n’est pas encore terminé. Il nous reste encore la 3e boucle à effectuer longue de 15 kilomètres avec la redoutable ascension du col du Tubé, l’un des sommets du massif de Garlaban. C’était bien la surprise de cette 3e édition en nous faisant cette fois escalader la montée de départ des précédentes éditions en toute fin de course. Pas vraiment de difficultés techniques sur cette ascension, on suit une large piste aux pentes irrégulières. Je m’accroche comme un beau diable derrière le même coureur que je suis depuis une quinzaine de kilomètres et on reprend encore 5/6 places. Chacun donne ce qui lui reste d’énergie mais bon nombre de coureurs vont un peu exploser dans cette longue montée.
Nous passons le col du Tubé à 690m d’altitude, quasi le sommet du massif de Garlaban, on peut d’ailleurs difficilement monter plus haut. On quitte la piste pour s’engager sur un petit single plein de pierres en vrac, difficile de rouler très vite, je ne me sens pas trop mal à l’aise car c’est un passage incontournable de l’épreuve que l’on emprunte sur chaque édition. Ensuite place à une magnifique descente avec des passages bien techniques où l’on se fait vraiment brasser. Je n’ai clairement plus de bras en bas et les crampes arrivent. On a rapidement descendu 200m de dénivelé, ça paraît court et on remonte un vallon sur un sentier étroit et raide, ça passe à vélo ou pas ? La réponse sera oui mais… non ! Ce sont mes crampes qui décident. Il reste 5 kilomètres et nous sommes un petit trio pour jouer un top 25. On s’engouffre dans les deux dernières longues descentes du parcours, c’est un peu chaud par endroits; des franchissements rapides, des crevasses, de gros pièges à éviter…
On entre dans les deux derniers kilomètres et on se retrouve maintenant à 5 coureurs après le retour d’un duo, ça attaque fort mais assailli par les crampes, je suis un peu démuni et laisse partir une partie du groupe dans ce final. Ce sera donc une 27e place pour moi après 3h28 de course. En tête de course, c’est un duo qui va mener de main de maître l’épreuve durant la quasi intégralité du parcours dont sortira finalement victorieux le vainqueur de la précédente édition Rémi Groslambert qui va remporter une seconde fois ce raid OffRoad Allauch-Pichauris, qui plus est avec un vélo équipé de roues en 32 pouces, une vraie première qui annonce un probable succès de ce nouveau standard de roues dans un avenir proche. Il s’impose avec une petite trentaine de secondes d’avance sur le haut savoyard Alexandre Raedisch du team La Forestière. Le podium est complété par le haut alpin Tom Fitzgerald du Orcières Cycling Team qui coupe la ligne d’arrivée avec plus de 7 minutes de retard. Jordan Marci du VC Saillans et Théo Charnay l’aveyronnais de Laissac victime d’une crevaison dès les premiers kilomètres complètent le top 5. Seule femme engagée sur ce format 60 kilomètres, la coureuse provençale du Naturebike Pierrevert Séverine Corret accroche une chouette 48e place scratch et naturellement remporte la catégorie féminine.
Concernant ce raid OffRoad Allauch – Parc départemental de Pichauris, on a retrouvé comme lors des précédentes éditions un évènement simple et convivial sans fausses notes avec des parcours toujours aussi parfaitement équilibrés malgré les exigences environnementales du parc naturel de Pichauris. Tout aussi technique et exigeant que l’an passé, la disposition de la longue ascension du massif de Garlaban en fin de parcours a clairement changé la physionomie de la course et redistribué les cartes en fin de course. Cette épreuve d’ouverture du calendrier est vraiment parfaite pour se remettre à niveau. Quatre ravitos sur le parcours et surtout le trio bière/frites/burger inclus à l’arrivée est toujours un moment convivial fort apprécié ! Ce n’est évidemment toujours pas l’envergure de l’ancêtre raid OffRoad Cassis mais cette troisième édition a de nouveau tenu ses promesses et on sera présent pour la 4e édition ! Notez là pour 2027, c’est un format idéal aussi bien pour préparer les épreuves marathons à venir que pour les crosseurs qui veulent sortir un peu de leurs habitudes l’espace d’un week-end ! Rendez-vous dans ce magnifique parc départemental de Pichauris en Mars 2027 pour une 4e édition qui s’annonce forcément très belle.
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