Premier essai du nouveau TREK Émonda SLR 9 Disc

Au sommet !

Le nouveau TREK Émonda repousse les limites de la légèreté sans s’imposer de limites d’utilisation. Présenté en juillet 2017, voici nos premières impressions à l’issue de deux petites sorties sur les routes entourant les abords de Waterloo où se situe le siège de TREK.

Seconde génération pour le TREK Émonda SLR, dont on rappelle les grandes lignes abordées lors de cette première partie à retrouver en intégralité ici :  TREK 2018 : nouvel Émonda, encore plus léger !

Plus léger, plus rigide et plus polyvalent, tels sont les points essentiels annoncés par la marque américaine. Concrètement, ce SLR Disc que nous avons pu rouler lors de la présentation officielle dans les locaux de TREK à Waterloo est annoncé à 665g le cadre (en taille 56 cm) et 350g la fourche. On est donc au niveau des poids records de la catégorie ! A titre de comparaison, la valeur la plus basse pour un vélo de série en 2017 est à aller chercher chez Focus, avec un cadre Cayo Disc annoncé à 880g.
Et concernant la version classique SLR à freinage à patins sur jante, il faut compter 62g de moins pour l’ensemble cadre/fourche, là aussi le plus léger du marché.

Le nouvel Émonda SLR Disc repousse les limites sans pour autant flirter avec les extrêmes. Pas de poids limite de l’utilisateur, avec une valeur normalisée classique de 125kg pour l’ensemble vélo/cycliste, et une garantie à vie habituelle Trek qui s’applique évidement. Et si ce poids plume permet de rassasier les fans de l’ultra light et les purs grimpeurs, l’Émonda SLR n’est pas un vélo uniquement taillé pour la montagne.

Endurance ou race ?

Chez TREK, on a le choix entre 3 vélos de route, le Madone, le Domane et l’Émonda. Si par le passé le Madone représentait le vélo de course par excellence, le Domane le cyclosportif/cyclotouriste et l’Émonda le vélo de grimpeur, les domaines d’utilisation élargis de ces 3 familles permettent aujourd’hui de choisir davantage en fonction de sa façon de rouler plutôt que de considérer un choix de machine en fonction d’une pratique en particulier, d’autant plus que l’on a pour chaque modèle la possibilité de choisir entre 2 types de géométries. Ainsi, si l’on privilégie l’aéro et les artifices technologiques, on pourra s’orienter vers un Madone. Si le confort doit être considéré en premier lieu, le Domane sera parfait, tandis que la légèreté et la polyvalence de l’Émonda séduiront bon nombre de pratiquants recherchant performance et plaisir de roulage.

En termes de construction, si l’allure générale ne change pas énormément, l’Émonda 2 utilise par rapport à son prédécesseur de  nouvelles fibres, un procédé de laminage différent, une découpe et un assemblage des empiècements optimisés. Chaque découpe de tissu est savamment calculée et réalisée avec la plus grande attention, tout comme le positionnement et les «Overlap» qui doivent être millimétrés. Evidement, chaque taille de cadre dispose de son propre cahier des charges pour sa fabrication, de manière à retrouver le même comportement sur tous les châssis. Un cadre petit ne sera pas plus rigide qu’un grand et sera tout aussi tolérant.
Sur cette version freinage à disque, la fixation des étriers est de type FlatMount et l’on a des axes traversants pour fixer les roues, 142 x 12 mm pour l’arrière et 100 x 12 mm pour l’avant. Pour gagner encore quelques grammes, TREK a opté pour un passage externe de la durite de frein avant, c’est moins esthétique mais plus léger. Pour une harmonie parfaite, on aurait tout de même préféré du 100% intégré quitte à sacrifier quelques grammes. A noter également le passage des câbles/durite dans le triangle avant via le système Control Freak, une seule trappe sur le tube diagonal pour tout passer, interchangeable selon que l’on soit en transmission mécanique ou électrique. Habituels capteurs DuoTrap S intégrés à la base gauche, douille de direction E2 et boite de pédalier BB90… 


Project One 

Pour obtenir un Émonda SLR 9 Disc (le chiffre 9 indiquant un montage le plus haut de gamme possible, en l’occurrence Shimano Dura-Ace Di2), il faut nécessairement passer par l’option de customisation Project One. En effet, le SLR 9 existe en montage de série mais pas en version Disc où il faut se rabattre sur un SLR8 en Dura-Ace mécanique. Parmi les nombreuses options et avantages du programme de personnalisation, on peut choisir entre une géométrie H1 ou H2, la H1 étant plus basse.

Puis on a le choix sur plusieurs paramètres, le coloris en premier lieu, notre version de test étant la version TREK Segafredo. Une bonne dizaine de points à définir que l’on liste ici pour ce vélo en particulier.

Options Project One pour le Émonda SLR 9 :
– Cadre Disc ou normal, H1 ou H2
– 17 coloris + options inscriptions personnelles (le nom par exemple)
– 2 transmissions (Dura-Ace Di2, Red eTap ou Red eTap Quarq)
– 8 cintres, 2 rubans de guidon
– 7 selles
– 6 paires de roues (+ 6 coloris de logos)
– 3 modèles de pneu + 1 boyau
– 2 jeux de direction
– 2 porte-bidons

Un bel exemple de réalisation avec notre vélo de test en Full Shimano Dura-Ace Di2 Disc, taille 60 cm en H1, et un coloris «Team Issue».

Project One, de la configuration à la commande :
Comment accéder au configurateur et quelle marche à suivre ? On peut créer et simuler son vélo sur le site dédié tranquillement chez soi, voir http://projectone.trekbikes.com/emondaslr9, et choisir chaque composant parmi les options citées précédemment. Changement de coloris ou changement de composant, le configurateur est très intuitif et l’on a un ajustement à l’affichage lors de chaque changement, que ce soit le tarif global, les coloris ou l’équipement. Ce configurateur permet de choisir le niveau de gamme de chaque élément mais les valeurs précises de braquets, largeurs de pneus, dimensions du poste de pilotage… devront être définies ultérieurement auprès de votre revendeur TREK. On peut donc simuler de nombreuses possibilités qui sont immédiatement visualisées, permettant d’orienter son choix final et l’on effectue une sauvegarde sur base de document PDF que l’on pourra transmettre au détaillant qui réglera les derniers détails en votre compagnie.

Premier essai

Chassis et équipement très haut de gamme, nous voici sur une machine qui flirte avec la limite de poids UCI, (fixée pour rappel à 6,8kg avec pédales et porte-bidons), on est ici autour des 7kg avec pédales et porte-bidons, une sacré performance avec des freins à disque ! Et sans «tricher» puisque l’on a bien de série des disques de 160 mm de diamètre (et non des 140 à réserver plutôt au cyclocross) et des pneus larges. En conséquence, les premières impressions portent sur la légèreté ressentie avec un vélo qui avance «presque tout seul». Bon, il faut quand même pédaler, et ce type de vélo est naturellement conçu pour rouler vite, très vite même… Et c’est à haut régime qu’il s’exprime le mieux, régime où l’excellente rigidité couplée à une certaine tolérance permet d’avoir du répondant dès que l’on appuie. Les accélérations sont vives et efficaces, la boite de pédalier ne bouge pas et l’on a une large plage d’utilisation, pas de creux ou de saturation sous certaines cadences, l’effort est retransmis quelle que soit son intensité. On remarque cependant que les pneus en section de 28 mm «atténuent» quand même le rendement, nous aurions bien aimé tester du 25 mm, voire du 23 mm, sur les quelques bosses que nous avons pu passer, histoire d’exploiter complètement les capacités de l’Emonda SLR. On aura l’occasion d’en reparler lors d’un test plus long. A l’inverse, cette monte pneumatique en 28 mm d’origine sur les versions freinage à disque apporte beaucoup sur des parcours vallonnés à revêtement variable, à l’instar de notre sortie test de 110 km assez proche d’un parcours type classique ardennaise (avec une ascension finale de Blue Mound, le point culminant du Wisconsin avec 523m d’altitude), on l’on a fortement apprécié la fluidité de roulage de l’ensemble quel que soit le revêtement, le relief ou l’allure. C’est très agréable à rouler, l’Émonda se laisse apprivoiser, sa docilité permet de conserver un rythme sans se soucier du terrain, et à l’inverse changer de rythme lorsque l’on veut jouer en roulant de manière plus dynamique, plus saccadée. Cruiser à bonne allure ou taper dedans pour chasser les kom, on a le choix et la transition est simple. L’Émonda est ainsi un vélo dont l’usage n’est nullement réservé à la montagne, même si il excelle en montée de col, son ratio confort/rigidité offre bien des possibilités. Et parmi elles, le Gravel est évoqué. Disons plutôt que l’Émonda Disc est apte à passer de temps à autre quelques parties non goudronnées – comme bon nombre de vélos à freinage à disque dernière génération – mais restant carrossables, à l’instar de ce que l’on peut trouver sur le Tro Bro Leon ou sur la prochaine Etape du Tour, mais ce n’est en aucun cas un vélo Gravel et son terrain de prédilection reste bien entendu la route avec une certaine polyvalence très appréciable.


Côté freinage à disque, de très bonnes performances avec le Dura-Ace et des axes traversants de 12 mm, pas d’effet notoire de plaquettes qui frottent sur le disque en danseuse lors de cette prise en main, le cadre est conçu en conséquence pour recevoir ce type d’équipement. Et associé avec des pneumatiques larges, les quelques descentes rapides et sinueuses ont été négociées en toute sécurité. On en profite pour relever le très bon équilibre de l’Émonda, très stable et maniable dans le négatif.

En résumé, l’Émonda impressionne par son poids plume mais aussi par sa facilité de roulage en toutes conditions. On apprécie sa vitesse mais aussi son confort, certes aidé par des pneus de 700 x 28 mm ici mais on ne devrait pas être déçu avec une section inférieure si l’on choisit les bonnes enveloppes. Un vélo dynamique et tolérant, très bien fini et disposant d’une gamme large comportant autant de versions freinage à patins que à disques, Trek n’entrant pas dans une politique de poussée vers le disque puisque chaque utilisateur peut choisir en fonction de ses préférences et besoins réels… Et c’est très bien ainsi ! Disques ou patins, voici également la meilleure base actuelle pour les « Weight Weenies » qui ne manqueront pas de descendre bien en dessous des poids actuels des Émonda SLR de série. 

TREK ÉMONDA SLR 9 DISC PROJECT ONE 

Les + : Poids, comportement, polyvalence
Les – : Passage de durite avant en externe

Cadre : Carbone OCLV 700 Disc H1 Fit
Fourche : Carbone OCLV 700 Disc
Dérailleurs : Shimano Dura-Ace Di2
Poignées :
Shimano Dura-Ace Di2
Cassette : Shimano Dura-Ace 11/28 dents
Chaîne : Shimano Dura-Ace
Pédalier : Shimano Dura-Ace 50/34 dents
Freins : Shimano Dura-Ace Disc, rotors 160 mm
Roues : Bontrager Aeolus 3 D3 TLR
Pneus : Bontrager R3 Hard-Case Lite 700×28 mm
Potence : Bontrager Pro
Cintre : Bontrager Comp VR-S
Tige de selle : Trek Seat Mast
Selle : Bontrager Montrose Pro
Poids : 6,7 kg (non vérifié)
7 tailles : 50, 52, 54, 56, 58, 60, 62

Prix public : 10542 €

– Présentation complète, modèles, poids, prix, etc., voir : TREK 2018 : nouvel Émonda, encore plus léger !
 
Voir aussi : Test du nouveau Trek Madone

 

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