ADDBIKE, tous les vélos sont des triporteurs

Le projet lyonnais Addbike remplace la roue avant de (presque) n’importe quelle bicyclette par un système à deux roues permettant de transporter une charge. On profite ainsi des services d’un triporteur, en limitant ses contraintes de coût et d’exclusivité. L’Addbike pourra par exemple emmener un grand panier utilitaire, une nacelle aménagée pour le transport d’un enfant ou un chariot à provisions dédié.

plan papier de l'Addbike

C’est déjà bien plus qu’un projet, puisque dès le début de l’année 2016, cinquante prototypes ont circulé pour synthétiser les améliorations à prévoir. Renaud Colin, qui a lancé Addbike (nom du projet et de la société), nous en a confié un exemplaire, avec une seule réserve : ne pas perdre de vue qu’il s’agit d’un proto. La version finale, qui sera commercialisée en 2017, sera quelque peu différente.

Addbike installé sur le Cannondale M700 de test VeloChannel

La mise en place d’un Addbike sur une fourche rigide classique se fait très vite et sans difficulté. Le dispositif se fixe la la place de la roue au moyen d’un blocage rapide, et un sandwich en alu vient serrer les fourreaux pour l’immobiliser.

fixation d'un Addbike sur une fourche rigide

Un ensemble hydraulique complet vient se substituer au freinage avant du vélo greffé. Il suffit de décaler le levier existant pour faire une place au nouveau venu, qui s’installe sans même démonter le grip. Par commodité, nous avons toutefois fini par déposer levier, gaine et étriers du vélo receveur.

Parallélogramme du prototype Addbike

pièce centrale du prototype Addbike

Sous la fourche, le parallélogramme constitué par deux bras et deux porte-fusées se déforme autour de son centre. Le point de contact (désormais virtuel) d’une roue avant unique sur le sol est conservé. Ainsi, le vélo garde la possibilité de s’incliner à droite et à gauche.

Déformation du parallélogramme Addbike

Fixée au bras supérieur du parallélogramme, la charge reste horizontale.

lames du ressort de l'Addbike

Le maintien du châssis autour de la position neutre est assuré par un ressort à lames sur le bras inférieur. La béquille centrale de notre proto est vouée à disparaître. Elle sera remplacée sur la version prochaine par un verrouillage du parallélogramme et des roues. Indispensable pour le stationnement et le chargement…

levier Tektro avec blocage de stationnement

Un ensemble Tektro Auriga Twin assure le freinage, sur des disques de 140mm. Notre maître-cylindre dispose déjà du bouton de blocage des roues.

répartiteur du freinage Tektro de l'Addbike

porte-fusée et étrier Tektro du prototype Addbike

moyeu Addbike

Des jantes 20 pouces Mach 1 32 trous à double paroi chaussées de Michelin Protek Max se chargeront d’emmener jusqu’à 35kg de charge utile.

prise d'angle avec un Addbike

Les premiers mètres en ville réclament un peu de concentration : l’Addbike obéit sans discuter, mais les sensations sont particulières. Rien que visuellement, c’est déroutant, cette nacelle qui reste droite quand le vélo se penche…

Rapidement, on assimile le truc. Si le vélo et son Addbike s’inclinent comme tous les deux-roues du monde, les ordres à donner au guidon sont nouveaux. Au lieu de contre-braquer, il faut au contraire tourner le guidon dans la direction souhaitée en poussant sur le grip extérieur. Tout en prenant de l’angle comme sur un vélo classique.

L’équilibre et les ordres de direction sont donc totalement dissociés. Il suffit de tenter de rouler sans les mains pour s’en convaincre. On l’a fait, croyez-nous sur parole et ne tentez pas de le refaire chez vous…

Addbike sur l'angle vu de dos

Une fois apprivoisé, l’Addbike se manie sans difficulté. Le chargement du panier ne modifie pas le comportement de l’ensemble. Le surplus de poids est perceptible et l’inertie de la direction augmente, mais le vélo répond toujours très bien. Les montées en danseuse se font facilement, puisque le vélo reste mobile latéralement. Les kilomètres s’enchaînent, on roule plus vite (dans les limites autorisées par le chargement), et l’Addbike conserve sa logique sans se troubler.

addbike-drive-02

Il emmène volontiers n’importe quoi, du moment que ça tient dans sa boite. Le transport des courses par exemple, c’est son truc. Comme on pouvait s’y attendre, les doubles disques ne font qu’une bouchée des kilos supplémentaires. Le toucher est progressif, et ça freine fort.

photos jumelées des positions sur le filetage de la fixation Addbike

La hauteur du système a été établie à une valeur intermédiaire, convenant aux vélos montés en 26 pouces comme à ceux en 700. Le perçage du bras qui reçoit la vis de la molette de serrage est fileté : on peut donc modifier très légèrement la chasse… Réglage sans effet notable sur notre vélo de test, lesté ou à vide.

profil gauche d'un vélo avec son Addbike

Nous avons ensuite éloigné un peu notre proto de l’usage urbain. Délesté de son panier, attelé, lancé sur la route et dans les cols, ou encore poussé vers la faute en courbe serrée… Pas d’inquiétude particulière. L’Addbike a son comportement bien à lui, mais n’en dévie pas. Ni le poids transporté, ni la vitesse adoptée ne vont le perturber.

Exclamations dans la rue, regard intrigué de certains cyclistes, questions… L’Addbike ne passe pas inaperçu. Bien souvent, chacun y voit une utilisation personnelle. Sûr que le développement de cette « appli » vélo étendrait fortement le champ de compétence de la petite reine.

Addbike pour le transport d'enfant

Ce projet semble bien parti puisque les prestations de notre proto se sont révélées conforme à son cahier des charges. Avec un prix annoncé autour des 600€ pour un châssis Addbike, et 200€ supplémentaires pour un module, on resterait très en-deçà de l’investissement réclamé par un triporteur ou un cargo. 2017 devrait voir la version finale commercialisée… A suivre !

D’autres infos sur le site addbike.fr

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2 commentaires sur “ADDBIKE, tous les vélos sont des triporteurs”

  1. L’AddBike est livré avec son freinage hydraulique complet, disques, étriers, durites et maître-cylindre. Ce freinage est déjà prêt à fonctionner. Il suffit simplement de décaler (ou demonter) le levier du vélo pour installer à la place celui de l’AddBike lors du montage de l’ensemble.
    Le dispositif d’origine (câble ou disque) peut rester sur le vélo receveur. Mais il n’est plus utilisé tant que l’AddBike est en place, puisque ce sont les freins de ce dernier qui font le travail.

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