Essai

Test de l’Orbea Wild 20

logo Orbea éclaboussé de boue

Pour renouer avec notre côté sauvage, la marque Orbea nous a confié un Wild 20. C’est le modèle intermédiaire de la gamme Wild, qui décline plusieurs niveaux d’équipement sur un cadre hardtail en alu motorisé par Bosch, avec un train roulant en 27+. Un peu une sorte de Loki motorisé…

Orbea Wild 20 posé sur une souche

Mis en valeur par un bleu qui claque, le vélo reste sobre car les autres composants sont noirs. Alignés et très fins, les haubans et le tube supérieur sont tendus entre l’axe arrière et la douille de direction. Leur jonction avec le tube de selle se fait assez bas, et un renfort supplémentaire part de plus près du collier jusqu’au tiers du tube supérieur. Le montage d’un porte-bidon est possible au-dessus de ce tube.

triangle avant du cadre et batterie

Le tube diagonal est lui surdimensionné, mais la courbure de sa partie la plus haute et sa section travaillée restent gracieuses. Il dispose d’une gouttière dans laquelle passe la durite du frein arrière, maintenue par des cales vissées. Les commandes d’assistance et de dérailleur passent elles à l’intérieur. Notons que le câble du capteur de vitesse et la commande du frein ne cheminent pas très loin du pneu arrière à la sortie du boitier de pédalier, mais ils sont solidement arrimés.

passage-cables-boitier-pedalier

vues droite et gauche du moteur Bosch Performance Line CX

Côté pédalier, c’est brut mais propre : la pièce anguleuse à laquelle est suspendue le Bosch Performance Line CX exhibe des soudures impeccables (comme sur le reste du cadre), et à part un carter aux mentions Bosch, le moteur n’est pas habillé. Une plaque en alu, ajourée et peinte en noir mat, protège les dessous de la mécanique.

molette de la fourche Fox 32

Une Fox 32 est chargée de garder la roue avant au sol mais le Wild 20 de série (en magasin et non en parc presse) est équipé d’une Fox 34 davantage adaptée à ce type de machine – version Performance Boost en 120 mm pour être plus précis.

Transmission Shimano XT

La transmission (Deore XT) et le freinage (203 et 180mm) sont assurés par Shimano. Sur les roues siglées Orbea, on trouve une paire de Maxxis Chronicle tubeless 27.5 en 3 pouces. A noter que la monte de série est différente, des Kenda Havok en 2.80.

système de butées sur la tige de selle

Une pièce coulissante et deux butées ajustables permettent de retrouver instantanément des positions hautes et basses préréglées en cas de desserrage du collier de selle (descente ou transport).

L’Orbea Wild 20 en action

La position au guidon du Wild est assez ramassée, avec le cintre près du corps (la potence Race Face est courte), sans que ce soit gênant. La largeur du cintre fournit un bon bras de levier, et on ne lutte pas avec le pneu avant, même à vitesse très lente. Ceci se vérifiera dans les virages très serrés, même sur des terrains accidentés. L’avant est vraiment conciliant. Les 3 pouces sont hyper-confortables, en restant précis et sans donner l’impression de pourrir le rendement.

orbea-wild-20-profil-chemin

Voilà un vélo vraiment facile à faible allure, compact, réactif et stable à la fois. En accélérant, le Wild reste à l’aise et les Maxxis gardent leur assurance. Le 27,5 pouces et les gros pneus, ça roule comme un mariage réussi, pour un grip et un confort épatants. La précision de l’alu est là, mais on oublie tous les petits chocs qui, à la longue, font mal aux fesses et au dos. Parfait pour rouler dans la caillasse. Attention quand même aux pressions trop basses dans ces cas-là, car les jantes pourraient souffrir.

En quittant les pistes pour les singles, le Wild 20 continue à assurer. Il suffit de rester un tout petit peu souple sur les pédales, et même en montée sur terrain meuble et accidenté, le pneu arrière ne lâche pas prise. Inutile de caler ses fesses au millimètre sur la longueur de la selle : comme sur un fat, vu la surface de contact au sol, l’équilibre avant-arrière est moins crucial. En pédalant comme un bourrin, la raideur de l’alu réapparait et la roue arrière décroche de temps en temps, mais franchement il faut le faire exprès.

pneu Maxxis Chronicle 27.5x3.00

Les Maxxis Chronicle font du super boulot, avec un grip plus affirmé que certains pneus en 4 pouces. Rien ne semble les inquiéter. Pas de miracle non plus en forte pente dans un sentier sablonneux, mais mieux valait aller au tapis que de taper ce méchant tronc couché en travers. Le plus souvent, l’avant reste vissé au sol, la surface de contact augmentant au freinage, avec le transfert des masses. Les rares passages boueux de cette fin août se franchissent facilement. Et tout ça sans s’user trop vite, semble-t-il.

Orbea Wild 20 sur un sentier

Le cadre Orbea est décidément précis. Confirmant l’impression visuelle de départ, l’axe de la roue arrière semble obéir directement aux ordres de la direction. Une fois la roue avant placée, l’arrière la rejoint au plus court. C’est génial dans les épingles en dévers, où l’on ne se demande pas ce que fera le reste du vélo une fois l’avant engagé. Et ça ne pénalise absolument pas la stabilité du vélo quand la vitesse augmente. Sa compacité fait merveille partout, sans nuire à sa stabilité. Les manivelles sont courtes et les pieds restent loin des obstacles. La tôle de protection du moteur peut toutefois être mise à contribution lors du franchissement de grosses pierres… Sans dommage pour le moteur.

trace de pierre sur le sabot moteur de l'Orbea Wild 20

En roulant vite, le Wild reste très réactif, mais c’est toujours l’avant qui commande. Il faut dire que la Fox bosse comme un chef, en préservant le pilote sans concession sur la précision. Elle joue un peu d’avant en arrière à chaque coup de plaquettes, mais c’est sans effet perceptible sur la tenue de cap. L’association 27.5/3.00/120mm de débattement, c’est le tiercé dans l’ordre sur ce Wild! Et les trois positions de l’hydraulique simplifient la vie : le plus souple quand ça tape trop fort en descente, le plus ferme pour grimper énervé, et l’intermédiaire pour faire tout le reste, en restant assis sur la selle.

A 35km/h et au-delà, on est encore bien. Le vélo se raidit pour pour garder le cap, obéissant toujours aux corrections de trajectoire, les plus minimes soient-elles. Le pédalage reste efficace jusqu’à 45km/h environ. Plus vite, on se concentre sur la trajectoire, mais le Wild reste facile. Un doigt sur chaque commande suffit à doser un freinage puissant, mordant mais jamais violent. Les descentes longues et cassantes voient la course des leviers augmenter un peu, mais le feeling demeure excellent.

L’assistance électrique Bosch Performance Line CX

commande Bosch Performance Line CX au guidon de l'Orbea Wild 20

Un mot quand même sur l’assistance Bosch de cet Orbea, motorisation déjà connue (voir les tests des XDuro Fullseven Pro ou Monster E par exemple). Sans nous attarder sur les performances avérées des modes Turbo ou Sport (selon nous plus fun que sport), il faut souligner encore une fois l’agrément du groupe Performance Line CX. La simplicité de la console Intuvia et de sa commande au guidon est assortie à la facilité d’ensemble du vélo. Le couple, la réactivité à chaque changement de pignon et la douceur à la coupure d’assistance (progressive de 25 à 27km/h) font de cette motorisation un composant parfaitement intégré au Wild 20. On est loin du gadget électrique greffé vite fait pour bluffer les badauds. L’utilisation de cette assistance en position Eco permet de faire du tout-terrain (et du sport, n’en déplaise aux grincheux) en contrôlant son effort. Nous avons relevé une autonomie de 60km environ pour 1000m de D+ à peu près, comme souvent avec un Perfomance Line calé sur Eco.

L’Orbea Wild 20 a des arguments : un cadre bien dessiné, le confort du fat sans les petites lourdeurs des très gros pneus, la rigueur de l’alu hardtail sans sa raideur et une assistance qui a fait ses preuves. Les choix techniques regroupés (taille des roues et des pneus notamment), pour une technologie encore raisonnable (cadre rigide, réglages de fourche et d’assistance simples) en font une machine facile, homogène et polyvalente. Peu de kilomètres suffisent à se l’approprier complètement. On s’y attacherait presque…

Orbea Wild 20 au Champ du feu

ORBEA WILD 20
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Cadre : Orbea Wild aluminium
Fourche : Fox 32 Float Performance 120 mm (Fox 34 Float Performance Boost de série)
Dérailleur : Shimano Deore XT
Manette : Shimano Deore XT
Cassette : Shimano Deore XT – 11/46 dents
Chaîne : KMC X10e
Pédalier : Miranda Delta 152mm
Freins : Shimano – 203/180 mm
Roues : Orbea Hypno Disc
Pneus : Maxxis Chronicle 27.5 x 3.00 (Kenda Havok 27.5 x 2.80 de série)
Cintre : Orbea OC-II Riser 760mm
Potence : Race Face Ride
Selle : Selle Royal 2062
Poids mesuré : 20.9kg sans pédales en taille L
3 tailles : S, M et L
Moteur : Bosch Performance Line CX 36 Volt, 250 Watt
Batterie : Lithium Ion 36 Volt, 500 Wh
Mode Eco : 50% d’assistance
Mode Tour : 120% d’assistance
Mode Sport : 190% d’assistance
Mode Turbo : 275% d’assistance
Prix public : 3849 €

Géométrie

géométrie de l'Orbea Wild 20

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Voir aussi : Essai du Loki, le 27.5+ accessible

 

Orbea Wild 20 et tracteur vert

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