Entraînement : savoir jouer du dérailleur

Changer de braquet au bon moment

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Dix pignons ou onze sur nos roues arrière route… Double classique, compact mono plateau… Selon le type de pratique, les évolutions techniques ont permis de s’équiper des développements idoines en fonction des circonstances. Mais comment changer de développement au moment approprié et profiter au mieux de notre gamme de braquets ?

Les transmissions sont devenues plus légères et plus performantes. Le système de passage de vitesse intégré dans les poignées ou mieux, les systèmes électroniques (Di2, eTap ou EPS), ont considérablement modifié nos habitudes dans la manière d’aborder les côtes ou les virages serrés. En théorie tout du moins, car de nombreux pratiquants hésitent encore sur la pertinence de leurs changements de braquets, en fonction des difficultés liées au terrain. Les plus expérimentés saisissent tout l’avantage d’un tel dispositif. Au pied des bosses, ils peuvent profiter de l’élan en montant en danseuse et en diminuant le développement dent par dent pour adapter la résistance aux pédales à la rudesse de la pente et à la vitesse qui décroît. Au sommet, ils peuvent relancer l’allure sans cassure de rythme. Avant une courbe serrée, ils diminuent le braquet, afin de relancer plus efficacement en sortie. Il suffit parfois de peu de chose pour qu’un changement de braquet au mauvais moment se révèle catastrophique. Jambes qui gonflent ou souffle qui s’emballe, chaîne qui craque et qui refuse de monter sur le pignon supérieur, dérailleur qui saute ou, pire, qui se tord et finit dans les rayons… Les conséquences d’un changement de rapport mal approprié sont comparables pour le moteur (vous) ou la mécanique (le vélo) au mauvais maniement d’une boîte de vitesse sur une voiture. Le sens de l’anticipation reste donc le meilleur moyen d’utiliser au mieux sa mécanique.

Choisir l’étagement

Inutile d’espérer trouver le bon développement si, au départ, le vélo n’est pas équipé du meilleur étagement, aussi bien en ce qui concerne les pignons que les plateaux. Les novices ont tout intérêt à se renseigner à ce sujet au moment de s’équiper. La gamme de développements doit tenir compte du niveau physique, adapté au terrain d’expression. Une bonne gestion de l’effort semble être obtenue en adoptant un rythme de pédalage de 70 à 100 tours par minute. Le choix du braquet selon le terrain dépend donc de notre capacité physique et musculaire à emmener un certain développement à cette fréquence de pédalage.

Des braquets pas toujours adaptés

Problème : les fabricants nous mettent dans des cases dont il est difficile de sortir. Ils proposent des vélos avec des développements types, dont le pédalier 52-26 ou 50-34 (même sur des vélos dits aérodynamiques !) et des cassettes en 11-28 ou 11-32. Leur but? S’adapter au plus grand nombre, et proposer la gamme de développements la plus large possible. C’est au détriment d’une certaine régularité, avec des trous dans la gamme qui peuvent sérieusement casser le rythme, au moins sur terrain plat ou moyennement vallonné. Donc, au moment du choix du vélo, nous vous conseillons de vous renseigner sérieusement sur les possibilités de modifier l’offre de braquets, pour qu’ils restent adaptés à votre usage et à votre niveau.

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La rigidité prise en défaut

Le caractère de certains vélos (surtout le cadre et les roues) peut influencer nettement le choix des braquets utilisés. Contrairement aux idées reçues, un ensemble rigide ne favorise pas toujours un pédalage en force. Certes, la rigidité latérale du cadre ou des roues évite la dispersion de l’énergie transmise aux pédales. Le pédalage résulte pourtant d’une gestuelle complexe, mettant en œuvre une quarantaine de muscles. L’impression de rendement d’un vélo blindé ne l’est souvent réellement qu’à basse vitesse. En accélérant, ce même vélo ne fait qu’accentuer les défauts, surtout si, en cas de fatigue, le cycliste n’arrive plus à coordonner son geste et le passage – très délicat en termes de rendement musculaire – des points morts haut et bas. En cas d’erreur de braquet, l’utilisation d’un vélo rigide se paie par un gros « plantage ». Un vélo plus souple (ou défini comme plus nerveux) absorbe certes un peu plus d’énergie, mais cette déformation accompagne le coup de pédale en évitant à la musculature de buter sur l’un de ces fameux points morts haut et bas. Conclusion : il faut être un très fin pédaleur pour s’exprimer sur un cadre défini comme exigeant, les cadres souples se montrant beaucoup plus tolérants et adaptés à tous les niveaux. Ces vélos exigeants imposent soit une condition physique parfaite (ne jamais être fatigué !), soit une technique rigoureuse. Ces derniers s’expriment mieux en roulant avec une cadence élevée de pédalage. Mais, pour éviter le plantage, il faut jouer souvent de la manette de dérailleur. Remonter une dent au pied des faux plats, à l’entrée des virages, changer de vitesse à chaque variation imperceptible de pente. Pour éviter de rentrer en conflit avec la rigidité latérale du cadre ou des roues. En jouant sur l’élasticité de l’ensemble, un vélo plus souple fait beaucoup moins payer à son utilisateur ses erreurs techniques. Néanmoins, pour une parfaite gestion de l’effort sur la durée, il est nécessaire de conserver à l’esprit les règles essentielles : se renseigner sur le parcours, prévoir les bonnes dentures, anticiper les variations de difficulté.

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Se méfier du peloton

Au sein d’un peloton, nous sommes toujours plus facilement grisés par la vitesse, au point d’en oublier de choisir le bon braquet. Le problème se pose avant tout en plein milieu de celui-ci, face aux accélérations subites, ou au contraire aux coups de freins et aux relances qui s’ensuivent. Ce rythme différent des longues sorties solitaires à allure de diesel est souvent fatal à de nombreux coureurs ou cyclos qui pourtant roulent à l’entraînement à des vitesses moyennes impressionnantes. Deux solutions pour s’améliorer : rouler en souplesse et s’habituer à réagir promptement aux changements d’allure en jouant de la manette. Pour cela, des entraînements en variant volontairement les braquets sont bénéfiques. Pour progresser, on admet l’intérêt de rouler volontairement avec un braquet, soit trop gros, soit trop petit, selon le but recherché. Il faut cependant éviter de passer toute la sortie sur un même développement. En course ou lors d’une randonnée importante, on adopte au contraire une stratégie intelligente, consistant à adapter toujours le braquet aux circonstances de course ou du profil.

Gérer l’effort

La vélocité (le fait de tourner rapidement les jambes avec un braquet modeste) était encensée par les anciens. Les jeunes rêvent plutôt de force, peut-être en rapport avec l’évolution athlétique des coureurs d’aujourd’hui. Il va sans dire que la meilleure puissance est obtenue en combinant les deux (vélocité et force), d’où la nécessité de toujours avoir à disposition le bon braquet sous la pédale. Pourtant, contrairement aux idées reçues encore une fois, à faible vitesse, l’économie est obtenue à faible cadence de pédalage. Le but est de reculer le seuil où certaines fibres musculaires et certaines filières énergétiques sont utilisées. Au fur et à mesure que la vitesse augmente, par nécessité (suivre) ou volontairement (tenter de créer la décision), l’importance du braquet évolue moins vite que la vitesse à laquelle on tourne les jambes. Pour effectuer un effort en puissance, il semble que la meilleure fréquence de pédalage se situe aux alentours de 100 à 105 tours par minute, lorsqu’elle n’est que de 70 à basse vitesse. À 100 tours par minute, et souvent au paroxysme de l’effort, le changement de braquet au bon moment révèle toute son importance. Si la fréquence de pédalage est un facteur fondamental à l’expression de toute la puissance du cycliste, la moindre erreur de jugement ou d’appréciation au moment T peut suffire pour vous faire exploser et réaliser une contre-performance. Songez que sur piste, lors des poursuites individuelles ou par équipes, le développement est choisi à la dent près du plateau en fonction des vélodromes et des conditions météo.

La technique à notre service

Parmi les nouveautés, notons le Synchro-Shift (ou semi Synchro) de Shimano avec la nouvelle mouture du Di2. Une technologie présente sur le nouveau groupe Dura Ace Di2, mais aussi sur l’ancien, à condition de changer la batterie et d’effectuer une mise à jour. En clair, le Synchro Shift permet de n’utiliser qu’une seule manette de dérailleur. Tant que vous voulez mettre un braquet de plus en plus petit ou de plus en plus grand, le système gère tout seul le changement de plateau, au bon moment pour éviter les cassures de rythme. Le Semi Synchro lui, ne gère que les conséquences d’un changement de plateau. Quand vous passez du petit au grand (ou l’inverse), le système gère tout seul le changement de vitesse à l’arrière, pour éviter la cassure de rythme de pédalage.

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L’expérience et la parfaite connaissance de soi, de l’environnement, de sa condition physique du moment, de ses objectifs, et une adaptation aux conditions extérieures font partie de l’intelligence nécessaire à la réalisation d’une performance, quel que soit le niveau de pratique. Savoir comment et à quel moment changer de développement est donc indispensable à l’optimisation de votre potentiel sur un vélo.

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Un commentaire sur “Entraînement : savoir jouer du dérailleur”

  1. Bonjour , c’ est vrai que le titre  » jouer avec le dérailleur  » . Un vrai langage diplomatique, manque de précisions et de chiffre , des banalités.
    En général vos articles sont moins superficiels .
    Quand aux bécanes monoplateau , au 11 vitesses , je rêve du jour où on fera passer la chaîne au travers des rayons .
    Je plaisante mais votre article est léger mais , bien dans l’ air du temps , la technicité débridée et un petit pois d’ intelligence .
    Sans rancune et à la prochaine .

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